TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FILS
Il n'est rien de plus frappaot dans l'évolution du vertigineux progrèsactuel que celle de cette étonnante « télégraphie sans ni », sur laquelle se greffe déjà la <i téléphouie sans fil », et qui va, par le fait, en supprimant toute dislance entre les hommes dans toutes les contrées, ramener la planète nommée Terre aux dimensions philosophiques d'une orange.
Un Décret du Président de la République française lui a accordé la consécration officielle, endécidant que « l'Administration des postes et télégraphes est seule chargée désormais de l'établissement et de l'exploitation des postes et télégraphes sans fil, destinés à l'échange de correspondance officielle ou privée ».
• Nous sommes en 1905. Or, c'est en 189(4 — il y a donc à peine dix ans — que le physicien anglais Lodge, dans une conférence, émit l'opinion que la présence d'ondes électriques, produites par la décharge d'un condensateur, pouvait être décelée, au moyen du tube imaginé par le savant français Branly, jusqu'à une distance d'environ huit cent cinquante mètres de leur point de production. Le savant anglais ne fit, d'ailleurs, aucune expérience pratique; il avait eu une idée, voilà tout : c'est d'ailleurs déjà bien quelque chose.
En 1895, le savant russe Popoff fit des essais somnlaires
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de Lélégraphie sans fil pourraverlissemcnt à distance des grandes effluves électriques consliluant les orages, et il se demanda s'il ne serait pas possible d'envoyer ainsi des signaux Morse, en faisant de petits orages artificiels. Il en resta là lui aussi.
En 1896, M. Marconi, jeune savant italien, alors éludianl à l'Université de Bologne et élève du professeur Bighi, réalisa le premier une télégraphie élémentaire par les ondes hertziennes. On crut, tout d'abord, à une fantaisie, à un «bluff»; on nia éperdument toute possibilité pratique.
Cependant la graine avait levé. Non seulement M. Marconi perfectionna en quelques années tous ses procédés et tous ses appareils, mais encore, une pléiade de savants français, allemands, italiens, belges, les perfectionnèrent
En 1899, la télégraphie sansBl portait àcenlkilomètres; en 1900, elle atteignait à cent trente-six kilomètres ; en 1901 elle parvint à Iroiscenls kilomètres ; en 1902 elle traverse l'Allantique, c'esl-à-dire qu'elle porte à cinq mille kilomètres. Jamais on ne vit une évolution semblable.
La lélégraphie sans fil supprimera-t-elle les câbles sousmarins? Évidemment, cela ne se produira pastoutdesuite. Mais, il est plus que probable que cela ne tardera pas.
On objecte vainement que les signaux s'enlremêlcronl, se croiseront dans l'espace, se confondront. Rien ne le prouve à l'avance : il est tout au contraire très probable que l'on imaginera des systèmes très simples pour éliminer les signaux importuns el pour ne recevoir que ceux qui nous intéresseront. Les adversaires de la lélégraphie sans fil ont le plus grand tort de s'obstiner dans celte objection puérile.
Il n'est pas moins évident que la téléphonie sans fil suivra tout de suite la télégraphie sans fil. Des expériences couronnées de succès onl déjà élé faites, elles se pour-
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