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JET DE SABLE

Les grandes applications industrielles proviennent presque toujours, dans leur généralité, d'une observation élémentaire bien faile au début. Nous en avons donné do nombreux exemples, nous en donnerons encore. Les trois périodes philosophiques s'enchatnent d'une façon immuable en dépit de toutes les ignorances et de tous les préjugés: ces trois périodes sont : l'observation, l'incubation, la pratique.

Ainsi (1 le jet de sable », le Sand Blasl, la soufflerie de sable, est en train de faire beaucoup de besogne et de prendre beaucoup de brevets aux Etals-Unis, en attendant que cela s'affirme en Europe après quelques timides essais.

Le programme est le suivant :

Couper, trancher, découper, toute matière dure, en soufflant dessus dans des « lignes de force » bien déterminées, une autre matière en fine poussière. David contré Goliath 1

C'est de la * force vive » bien appliquée, auraient dit nos anciens. C'estdela uradio-activité«bien employée, diront ceux de demain.

Toujours est-il que l'idée d'appliquer le jet de sable eut pour principe une observation fort banale, par le fait.

Un Américain, vers 1870, habitait une maison au bord

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de la mer. Il remarqua, non sans le déplorer, que lorsque l'aile tournoyante du vent projetait le sable de la plage vers son " liome » cela dépolissait les vitres et leur faisait perdre leur transparence.

Jusque là, rien de pratique.

Mais, sur une des fenêtres, il mit, pour se clôturer, un treillis métallique. Bien entendu, le verre se dépolit partout, sauf sous le treillis : et ce n'était pas d'un trop vilain effet: on avait, en quelque sorte, la u photographie au sable» du treillis.

La conclusion de cet accident et de l'observation subséquente fut qu'un sieur Tilghman (voilà le passage à la pratique) combina et fît breveter, en 1870 el 1872, une machine à dépolir, à user, à percerles matières dures, fondée sur le principe de l'action du sable projeté avec une grande énergie par une force motrice quelconque.

Les moyens, ou plutôt les procédés de réalisation, sont variables. On constitue un jet avec un mélange de sable très dur et d'air comprimé ou de vapeur, et on lui donne au moyen d'ajutages spéciaux, la forme soit d'une lame, soit d'une pointe. On peut ainsi travailler une pièce, un objet, sous différents angles. Criblé de petites parcelles aiguës l'objet est usé avec une régularité qui défie celle des limes les plus dures elles plus fines,

Le sable employé est du sable quartzeux, ou silice,dont le sable de Fontainebleau donne un excellent spécimen- Ses propriétés se vérifient en le remuant dans un vase contenant de l'eau : si le sable est bon pour le « jet », l'eau reste limpide : si l'eau se trouble comme une conscience inquiète, il faut prendre un autre « sand n.

On ne saurait s'imaginer toutes les applications aux~ quelles se prête déjà le jet de sable aux États-Unis.

On s'en sert pour travailler de mille façons le bois, la pierre, les métaux, le verre.

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Pour le verre notamment, on obtient de très jolis résultats en attaquant « au jet » des verres doublés, c'est-àdire composés de deux couches en épaisseur dont l'une est colorée. En enlevant partiellement l'une ou l'autre de ces couches, on fait apparaître des dessins, des numéros, des lettres, sur un fond agréablement transparent, blanc, ou de couleur.

Un genre de décoration, assez en faveur, est obtenu de cette façon, d'après ce que nous apprend M. G. Franche : c'est l'imitation du « verre givré ».

Pour reproduire des inscriptions ou des dessins, on fait tout d'abord des réserves sur le verre avec du celluloïd ou du caoutchouc sur lesquels le jet de sable est sans action.

On peut aussi employer dans le môme but des patrons en zinc, ou en acier, découpés avec une scie fine. Le sable creuse et dévore, dans la limite que l'on désire, les surfaces restées à nu.

Le jet de sable s'emploie aussi pour le réaPFûtage des vieilles limes, pour la zincographie et la lithographie, où il sert à nettoyer les vieilles pierres ainsi qu'à faire des décalques. En orfèvrerie, le "sand blast « rehausse l'aspect extérieur des objets fabriqués par le contraste du beau mal qu'il produit avec le brillant des autres parties de la surface. On se sert pour cela d'un bon sable quartzeux bien fin avec une pression d'air très modéré.

En céramique, pour les porcelaines et les faïences, il est facile d'obtenir ainsi avec un peu d'adresse, des ornements aux contours irréprochables, ce qui n'a pas lieu lorsque l'on pratique le système par impression. Pour cela, on applique un « poncif » en papier spécial ou en métal, lequel est reproduit négativement sur l'émail de la pièce céramique. On recouvre ensuite d'un émail coloré plus fusible que l'émail primitif et on porte au four :1a couleur ne se fixe que sur les parties qui ont été matées.

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En somme, le jet de sable peut attaquer les matières quelles qu'elles soient, contre lesquelles vient e'éteindro son éaergfie de petite tempête; il les incruste, les fendille, les use, avec une implacable précision. La nacre, la corne, lo ooroaOtl'ivoire, tout oe qui entre dans la coneidérable tabricaiion des boatons, sont attaqués avec une extrême délicatesse. Il y a dans le «sand blast » soit le principe i'ondamental de toutes sortes d'industries, soit l'auxiliaire rapide, actif etéconomique, d'un grand nombre d'industries existantes. C'est pour cela que les AmérîcwQS l'ont tait entrer dans la pratique avec l'engouement qu'ils savent apporter à l'utilisation des choses nouvelles dès qu'ils en ont constaté le mérite.

Ainsi que nous le disions au début, nous sommes un peu distancés à ce sujet de ce côt6-ci de l'Altantique ; mais l'outillage à adopter est si simple qu'il sera évidemment facile de rattraper tout le temps perdu.

Au point de vue philosophique, il est bien amusant et intéressant de penser que toute la grosse besogne indus- Irielte qui se fait et se fera au « jet de sable » aura été déchaînée par l'obstination d'un seul individu à avoir des vitres propres et bien claires k ses fenêtres. Et chose philosophique encore, beaucoup de gens s'enriohisaent peutêtre en pratiquant le jotde sable; mais le nettoyeur de carreaux n'y aura rien gagné pour son compte. « Sic vos non vobis meiUÂcalia apes ! » a dit le poète : les poètes ont bien «ou vent raison dans leur douce philosophie.

Certes la turbine atmosphérique soumise aux caprices des courants aériens ne peut aspirer aux brillantes destinées de la turbine hydraulique laquelle dispose de la régulière puissance du courant des fleuves. Mais néanmoins, il y a des analogies, et dans les exploitations agricoles importantes que nous prépare l'avenir, les deux systèmes se compléteront on n'en peut douter. Ils ont cette qualité commune et .primordiale d'avoir un fonctionnement économique dès lors que les frais de première installation ont été faits.

Pour en revenirauConcoorsouvert parla Société d'agriculture d'Angleterre et qui a été fort instructif, les conditions principales imposées aux moulins à vent mis en expérience étaient de posséder un diamètre variant entre 3 m. ^o et 9 mètres, puis d'êlre installés sur des pylônes ayant une hauteur uniforme de 12 mètres de haut. Enfin ils actionnaient des pompes, et ils devaient pouvoir refouler l'eau à 60 mètres de hauteur.

Il y a là, tout d'abord, quelques critiques à faire. En effet, on ne voit pas bien pourquoi la hauteur du pylône de 12 mètres a servi de base. Cette base sera 1res bonne dans certaines régions, mais insuffisante dans d'autres, en raison de la canalisation des courants aériens par les reliefs du sol. Ce n'est point un chiffre auquel nos agriculteurs doivent s'astreindre.

De même, la pression de refoulement imposée, de 60 mètres, est exceptionnelle : c'est, pouriixer les idées à peu près la hauteur correspondante à la première plateforme de la Tour Eiffel. En considérant la moyenne ordinaire de profondeur des puits qui est comprise entre 20 et 25 mètres, et en supposant des réservoirs placés à i5 ou 20 mètres au-dessus du sol (et ce dernier chiffre est déjà considérable), on voit que l'épreuve de la pression de refoulement à 60 mètres est, par le fait, très rigoureuse.

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