JET DE SABLE
Néanmoins, comme dit le vieux proverbe : « Qui peut le plus peut le moins. »
Quoi qu'il en^soit, les|moulins présentés au Concours ont bien supporté l'épreuve. Le jury a signalé particulièrement le fonctionnement satisfaisant des moulins de 4 m. 80 de diamètre : ce sont ces moulina qui conviennent surtout pour les irrigations de quelque importance et nous en avons déjà des installations dans le Midi de la France.
Mais il ne faut pas négliger, bien au contraire, les moulins de petit diamètre variant entre 2 jm. ^o et 3 mètres, dont le principe est venu des États-Unis. C'est la cavalerie légère des « chevaux-vents ». Ces moulins pèsent de 200 à 3oo kilogrammes, sur lesquels la roue, l'organe moteur, ne pèse que ^o à 70 kilogrammes ; ils présentent au vent une surface active de 3 6 5 mètres carrés seulement. Ce sont de petits voiliers, mais tenant fort bien la « mer atmosphérique » ; ils démarrent facilement par un vent très modéré ne dépassant même pas 8 kilomètres à l'heure et sont, bien entendu, à réglage automatique. C'est à ce genre de moulins que les Américains ont dû la transformation d'un certain nombre de leurs déserts notamment au Dakota, dont ils ont fait les vergers les plus productifs du Monde.
En France les petits moulins à turbines sont indiqués pour l'intérieur des terres, pour les vallées que parcourent des vents faibieset sensiblement réguliers, pourlesgrandes plaines du Nord, de l'Est, et du Centre. Lorsqu'on se rapproche du bord de la mer, des rivages, les vents deviennent violents avec des variations brusques. Il convient alors d'employer des moulins plus grands et plus lourds, capables de résister aux sautes de vent sans ébranler leurs pompes et sans fausser leurs tiges de pistons.
Il est intéressant de constater, au point de vue cssen-
ticllement pratique qu'une InslaDalion complète de petit moulin agricole peut se faire pour 1.200 ou i.5oo francs. Comme les frais d'entretien ultérieurs sont très faibles, cela permet, en somme, de l'irrigation à très bon marché. Or, comme l'a établi M, A. Ronna, lorsque le cultivateur dispose librement de l'eau v il n'y a pas de moyen plus sûr et plus efficace que l'irrigation pour augmenter le produit net et pour maintenir la fertilité de ses terres. Le tout est de savoir et de vouloir s'assurer les bienfaits de
L'irrigation fait l'herbe, le bétail, et l'engrais ; elle donne la stabilité aux récolles, équilibre la production, et la rend sensiblement ind<^pendante des caprices du climat. « Grâce à elle, dit Augustede Gasparin, l'agriculteur obtient la fraîcheur constante et proportionnée à chaque région, ainsi que les combinaisons de terrains sans dépenses... »
Or, parmi les moyens les plus économiques de réaliser actuellement l'irrigation, il faut faire figurer en bonne place le moulin àvent. Son mécanisme bien étudié, l'augmentation très sérieuse de son rendement dans les modèles pratiques que Ton en a construits, en font un bon travailleur qui présentera une régularité satisfaisante dès lorsqu'on lui annexera intelligemment son régulateur qui est " le réservoir ». Pour le réservoir aussi, la question a trouvé d'heureuses solutions économiques dans l'emploi du ciment armé,grace auquel on moule des réservoirs légers et résistants avec autant de facilité que l'on installerait un cartonnage.
Le bon Don Quichotte, de valeureuse mémoire, se battait contre les moulins à vent. Actuellement, le " doo-quichottisme n est démodé, et il y a mieux à tenter : c'est de faire se battre entre eux les moulins à vent dans d'instructifs Concours techniques : on en obtiendra, n'en doutons pas, de très bons résultats.