PROMPTS SECOURS AUTOMOBILES
Les prompts secours dont nous voulons parler sont ceux que nécessite un accident de chemin de fer.
Il convient de reconnaître, fout d'abord, que les accidents en question, toujours déplorables, sont aussi rares que possible. Les chemins de fer, avec leurs organisations bien réglées et bien surveillées, fournissent un contingent statistique d'accidents infiniment inférieur à celui que fournissaient les diligences du bon vieux temps ; le progrès n'a point exigé une abusive rançon tout au contraire, et cela est d'autant plus remarquable que la foule ne cesse de s'entasser dans tous les wagons disponibles avec un désir de mouvement qui s'accroît continuellement.
Mais enfin, parfois, par force majeure, par fatalité, par oubli de quelque prescription, un accident se produit sur une voie ferrée. Il faut songer à secourir promptementles
Tous nos réseaux de chemins de fer français s'en sont à juste titre préoccupés.
Une circulaire ministérielle du mois de novembre 1898 a réorganisé, d'ailleurs, les bottes de secours des gares et des stations, et leur outillage a été mis en rapport avec les progrès de la chirurgie, notamment en ce qui concerne l'antisepsie. Les agents des Compagnies sont exercés méthodiquement à la manœuvre des brancards et on leur apprend à donner les premiers secours indispensables.
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Ensuite vient la queslion, très imporlanle, des wagonsambulances de secours.
Ces wagons sont essentiels. Le transport des blessés alleinls de traumatismcs graves se fait dans des conditions défectueuses, même lorsque l'on peut amener ou disposer sur le terrain de l'accident des voitures de première classe en nombre suffisant. Aussi, quelques Compagnies proposent-elles de tenir en réserve un certain nombre de wagons transformés en wagons-ambulances, renfermant des lits ainsi que le matériel de secours nécessaire à poste fixe. D'autres proposent de tenir simplement en réserve des brancards, des boites de pansement et de médicaments, et de les charger dans les wagons de secours expédiés sur le lieu de l'accident.
On connaît à l'étranger, notamment en Autriche, divers types de wagon.s-ambu lances de secours aménagés d'une façon satisfaisante.
En France, le docteur Redafd, médecin en chef des Chemins de fer de l'État, précoiiise l'utilisation comme wagons-ambulances d'un certain nombre de voitures à voyageurs disposées de façon à pouvoir servir, en temps de guerre, au transport des blessés et malades militaires.
Ces diverses propositions sont assurément intéressantes : elles méritent d'être envisagées et encouragées.
Mais il y a un point de vue qui ne nous parait pas avoir été examiné et qui, cependant, résoudrait, ce semble, la question d'une façon plus immédiate et plus pratique encore : c'est le wagon-ambulance de secours automobile.
En effet, et fort heureusement, comme nous l'avons dit, les gros accidents sont rares. Donc, le matériel de wagons de secours se trouve et se trouvera toujours remisé hors des grandes voies de départ, et cela dans les grandes gares terminus, ou intermédiaires, du réseau.
L'accident étant signalé, il faut sortir les wagons en
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question, les atteler à un train ordinaire, ou spécial, se rendant sur le lieu du sinistre. Ce sont des manœuvres nécessairement assez longues, et cela alors que Ton parle, à si juste titre, de « prompts secours ».
Des voilures spéciales automobiles résoudraient, ce semble, beaucoup mieux le problème. Mises en action avec une extrême facilité, indépendantes dans leurs manœuvres, elles pourraient se rendre à l'eadroit voulu avec le maximum de rapidité.
11 n'y a, comme disent les mathématiciens, rien à chercher pour en faire le projet : les voilures automobiles postales, celles à groupe électrogène de la Compagnie du Nord donnent, au sujet de l'aulomobilisme, toutes les indications désirables. Quant à l'aménagement sanitaire, il est étudié à fond et il ne s'agirait que d'une simple appropriation. Arrivées sur le lieu du sinistre, les automobiles pourraient prendre les voyageurs les plus gravement atteints et aussi remorquer un wagon ordinaire dans lequel prendraient place ceux dont l'étal n'exigerait pas des soins spéciaux.
Celte innovation nécessiterait évidemment quelques dépenses. Mais il faut observer que l'aménagement des wagons en wagons-ambulances en exige aussi. De plus, des voitures automobiles telles que nous les indiquons pourraient, comme on dît, « payer leur loyer « en dehors des cas d'accidents généralisés. Elles seraient, en effet, susceptibles, dans certains cas, d'aller chercher ou d'emmener des malades ou des blessés ayant des ressources personnelles suffisantes, et qui préféreraient ce mode de transport spécial, et personnel, au voyage toujours long et pénible, même dans les coupés- réservé s ou dans les wagons-lits altelés à des trains quelconques.
Bien que la chose soil simple, en somme, au point de vue technique, nous n'ignorons pas que les innovations de
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ce genre exigent des formalités nombreuses et des changements d'habitudes qui ne se font pas sans difficulté. Mais le personnel de nos Compagnies a montré, dans des études analogues, une grande bonne volonté dont il ferait certainement preuve une fois de plus si la chose était mise à l'étude.
Enfin, on ne peut pas nous dire, au cas particulier : • Si cette innovation est si avantageuse que vous le dites, on y aurait déjà pensé antérieurement. «
Non! car l'automobilisme est, lui-même, l'innovation. C'est tout récemment que Ton a combiné les premiers wagons automobiles isolés destinés à se multiplier. Ce n'est pas d'une invention que nous avons voulu parler, c'est d'une adaptation, et la chose, plus modeste, est bien plus simple.
L'ALUMINIUM ET SES ALLUGES EN AUTOHOBILISME
Il est incontestable que si l'Automobiiisme a rendu de 1res grands services à l'aluminium, d'autre part, l'aluminium a rendu et rend de grands services à l'Automobiiisme. C'est un échange de bons procédés. Sa grande légèreté a contribué pour beaucoup à permettre de combiner des automobiles qui, sans cela, eussent été d'un poids excessif ; on l'a vu se prêter k faire des n carters n de i cheval trois quarts aussi bien que de 40 chevaux.
C'est un bon métal pour les carburateurs, pour les plaques et les boules d'eau, AUiéau tungstène, il donne de bons résultats sous le nom de « partinium ».
En thèse générale, il mérite, dans une large mesure, son titre de « métal de l'avenir n qui lui a été donné dès le début. Mais son avenir dépend encore de la façon dont on le met en œuvre, et c'est ce qui a suscité, à son sujet, des discussions qui n'étaient pas sans base ni sans motif.
En effet, on a eu bien souvent le tort de vouloir le trailer comme du bois, ou comme du fer-blanc. C'est une erreur. Il ne suffit pas de se dire : " En employant l'aluminium pour telle ou telle partie de notre mécanisme, nous l'allégerons. )i Encore faut-il que la pièce en question puisse être faite, d'une façon logique, en aluminium, et disposée pans des conditions pratiques de résistance et d'endurance. C'est ce que l'on ne fait pas toujours.
L'automobîlisme n'a pas la spécialité du mode d'emploi mal compris de t'alumioium. On a vu des erreurs analogues se produire dans les équipements militaires. Les tambours en aluminium sont très légers, mais ils manquent de la sonorité qui est leur qualité principale, et ils vieillissent avec une rapidité que ne connaissaient pas nos vieux tambours en cuivre. L'introduction de l'aluminium dans la construction du « sac du troupier » demande également des études approfondies.
L'aluminium doit être mis à l'abri du choc brutal, car il compense sa légèreté par une certaine mollesse. Dans une construction, dans une architecture mécanique, ce qui est le cas de l'automobile, si la pièce que l'on veut alléger est une pièce « d'attaque », il ne convient pas de la faire en aluminium pur; ce métal est davantage destiné à être une sorte de doublure plutôt qu'une étoffe.
Nos carrossiers en automobiles ont donc été bien inspirés en pensant que les alliages d'aluminium, dont le <i partinium » (alliage d'aluminium et de tungstène) est un bon spécimen, devaient être préférés à l'aluminium pur luimôme. On a dit que, grâce à cet emploi, l'allégement du poids de la caisse d'une voilure un peu importante pouvait aller jusqu'à 60 p. 100 du poids total. Cela est peut-être excessif, mais enfin onpeuts'en rapprocher; on réalise du même coup la solidité, la résistance à la trépidation, la faciUlé de nettoyage, qualités diverses qui sont, à juste titre, appréciées des chauffeurs.
Bien certainement nous aurons dans un avenir prochain des progrès conslructifs à enregistrer en ce qui concerne les alliages, car leur étude et celle deleur préparation sont encore toutes récentes.
C'est en 1898 sculementque la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale mit la question à l'ordre du jour en fondant un prix pour récompenser la meilleure élude sur