LE TRAIN DE L'AVENIR
Lorsque les premiers tramways à traction mécanique commencèrent à rouler, cette nouvelle formule ne manqua pas de choquer les habitudes prises et d'être accueillie avec quelque scepticisme. Ces sortes de wagons-locomotives, à vapeur, électriques, ou à air comprimé, qui se promenaient audacieusement sur des rails, au milieu des villes, sans la tutélaire clôture des chemins de fer, ne paraissaient pas bien rassurants.
On fut plus inquiet encore lorsqu'on les vit se faire, à Toccasion, locomotives pour tout de bon, et remorquer un wagon non automoteur, une •< baladeuse », comme dit le terme désormais usuel.
Or, par un singulier retourdes choses, c'est le tramway qui, pour l'avenir, parait devoir donner sa formule au chemin de fer, au « gros frère ». Le « train de l'avenir « sera principalement, on n'en peut douler, la voiture automotrice seule, ou remorquant une autre voiture.
En effet, il y aura tout avantage, sur nombre de parcours, à remplacer les trains relativement longs, composés de plusieurs voitures à compartiments inconfortables et dont la plupart des places restent vides, par ces bons grands wagons isolés, automoteurs, à circulation, roulant bien, et qui feront vite et proprement leurbesogne.
La Compagnie d'Orléans a mis une de ces voitures en
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service régulier sur une ligne secondaire de son réseau, la ligne de La Flèche à Sablé, et l'on s'en trouve bien.
Celte automotrice est à vapeur ; elle est de première classe, avec un compartiment à bagages ; mais elle remorque, suivant les besoins, une voiture de troisième classe. La seconde classe est supprimée. On a remarqué, d'ailleurs, dans tous les pays du monde, le délaissement de la deuxième classe. Ou bien on prend les premières pour être tout à fait bien, ou, par économie, on prend les troisièmes. Finalement, avec les wagons à circulation, on tend un peu partout à la classe unique : elle devient admissible dès lors que l'on peut se lever et s'éloigner du voisin gênant ou déplaisant.
Quoi qu'il en soit, le « train de l'avenir » prend ainsi sa forme que nous avions déjà signalée en parlant des « automobiles postales de la Compagnie du Nord.
C'est bien un véritable train, car l'automotrice de première classe comprend 26 places assises, dont 5 sur la plate-forme. Quant au wagon de troisième classe qu'elle remorque, il contient 5o places. Voilà donc 76 voyageurs allègrement transportés.
La vitesse, suivant le profd de la voie, varie entre ^o et 80 kilomètres à l'heure; on atteint, sans difficulté, une bonne moyenne de yS kilomètres à l'heure.
Les conditions de bon fonclionnnement de ce système sont : en premier lieu, un block-system bien organisé ; en second lieu, l'emploi de freins très obéissants et très énergiques. Ces deux points ont été convenablement étudiés.
Il en résulte que la multiplication de ce genre de trains nous paraît prochaine et certaine. Le public y trouvera de grandes facilités de circulation.
L'automotrice réalise à sa façon <i le train spécial » jadis réservé pour de très rares occasions et qui coûtait fort cher. Elle permettra le groupement de certaines calégo-