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VAPEUR ET PÉTROLE

On ne peut pas dire que la vapeur et le pétrole se disputent le domaine de l'Automobilisme en attendant que l'électricité vienne, comme cela est probable, les mettre tout à fait d'accord. Chacun de ces producteurs de force motrice a, en effet, d'ores et déjà, et conservera, pendant longtemps, le terrain d'action qui lui est propre et que ses qualités spéciales ont, en quelque sorte, défini; « la spécialisation », pour employer le ternie précis, est faite.

L'appareil producteur de vapeur pour les automobiles, assez rustique au début, s'est perfectionné, affiné, et il rendra de grands services, car, là où l'on n'a pas aisément du pétrole, on peut parfois avoir, à bon compte, du charbon ou du coke de qualité satisfaisante. Tout se résume par le calcul exact du prix de revient de la calorie, avec un certain coefficient de facilité pour se la procurer.

Les constructeurs de générateurs de vapeur pour automobiles ont remarquablement étudié leur sujet. Ils sont parvenus à une grande diminution du poids pour une surface de chauffe donnée, à une grande faciUté de conduit* des appareils, à la rapidité de mise en pression, et à une sécurité presque absolue de fonctionnement en dehors des cas de force majeure qui sortent de toute prévision possible.

La qualité maltresse de la vapeur est la faculté de dispo-

ser d'une réserve d'énergie pour lea coups de collier à donner dans les points difficiles d'un parcours. Avec les excellentes chaudières à tubes nombreux et de petit diamètre que l'on possède actuellement, le coup de collier est dans la main du chauffeur connaissant bien son métier et sa machine, de même que le bon cavalier a son cheval dans la main pour lui faire sauter l'obstacle. II y a là une raison pour voir le moteur à vapeur, en ce qui concerne les poids lourds, conserver une suprématie sur les autres systèmes dans les régions mouvementées.

Pour arriver à la diminution de poids de ces chaudières, les constructeurs se sont efforcés de diminuer le diamètre des tubes ; on est descende jusqu'à 25 millimètres de diamètre pour les lubes cloisonnés et jusqu'à i4 millimètres pour les tubes sans cloisonnement. 11 ne paraît guère possible de descendre plus bas, dans l'un ou l'autre système, sans arriver à des dîCficuIlés de circulation préjudiciables au bon fonctionnement des appareils. La formule pour aller plus loin est d'ailleurs trouvée et bien trouvée : c'est la circulation d'eau forcée des générateurs à vaporisation instantanée du système Serpollet.

Voilà pour la vapeur, et l'on voit qu'elle est évidemment indiquée pour répondre à toutes sortes d'emplois.

Le moteur à essence est venu lui faire une certaine concurrence, mais qui a été et qui demeurera limitée.

Entendons-nous bien sur le mot limitation.

Nous ne voulons pas dire que le total de la force motrice produite par la vapeur en Automobilisme restera borné à un certain chiffre, ni que l'emprunt d'applications des moteurs à essence sur les moteurs à vapeur se bornera à une proportion désormais établie. II est au contraire certain que l'un et l'autre de ces moyens de production de force motrice s'accroîtra constamment. Mais, ce qui est limité, c'est l'embarras du choix entre les deux, selon les

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