L'HOMME-VOLANT
Que les chercheurs de machines-volantes ne craignent donc pas de se mettre à l'œuvre. Le succès complet est prochain. Mais qu'ils se souviennent aussi de ce que disait Lilienthat avant de périr, glorieuse victime de ses re cherches sur l'aviation : h Concevoir une machine volante n'est rien: la construire est peu, l'essayer est tout I ».
Ces paroles qui semblent venir de « l'Au-delà » sont singulièrement instructives et impressionnantes.
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Hydrologie 1 Cela veut dire, cela signifie, tout bonnement, l'art de se procurer de l'eau salubre à boire, un peu sur n'importe quel terrain, et aussi l'élude des moyens d'assainir l'eau que l'on est obligé de boire lorsque l'on n'en a pas d'autre à sa portée. Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a I dit lejusteproverbe: mais encore convient-il que ce soit de la façon la moins dangereuse possible.
Voilà pourquoi M. Marboutin, ancien élève de l'Ecole Centrale et sous-chef du service chimique à l'Observatoire de Montsouris, nous a donné récemment une série d'études tout à fait instructives et pratiques sur l'hydrologie.
Dans l'intérêt général, jetons sur cet important travail un rapide coup d'œil.
Lors du récent Congrès d'hygiène qui s'est tenu à Bruxelles, après un échange de vues entre des savants particulièrement compétents, on aboutit aux conctusions suivantes :
Les alimentations au moyen d'eaux issues des terrains calcaires doivent être l'objet d'une attention particuhère, en raison des imperfections possibles du filtrage dans les terrains fissurés.
Une enquête minutieuse s'impose, avant le captage des
eaux, au double point de vue hydrogéologique et chimicobiologique.
La dislribulion d'eau étant établie, des mesures de surveillance doivent être instituées et poursuivies, tant en ce qui concerne les eaux capléRs que leur bassin d'alimentation.
C'est bien là le programme général de « l'hydrologie » dont les besoins exceptionnels de la grande agglomération des villes ont mis notamment la nécessité en évidence.
11 n'est plus permis, en l'étal actuel scientifique, de laisser de redoutables épidémies se propager par ignorance ou par inconscience. L'élude de l'origine et de la circulation des eaux souterraines s'impose, ainsi que celle des pollutions que ces eaux peuvent recevoir, et cela, dès lors que des dépenses ont été consenties pour procurer de l'eau salubre quelque part.
Dans la plupart des cas, on peut arriver, et c'est une étude préalable qui doit préoccuper toutes les municipalités, soit à améliorer la valeur hygiénique des eaux potables dont on dispose, soit à faire un choix judicieux entre les diverses sources qui peuvent être proposées pour l'alimentation.
Et c'est ici que M. Marboutin, avec ses méthodes scientifiques exactes, intervient comme bon conseiller.
Il détermine, tout d'abord, l'origine des nappes aquifères et leur mode de propagation. Puis, U détermine les points où ces nappes peuvent recevoir des eaux superlicielles, il recherche la nature despoUutione qu'elles peuvent apporter avec elles, et il évalue l'importance des contaminations qui peuvent en résulter.
Le problème général hydrologique est ainsi complètement résolu pour chaque cas particulier, et l'on peut dire qu'il faut être bien imprudent pour ne pas le résoudre tout d'abord, avant de porlerà ses lèvres ce que l'on nomme
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volontiers « le cristal des fontaines » et ce qui es( souvent le dangereux véhicule de toutes sortes de bacilles et de germes Infectieux.
Pour suivre la propagation des eaux souterraines, M. Marboutin les colore au moyen d'un produit chimique inofTensif et indécomposable, la « lluorescéine » . Il en faut infiniment peu pour rendre d'un beau vert fluorescent des niasses d'eau considérables. Ensuite, on recueille à grande distance les eaux souterraines ou émergentes de la région que l'on vent explorer et au moyen d'un appareil nommé « fluoroscope «, on s'assure si ces eaux contiennent ou non de la fluorescéine et en quelle proportion. Celte proportion est indiquée tout simplement par des comparaisons de teintes avec l'eau colorée de douze « tubes témoins » dont la réunion constitue le fluoroscope.
On arrive à définir amsi ce que l'on appelle le « périmètre d'alimentation w. On est mis en mesure d'écarter de cette alimentation les eaux contaminées par des matières fécates, des engrais dilués, des cadavres d'animaux qui ont été précipités dans les fissures du sol afin de s'épargner la peine de les enterrer. M. Martel, le remarquable « explorateur des cavernes « a inventorié de véritables ossuaires de cette sorte remplis de carcasses de chevaux morts du farcin, de bœufs morts de la peste bovine, de chiens enragés. On peut penser combien était salubre, à diverses périodes, l'eau qui sortait de ces charniers après avoir délavé ce que l'on y avait précipité : il y avait bien des chances pour qu'elle allât déchaîner, à plusieurs kilomètres de distance, des épidémies dont la cause restait obscure. La fluorescéine de M. Marboutin permettra désormais, en pareil cas, pour peu qu'on le veuille — et il faut le vouloir — de mettre, comme on le dit, « le pied sur la mèche ».
11 ne faut point, d'ailleurs, assigner, d'une façon systé-
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malique, une composition déterminée aux eaux de source pour leur accorder la qualité d'être potables. Cette composition varie suivant les régions et l'on s'acclimate h l'eau de la régioD que l'on habile, comme à la composition de l'air que l'on y respire.
Le pouvoir dissolvant de l'eau lui permet d'attaquer les roches sulfatées ou chlorurées, La nilrificalion des matières organiques permet aussi la destruction de ces matières en donnant des produits azotés que l'on peut, sans inconvénient, retrouver dans l'eau sous forme d'ammoniaque ou d'azote nitrique, ou même organique. Une même nappe aquifère peut donner des eaux d'une « dureté » variable entre 8 et ^o degrés- On dit qu'une eau devient « dore » quand elle renferme plus de 160 à 170 milligrammes de sels de chaux et de magnésie par litre. En thèse générale, pour une même origine, un haut degré de dureté sera un indice de bonne qualité de l'eau, car il caractérise une circulation souterraine lente, c'est-à-dire favorable h l'épuration naturelle. Au point de vue de l'azote organique contenu dans l'eau, on admet généralement que sa teneur oedoit pas dépasser 2 dixièmes de milligramme par litre.
Pour conclure sommairement sur ce sujet de l'eau potable, si important pour la santé publique, il convient d'insister sur ce point que les chercheurs et les capteurs d'eau ne doivent plus jamais procéder, comme jadis, à l'aveuglette. Des méthodes précises permettent de ne faire aucune dépense pour ces indispensables travaux sans que ces dépenses soient absolument motivées. Ceux qui, sur un point quelconque oii il y a une adduction d'eau, ne disposent pas de l'eau salubre qu'ils désirent sont dans leur tort, et ils ont l'eau qu'ils méritent.
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