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EAUX ET FORÊTS

Les astronomes et les météorologistes semblent d'accord à constater que la Terre passe, actuellement, par une période de dessèchement. Cette tendance, qui n'est point encore alarmante, mais qui est déjà désagréable, s'est manifestée tout d'abord en Asie; puis elle a gagné une partie de l'Europe et l'on vient de la caractériser en Afrique. Le lac Ngami, le lac Shirwa de i.ooo kilomètres de superficie, découverts par Livingstone en 1859 et consciencieusemeat portés sur ses cartes, ont disparu : il n'en reste que de petites mares.

La manque d'ancienneté des observations météorologiques ne permet pas de dire d'une façon formelle s'il s'agit là d'un phénomène exceptionnel, ou bien si l'on a à faire à des phénomènes ayant une périodicité. Celte dernière hypothèse est heureusement la plus probable.

Toujours est-il que dans les conditions de dessèchement constatées, les diverses régions habitées ont plus que jamais l'obligation de maintenir intact le régime superficiel d'humidité que leur a accordé la nature. C'est ce que l'on ne fait pas assez. Le moyen de lutter contre la sécheresse est, d'ailleurs, bien simple : il consiste à ménager les forêts, à maintenir aussi intacte que possible ce que l'on a très justement nommé « l'armature végétale du sol ».

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Oh s'en préoccupe en France et en Angleterre d'une fa^on particulière; mais les autres pays seront obligés, à bref délai, de s'en préoccuper aussi, car le déboisement prend, de plus en plus, l'aspect d'un véritable fléau et son influence sur les dérèglements climatériques paraît être considérable.

Des recherches récentes faites en Angleterre par le B Board of Agriculture and fisheries ■> ont montré que l'ensemble formant les arbres, c'est-à-dire le tronc, les branches, et les feuilles, absorbent et retiennent entre 3o à il5 p. loo de l'eau tombée des nuages: ce sont de véritables réservoirs.

Mais, de plus, et ce qui est bien plus hnportant encore, l'abri que les arbres donnent au sol empêche la radiation solaire de le dessécher et lui permet de rester humide.

Enfin, les racines des arbres forment vers la surface de la terre un véritable réseau, lequel constitue un obstacle à la circulation trop rapide de l'eau. Ces racines pénètrent souvent à une assez grande profondeur et, lorsque la vétusté les fait disparaître, elles laissent à leur place des trous où l'eau pénètre facilement de l'extérieur et où elle peut séjourner. Le sol des forêts est fmalement plus perméable que celui des terrains découverts : l'eau y pénètre et y demeure plus aisément.

Grâce à cette faculté de ralentir le mouvement des eaux, les forêts sont d'excellents régulateurs pour les cours d'eau dont elles assagissent le régime. Ce n'est que dans les régions déboisées que l'on observe les crues brusques et dangereuses dont l'inconvénient supplémentaire est de produire desdénudations. On peut remarquer aussi que la neige fond moins vite sous les arbres que sur un sol découvert et qu'il y a là encore une action régulatrice : lors de la fonte des neiges, en effet, il y a une imbibition lento du terrain, et ce qui se fût précipité d'une façon torren-

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