EAUX ET FORÊTS
tielle sur la carapace d'un sol gelé, descend avec une certaine lenteur dans le fond des vallées.
Les forêts ont aussi une influence marquée sur la température du sol, et par conséquent sur la climatologie. Il résulte des observations faites sur divers points qu'elles abaissent la température moyenne du sol, à la surface, d'enmon un degré et demi centigrade. A i m. 25 de profondeur, l'abaissement de température est encore d'en\iron un degré centigrade. Cette action réfrigérante est très importante pour l'hygiène dans les étés rigoureux, comme on en voit se succéder dans de certaines périodes. Aucun procédé mécanique ne permettrait de réaliser les bienfaits de ce faible abaissement de température généralisé, en bien des cas, la santé publique peut en dépendre dans une assez large mesure.
Il y a un autre point de vue sous lequel la forêt doit être aussi envisagée : c'est celui de la production de la force motrice.
Les recherches statistiques récentes de M. Henri Bre.sson sur ce qu'il a nommé" la houille verte », c'est-àdire la force motrice hydraulique des cours d'eau non navigables ni, flottables ont montré qu'il y avait là pour tout l'ensemble du territoire, une ressource considérable et précieuse à utiliser.
Or, si l'on s'attaque à la forêt, si l'on détruit imprudemment « l'armature végétale .> qu'elle donne au sol, si l'on favorise l'érosion, on porte atteinte à la production naturelle, régulière, etinintej-rompue de la houille verte.
M. Fabre, Inspecteur des Eaux et Forêts, qui a fait une étude aussi consciencieuse que compétente de cette question, amontré comment et à quel degré les icdéforestations» pastorales, culturales, et industrielles qui, au dix-neuvième siècle, et surtout en montagne, ont dénaturé l'armature végétale spontanée du sol, ont eu une fâcheuse réper-
ciissioD météorologique sur la circulation aérienne des eaux, sur le régime des rivières, et sur l'enneigement des écrans montagneux. 11 a même établi un fait particulier, c'est que le « recul» général des glaciers européens est d'autant plus marqué qu'ils sont plus continentaux et plus soumis à l'action humaine de la dénudalion. Celle observation a une grande importance à notre époque où, grâce aux progrès de l'industrie électrique et des facilités de transport d'énergie à distance, on s'occupe de faire travailler la « houille blanches des glaciers, c'est-à-dire l'eau de fusion qui s'en écoule. Il est certain que dans les environs des lieux de caplation de la houille blanche, des « forêts de protection » devront être soigneusement conservées et préservées dn déboisement par des règlements rigoureusement tutéiaires. Sans quoi il serait, en vérité, inutile de construire et d'installer à grands frais et avec beaucoup de peine un matériel d'utilisation d'une énergie que les déprédations de la jouissance collective menaceraient de tarir.
On admet, en Europe, qu'une forêt adulte peut transpirer annuellement une tranche de i mètre d'eau et qu'elle restitue à l'atmosphère les quatre-cinquièmes de l'eau qu'elle reçoit. La furfit est donc bien un organe de perpétuelle «remise en travail » des eaux continentales dont il convient d'encourager la laborieuse action. Ainsi que l'a dit éloquemmentM. Fabre, « les forêts ne sont pas exclusivement matière Tiscale, tes montagnes ne constituent pas exclusivement des voisinages dangereux. Les unes et les autres, « si l'on sait s'en servir », sont pour la masse croissante des clients des eaux et de la houille blanche, de puissants éléments de travail et de prospérité.
Nous ajouterons, comme conclusion, ceci : c'est qu'il ne doit pas suffire de « savoir s'en servir », il faut avec une confiante persistance « vouloir s'en servir ».
très sec, la dimiDution des pluies produit une moins-value, ou même, un avorlement des récoltes. Des observations indiscutables ont été faîtes à cet égard dans des pays divers, à toutes les altitudes, dans les conditions les plus différentes, avec des essences variées ; elles s'accordent toutes.
Les ravages de la grêle sont, chaque année, considérables : c'est souvent la misère consécutive, toujours d'indispensables ouvertures de crédits budgétaires qui grèvent le contribuable sans remédier entièrement aux dommages produits.
On en est venu à essayer de lutter contre ce fléau au moyen d'une sorte d'artillerie spéciale. « l'artillerie paragrêle ». Des décharges de poudre dans de grands cornets en métal disloquent les nuages grêleux et localisent la chute de la grêle sur des points aussi bien choisis qu'on le peut.
Ces efforts scientifiques sont utiles, méritoires, et à encourager.
Mais n'oublions pas qu'il y a une autre pacifique artillerie paragrêle, plus efficace encore, et plus persistante dans ses elTcts : c'est la forèl.
M. Puenzieux, chef du service forestier vaudois, a mis en évidence l'action préservatrice de la forêt, laquelle affaiblit les orages, attire les décharges électriques et rend moins fréquentes les chutes de grêle. Des cordons d'arbres résineux, bien disposés, jouent véritablement le rôle de « paragrêle » pour les propriétés rurales. Cela s'explique parfaitement, si l'on considère ce que les électriciens du début appelaient a le pouvoir des pointes », curieuse propriété de diffusion des ondes électriques herziennes à laquelle la « télégraphie sans fil » est venue donner récemment une si troublante sanction.
L'étude de la marche des orages pendant une période