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INCENDIES DE FORÊTS

de dix-huit années, a montré à Becquerel que les massifs boisés avaient tenu à l'abri les cultures situées près de leurs abords. D'autres savants et observateurs sont arrivés aux mêmes conclusions. Des plantations, même restreintes, sont bienfaisantes et tutélaires.

Dans l'ordre d'idées « glacial », ce n'est pas seulement contre la grêle que l'arbre est efficace : c'est aussi contre la gelée. Les gelées printanières et hâtives sont souvent dangereuses. Or, le « couvert des arbres » réagit favorablement contre elles comme régulateur de température. En se répandant autour d'une forêt, l'humidité qui en émane, ainsi que Ta montré l'éminent agronome L. Grandeau, diminue d'une façon notable le rayonnement nocturne auquel est imputable la gelée. On peut très bien établir, par le calcul, d'après une méthode indiquée par M. Borel, la distance exacte jusqu'à laquelle un bois fait sentir lutélaire abri. La «. couverture morte » de la forêt empêche aussi le froid de pénétrer dans les profondeurs du sol.

EnQn, en l'absence des arbres, la violence du vent couche les plantes et entrave la végétation. Le moindre <i boqueteau » préserve lescampagues conliguës des souffles brûlants qui fanent l'herbe et qui la stérilisent

M- Puenzieux a prouvé les effets funestes du vent sur la production agricole, et en particulier, sur les vergers. Les forêts seules, en Russie, sont capables de briser les vents dévastateurs venant de la steppe, dont l'âprelé flétrit te blé sur pied.

En France, il n'est pas besoindcconsidérerdes étendues bien importantes pour reconnaître les bienfaits de ces obstacles naturels. Lesquadrilatéres de chênes du plateau de Lannemezan ou desfraisières dePlougaslel.lessimples haies de cyprès de la Provence, les lignes d'épicéas d'Orquevaux sont des exemples de protection efficace par la

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forêl : le jardinier, pas plus que le laboureur, ne sauraient s'en passer.

En somme, la présence des bois rend de multiples services à ragriculture,en protégeant les t«rres environnantes contre les fléaux atmosphériques. Tous ceux qui ont étudié la question sont unanimes dans leurs conclusions sur ce sujet, el M. Jacquot, au cours de ses consciencieuses recherches, n'a trouvé que des avis favorables.

11 faut donc, tout d"abord, protester contre le déboisement el s'efforcer d'en entraver la Fatale pratique. Mais, il convient aussi de prendre toutes les mesures possibles pour remédier aux dommages importants que causent aux forêts la fréquence et la gravité des incendies. L'évaluation de ces dommages repose, désormais, sur des bases scientifiques : elle permet la reconstitution de ce qui a été détruit et elle soustraira souvent les intéressés au découragement qui tes conduit à une sorte d'abandon de la défense du sol. Lorsqu'une maison a été incendiée, il faut la reconstruire : lorsqu'une forêt a été brûlée, il faut, de nouveau, la faire jaillir du sol : de cette perpétuation obstinée, dépend, dans une large limite, la prospérité de 'avenir.

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