LA PHOTOGRAPHIE INDUSTRIELLE
encollé d'un mélange dans l'eau, de tapioca, d'amidon, de colle de pâte et de dexlrine. L'encre spéciale à calquer se compose de cire jaune, de savon, de suif, de gomme laque et de noir de fumée, que l'on trouve en bâtons dans le commerce, comme l'encre de Chine.
Le calque étant fait, on le reporte par pression sur une pierre lithographique, puis, avec ce décalque, qui constitue un négatif, en encrant la pierre de temps à autre, on tire les épreuves positives à bras, ou avec une presse lilho»graphique.
A ce système, pendant longtemps uniquement pratiqué, est venue se substituer la photographie dans toute son" étymologique acception, d'écriture, de dessin par la lumière. Les méthodes rentrant dans cette catégorie sont nombreuses et nous ne décrirons ici que les principales.
Le procédé sur papier au « ferro-prussiate » est classique. Tous les grands monuments actuels dans leurs détails constructifs, tous les beaux viaducs en acier, toutes les puissantes machines, ont passé, pendant leur conception, par le ferro-prussiate.
Le papier au ferro-prussiate porte ce nom singulier parce qu'il est sensibilisé par du citrate de fer et du prussiate rouge de potasse. Un côté d'une feuille de papier blanc en est enduit et la feuille peut se conserver à l'abri de la lumière et de l'humidité.
Veut-on obtenir la reproduction d'un calque ? 11 servira de cliché. On pose son côté dessiné sur la glace d'un châssis et on le recouvre d'une feuille de papier préparé, le côté sensibilisé restant en contact avec le calque. Alors on retourne le châssis-presse, afin d'obtenir un « positif » du dessin, et la lumière se charge du reste. Dans un laps de temps qui varie entre deux et dix minutes, la lumière a rendu inaltérables au lavage toutes les parties de la feuille au ferro-prussiate qui ne sont pas recouvertes par les traits
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noirs du dessin ; on lave alors à grande eâu et (ouâ \êS traits du dessin, les chiffres, les écritures, apparaissent en blabc sur fond bleu foncé que des tours de main permettent de renforcer au besoin pour mettre mieux le dessin en évidence.
On est arrivé & obtenir aussi, par contre, des reproductions en traits bleus sur fond blanc. Pour cela, on établit d'abord, un « contre-original n du dessin, en employant, pour le tirage de la première épreuve, une feuille depapier calque sensibilisée.
Au papier ferro-prlissiate a succédé le papier « cyanofer » permettant d'obtenir des épreuves positives sans cliché intermédiaire. Le papier est sensibilisé avec une mixture liquide composée d'acide tarfrique ou citrique, de perchlorure de fer, de persulfate de fer et de gomme arabique. Il est d'une agréable couleur jaune paille ; lorsqu'on l'expose à la lumière, sous un calque, la Couleur jaune disparaît dans les parties découvertes par réduction photochimique des sels de fer, et les traits seuls restent apparents.
On ■< développe » alors l'épreuve et c'est là vraiment l'incursion dans la photoffraphie. Le développements'opère en mettant la surface sensible jnsolée dans une dissolution saturée de prussiate jaune de potasse laquelle donne du « bleu de Prusse » avec le sel de fer non réduit chimiquement, c'est-à-dire dans les parties protégées par les traits opaques du calque contre l'action de la lumière. Le dessin apparaît dès lors en bleu vit, et on le plonge dans un bain de blanchiment qui est de l'eau acidulée â 4 P- loo d'acide sulfurique : ce bain dissout la liqueur réduite qui est demeurée Sur le fond. Il n'y a plus qu'à laver â grande eau : le dessin est fait. Le papier héliographique n'est qu'une variété du précédent. Son développement se fait à l'acide gallique lequel donne de véritables traits à t'encre.