HUITRES ET MOULES MT
vent, en effet, les moules renferment un tout petit crabe dont le nom scientifique est le pinnolére. Le pinnotère n'est pas ragoûtant à trouver dans la moule : mais il n'a rien de dangereux. Bien d'autres mollusques contiennent ces a sentinellcE des coquillages h qui les aident à happer leur nourriture «u passage et qui se conduisent en utiles collaborateurs.
Ce qui est plus réellement — bien que rarement — à craindre dans la moule, c'est la sorte de « ptomaïne » désignée sons le nom de mylilotoxine et que sécrètent les moules au cours de certaines maladies de leur foie. L'absorption de ce poison subtil cause des urticaires sans gravité dans la plupart des cas.
En ce qui concerne les huîtres, le reproche qu'on leur fait est plus général et plus grave : on les accuse de servir à propager certaines maladies infectieuses telles que la fièvre typhoïde et, parfois aussi, de contenir des oslréoloxines analogues aux mylilotoxines des moules et susceptibles de donner lieu à des accidents analogues.
Les accidents ayant l'ingestion des ostréotoxînes comme point de départ sont évidemment très rares.
La transmission de bacilles dangereux tels que le bacille de la fièvre typhoïde, ou bacille d'Eberlh est plus vraisemblable et plus probable, eu raison de ce fait que l'huttre se mange crue et contient de l'eau des parcs dans lesquels elle a été, pendant quelque temps parquée. Le moyen d'y remédier est, dès lors, tout indiqué : c'est de tenir en excellent état de propreté, par une surveillance intelligente, les parcs en question, principalement les parcs de stabulation passngére et d'expédition, les dépôts dans les canaux et les ports, au voisinage des gares maritimes, ainsi que les réserves des marchands en gros du littoral. Il est certain que si des matières suspectes peuvent être déversées dans les eaux de ces parcs et
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2(;f AGTUALrTÉS SCIENTIFIQUES
de ces dépôts, les huîtres qui y ont séjourné pourroot être considérées, elles aussi, comme suspectes.
On commet parfois, à ce sujet, de véritables imprudences, par exemple en emmagasinant les huîtres dans des dépôts flottants et en mettant ces dépôts flottants dans, des avant-ports où se pratique une variété du « tout à l'égout 11.
M. Alfred Giard, le savant membre de l'Institut, dans une récente étude sur la prétendue nocivité des huîtres, a cité un exemple qui nous paraît typique.
II s'agit d'un bassin à flot de l'un de nos ports maritimes que l'on mit à sec pour procéder à des réparations et dans lequel on trouva environ aBo.ooo huîtres qui furent vendues à des « parqueurs ». On fit, à la vérité, une condition expresse aux parqueurs de ne livrer ces mollusques à la consommation qu'après un séjour, une stabulation, de trois mois, dans leurs parcs, en vue de les assainir.
Il ne semble pas que ces buttres, qui ont été par la suite vendues et <i gobées », aient occasionné des accidents spéciaux. Néanmoins, il paraît évident que leur origine était scabreuse. Un bassin à tlot est, par sa nature même, un bassin dans lequel l'eau ne circule pas et ne se renouvelle guère en dehors de la surface. Or, les navires qui séjournent à quai dans ces bassins y déversent et y jettent toutes sortes d'immondices. Les mollusques, huîtres, ou moules, ou autres, qui se sont engraissés dans ces conditions doivent être tenus, à très juste titre, pour suspects. 11 conviendrait donc de ne pas faire entrer en recette, au point de vue budgétaire, les huîtres recueillies lors du curage des bassins à flot, et même des avantports.
Quelques ostréiculteurs ont répondu aux reproches que l'on faisait à leurs produits, par un argument qui n'est
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