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LE GAZ A L'EAU

Ce n'est pas une nouveauté que le " gaz à l'eau « obtenu, par la décomposition de la vapeur d'eau en ses éléments, au contact du charbon, du carbone, incandescent. Ce qui est nouveau, et utile à signaler, c'est son entrée pratique et surtoul économique — le grand point de vue actuel — dans toutes sortes d'emplois pour l'éclairage et le chaufTage.

Le « gaz à l'eau » a eu surtout le tort de venir trop tôt, il y a une vingtaine d'années, à l'époque où l'excellent et coûteux gaz de houille, le gaz d'éclairage de Lebon, occu- . pait une inexpugnable position. Il n'eût pas été prudent alors de se montrer partisan de l'acétylène (si l'on eût connu sa fabrication), ni de tout autre système de chauffage et d'éclairage. Le gaz de houille possédait un monopole universellement admis et d'une importance dont témoignent les contrats onéreux passés, à longue échéance, par tant de villes pour leur lugubre éclairage au gaz.

L'électricité est survenue : elle a ébranlé la citadelle du gaz d'éclairage, puis elle y a fait des brèches par lesquelles tous les progrès pourront passer dans un avenir prochain.

L'un de ces progrès, c'est l'emploi du gaz k l'eau dont nous parlons.

Que lui reprochait-on ?

D'être coûteux à fabriquer ?

Or, sa fabrication est devenue économique, grâce à l'emploi des gazogènes perfectionnés.

De n'être pas éclairaat par lui-même 7

C'est là un grand avantage pour le chauffage industriel puisqu'alors U n'y a pas à redouter la cémentation intempestive des pièces chauffées par le carbone incomplètement brûlé, en suspension dans la flamme.

D'être toxique par Buile de sa composition exactement théorique d'hydrogène et d'oxyde de carbone ?

M. Emile Demenge, le savant métallurgiste, a fait justice de cette objection.

Tout d'abord, il est facile de donner au gaz k l'eau, destiné à l'éclairage une odeur très forte et facilement perceptible en lui incorporant une solution dans l'alcool à lo p.. loo, de « mercaptan », c'est-à-dire d'alcool sulfuré qui ne coûte pas grand chose et qui sent très mauvais.

De plus, l'asphyxie par le gaz à l'eau, <c l'oxycarburisme <> n^est possible que ei l'absorption de ce gaz se produit avec une certains durée, dans un local, confmé. Or, quel est le gaz éclairant dont on ne pourrait pas en dire autant ?

Il est évident que des canalisations de gaz d'éclairage, d'acétylène, et de gaz à l'eau, mal installées, ayant des fuites, sont dangereuses : elles ne sont guère moins, ni guère plus dangereuses les unes que les autres.

Mais, d'autre part, comme il eet avéré que l'on emploie utilement et économiquement lo gaz à l'eau, en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis, pour toutes sortes d'usages, dans la métallurgie, dans la verrerie, dans l'industrie chimique, il est bon que Cela se sache et que le gazogène prenne la place qui lui appartient à côté de la chaudière à vapeur.

On a un grand appétit de lumière à notre époque, et l'on a raison. A tant faire que de payer, à beaux deniers, de la vibration lumineuse, encore convient-il que l'on en ait pour son argent.

Donc, il est logique (et cela se fait de plus en plus par-

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