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ODEURS ET PARFUMS

La fabrication des parfums est uq des grands succès des chimistes actuels. Les chimistes rappellent, par certains côtés, le personnage célèbre dont on disait : « Il ne sait pas ce qu'il veut, mais il le veut avec une invincible opiniâtreté. » De même, en effet, les chimistes ne savent pas à proprement parler en quoi consistent les odeurs et les parfums. Mais, ils sont si bien décidés à les produire qu'ils y parviennent avec un machiavélique talent.

Nous employons à dessein l'expression machiavélique, qui est sévère. En effet, s'il parait plutôt hygiénique de respirer les parfums naturels dérobés aux fleurs, par contre on est un peu inquiet de humer les parfums analogues provenant du mélange de produits chimiques dont les noms ne rappellent en rien que le printemps s'avance. Les fleurs suffisent déjà lorsqu'on en met un peu trop dans une chambre à coucher, pour donner aux gens qui y séjournent des névralgies plus ou moins graves. Que dire alors des parfums chimiques dans lesquels la caresse de la fleur est remplacée par le coup de poing sur le nez 1

Les chimistes ne le contestent pas : ils sont les premiers à reconnaître que leurs parfums chimiques ne sont pas et ne seront jamais qu'une approximation du parfum naturel. Ils conseillent seulement de n'en pas abuser sous le préteSte motivé qu'ils coûtent infiniment moins «her :

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glissez, disent-ils, n'appuyez pas I Us prétendent aussi que l'habitude prise du parfum artificiel conduit tout naturellement au désir et à l'usage du parfum naturel beaucoup plus distingué et plus délicat. Il y a donc là un terrain de conciliation sur lequel poussent les fleurs artificielles.

Quoi qu'il en soit, la fabrication des parfums par synthèse chimique est devenue une industrie très importante. C'est en France qu'elle a pria naissance, mais c'est en Alle- Mngne qu'elle s'est développée d'une façon extrêmement lucrative pour ceux qui la pratiquent.

Fiera, en i84o dans le laboratoire de J.-B. Dumas, à Paris, découvrit tout d'abord l'essence de reine-des-prés en oxydant la salicilîne extraite de l'écorce de saule et de peuplier.

Cahours, piqué au jeu, montra que l'essence de Wintergreen n'est autre chose que le salicylate de méthyle et il la réalisa en distillant ensemble du phénol, de l'acide suU turique, et de l'alcool de bois-

Manfield, en i849) poursuivant les recherches de Mitscherlich, affermit la préparation de l'essence de Mirbane, c'est-à-dire de l'essence d'amandes amères, sous la forme de nitrobenzine résultant de l'action de l'acide nitrique sur la benzine. On en fabrique de grandes quantités et c'est ce qui nous vaut les savons et les crèmes parfumés aux amandes amères. L'essence d'amandes amères artificielle, disent les chimistes, vaut mieux que l'essence naturelle pour l'hygiène, car la naturelle contient de l'acide prussique. Est-ce bien exact? En tout cas, les chimistes sont dans leur rôle en l'affirmant.

Continuons notre excursion. M. de Laire a créé la vanille synthétique, ou vaniUine, en parlant de l'eugénol, principe de l'essence de girofle, et en l'oxydant par le permanganate de potasse. La vanilline, qui valait 25o francs le kilogramme au début, n'en vaut plus que 25 : on la

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