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LES TICS B

peut, si la crispation est imprudemment répétée, devenir une infirmité.

C'est ainsi que l'on connaît les tics du clignotement et du reniflement, dans lesquels s'associent les muscles du nez, du voile du palais, et les muscles respirateurs.

Les yeux sont sujets au clignotement. Combien de gens ont commencé par cligner de l'œil, ou des yeux, d'un air nialin, et se sont condamnés, parla suite, à la fâcheuse obsession!

Les tics du nez sont assez fréquents, ainsi que ceux de pincement des lèvres, ou de contraction de la bouche. Dans cette dernière catégorie rentrent les mouvements de mastication intempestifs : le sujet a l'air de mâchonner quelque chose : cela s'accompagne de petits grognements approbatifs qui sont extrêmement comiques. Avec ce genre de grimaces voisinent les secoust^es de hochement de tête, d'affirmation, de négation, de salutation, dont quelques-unes sont des symptômes de dégénérescence. Un spécialiste en ces matières nous conseillait de nous méfier des « liqueurs <> qui, le chapeau « haut de forme <> légèrement incliné sur la tête, donnent des petites secousses qui ressemblent à un geste de découragement : ce sont généralement des obsédés dont la fréquentation est désagréable. Quelques-uns vont jusqu'au tic de l'épaule et justju'au tic du cou que le savant docteur Brissaud a nommé le " torticolis mental ».

Les doigts sont rarement le siège de tics .véritables. Cependant quelques sujets ont la manie de faire craquer leurs articulations, et d'autres se livrent au grattage.

On arrive ainsi à des tics tout à fait malpropres dans leur manifestation : ce sont le crachotement et l'éructation ou tic aérophagique. Les aérophages intervertissent le rôle de la déglutition et celui de la respiration : ils font ainsi provision d'air, et, pour le grand ennui de leurs voi-

sins, ils le rendent, soit en éructations isolées, soU comîne le dit plaisamment le langage technique « en salves ».

Une dernière catégorie, entre tant d'autres, réunit les tics de langage. Sansaller jusqu'au bégaiement qui a ses caractères spéciaux bien définis, certains tiqueurs répètent constamment, jusqu'à l'extrême agacement de ceux qui tes écoutent, certains mots, toujours les mêmes, qui les ont une fois frappés ou intéressés. Par malheur, il arrive que ces mots sont grossiers ou orduriers : tant pis pour l'infortuné gentleman qui en aura été hanté 1 Dès lors, indéfiniment, partout, avec une brusquerie convulsive, il en émaillerason discours. Cela produit parfois de prodigieux contrastes, et l'on en cite chez quelques personnages, qfii ont marqué dans l'Histoire, des exemples tout à fait élotinants.

11 serait, bien entendu, excessif de classer parmi les tics certains (roubles moteurs connus sous le nom de crampes professionnelles, la crampe des écrivains, la crampe des pianistes, la crampe des télégraphistes. Il s'agit, dans ces divers cas, de troubles psychomoteurs lesquels n'apparaissent jamai:^ que dans le labeur prbfessionnel qui les a une fois déterminés ; au contraire, les tics, une fois contractés, éclatent en toute occasion, à propos de rien, sans cause appréciable : leur caractère principal est l'incoercible fantaisie.

Une chose fort curieuse, et sur laquelle les spécialistes sont d'accord, c'est que les tics ne se produisent jamais pendant le sommeil. Cela est fort heureux pour les infortunés qui en sont atteints et auxquels malgré la grande accoutumance, ils imposeiii toujours une certaine fatigue musculaire. On a observé avec uii soin extrême des sujets paraissant définitivement atteints et leur infirmité disparaissait entièrement avec le sommeil.

Il semble résulter de cette observation la possibilité de

traiter et peut-être de guérir les tics. C'est, en effet, la conclusion consolatrice à laquelle sont arrivés des spécialistes distingués, notamment le docteur Brissaud et le docteur Henry Meige. lU comptent pour cela sur « la discipline des actes psycho-moteurs ». Le tic étant un trouble psyclio -moteur, on peut logiquement espérer d'agir sur lui, soit par la voie psychique, soit par la voie motrice. Dans le premier cas on s'adresse à là psychothérapie et dans le second cas à une sorte de gymnastique particulière.

Il convient, comme l'a très bien montré le docteur Meige, de faire appel à l'intervention personnelle du sujet, de provoquer, de sa part, des efforts personnels répétés, de répondre, en quelque sorte, coup pour coup, aux efforts inconscients et automatique.s par des efforts conscients et voulus. C'est un des chapitres de " l'éducation de la volonté >> sur laquelle les psychologues et les philosophes fondent actuellement, et à si juste titre, de grandes espérances. Il faut amener, tout d'abord, le patient à « vouloir agir 1) : puis, lorsqu'il en est capable, on lui montre comment il u doit agir ».

En ce qui concerne les tics, le traitement doit porter tout à la fois sur les deux extrêmes qui sont l'immobilité voulue et le mouvement voulu. Dès lors qu'il se soumet à des exercices méthodiques, le malade s'entraîne peu à peu à obtenir une immobilité de durée progressivement croissante, puis, à exécuter des mouvements simples débarrassés de tout geste superflu et parasitaire.

Une méthode de traitement curieuse, et qui mérite d'être signalée dans l'intérêt des infortunés tiqueurs, c'est (1 le contrôle par le miroir )i. Le miroit, d'un commun accord, est destiné à se conduire comme un surveillant, et à rappeler à l'ordre le sujet pendant l'exécution des exercices. Impitoyable dans son immobilité, il ne laisse passer

aucune faule, et d'autre part, on ne saurait lui reprocher de s'acquitter de ses fonctions avec une sévérité inégale. Aussi, le malade et le miroir vivent-ils en fort bons termes l'un avec l'autre.

Combien il serait souhaitable que l'on puisse traiter et guérir avec un procédé aussi simple toutes sortes de défauts et d'autres inQrmités grandes et petites qui chagrinent ou qui affligent l'humanité !

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La vieillesse, la sénilité, voilà la grande infirmité qui, de tout temps, désola les humains, déconcerta les savants, el exerça la philosophie des philosophes. Il y a quelque chose de décourageant, en effet, dans cette destruction plus ou moins lente, mais fatale, de l'individu.

Dans la férocité delà lutte pour la vie, on s'accoutume fort bien à l'idée et au spectacle du vieillissement de la déchéance des choses ; on trouve même un charme poétique aux automnes qui précèdent les rigidités des hivers.

Mais lorsqu'il s'agit de l'homme, de l'organisme humain, le vieillissement, quels que soient les respects dont on l'entoure, ne va pas sans une certaine épouvante. Chacun déplore, avec égoïsme, celle fin pourtant prévue dès le premier instant du commencement ;

Nascenl«e morîmur Dnisque ab origine pendet 1

Habituez-vous à celle idée, disent toutes les Philosophies et toutes les Religions. Frères, il faut mourir I

Il faut I II faut I La formule est dure et sinistre. La con~ damnation générale est donc sans appel et l'avenir est donc éternellement sans espoir?

Tournons-nous vers les savants I Leur froide investigation permettra peut-être aux générations futures des prolongations que les nôtres n'auront pas connues. On leur

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demande anxieusement : i< Viendra-t-il une époque, ô grands savants, où l'on ne mourra plus de vieillesse ? »

Plusieurs d'entre eux. avec une rare compétence, ont récemment étudié cette question avec les moyens d'investigation perfectionnés dont ils disposent : nous pouvons citer, entre autres, MM. Metchnikoff, Démange, Merkel, Bulher, Marinesco. Le problème qu'ils se posent est l'étude du « mécanisme de la sénilité ».

Certes, un organisme vivant quelconque périra toujours, à ce que l'on peut supposer, par accident très grave ayant pratiquement détruit ses rouages, ou quelques-uns de ses rouages fondamentaux.

Mais, supposons que cet accident ne se soit pas produit. Ne pourra-t-on pas, dans l'Idéal scientifique futur, tenir une bonne machine humaine à l'abri de la dégénérescence et de l'épuiscmenl ? Pour employer une comparaison vulgaire, mais frappante, ne pourra-t-on pas faire pour lorga nismc humain ce qui fut fait pour le célèbre et légendaire i< couteau de Janol » lequel usa deux manches et trois lames avant que d'être réformé ?

Les savants spéciaux en ces recherches ne pensent pas du tout que ce soit irréalisable. Peut-être, d'après ce qu'ils nous font entrevoir, les générations futures souriro ni -elles avec pitié lorsqu'on leur parlera de notre admiration pour les rares personnages de notre époque devenus centenaires. Les centenaires, dans l'avenir! Penh! Il faudra parler de gens ayant atteint au moins, sans infirmités et sans lunettes, l'âge heureux de 5oo ans.

Quel peut êlre le moyen de parvenir, dira-t-on, à cet Age d'or de la longévité ? Il consiste, d'une façon générale, d'après ce que pensent les éminents savants dont nous avons cité les noms, h agir sur la cellule qui constitue les tissus, cellule nerveuse, cellule hépatique, glandes diverses. Tant que la cellule fonctionne normalement, l'orga-

nisme ne peut vieillir : la dégénérescence, la sénilité, la triste vieillesse, sont caractérisées par l'atrophie des éléments spéciriques des tissus et par leur remplacement en un tissu conjonctif hypertrophié. Renforcez les éléments actifs de l'organisme, dit le professeur Metchnikoff: aHaibhssez d'autre part la tendance aggressive des « phagocytes 11, sortes de cellules mobiles qui dévorentles bonnes cellules de l'organisme, vous aurez détruit les causes de la terrible « maladie » que Ton nomme la vieillesse. Ce n'est pas sans intention que nous prononçons ce mol. On a remarqué, constaté depuis longtemps, que la sénilité présente et possède de grandes affinités avec la maladie ; il y a une analogie très grande entre les lésions delà sénilité et celles que l'on rencontre dans les différentes maladies chroniques.

Il n'est donc pas irrationnel, au point de vue scientilîque, de penser que l'on empêchera les gens de vieillir, et que l'on réalisera le rêve du docteur Faust. Que faul-il pour cela ? Employer tous les moyens capables de renforcer les cellules et les fibres musculaires du cœur. On dispose, dans ce but, des sérums que les savants nomment « cytotoxiques », c'est-à-dire toxiques pour les cellules de diverses catégories. 11 est établi scientifiquement que les petites doses de ces sérums spéciaux, au lieu de tuer les éléments spécifiques des tissus, les renforcent. Voilà donc la voie rationnelle indiquée pour renforcer les éléments actifs fondamentaux de l'organisme et pour les empêcher de vieillir. Il s'agît d'écarter les causes de dégénérescence en même temps que l'on permettra à la nutrition de se constituer d'une façon normale, et au sang, ce puissant 11 cohéreur », de rester toujours jeune en s'épurant. Dès lors, au point de vue théorique et mathématiquement scientifique, la vieillesse ne pourra plus se produire, la sénilité sera rendue impossible.

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Dans la pratique actuelle, empressons -nous de le dire, les candidats à la longévité de 5oo années feront bien de ne pas renoncer A la sage précaution de rédiger leur testament sous une des formes légales que le Code civil leur a prescrites en vue d'égayer leurs dernières années d'existence.

En effet, la préparation des séniins cytotoxiques est extrêmement coûteuse et difficile. De plus, leur expérimentation est, comme on peut le penser, des plus délicates. On trouvera certainement beaucoup de gens de bonne volonté pour se soumettre à un traitement qui leur permettrait de vivre 25o ans sans rhumatismes. Mais, si l'un d'eux, ou quelques-uns, venaient à succomber au cours du traitement, cela susciterait de vives réclamations.

On nous dira que les médecins pourraient expérimenter sur eux-mêmes ? Cela est évident. Mais alors le Corps médical éprouverait sans doute des pertes importantes et cela, parmi les spécialistes mêmes qui se seraient mis en mesure d'expérimenter après de longues et patientes rechercbes.

11 convient donc de nous résoudre à étudier tout d'abord, sur les animaux, les moyens de supprimer la vieillesse. Lorsque l'on se sera repassé pendant 3oo ans un vieux cheval en bon état, ou bien, un chat ayant, d'une façon authentique, /,c,5 ans, alors on pourra tenter des expériences sur danciens [notaires ou sur des fonctionnaires désireux de jouir le plus longtemps possible de leurs droits acquis à la retraite.

On ne sera pas encore au bout. Car, en prenant connaissance de ces recherches, des progressistes ont déjà fait observer qu'il ne suffirait pas d'empêcher les gens de mourir, mais qu'il faudrait encore indiquer les moyens de les rajeunir ! Il y a du vrai dans cette objection et le « desideratum » parait légitime : sans quoi les momies

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d'Egypte auraient fourni, depuis longtemps déjà, une solution d'un cas particulier du problème. Mais il ne convient pas de remonter à cette évidente aDtériorité : si les chercheurs dont nous avons indiqué les travaux trouvent seulement le moyen de relarder la mort d'une façon sérieuse et appréciable, l'Humanité n'aura pas assez de fleurs ni de couronnes à leur ofTrir, avant leur propre enterrement, bien entendu.

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