‹ Actualites scientifiquesChapitre 87 sur 97 · LA PEUH CHEZ LES ENKANTS · texte numérisé non relu

LA PEUH CHEZ LES ENKANTS

que l'erreur et la fantaisie se soient profondément gravées dans cet enregistreur très sensible qu'est le cerveau de l'enfant. Par la suite, on s'efforcera bien de graver la vérité par-dessus l'erreur, mais on n'y parviendra pas toujours, ou bien on obtiendra une sorte de mélange qui constituera ce que l'on nomme « l'esprit faux », c'est-à-dire l'impossibilité de discerner exactement les limites restrictives de Terreur et de la vérité.

Lors donc que l'on se trouve en présence d'une imagination d'enfant aisément surexcitable, et ce sont les enfants intelligents qui sont le plus sujets à cette excitabilité, il convient de lui refuser absolument toute alimentation de peur, de terreur ou de phobie. L'enfant devra être cérébralemcnt placé, en quelque sorte, dans une atmosphère tranquille : on lui évitera l'excitation des récils, des lectures, des représentations théâtrales impressionnantes .

Le peureux, lorsqu'il se sent en sécurité, se délecte littéralement des détails macabres et effrayants : il convient de les lui supprimer absolument et de réduire les événements à leurs proportions les plus justes. Puis, on l'amènera progressivement, en s'adressant à son bon sens, à considérer les choses naturelles sous leur véritable aspect, à ne point attribuer des propriétés menaçantes au silence, à l'obscurilé, à l'isolement. On évitera surtout de se moquer de lui lorsque, tâchant de réagir, par amourpropre, il procédera à de timides essais ; il convient, au contraire, sans que le peureux s'en aperçoive, de lui faciliter ces essais. Si poltron qu'il soit, tout enfant peut exécuter un acte montrant un peu de volonté i l'art de l'éducation consistée l'y amener par de petites épreuves bien échelonnées qui lui donneront confiance en lui-même et qui lui feront prendre l'habitude du courage.

CtiacuD peut, plus ou moins, concourir à cette tâche;

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y concourir, c'est faire œuvre de solidarité, car c'est au sein des groupements de poltrons que se développent les paniques, plus dangereuses dans leurs conséquences que les fléaux eux-mêmes et véritablement humiliantes pour l'Humanité.

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