LA POURSUITE DE L'OR
La poursuite de l'or, en tant que métal, fut une chi effrénée, même bien avant qu'il ne fût monnayé, c tous les pays du monde. En vain, la nature semble a accumulé les difficultés, les dangers, les périls, les reurs autour des gisements du curieux métal : les hora se ruent à sa recherche. En Guyane et sur la côte d'Âfric les fièvres consument et tuent les chercheurs d'or, soui soleil de feu. Qu'importe ! Au Klondyke, dans l'Ala; ce sont les froids du pôle, les glaces, la mort sombi désespérée qui guette le pionnier dans la course ave: reuse. Qu'importel Toujours et toujours des légion! chercheurs s'y précipitent, cherchant la fortune. 11 y un irrésistible appât.
Le bon Lafontaine a eu beau dire :
Ni l'or, ni la grandeur ne nous rendent heureux !
l'Humanité préfère écouter les accents de cynique adm tion du poète Barbier :
et il ajoute, [avec un accent méphistophélique :
A l'or la suprême puissance, C'est le nerf de la guerre et la force des rois.
Donc la chasse à l'or est ouverte, ardente, implacable. Autour des gisements d'or et des placers, le fer homicide brille, les libertés sont foulées aux pieds, les tombes se creusent.
Et pourquoi? Pour accumuler sans cesse et sans cesse ce prodigieux emblème du travail jaccompii, pour accroître le poids dont il pèse dans le plateau de l'immense balance humaine pour entasser ce tentateur.
Que sert-il de philosopher, d'ailleurs, à ce sujet? Des moralistes grincheux ont beau prédire aux nations civilisées qu'elles mourront de faim, symboliquement accroupies sur un énorme tas d'or dont elles ne pourront se servir et de blé dont leurs entraves douanières les empêchent de faire du pain pour ceux qui ont faim. Croyons-le bien : les las d'or menaçants et les tas de blé inutilisés s'écroulent fatalement comme des tas de sable. Laissons les pionniers fiévreux ou gelés poursuivre leurs grands rêves ou leurs misérables réahtésl
Pour revenir nous-mêmes à la réalité présfinte, il nous a semblé curieuxde savoir ce que pouvait être la recherche et l'extraction de l'or dans l'antiquité. Car ce mal n'est point de nos jours : il s'y est seulement aggravé.
Déjà, avec Lafontaine et Barbier, le poète latin disajl ;
Donc, on avait de l'or, on trouvait cet or, avant la Guyane, la Colombie, l'Afrique, et le Klondyke î
Alors même que nous nous posions cette question, un distingué chercheur — non pas d'or, mais de curiosités historiques — M. E. Chabrand, ancien élève de l'École centrale des arts et manufactures, y répondait dans une excellente étude présentée à la Société dauphinoise d'ethnologie et d'an thropologie.
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