LA POURSUITE DE L'OR
Écoutons, .suivons cet aimable guide dans le passé. L'or, le cruel or, attira, tout d'abord, par son éclat, l'attention de l'Humanité primitive et naissante. Mais, qui l'eût cm 7 Ses débuts furent plutôt modestes, et c'est dans H l'Age d'or » des poètes que l'or eut le moins d'importance et de valeur.
Les primitifs constatèrent, en effet, que ce n'était pas un métal capable de fournir la inalière première d'une arme ou d'un outil. Alors, que faire de cet amolli ? On lui préférerait le cuivre, dit le poète vulgarisateur Lucrèce : Aurum jacehal propfer inutUUatem.
Mais ce ne fut qu'un temps: la rareté prit le pas sur l'utilité, et bientôt le luxe, par une valeur de convention, rehaussa le prix de l'or pour reléguer le cuivre travailleur au rang des substances vulgaires. Les anciens commencèrent donc à aller chercher, partout où on le leur signalait, V le roi des métaux » éclatant, malléable, inaltérable aux agents atmosphériques, et ils lui donnèrent en le façonnant la consécration de l'art.
Les pays de production de l'or antique furent assez variés. Les historiens prétendent que Salomon en tira pour plus de 22 milliards de francs de l'ancienne Ethiopie dans les montagnes de l'Abyssinie et du Darfour.
La Californie atavique, sur laquelle régnait la fameuse reine de Saba, était l'Ophir, dans la contrée de Sofala. On y enchaînait, paratt-il, les prisonniers avec des chatnesd'or, ce qui, entre parenthèses, devait leur être parfaitement désagréable malgré la qualité du métal. En Lydie, il y avait le fameux fleuve le Pactole, près de Sardes, avec lequel Crésus équilibrait si largement son budget.
Strabon signale des mines d'or en Espagne dans les Asturies. Pline fait l'éloge de celles d'Italie, et Diodore de Sicile prétend que les fleuves de Gaule, notamment le Rhône, charrient de l'or en abondance.
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point de vue opératoire, les anciens soumettaient l'or Ions à une fonte pour afiinage. lis le torréfiaient dans ises de terre avec deux fois son poids de sel marin 13 fois son poids de « misy », mélange de sulfate de fer sulfate de cuivre provenant de la décomposition des 'ais sulfureux nommés pyrites. Théognis indique un dé de purification par le sel et le plomb, et Pline, ainsi itruve, décrivent l'amalgamation par le mercure qui ivenue le procédé usuel.
voit, comme nous le disions au début, que l'Antiquité it la " fièvre de l'or », la terrible auri sacra famés l'Humanité actuelle est aussi enGévrée. Elle eut ses rnies ; on se disputa les armes à la main les gisements Tes, et c'est l'or de la Gaule qui attira sur elle les 13 de Jules César, de même que les mines d'or du vaal ont déchatné sur ce malheureux et héroïque ûre la guerre atroce et injuste que l'on sait, si intéressant, par ailleurs, de constater que dans les ides empiriques et rudimentaires du passé on trouve rme presque tous les procédés puissants et perfec- ;s que le génie moderne applique, à l'heure actuelle, jnquéte du précieux métal dans les vastes gisements iljnent noir, du KIondyke, et de l'Australie. Le terrain herches n'est plus le même : mais la meule humaine i jours ardente, haletante. En quelque lieu que soient onnés les placers de quelque Colchide, jamais il ne ie d'Argonautes pour courir k la conquête de la my- :ique « Toison d'or »,
Au point de vue philosophique, une des choses qui nent bien l'appréciation du progrès de la civilisation, la fabrication des aiguilles.
Qu'est-ce, en somme, que ce petit bout d'acier ? Ri Presque rien ! Que fait-il ? Une enragée besc^ne.
Par ailleurs, prenez un homme civilisé, intelli^ industrieux, adroit, muni de moyens d'action vari^ effectifs : dites à cet homme voilà de l'acier, fabriquez-' une aiguille 1 II sera plus qu'embarrassé ; ce sera pou plus difficile à réaliser qu'un des travaux d'Hercult cependant, qui s'occupe de ménager la pauvre aigu Même pas la plus modeste couturière ! On la casse, o jette, avec dédain.
On était certainement plus respectueux des aiguille moyen âge, alors qu'on les fabriquait à la main. Actu ment l'industrieux petit outil se fabrique partout ent ment à la machine par énormes quantités: de là sot prix et de là le sans-géne dont on use à son égard.
C'est le fil d'acier provenant des machines à étirer tréfiliéres, qui sert de matière première. Livré en anne on en fait des paquets, puis on coupe ces paquets tronçons de longueur double de celle d'une aîgi Chaque ouvrier cisailleur produit ainsi 600 à 700 I par heure qui fourniront le double d'aiguilles.
Redressées par un chaufîage au feu de moufle, les liges sont aiguisées par paquels de cinquante environ sur un curieux outil d'acier jouant le râle de meule et que l'on nomme « anneau ft aiguiser » : les meules, les pierres k aiguiser seraient mises hors de combat : il faut la lutte de l'acier contre l'acier.
Ensuite, un petit marteau-pilon aplatit légèrement chaque tige en son milieu ; c'est là que sera percé, après la séparation en deux de chaque tige, le « chas », le petit oriûce oîi s'enfilera le fil. Un seul ouvrier peut «estamper n, préparer ainsi, environ, ^o.ooo tiges par jour.
Les aiguilles, enfilées par loo à la fois sur un fil d'acier, sont délicatement ébarbées à la lime, redressées au marteau lorsqu'elles sont tordues, puis chaufl'ées au rouge pour recevoir la « trempe à l'huile » qui les durcira ; finalement on les sèche dans de la sciure de bois très fine, ou dans du son.
Mais, on n'est pas encore au bout ! Le travail suivant s'appelle « l'écurage » et voici en quoi il consiste ; 200.000 aiguilles sont mises, avec de l'huile et de l'émeri, dans une toile grossière, de façon à constituer une sorte de ballot de 10 centimètres de diamètre sur 4o à 60 centimètres de longueur. Le ballot est serré à ses deux extrémités entre deux disques en fonte et placé, avec plusieurs autres semblables, sur une machine à laquelle des bielles et des manivelles semblent, au premier examen, communiquer des mouvements incohérents. Les ballots vont, les ballots viennent, ils tournent, ils se retournent. De temps à autre, on leur donne un instant de répit, mais c'est pour les ouvrir et pour remettre dedans de i'huile, de l'émeri, du coaltar, de l'oxyde d'étain.
Après plusieurs heures de cette furieuse valse, les aiguilles sont u écurées », c'est-à-dire polies à souhait ; on les sèche, et il s'agit, dès lors, de les classer minu-
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