‹ Actualites scientifiquesChapitre 91 sur 97 · AIGUILLES · texte numérisé non relu

AIGUILLES

tieusetnent par longueurs, car elles sont naturellement toutes mélangées.

Il y a là un tour de main très curieux.

Une ouvrière, apécialiste en cette besogne, étend toutes les aiguilles sur une table, et prestement passe son index dessus. C'est fait, et cela est merveilleux ! Toutes les têtes plus épusses sortent du rang avec obéissance ; les autres Bont alignées par longueurs avec une parfaite précision. Expliquera qui voudra ce « coup de l'index » : il a évidemment sa raison mécanique, mais il faudrait pas mal de mathématiques pour l'analyser.

Un dernier coup d'aiguisage et de polissage au cuir et à l'émeri très fin termine la fabrication.

11 s'agit, dès lora, de compter et d'empaqueter les aiguilles. On se sert, pour le comptage, d'une règle en fer ayant 25 ou loo sillons sur un côté, dans chacun desquels une aiguille peut trouver place. En passant sur la règle un certain nombre d'aiguilles tenues entre le pouce et l'index, il en reste une dans chaque sillon, de sorte que l'on en place et compte à la volée autant que la règle comporte de sillons. Les ouvriers en aiguilles pratiquent celte opération sans avoir l'airmème de regarder la règle; mais il y a là encore un « tour de main » des plus délicats et nous ne conseillons pas à un amateur de se proposer pour compter ainsi quelques milliers d'aiguilles, fut-ce avec les règles de comptage les plus perfectionnées ; il n'obtiendrait même pas ce que l'on nomme avec tant de malicieuse indulgence « un succès d'estime ».

Que d'opérations, en somme, pour fabriquer, pour usiner, pour terminer ce petit objet en métal I Ce parait être, en vérité, la division du travail poussée à son extrême limite, et le prix modique auquel revient chaque unité ne peut se motiver que par les masses considérables qui sont industriellement traitées.

Et maintenant, que deviennent ces innombrables aiguilles perdues, cassées, tancées au hasard ? Que deviennent-elles en compagnie de leurs sœurs les épingles, dont la fabrication est analogue et qui ont, comme elles, le pire destin ?

Il y a là encore une instructive « leçon de choses ». Tombée sur le sol, bientdt recouverte de poussière, alternativement sèche et humide, secouée par toutes sortes de petites secousses du sol, l'aiguille, bien que faite d'irréprochable acier, ne tarde pas à s'oxyder, à se rouiller, à s'effriter : elle retourne, comme tonte chose, à la poussière.

Or, lorsque l'on considère les énormes lingots d'acier qui sortent des usines métallurgiques pour se transformer en aiguilles, on peut dire qu'il y a, en vérité, des millions d'aiguilles dans les grands tourbillons de poussière que soulèvent les coups de vents : on les avale, on les respire, sans s'en douter. Seuls les invétérés disciples de Bacchus déclarent qu'ils s'en aperçoivent bien aux picotements de leur gosier et ils en tirent une excuse pour l'humecter sans cesse et plus que de raison. Cest une excuse que nous n'accepterons pas n'aimant point, comme le dit notre vieux proverbe, à discuter sur la pointe d'une aiguille.

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il, lorsqu'il est isolé, absolument négligeable. >ourra-l-on jamais poursuivre dans ses fortifioft- )liquée9 elbien armées, le « secret de s'enrichir a ? 1 autre genre de secret de fabrique, si l'on peut - ainsi, contre la divulgation duquel les plus inté- -mêmes n'osent pas protester, c'est la fraude, la m, le mélange des produits, ehors de ces deux secrets, il ne semble guère qu'il !n avoir d'autre, à proprement parler, alors que rix minime en somme, toute invention, dès son 18 tous les pays où elle peut être exploitée, peut Lre immédiatement couverte, protégée, armée : divulgations, par la prise loyale d'un brevet n. Disons plus, le brevet d'invention étant acquis, divulgation et la mise en pratique de son brevet n que l'inventeur doit souhaiter.

H de fabrique proprement dit est une vieillerie désormais condamnée par la vulgarisation de 'ie et par la construction des chemins de fer. singularité philosophique ! alors que le >< secret le » n'existe plus, les gens qui croient pouvoir er d'une fa^on plus ou moins malhonnête, sont >les. Il suffit, pour la plupart d'entre eux, d'avoir lans une usine ou dans un atelier, à quelque ifime, d'y avoir gratté les chaudières ou ramassé illes, pour se croire en possession de toutes les ces et de tous les détails de la fabrication, ut le dire, entre deux usines fabriquant, prépa- .iquement les mêmes produite avec un outillage ment très analogue et provenant sensiblement !s constructeurs, il y a des différences easenrégion, de climat, de lieu, de temps, de capital, 'œuvre. L'excellent praticien d'une fabrique asl lut à fait ignorant, soovent même néfaste, lors-

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