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CIMENT DE LAITIER

blutées, peuvent fournir d'excellents ciments de laitier.

La fabrication de ce ciment est trëe simple, et se compose de trois opérations : séchage du laitier, pulvérisa tion, mélange avec la chaux.

Lorsque l'on a expulsé du laitier les i5 p. loo d'eau qu'il contient, on le broie très facilement, très finement, et on le tamise sur des tamis ayant jusqu'à 4-90o mailles au centimètre carré. La chaux blutée est intimement mélangée avec lui au moyen d'un appareil fa boulets nommé « bomogénérisateur « ; il n'y a plus qu'à emballer à sec : la fabrication est accomplie.

Les applications du ciment de laitier sont, nous l'avons dit, très nombreuses et tendent encore à augmenter : il convient surtout aux ouvrages souterrains, à ceux exposés à l'humidité, aux travaux que l'on exécute sous l'eau.

Ayant une densité apparente faible, il permet d'obtenir, pour un poids donné, une grande quantité de mortier, ce qui correspond fa la possilibité d'employer dos dosages plus faibles. Le mortier obtenu est gras, facile à travailler, et il n'exige pas, pour sa mise en œuvre, d'ouvriers spéciaux.

Le ciment de laitier donne des pâtes et des mortiers de couleur assez blanche et toujours claire. Ses enduits secs, malgré qu'on le lui ait contesté, tolèrent parfaitement l'application de la peinture.

En France, le service des Ponts et Chaussées l'a admis après de nombreuses expériences. On en fait des tuyaux en béton comprimé, des galeries d'égouts ; il entre dans la construction des piles de ponts, des digues, des tunnels. Le chemin de fer métropolitain de Paris,dans sa traversée du sous-sol souvent humide et inondable de la grande ville, en a absorbé une grande quantité.

Le canal de la Marne à la Saône, entre Rouvroy et Chaumont, a été bétonné au ciment de laitier par ses ingénieurs et ils s'en sont bien trouvés. On ne saurait

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croire, en effet, combien la « question de l'eau « est cruelle pour les ingénieurs chargés de l'entretien des canaux : s'ils le pouvaient, ils les rempliraient de leurs larmes. Car, faire an canal, cela n'est pas bien malaisé ; mais éviter qu'il ne soit A sec, ou à peu près, c'est la chose la plus difficile du monde : il n'y a pas d'écumoires pareilles. Or, donc, le canal donc nous parlons fut, non pas goudronné, en dedans et en dehors comme la célèbre arche de Noé, mais bien bétonné- Sa perte d'eau par mètre linéaire et par vingt-quatre heures, qui était avant le bétonnage de i8 mètres cubes, a été réduite à un peu moins de 4 mètres cubes après les travaux d'étanchement ; de sorte que les petits bateaux peuvent aller sur l'eau tout au long de ce canal sans avoir des jambes.

Nous pourrions citer d'autres exemples, mais il faut savoir se borner. Constatons seulement pour finir, et c'est là le point de vue philosophique de la petite étude que nous venons de faire, qu'il y a là une industrie nouvelle, née à la pratique depuis une vingtaine d'années seulement et qui a pris très rapidement un grand développement. Elle a doté l'art de construire d'un agglomérat tout à fait utile et qui se prête à des applications très variées. L'industrie du ciment de laitier est un chapitre du progrès actuel.

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