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PIERRE ARTIFICIELLE

les chaux naturelles et arliHcielles et de l'inlroduclioti en France du ciment de Portland que la fabrication de la pierre artificielle a pris une grande extension. Ces produits, qui ont l'avantage d'fitre économiques, sont classés parmi le» bons matériaux de construction, et/ort appréciés.

Dans les bétons et les " mortiers pleins », le sable et le gravier étant entourée degangue, sont soustraits à l'action de l'air, et leur qualité, touten influant sur le résultat final, n'a pas une importance notable dans la tenue des blocs artificiels. On peut donc trouver, à peu près partout, des matériaux de qualità sufâsante pour obtenir de bonnes pierres, les soumettant aux mêmes méthodes d'essai que les pierres naturelles, à la traction et à l'écrasement. Elles ont, en tout état de cause, l'avantage de n'être pas gélives, quahté fort importante ànotre époque où l'on donne volontiers quelques mois pour se construire à de grands monuments destinés à durer pendant des siècles.

Les formules de pierres factices sont, nous l'avons dit dès le début, très variées, et l'on n'a que l'embarras du choix lorsque l'on veut les pratiquer.

Le béton maigre de graviers et ciment, recouvert sur les faces apparentes d'un enduit de mortier de sable et ciment, est la formule favorite du Dauphiné.

Dans d'autres régions on fait usage du mortier de sable et ciment à peu près sec et fortement pilonné. Après durcissement, les pierres factices ainsi obtenues peuvent être tournées, travaillées au ciseau, bouchardées, tout comme les pierres naturelles. On peut obtenir ainsi des surfaces granitées d'un très bel effet.

On fabrique aussi de bonnes pierres artificielles en coulant, ou en pilonnant dans des moules de ciment, de bois, de gélatine, ou de métal, un béton ou « mortier plein ». De nombreuses applications de ce système se voient ù Gre-

SPONGIGULTURE

L'époDge est un de ces accessoires de l'existence civilisée auxquels on prête relativement très peu d'attention et qui jouent cependant un rôle très important. On peut même dire que là où commence la civilisation, l'éponge apparaît : elle caractérise le besoin de propreté el d'hygiène.

Qu'est-ce que l'éponge ? Animal, ou végétal t Cette question a soulevé de longues discussions dès avantAristote, et l'illustre philosophe rapportant les idées en cours de son temps, déclare que les éponges ont du » sentiment ». Pline et Dioscoride, sans aller jusque-là, la considèrent comme un animal. Érasme est d'un avis contraire, et, se moquant de Pline, il dit que « l'on doit passer l'éponge sur une partie de l'histoire des éponges ».

Actuellement, les travaux des zoologistes ne permettent plus de douter que les éponges soient des animaux : Ces animaux peuvent être extrêmement charnus ou bien soutenus par un squelette en forme de réseau, lequel peut, suivant les espèces, être calcaire, siliceux, à la fois siliceux et corné, ou exclusivement corné. C'est ce fiquelette corné que le commerce nous vend sous le nom d'épongé. 11 n'est utilisable qu après avoir été débarrassé de toute la substance vivantj à laquelle il sert de « substratum » el qui répand, en se décomposant, une odeur épouvantable. Dans

ce but on plonge tout d'abord l'éponge brute, pendant 24 heures, dans un bain léger d'acide sulfurique de 4 ^ 6 degrés; on la rince soigneusement ensuite, et on la fait passer successivement dans deuic nouveaux bains l'un de permanganate de potasse, l'autre d'hyposulfîte de soude ; on la rince de nouveau à grande eau, puis on lui fait subir un bain final d'eau de chaux duquel elle sort avec sa belle couleur jaune traditionnelle.

On aura une idée de l'importance du commerce des éponges en songeant que, rien que pour la France, il se chifîre par uu mouvement de i5 millions de francs annuellement. Les provenances sont la Syrie, l'Archipel, la Floride, et quelques lies africaines.

L'éponge se pè<;he de quatre façons difTérentes ; à la plongée, au scaphandre, au chalut, et au trident. Les plongeurs arabes des côtes de Syrie sont légendaires par leur audace ! on prétend qu'ils vont chercher leur butin jusqu'à 4° mètres de profondeur. Il est évident qu'il est plus prudent de descendre à ces profondeurs-là en scaphandre ou bien d'y traîner le chalut. En thèse générale les fond») à épongea sont étages entre 5, 12 et 25 mètres suivant les espèces. Aux Bahamas seulement, dans le golfe du Mexique, on les trouve à de très faibles profondeurs, au point que les pécheurs enfoncent dans l'eau une grande perche amarrée près du bateau et descendent, en s'accrochant après, sur le fond epongiaire dans lequel ils font tout tranquillement leur récolte.

Ce sont les éponges de la Méditerranée, les éponges levabtlnes, qui tiennent la tète au point de vue de ta qualité, et il va sans dire que les fonds sur lesquels elies 0e développent sont ardemment exploités.

On s'est donc demandé s'il ne serait pas possible de pratiquer la culture de l'éponge, « la spongiculture * dan« le double but de la soustraire au dépeuplement et de l'obteDÎr

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SPONGICULTURE 8*7

dans des conditions de récolte moins difficiles que celles pratiquées par les pécheurs.

L'idée n'est pas nouvelle. Dès 1785, Philippi Cavolini et Lieberkhun avaient constaté que les éponges pouvaient être u marcottées » à la façon dont on procède pour les plantes en horticulture.

Vers 1860, un membre de la Société d'acclimatation, Dommé Lamiral, reprit celte idée et fît des tentatives de spongiculture sur les cdtes de Provence.

Des éponges, recueillies bien vivantes en Tripolitaine et en Syrie, furent amenées dans des caisses à trous, et versées dans la baie de Toulon aux environs de Bandol, de Pomègue et de Port-Cros. L'essai ne parait pas avoir donné de bons résultats : des sortes de microbes attaquèrent les éponges dans l'eau par trop stagnante et les dévorèrent.

De 1 863 à 1872, Oscar Schmidt et Buccich firent une tentative analogue sur les côtes de Dalmatie. Des fragments d'épongés recueillies dans le voisinage furent coupés en petits cubes et Bxés par de? clous de bois à des châssis, d'autres enfilés sur des baguettes, d'autres sur des fils de cuivre recouverts de gulta-percha, d'autres sur des bambous: le tout était immergé bien entendu de façon à perinettre au marcottage de se produire.

On prit beaucoup de soin de cette culture et elle prospéra assez bien ; en un an la perte ne dépassa pas 1 p. 100 i la condition de bien mettre les spongiaires à l'abri de l'action directe du soleil. Une «plantation » d'épongés «à la brochette » double de volume en un an.

Mais des adversaires aussi différents que dangereux survinrent. D'une part ce furent les tarets, petits mollusques aquatiques, qui dévorèrent les supports des éponges puis, les éponges elles-mêmes. D'autre part, ce furent les pêcheurs de la région auxquels on persuada qu'il y avait

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là-dedans delà sorcellerie et qui ruiaèrent les installations.

Cependant, on a fait, non sans succès, il y a une douzaine d'années, des essais analogues aux État-Unis, à Kay- West, à Cocoanat-Grove et à Bîscayne-Bay, en Floride. Les éponges étaient fixées k une profondeur de 60 centimètres d'eau, au moyen de fils ou de baguettes les traversant, sur des poutres assemblées en châssis et immergées. Les morceaux d'épongés, mirent quatre mois à se cicatriser et l'on constata qu'un de ces morceaux, placé dans un courant de marée, grossissait quatre à six fois plus rapidement qu'un morceau analogue placé dans une eau calme et tranquille : c'est là une utile indication.

On mit aussi des morceaux d'épongé assujettis par des clous en bois sur de jeunes troncs d'arbres d'environ 4 mètres de longueur, à des profondeurs d'immersion variant entre 3o centimètres et 3 mètres. En 6 mois quelques-uns de ces spécimens doublèrent de volume ; en deux ans environ on obtint des éponges vendables.

La Chambre de commerce de Sfax, en Tunisie, plus récemment, a procédé à des intallations expérimentales dans le même but, et il faut souhaiter qu'elles donnent de bons résultais. Ce serait une culture assurément profitable ; car les chimistes, malgré toute leur habileté qui défie souvent l'imagination, ne sont point encore parvenus à préparer de < l'éponge artificielle » : le seul moyen de la réaliser, dans une certaine mesure, consiste donc à se livrer à la « spongiculture ».

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REMBLAYAGE PAR LTAU

Quelle est la réserve de houille que eontient encore le sol 7 Les spécialistes en matière de mines n'ont pu se livrer sur ce point qu'à des évaluations hypothétiques et, d'ailleurs, rassurantes, car ils parlent volontiers, pour les gisements de charbon que l'on connaît, d'un approvisionnement sufflsant pour environ i .200 ans. Mais il est très probable, sinon certain, que dans cet intervalle on aura eu le loisir de découvrir de nouvelles raines de houille. Donc, on serait mal venu, à notre époque, en s'inquiétant de la fameuse question générale de l'épuisement de la houille.

Il n'en est pas moins vrai que rextraclion de la houille creuse dans le globe terresle de formidables trous. Car, la production du Monde qui était, il y a quarante ans, de 172 millions de tonnes atteint actuellement 790 millions de tonnes, et la progression parait devoir continuer. L.es profondeurs atteintes sont de plus en plus grandes. En Angleterre, où elles ont été poussées le plus loin, la profondeur moyenne d'exploitation est de 3^ mètres ; mais, dans les environs de Wigan, Manchester, et Stockport, on a atteint la profondeur de 914 mètres. Les spécialistes admettent que l'on pourrait, avec une ventilation appropriée, exploiter jusqu'à la profondeur de 1.219 mètres: cela est audacieux, car à 1.042 mètres la température de l'air de la mine est égale à celle du sang.

Quoi qu'il en soit, et sans descendre jusqu'à ces profondeurs énormes, on creuse en tous sens dans les terrains

hoaiUers des galeries qui alTouillenl le sol. Lorsque la houille a élé enlevée, il est nécessaire de remblayer ces cavités, sans quoi, — et l'on en a déjà des exemples — le terrain supérieur s'effondrerait dans les profondeurs.

Le remblayage a été fort étudié. Il consiste à précipiter dans la mine des débris que l'on entasse entre les piliers laissés en place pour soutenir le plafond des excavations. Va personnel de remblayeurs est nécessaire aussi nombreux que le personnel des mineurs. Parfois, on procède par foudroyage, en effondrant les galeries au moyen d'explosifs; mais le remblayage effectué de cette façon est forcément incohérent, et, par la suite, on doit compter avec des tassements dangereux auxquels il est fort difficile de remédier. On voit souvent se produire des fractures du terrain qui vont jusqu'à la surface et donnent lieu à de grands affaissements. 11 convient, pour les éviter, de réserver, sous les parties de la surface â protéger, des massifs de protection que l'on désigne sous le nom « d'inveslisons •> . Ces investisons sont essentiels, notamment sous les lacs, les rivières, les bras de mer, ou lorsque, ce qui se produit parfois, l'exploitation houillère passe sous des vpies de chemina de fer.

Le tassement des remblais, d'ailleurs, n'estpas seulement nuisible au point de vue des affaissements de la surface : il provoque aussi des affaissements à l'intérieur des mines, et dans les exploitations de houille il peut donner lieu à des échauffements de charbon, et par suite, à des incendies.

Aussi, a-t-on accueilli avec faveur, dans ces derniers tepitps, l'idée venant de Silésie, de Moravie, et Je Weslphalie, de procéder, dans les mines, au « remblayage par l'eau ».

La chose paraît extraordinaire, au premier examen ; mais on comprend bien vile qu'il ne s'agit pas de créer des lacs 6l des réservoirs, souterrains; il: s'agit de remblayer par

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étages superposés : car alors, on peut passer avec une sécurité entière de l'abalage intégral d'un étage à l'abatage de celui qui est au-dessus ; le remplissage parfait des vides a créé, sous les chantiers en exploitation, un terrain parfaitement compact : ce remplissage évite souvent aussi les inondations de galeries que l'on nomme « venues d'eau au toit » et même les dégagements de grisou.

Enfin, en ce qui concerne les accidents, les résultats obtenus sont tout à l'avantage du nouveau système. Les anciens procédés occasionnaient toujours un assez grand nombre de morts et de blessures, malgré les précautions que l'on prenait; dans les mines où fonctionne le remblayage à l'eau on ne compte plus que des blessures provenant des fausses manœuvres, ou de cas fortuits ; parfois même, on l'a constaté, le remblayage se fait sans que l'on ait à constater aucun accident.

Disons en terminant que ce nouveau procédé, pas plus que n'importe quel autre, ne peut être considéré comme s'appliquant infailliblement h tous les cas d'exploitation. Il est surtout à recommander pour les mines de houille à couches puissantes et de faible inclinaison, etjd'une façon générale pour celles qui disposent, à proximité, des matériaux d'embouage nécessaires. Mais il est des gouffres fissurés, et à grande perte, dans lesquels on déverserait en vain des fleuves de boue sans parvenir à y fixer aucun dépôt. Il appartient aux ingénieurs d'étudier, tout d'abord, les conditions locales de mise en pratique du procédé. Mais, en tout état de cause, et toutes choses égales d'ailleurs, comme^on dit en mathématiques, il n'est point banal de voir remblayer des cavernes souterraines avec de l'eau. C'est une application en petit des grands déluges qui ont modifié à diverses époques la constitution de l'écorce terrestre, et Ton voit bien quelles ingénieurs modernes ne doutent de rien : ils ont • industrialisé le déluge. »

Le travail de fondation dans l'eau, ou en terraîa inondé, par l'air comprimé, que l'on appelle «le travail au caisson», est une des conquêtes de l'art de l'ingénieur français. C'est en iSSg que M. Triger eut le premier l'idée de s'en servir pour le fonçage du puits de mines de Chalonnes, à travers des couches aquifères; sa tentative fut couronnée de succès.

Les travaux de fondations d'ouvrages, au moyen de l'air comprimé, furent introduits ensuite en Autriche-Hongrie par nos entrepreneurs MM. Gouin, Castor, Hersent: puis en Allemagne, et en Suisse.

Après avoir fait ses preuves sur le continent européen, la nouvelle méthode de bâtir sous l'eau les a faites en Amérique, lors de la construction des ponts énormes de Saint-Louis et de Brooklyn, puis, en Angleterre, au gigantesque pont du Forth.

Dans une grande caisse en acier, aux bords inférieurs coupants, le personnel ouvrier affouille le terrain et travaille constamment au sec, car des pompes de compression maintiennent régulièrement, à l'intérieur du caisson, de l'air à une pression suffisante pour compenser la pression, la charge de l'eau qui tend à y pénétrer, ou même, à s'infiltrer du dehors.

Le progrès constructif a été très rapide. Au pont de

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Kiehl. vers 1860, on fut très préoccupé de la possibilité de descendre ensemble trois ou quatre caissons à air comprimé de 4o mètres carrés de surface environ. Vingt ans après, pour les bassins de Missiessy, à Toulon, on a opéré, sans plus de difficulté, sur des caissons uniques de 5.800 mètres carrés de surface I

Ce travail dans l'air comprimé, qui est devenu absolument courant par sa rapidité et par les facilités qu'il procure, demande de grandes précautions physiologiques analogues à celles que l'on prend pour les scaphandriers. Divers savants, notamment Paul Bert et le docteur FoUdy, en ont étudié les effets et ils ont montré comment il convenait de pratiquer la compression et la décompression de l'organisme humain. On guérit vite et bien, actuellement, les indispositions résultant de l'emploi de l'air comprimé, indispositions qui ne sont, en général, que desafîeclions de la peau ou des congestions locales : on en diminue aussi la fréquence et la gravité. Bur certains chantiers de caissons, on établit avec utilité Une piscine d'eau chaude qui permet aux travailleurs sortant de l'air comprimé, de réagir contre la sensation de froid qui résulte de la décompression de l'air après l'éclusage et de conjurer ainsi les rhumatismes accideateldi ou les congestions.

En somme, actuellement, le travail ddnd l'air comprimé peut s'effectuer en toute sécurité, à la co&ditidD d'opérer avec sagesse et prudence, jusque vers la pression de quatre atmosphères, c'est-à-dire correspobdant à 5o et 60 mètres de profondeur d'enfoncement dans l'eau. Aces glrandes pressions, les hommes doivent patiemmeht mettre trois quarts d'heure ail moins pour « se décompriiâer • lors de leur sortie du caisson.

Récemment, des spécialistes en hygiène ainéricains, MM. Léonard Khill et J.-J.-R. Macleod, avec le concours de

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nombreux entrepreneurs et chefs de chantiers, ont refait une étude expérimentale des effets de l'air comprimé, et de la décompression, sur l'organisme. Celte étude a confirmé stir bien des points les observations de Paul Bert, du docteur Folley, d'Hersent, et des physiologistes allemands qui ont étudié la matière. Néanmoins, elle a mis en évidence quelques indications nouvelles et relégué quelques idées toutes faites sur le travail du caisson .

II n'est point sans intérêt de les signaler tout à la fois au point de vue scientifique et pratique.

Ainsi, on a pendant longtemps pensé, et même prétendu, que l'on pouvait acquérir l'accoutumance au travail dans te caisson. *< Ne vous rebutcE pas, disait-on, aux jeunes gens qui éprouvaient des troubles physiologiques au début. Vous voue y ferez à la longue ! » Et on leur citait de vieuxplongeurs qui n'étaient jamais indisposés.

Hé bien ! cela est une erreur. Les vieux plongeurs, dans l'air comprimé, qui résistent bien et toujours, sont ceux qui n'ont Jamais éprouvé de troubles, surtout en débutant, ou qui en ont éprouvé très peu en raison de la force de léùt Constitution. Mais, cela ne s'acquiert pas, et si l'organisme se prête mal tout d'abord à ce labeur spécial, il vaut mieux en fbire un autre.

Aûtl-e observation curieuse. Les hommes grands, corpulents, d'apparence vigoureuse, résistent d'une façon évidente rtioîns bien que les * gringalets », c'est-à-dire les hommes maigr«s, de petite taille, et d'apparence plutôt chétfve. Ceifl s'explique par le rude travail d'échanges physiologiques que l'on impose, dans le caisson, aux gros et robustes organismes.

En thëse générale, il convient d'exclure dli travail dans l'air cotnprimé les hommes qui ont dépassé l'âge de quarante-cinq ans et ceux dont les cheveux blanchissent prématurément. Il va sans dire que les personnes vraiment

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ftgées doivent êlre très prudentes, même en ce qui concerne les visites dans les caissons. Il en est de cela comme des visites dans les galeries de mines, ou des excursions en montagne à de grandes altitudes. Dès lors que l'énergie de la jeunesse n'est plus là pour se prêter, dans un sens ou dans l'autre, à un effort exceptionnel de ce genre, quelque ressort vital peut demeurer faussé, et il vaut mieux s'abstenir lorsque le devoir professionnel ne dicte pas la ligne de conduite à suivre.

A quoi tient, d'ailleurs, l'insalubrité relative des caissons? M, Snell, qui a expérimenté sur la question, l'attribue à l'accumulation de l'acide carbonique dans l'atmosphère confinée et comprimée de ces sortes de grands réservoirs. Il suppose que ce gaz, plus soluble que l'air, se dissout dans le sang en proportions anormales. Il est évidemment assez difficile de s'en assurer ; on pourrait le faire par des prélèvements de sang, ou par des passages sous cloche à la sortie des caissons, mais cela demanderait des recherches coûteuses et prolongées. Une autre hypothèse émise, et qui paraît vraisemblable, c'est que certaines terres remuées pour renfoncement des caissons contiennent et dégagent de l'acide carbonique et d'autres gaz, peutêtre même, dans une certaine proportion, le redoutable oxyde de carbone. On ne peut donc pas comparer exactement entre eux, au point de vue de la salubrité, les travaux à l'air comprimé effectués dans telle ou telle région : parfois, le travail à quatre atmosphères sera moins insalubre que celui à trois atmosphères, ou à deux atmosphères et demie : cela dépend, sans doute, de l'intervention physiologique du mélange gazeux.

Enfin, une dernière remarque. On a préconisé, en cas de symptômes de maladie, après " la décompression », de pratiquer la « recompression » dans l'oxygène . C'est encore une erreur; la « recompression » par l'oxygène est toxique.

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