RAPPORT
■i nouvelles qui circulent en ce moment dans Témigratio n polonaise sont empreintes d'un certain intérêt. On rapporte que le poète Adam Mickiewicz va être nommée sur les instances de la princesse Mathilde, au poste de Conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal.
Ce bruit a produit une fâcheuse impression sur les émigrés qui, en général, considèrent M. Mickiewicz comme un agent russe qui, de tout temps, a fait de la propagande en faveur de la Russie contre la France, et qui est, au fond, l'adversaire du gouvernement actuel.
Les Polonais diseut que M. Mickiewicz n'est pas émigré, qu'il pourra rentrer en Pologne quand bon lui semblera, et qu'il est à regretter que celte faveur n'aie pas été accordée à quelque réfugié ancien militaire de l'Empire dévoué au Prince- Président ou à quelque littérateur émigré. ''
On ajoute que M. Mickiewicz, pour se faire pardonner son passé, a rompu, ostensiblement du moins, avec tous les sectaires du prophète Towianski.
D'un autre côté, on raconte que le projet de former des légions polonaises en Angleterre, dont il avait déjà été question il y a quelque temps, est de nouveau mis sur le tapis et que le ministère anglais a fait sonder les dispositions des officiers supérieurs polonais. On se serait abouché avec l'hôtel Lambert, et le général Dembinski, très hostile au Prince- Président, serait désigné comme le chef des futures légions.
Des Polonais, qui se disent bien informés, assurent que cette affaire est très sérieuse, que la démocratie aussi bien que l'aristocratie polonaise y sont immiscées et que cette intrigue est dirigée contre la France.
On sait de la manière la plus positive que l'ambassade russe, qui est très bien informée de ce qui se passe, a connaissance de ces menées dont elle se montre très inquiète et auxquelles elle assigne un but révolutionnaire.
Ses agents sont en quête pour savoir ce qu'il y a de réel relativement à une adresse au Prince-Président qui serait, disent-ils, soumise à la signature de notabilités militaires de l'émigration .
Ils paraissent consternés de cette nouvelle et les plus hardis récriminent contre l'Empereur Nicolas qui , selon eux, n'a pas voulu accorder une amnistie générale, malgré les pressantes sollicitations de l'ambassade qui reconnaît que cet acte de clémence n'aurait plus en ce moment aucune valeur, attendu que les émigrés amnistiés ne paraissent nullement disposés à quitter la France dans le moment actuel.
Néanmoins, les agents russes essayent toujours de faire des prosélytes pour l'amnistie, et l'un d'eux, Venceslas Jablo-
nowski, va à domicile persécuter dans ce but les anciens émigrés.
11 circule un bruit au sujet du Prince Napoléon. On raconte que ce personnage s'entoure de tous les réfugiés qui sont le plus bostiles au Prince-Président contre lequel on laisse échapper des menaces.
On remarque dans son entourage Tanski, correspondant de feuilles allemandes, journaliste réputé pour agent russe, acharné contre le Président ; Ordega, aussi mal disposé qu'avant sa naturalisation; enfin Branicki, compagnon de tous ses plaisirs, qui pourvoierait à ses dépenses et paierait ses dettes.
L'officier de pawc, Hébert.
6 janvier 18oi.
L'Empereur, monsieur le Préfet, me charge de vous communiquer la note ci-jointe concernant M. Towianski (i), polonais déporté, et de vous prier de m'adresser les renseignements que vous pourrez vous procurer sur cet étranger.
Albert de Dalmas.
Conclusion de la réponse du Préfet.
31 janvier 1854.
Si le prophète Towianski obtient sa rentrée en France, on doit s'attendre à de nouvelles intrigues dans rémigration qui, déjà, n'est que trop travaillée en ce moment.
Hébert.
(1) Voir la Correspondance d'Adam Mickiewickz avec André Towianski, 2 e vol., p. 156.
Rapport de police de ragent polonais.
17 janvier 1834.
M. Adam Mickiewicz m'a dit : Il faut boire beaucoup pour être inspiré par l'esprit divin.
Le poète, ouvrant un liroir plein d'or, a dit à Adolphe***: La doctrine est pour les imbéciles et ceci est pour moi.
Date des déplacements d'A. Mickiewicz selon la police.
1843 9 octobre. M. Mickiewicz est de retour depuis huit jours. 1845 18 mai. M. Mickiewicz est parti pour la Suisse de son
logis, 1, rue d'Amsterdam.
1845 3 juillet. Mickiewicz est attendu aujourd'hui à Paris.
1845 13 juillet. Mickiewicz est arrivé ce matin 12, rue du
Boulevard.
1846 4 février. Mickiewicz est parti pour Zurych. 1846 7 avril. Mickiewicz est attendu demain à Paris.
1846 25 mai. Mickiewicz est revenu de Suisse.
1847 10 juillet. M. Mickiewicz part samedi prochain avec
toute sa famille aux bains de mer pour six semaines.
MINISTÈRE - r
de Note pour