‹ Adansonia; recueil d'observations botaniquesChapitre 18 sur 132 · I. — Le procédé de dessiccation employé à leur égard · texte numérisé non relu

I. — Le procédé de dessiccation employé à leur égard

IT, — Les résultats obtenus.

NOMS DES PLANTES, LEURS CARACTÈRES DE VÉGÉTATION ET LEUR MODE DE CULTURE.

J'ai opéré sur deux espèces différentes : une monocotylédone, le froment; une dicotylédone, la fève de marais (Faba major) ; mais j'ai plus spécialement expérimenté sur cette dernière.

En second lieu, relativement aux particularités caractéristiques que présente la végétation de la fève, voici les seules indications nécessaires à connaitre et que je rappellerai brièvement.

Les feuilles, que je distinguerai par desnuméros d'ordre1,2,3,elce., = en commencant toujours par la feuille la plus voisine des eotylédons, sont, sur le même sujet, de formes et de dimensions différentes selon leur situation, c’est-à-dire selon leur âge; ce qui est conforme à la loi générale d'évolution de cette catégorie d'organes. Les deux premières feuilles sont toujours très-réduites et ressemblent plutôt à des bractées qu'à des feuilles véritables ; néanmoins, . dans‘toutes ces recherches, je les compterai loujours comme des feuilles. Ainsi, en disant tel pied a six feuilles par exemple, j'entendrai par là qu'il porte à sa base deux feuilles bractéiformes et

plus haut quatre feuilles ordinaires, c’est-à-dire respectivement munies d’un limbe et d’un pétiole.

Des bourgeons naissent à l’aisselle de toutes ces feuilles, puis s'épanouissent successivement de la ‘base au sommet. On en trouve souvent deux et quelquefois trois réunis à l’aisselle de chacune des deux feuilles inférieures. Dans ce cas, ces bourgeons supplèmentaires s’épanouissent loujours aprés le bourgeon principal, et leur développement est constamment moins avancé que celui de ces derniers.

Les boutons sont axillaires et naissent ordinairement dés la septième feuille. Toutefois, toujours plus ou moins avortés à l’aisselle des premières feuilles florifères, ils n’atteignent leur complet développement et ne s’épanouissent que plus haut sur la tige, lorsqu'ils naissent à la neuvième et à la dixième feuille, plus ou moins du reste selon les sujets et surtout selon les modes de culture.

Un point des plus importants serait de fixer avec précision dans tous les cas l’état de développement d’une plante, afin d'arriver à établir ainsi sur des bases certaines et à rendre possible la comparaison physiologique des divers végétaux. Malheureusement c’est là une question bien difficile à résoudre. Sans doute la durée de la végétation, c’est-à-dire l’âge de la plante, est une donnée dont on doit tenir grand compte dans ce cas; attendu que les caractères physiques et chimiques des tissus se modifient avec le temps, comme nous le verrons fréquemment dans la suite de ces recherches. Mais ce n’est point là bien évidemment l'unique donnée du problème, puisqu'il n'existe point de rapport constant peur toutes les plantes d’une même espèce entre leur âge et leur degré de développement. On sait, en effet, par maints exemples, que laccroissement d’un organe est subordonné à un certain nombre d’influences variées. Il dépend des caractères physiques et de la nature chimique du sol, de l’état hygrométrique de l'air et de sa température, du mode d'exposition de la plante, et enfin eten grande partie de l’idiosyncrasie même du sujet soumis à l'observation. Et ces inégalités de développement, non-seulement se produisent d’une plante à l’autre, mais encore se manifestent dans les diverses régions d'un

même sujet. Ainsi, pour ne citer que l'exemple le plus frappant, les deux systèmes organiques opposés : l'appareil souterrain d’un côté, et l'appareil aérien de l’autre, ne présentent point constamment le même mode d’évolution. Dans les conditions normales, c’est la racine qui s'organise tout d’abord, et la formation du système aérien est postérieure et surtout subordonnée aux progrès du système souterrain. Mais combien de dérogations individuelles à cette règle générale sont produites par des causes très-difficiles à discerner, et que l’on rattache alors indistinctement, ne pouvant faire mieux, à l’idiosynerasie du sujet, mot vague destiné à masquer notre ignorance. Ainsi, bien souvent la tige prend, dès sa sortie des enveloppes séminales, un accroissement rapide; tandis que le pivot tombe en léthargie dès que sa pointe a franchi l'orifice béant et dilaté du micropyle. Toutefois cette anomalie n’est que temporaire, et lorsqu'elle se présente : ou bien la plante meurt prématurément, ou bien, ce qui est le cas le plus ordinaire, au bout d’un certain temps la végétation de la partie aérienne se ralentit comme dans les plantes dites bisannuelles, tandis que simultanément la partie souterraine se réveille et se met à végéter avec vigueur. Bientôt, grâce à cette double modification, la proportionnalité normale entre le développement de la racine et celui de la tige se rétablit ; et, à partir de ce moment, les deux systemes organiques reprennent simultanément et parallèlement leur évolution. |

Ce sont là des effets qu'il est facile de produire artificiellement et en quelque sorte à volonté, soit en modifiant les milieux, soit en gênant, en entravant plus ou moins par des obstacles matériels le développement de telle ou telle partie de la plante.

On voit dès lors combien sont nombreuses les causes dont il faut tenir compte lorsqu'il s’agit de comparer l’état physiologique de deux plantes de même espèce; ou bien lorsqu'on veut caractériser et indiquer avec précision la phase d'évolution du sujet sur lequel on opère.

Comme terme de comparaison, tout en tenant compte de l’âge, j'ai eu recours au nombre de feuilles développées et distinctes du bourgeon terminal, c’est-à-dire j'ai compté les entre-nœuds, sans

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