‹ Adansonia; recueil d'observations botaniquesChapitre 19 sur 132 · VL · texte numérisé non relu

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oublier toutefois combien ce moyen appliqué rigoureusement et isolément serait défectueux. Car deux plantes ayant le même nombre de mérithalles, peuvent néanmoins considérablement différer l'une de l’autre.

Par exemple, l’une sera souffrante, languissante, présentera une tige grêle, aux entre-nœuds largement espacés, et ne portera que des feuilles décolorées et rabougries. Ce sera ce que les jardiniers appellent une plante tirée. L'autre, au contraire, vigoureuse el fortement conslituée, à tige grosse et courte, à mérithalles rapprochés, trapue pour ainsi dire, donnera des feuilles largement développées et colorées d’un beau vert foncé. Ces deux plantes pourront avoir le même nombre d’entrenœuds, le mème âge, et pourtant quelle différence entre elles deux !

C'est évidemment l’œilseul qui peut faire toutes ces distinctions el apprécier toutes ces nuances, dont l’ensemble constitue l’état physiologique du sujet. Je me suis toujours efforcé de donner à cet égard les indications nécessaires.

J'arrive enfin au mode de culture.

1 m'a paru intéressant de vérifier si le mode de culture n’influerait point sur la nature de la loi que je recherchais. Aussi ai-je expérimenté sur des plantes élevées de trois manières différentes, et formant par conséquent trois groupes bien distincts.

4% Groupe. — Les plantes furent élevées dans l’eau ordinaire. À l’aide de flotteurs et par l'emploi de divers modes de suspension, dont j'aurai l'occasion par la suite d'indiquer les principaux, chaque sujet était fixé de telle sorte que sa racine plongeait tout entière dans l’eau el pouvait librement s’y développer, pendant que sa parte aérienne végétait dans l'atmosphère.

2° GROUPE. — Ces plantes étaient disposées comme les précédentes, mais on avait remplacé l’eau pure employée dans le premier cas, par ce que j'appellerai à l'avenir de l’eau de terreau.

Voici quel a été le mode de préparation de ce liquide.

On à pris du terreau provenant de fumier consommé de chevaux entiers, puis en le soumettant à des lavages méthodiques on a ob-

tenu un liquide jaune brun, rougeâtre, rougissant faiblement le papier de (tournesol.

150€ de cette dissolution, évaporés à sec au bain-marie, ont laissé un résidu de 05,312, soit exactement 05,00208 par centim. cube, ou très-approximativement 0%,002. Telle est la teneur moyenne de l’eau de terreau qui m'a servi dans mes expériences ; comme on le voit, c’est une solution aux 2 millièmes environ.

3° groupe. — Il comprend les plantes élevées dans un sol normal, dans la terre. Afin de mieux fixer les caractères de la loi que je recherchais, j'ai fait en outre varier le mode d'évolution des plantes, à l’aide de certaines mutilations exercées sur elles et qui avaient pour résultat de retarder plus ou moins leur accroissement.

Enfin, je compléterai ces détails par une remarque importante,

Tout le monde connait la grande influence exercée par l’air libre sur la végétation, et l’on sait depuis longtemps qu’une plante quelconque pousse avec plus de vigueur à l'air libre que dans l'air confiné d’une serre, d’un appartement. Par exemple, deux plantes aussi semblables que possible, placées lune sur le rebord extérieur et l’autre sur le rebord intérieur d’une fenêtre fermée, et qui ne seront donc séparées l’une de l’autre que par l’épaisscur du vitrage, présenteront bientôt néanmoins de notables différences. La plante vivant à l'extérieur, à l'air libre, sera toujours plus forte, plus vigoureuse, mieux portante que la plante maintenue en dedans de la fenêtre. Cette différence tient sans doute à des causes multiples, parmi lesquelles il faut probablement ranger Pabsorption exercée par le verre à vitre des radiations chimiques extrêmes du spectre solaire. Mais sans prétendre rechercher la cause du phénomène, j'ai voulu m’assurer s’il pouvait exercer une influence dans la question que je traite; et pour les deux premiers groupes de plantes, j'ai ordinairement opéré sur deux séries : l’une ayant végété à l'air libre, et l’autre dans l’air confiné derrière, mais contre une fenêtre du laboratoire.

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