A SANG ROUGE
Anciennes éditions, T. u,p. 2^5 , lig. 20 ; — - édition Béclard , T. u , p. 2 , lig. 4 : — « Je divise la circulation en deux : l'un est la circulation du sang rouge, l'autre celle du sang noir... «
1 1 est impossible de contester l'importance , sous certains rapports, de la distinction des deux circulations adoptée par Bichat : toutefois , on doit convenir que cette manière d'envisager les choses offre aussi quelques inconvéniens , inconvéniens grands selon moi , sous le rapport physiologique ; mais plus grands encore sous le point de vue anatomique : aussi , en anàtomie générale , ne connaît-on plus aujourd'hui , que par les ouvragesde Bichat, les dénominations de systèmes vasculaires à sang rouge et noir.
On peut aussi reprocher à Bichat quelques omissions importantes. Avant d'entrer dans l'examen particulier de l'une des grandes divisions du système vasculaire , Bichat aurait pu , s'é— levant à des idées plus générales , montrer les analogies frappantes qui rapprochent tous les canaux circulatoires , sous les rapports des formes extérieures et intérieures et de la disposition relative, et sous ceux delà structure, du développement embryonnaire , etc. Sous ce dernier point de Mie surtout les vaisseaux offrent des conditions très-remarquables et fort curieuses à bien connaître , qui ont échappé à Bichat, et que l'on a mieux étudiées
depuis lui. On sait , en effet , que les vaisseaux se présentent d'abord sous l'apparence de petites vésicules incolores , arrondies et séparées les unes des autres ; que plus tard ces vésicules s'allongent, deviennent rameuses et se réunissent entre elles, ce qui donne naissance à un réseau très-compliqué ; que ces vaisseaux rudimentaires n'ont point d'abord de parois véritables , ou n'en ont que d'incolores , et que le sang ne les pénètre pas dans les premiers momens de leur apparition au sein des organes. Le développement des vaisseaux est une des parties les plus curieuses de Yorganogénésie. On peut l'observer , nonseulement pendant la période embryonnaire de la vie, mais aussi après la naissance , dans les cicatrices , ou dans ces productions pseudo-membraneuses dont un des plus curieux caractères est sans contredit celui de leur organisation spontanée et de leur greffement , si l'on peut s'exprimer ainsi , sur la surface qui leur a donné naissance , à peu près comme on voit l'œuf , chez les animaux vivipares , se greffer dans un point des voies génitales de la femelle. Dans l'état actuel de la science , il me paraît impossible de ne pas admettre une véritable production vasculaire dans les cicatrices et les pseudo-membranes que j'ai citées. Quant à l'opinion proft ssée par plusieurs savans distingués , que dans ces circonstances il n'y a pas réellement génération vasculaire , mais seulement prolongement , ou végétation de vaisseaux voisins , il est clair que cette objection ne s'adresse qu'au mode de génération , mais nullement , comme le croient quelques personnes, à la génération elle— même , qui parla reste avouée. Au reste , pour décider la question , je renvoie complètement à l'observation ; et je rappelle que d'une part des caillots ont été trouvés à demi organisés dans l'intérieur des vaisseaux , et que de l'autre des vaisseaux bien évidens, pleins même d'un fluide sanguin , ont été aperçus dans des pseudo-membranes trouvées tout— à— fait libres dans des cavités séreuses. Je conserve une production de ce genre , injectée au mercure par Bogros , qui l'avait rencontrée dans l'abdomen. ( (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n, p. 2 56, lig. 18; — édi-
lion Béclard , T. U, p. i3, lig. 21 : — « On a exagéré sans doute la médecine humorale, mais elle a des fontlemens réels... »
Ceux qui arguent des opinions de Bichat pour établir en médecine le solidisme exclusif, n'ont certainement point consulté ce passage de V Anaiomie générale. Ce n'est point le seul , au reste , dans lequel ce physiologiste profond cite des faits en faveur d'une doctrine , autrefois généralement professée , que de nos jours on avait presque complètement rejetée dans l'oubli , et qui reparaît aujourd'hui plus pure , plus vraie , et moins exclusive que jamais. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n, p. a5i , lig. 8 ; — édition Béclard, T. 11, p. 18, lig. i5: — « L'aorte se divise en deux portions , l'une ascendante, l'autre descendante... »
La division de l'aorte en deux branches , l'une ascendante et l'autre descendante , est normale chez la plupart des animaux mammifères : mais chez l'homme , cette disposition constitue une variété ; aussi est— ce par un véritable oubli que Bichat a laissé le contraire se glisser ici. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. If, p. 262, lig. 22; — édition Béclard, T. \ , p. 20, lig. 2 : — «En se divisant, les artères forment entre elles des angles très-variables... v.
Il ne faut pas toujours juger de S 'angle d'origine des vaisseaux , et des artères en particulier , par la direction relative au tronc générateur que présentent à quelque distance de leur origine quelques-uns d'entre eux. Certaines branches , en effet, nées sous un angle extrêmement aigu , restent pendant quelque temps
accolées au tronc qui les a produites , et marchent d'abord presque parallèlement à lui , tandis qu'après un très-court trajet elles se relèvent sous des angles beaucoup plus ouverts. Plusieurs intercostales fournissent des exemples de cette disposition , dont on conçoit l'importance pour la circulation.
( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n,p. ^65, lig. 18; — édition Béclard, T. i, p. a3, lig. 4 : — « Les artères sont recouvertes presque partout par une épaisseur de parties qui les met à l'abri des lésions extérieures... »
(î)Deplus, les artères sont presque partout situées dans le sens de la flexion des articulation s. Ainsi l'aorte est-elle placée dans presque tout son trajet au-devant de la colonne vertébrale. Ainsi les carotides, à la partie antérieure du cou, les iliaques au-devant du bassin , les sous-clavières en dedans de l'épaule , occupent— elles toutes le côté vers lequel les mouvemens sont le plus étendus. Cela devient encore plus marqué dans les membres. On voit, aux inférieurs, l'artère crurale d'abord située en avant de l'articulation ilio-fémorale, c'est-à-dire dans le sens de la flexion de cette articulation , se contourner en dedans et en arrière à sa partie inférieure, et conserverie même rapport avec l'articulation du genou. Le pied semble d'abord faire exception ; mais cette exception n'est qu'apparente , ce qu'on appelle extension dans cette partie étant réellement le sens de la flexion , si on la compare à la main ; c'est d'ailleurs le sens du mouvement le plus étendu. Au reste, c'est dans l'anatomie descriptive qu'il faut voir jusqu'à quel point tout, aux environs d'une artère , s'accorde pour la protéger efficacement contre les lésions qui pourraient altérer sa structure. La disposition qui nous occupe concourt évidemment à ce but, comme l'a très-bien vu Scemmering. Sans elle , les artères seraient à chaque instant exposées à des tiraillemens qui , en les allongeant outre mesure , auraient le double inconvénient de gêner la circulation du sang dans leur intérieur, et de produire
dans leur tissu , d'ailleurs peu extensible , des ruptures inévitables. Cette situation des artères a encore un autre avantage : il en résulte que , dans la flexion , elles deviennent beaucoup moins accessibles aux atteintes extérieures ; ce qui , en divers endroits, remédie jusqu'à un certain point à leur position superficielle.
Dans les intervalles des articulations , les artères des membres occupent en général leur côté interne , moins en butte que les autres à l'action des puissances extérieures , surtout lorsque le membre est porté dans l'adduction. (Béclard. )
Anciennes éditions, T. n, p. 266, lig. 25; — édition Béclard, T. n, p. 24, lig. 7 : — k On croit faussement que les nombreuses courbures de Ja carotide interne sont nécessaires pour que le choc du sang ne produise point de dérangement dans la substance délicate du cerveau... »
On ne saurait assurément refuser une destination toute particulière aux courbures multipliées des artères cérébrales avant leur entrée dans le crâne ; el , bien plus , il est difficile de soutenir avec Bicfiat que cette disposition ne soit en rapport avec la modération du choc du sang artériel sur la pulpe délicate des centres nerveux. Au reste, comme on le verra plus bas, cette idée de Bichat est une conséquence de sa manière de voir , relativement à l'influence générale des flexuosités vasculaires dans la circulation , manière de voir très-contestable , à mon avis. On peut apporter en preuve du rallenlissement causé dans la circulation cérébrale par les courbures des artères carotides et vertébrales , plusieurs faits empruntés à l'anatomie des animaux : par exemple, i" l'augmentation de ces courbures dans les animaux qui marchent sur quatre pieds , augmentation nécessitée par la position souvent déclive de la tête , et par l'abord plus rapide du sang, qui en serait la conséquence ; 2» cette décomposition et recomposition de l'artère carotide, qui existe chez la plupart des animaux carnassiers, et qui constitue le retc mirabile des auteurs.
( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n, p. 267, lig. 27; — édition Béclard, T. n, p. a5, lig. i5 : — « Les flexuosités des artères diminuent-elles la rapidité de la circulation?... »
A toutes ces raisons alléguées par Bichat pour établir que les courbures des artères ne retardent pas le cours du sang dans ces vaisseaux , on n'a qu'une seule objection à faire , mais elle est capitale. Comment Bichat s'assurait-il que, dans les diverses conditions , indiquées l'impulsion du sang n'était pas ralentie ? Il ne le dit pas clairement. Avait-il un instrument , un véritable hémodynamomètre , à l'aide duquel il pût estimer la vélocité du sang au-dessous et au-dessus des courbures? Non. Aujourd'hui nous ne sommes plus dans la même impuissance : mon ami , le docteur Poiseuille , a imaginé ce mensurateur , dont je par lerai plus tard ; il est arrivé, sous le rapport de l'estimation de la puissance circulatoire du sang au— dessus et au-dessous des courbures artérielles , à des résultats positifs ; et il a montré toute l'erreur de l'opinion de Bichat à cet égard. Au reste , je me hâte de le dire , M. Magendie avait déjà combattu avec beaucoup d'avantage cette partie de la doctrine de ce grand maître. Et en effet , est-il possible , en théorie , de concevoir que le sang qui produit la locomotion des artères au niveau des courbures artérielles , ne dépense pas une certaine somme de la force qui le meut , pour produire ce résultat? (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. 11, p. 249, lig. 28; — édition Béclard, T. n.p. 27 , lig. 19 : — « Le choc imprimé au sang par le coeur se propage subitement et non par une progression successive... »
Qu'importe que ce soit par une progression brusque ou successive que soit transmis dans les artères le choc communiqué par le cœur ? il reste toujours ce fait , que le sang reçoit l'impression , et qu'il fait effort , dans certains points , pour imprimer un
mouvement au tube dans lequel il est contenu ; et qu'enfin à ce dernier effort est employée une certaine partie de la force imprimée au sang par le cœur, force qui infailliblement doit en être d'autant diminuée. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n, p. 270, lig. 11; — édition Béclard, T. 11, p. 28, lig. 3[ : — ce Dans les fractures de la mâchoire inférieure, les flexuosités de l'artère maxillaire préviennent sa rupture...»
Bicbat avance théoriquement que, dans les fractures de la mâchoire inférieure , l'artère maxillaire reste intacte , ce qui tient, dit— il, à ses flexuosités dans le canal dentaire. D'abord, je ferai observer qu'une seule fois où il m'a été donné d'examiner les lésions produites par une fracture de l'os maxillaire inférieur, j'ai trouvé une rupture de l'artère en question. En second lieu, je crois qu'il doit en être le plus souvent ainsi : 1 0 parce que l'artère dentaire inférieure ne forme que peu de flexuosités dans le canal dentaire ; 2° parce que, dans beaucoup de fractures de la mâchoire inférieure , le déplacement est considérable ; 3° parce que l'artère dentaire inférieure adhère aux parois du canal de ce nom. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n,p. 271, lig. 22 ; — édition Béclard, T. 11, p. 29, lig. : — Les artères présentent plusieurs modes d'anastomoses... »
A ces trois modes d'anastomoses décrits par Bichat , il faut ajouter ceux dans lesquels les artères forment , par leur jonction, des cercles ou des polygones, comme on le voit pour les artères iriennes, d'une part , et pour celles de la base du cerveau, de l'autre. (F. Blandin.)
Anciennes éditions , T. n , p. 272 , lig. 3o ; — édition Béclard, T. n,/>. 3o, lig. 3i: — « Après l'oblitération ou la ligature d'une artère, on voit la circulation continuer dans la partie par les branches collatérales... »
Les nombreuses communications collatérales des artères dans les diverses régions du corps sont aujourd'hui connues de la manière la plus précise; et ces données n'ont pas peu contribué aux progrès récens de la chirurgie, relativement à la ligature des principales artères. Toutefois , bien que des voies soient ouvertes de toutes parts pour le rétablissement de la circulation vers la partie inférieure du membre , lorsque l'on a étreint le principal vaisseau vecteur de cette partie, cependant ce rétablissement s'accompagne de phénomènes spéciaux qu'il importe d'indiquer en peu de mots. Sans parler des vaisseaux de nouvelle formation qui paraissent s'organiser entre les bouts supérieur et inférieur de l'artère liée, et de manière à établir entre eux une continuité curieuse , vaisseaux qui ont été signalés par le docteur Parry , on sait encore qu'aussitôt que la circulation est interrompue dans une artère principale, le sang ne pouvant parvenir au-dessous par la voie des seules artères collatérales ordinaires, reflue latéralement en partie par le système capillaire , qui éprouve momentanément un surcroît d'action et de vie manifesté par des sécrétions et une calorification plus actives; mais que plus tard, les voies collatérales de premier ordre se dilatant , suffisent au rétablissement de la circulation, et qu'alors constamment le système capillaire rentre dans ses conditions normales. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. 11 ,p. 273 , lig. 2^; — édition Béclard, T. 11, p. 3i , lig. 26 : — « Dans les gros troncs, le sang est spécialement influencé par
îe cœur ; il l'est exclusivement par les parois vasculaires clans les capillaires. »
La preuve anticipée que Bichat allègue ici en faveur de la nullité de l'action du cœur sur la circulation dans les petites artères , preuve qu'il déduit de ce fait que la circulation , ralentie dans les vaisseaux , avait besoin des nombreuses anastomoses de ceux-ci pour ne pas être tout-à-fait interrompue, n'est pas à l'abri de sérieuses objections. Ainsi, sans rien préjuger sur la question à laquelle elle se rapporte, et qui sera débattue plus tard, je dis que l'on petit facilement concevoir le ralentissement de la circulation , vers la fin de l'arbre artériel , sans appeler à son secours la cessation de l'influence du cœur : l'augmentation progressive de la capacité des artères des troncs vers les branches, et la multiplication dans le même sens des frottemens , suffisent pour cet effet. Enfin n'est-il pas de toute évidence , que, si ces causes étaient les seules du ralentissement du cours du sang dans les petits vaisseaux , les anastomoses seraient encore d'autant plus nécessaires que l'on approcherait plus du système capillaire.
( F. Blandir. )
Anciennes éditions, T. u,p. 274, Ug, 18 ; — édition Béclard, T. n, p. 32, Ug. 22: — «On considère chaque artère comme formant un cône dont la base est du côté du cœur; mais si l'on examine une artère prise entre l'origine de deux branches, on la trouve toujours cylindrique... »
Dans quelques artères même , telles que les vertébrales, labiales, spléniques, rénales, spermatiques , ombilicales, etc., le cyhndre semble se dilater du côté de la seconde branche , de manière à se rapprocher de la forme d'un cône , mais renversé. Beaucoup d'artères aussi se renflent légèrement aux endroits où elles se divisent. (Béclard.)
Anciennes éditions, T. u, p. 276, Ug. 27 ; — édi-
tion Béclard, T. n, p. 35, lig. io; — « La terminaison des artères présente des différences essentielles suivant les différens systèmes... »
Ailleurs j'ai déjà fait remarquer que les goils, l'épiderme, les ongles ne contiennent point de vaisseaux, que ce sont de simples produits de sécrétion : je ne reviendrai pas sur ce sujet, j'ajouterai seulement à ce que dit Bichat de la terminaison des artèress que la disposition de ces vaisseaux est loin d'être identique sou, ce rapport. Ruisch , Prochaska, Scemmering, et plusieurs autres anatomistes , ont signalé ces différences, qui sont telles dans certains points qu'elles suffisent quelquefois pour reconnaître , au seul aspect , d'où proviennent les vaisseaux injectés que l'on présente : la disposition stellaire est propre aux artères de la rétine et de la capsule du cristallin ; celles de la choroïde sont plus ou moins exactement spiroïdes; dans la laugue elles forment des houppes, etc. ( F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n , p. 27c), lig. i5; — ■ édition Béclard , T. n,/>. 38 , lig. 10 : — « Les épanchemens sanguins si fréquens au cerveau se font uniquement dans les capillaires... »
On n'émettrait plus aujourd'hui une semblable opinion , relativement à l'origine du sang des foyers apoplectiques. Je crois qu'il y a peu de personnes qui n'aient trouvé , je ne dis pas toujours , mais quelquefois le vaisseau déchiré qui , dans ce cas, donne lieu à l'épanchement. Pour mon compte, j'ai observé chez plusieurs apoplectiques la déchirure de quelques-unes des ces artères qui pénètrent dans le corps strié , vers la partie interne de la scissure interlobulaiie du cerveau (scissure de Sylvius). (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n, p. 280, lig. 4; — édition Béclard, T. n, p. 38, lig. 3a : — « La
membrane propre des artères est composée de fibres très-distinctes...»
Ces fibres sont plus serrées en dedans , plus lâches en dehors ; aussi les couches internes sont-elles les plus denses. Leur direction est difficile à déterminer : la transversale est la seule manifeste ; ce doit être aussi celle du plus grand nombre. Beaucoup d'auteurs , Mascagni , Hunter, Sœmmering, disent qu'elles forment des spirales , ou au moins qu'elles sont plutôt obliques qu'exactement circulaires. On les a comparées à des ressorts en spirales , etc. (Béclard.)
Anciennes éditions , T. n , p. 282 , lig. 11; — édition Béclard, T. n, p. 4i, ttg. «'8 : — « Il n'est aucun tissu si fragile que l'artériel; aucun par conséquent qui soit moins propre à être embrassé par les ligatures... »
Sans doute les tuniques interne et moyenne d'une artère sont coupées lorsqu'on fait une ligature avec un fil un peu rond; mais faut-il, en ce qui concerne la tunique moyenne, attribuer ce phénomène seulement à la fragilité de cette membrane? je ne le pense pas. Il me semble évident , en effet, que la disposition circulaire des fibres artérielles est très- propre à favoriser leur séparation simple par une ligature, qui agit dans le sens transversal , et , par conséquent, d'une manière parallèle à ces fibres. Si les phénomènes de la ligature ne sont pas les mêmes sur les intestins, cela tient sans doute à une différence de tissu , mais surtout àune différence de direction des fibres : puisque les intestins ont des fibres longitudinales qui manquentàla membrane moyenne des artères. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n, p. 283, lig. 19; ~ édition Béclard , T. 11 , p. fyi , lig. 38 : — « Je doute que les anévrysmes puissent se former sans une altération préliminaire du tissu artériel... »
Il est facile de confirmer par des faits cette conjecture de Bichat: on sait que l'inflammation développée dans un point du corps s'étend aux artères qui s'y trouvent , et que les parois de ces vaisseaux deviennent plus molles et quelquefois se déchirent ; aussi a— t-on vu souvent des branches de l'artère pulmonaire se rompre au milieu des cavernes des phthisiques ; aussi ai-je observé une rupture de l'artère poplitée au fond du clapier d'un abcès du creux du jarret. C'est encore à l'altération primitive des parois artérielles qu'il faut attribuer , selon moi , 3a plus grande fréquence des épanchemens apoplectiques chez les vieillards: on sait, en effet, que, dans les derniers âges de la vie , les artères cérébrales ont une grande tendance à l'ossification , circonstance qui les rend singulièrement fragiles. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. 11, p. 284, lig. 2; — édition Béclard, T. 11, p. 43, lig. 12 : — La résistance longitudinale que les artères opposent à la distension est moindre que la résistance latérale opposée à l'injection... »
La tunique celluleuse est en effet presque la seule capable de soutenir un effort qui s'exerce dans le sens longitudinal, tandis que la tunique propre résiste conjointement avec elle quand l'effort est latéral. Au reste, l'a résistance des artères n'est pas la même pour toutes; elle dépend en général de l'épaisseur de leurs parois : les artères cérébrales , qui les ont si minces , sont aussi beaucoup plus faibles que d'autres artères du même volume. Par la même raison , les troncs offrent plus de résistance que les branches, celles-ci que les rameaux, eic. : seulement , comme l'épaisseur ne diminue pas en raison de la capacité , il en résulte que les artères les plus éloignées du cœur
sont , relativement à leur calibre, les plus résistantes. Une autre cause, suivant Clifton-Wintringham , qui fait que les petites artères résistent davantage, c'est que leur tissu est plus mou et plus lâche.
On a fait peu d'expériences comparatives sur la force des parois artérielles dans le sens longitudinal. Celles de Win— trîngham avaient pour but de mesurer la résistance latérale : elle lui a paru plus grande , relativement à l'épaisseur même des parois , dans les petites artères que dans les grosses. L'aorte a aussi supporté, sans se rompre, un plus grand effort à son extrémité inférieure qu'auprès de son origine. Gordon a cherché à mesurer les effets de la distension : il a vu qu'il fallait un poids plus considérable pour produire la rupture de l'iliaque externe, que pour celle de la carotide primitive. Mais, dans ses expériences, la déchirure s'est opérée à l'endroit où se trouvait attaché un fil de suspension : il y a donc eu en même temps section de l'artère , de sorte qu'on n'en peut rien conclure par rapport à la distension pure et simple. Si on voulait répéter ces expériences , qui , d'ailleurs , ne paraissent devoir mener à aucun résultat bien important , on pourrait isoler l'artère d'un membre dans une certaine étendue , sans la séparer entièrement, et exercer ensuite sur ce membre désarticulé tous les efforts nécessaires. On éviterait de cette manière l'inconvénient des ligatures.
Dans les courbures artérielles, le côté de la convexité est plus épais et plus fort que celui de la concavité. Cette disposition, sans doute accommodée à l'effort du sang plus considérable de ce côlé, est bien manifeste à la crosse de l'aorte.
( Béclard. )
Anciennes éditions, T. h, p. iS5, lig. i3; — édition Béclard, T. \up. , lig. 26 : — « La membrane externe des artères forme un tissu distinct et isolé dans l'économie... »
La membrane moyenne des artères n'est pas plus sem-
blable, pour la composition intime, au tissu musculaire qu'au tissu des tendons : elle appartient à un genre d'organes qui forment véritablement la transition entre les tissus précédens, organes que M. Duméril a proposé d'appeler fibreux jaunes Ou élastiques. Comme le tissu ligamenteux, celui qui forme la tunique moyenne des artères est souvent employé à faire des liens : il offre une grande résistance. Comme le tissu musculaire , il concourt à la production de certains mouvemens , à la vérité, par le seul effet d'une contractilité toute particulière , mais bien réelle. Comme le tissu musculaire , il renferme une très-grande proportion de fibrine, ainsi qu'il résulte des expériences de Béclard. Enfin , pour dire toute ma pensée à l'égard du tissu fibreux élastique , je le considère comme un des états que revêt le tissu musculaire avant d'être arrivé à l'état parfait : à défaut de muscles , on le rencontre , dans certains animaux , pour concourir aux mouvemens. Dans l'organisme humain, au reste, il est loin de se rencontrer seulement dans les artères , comme le croyait Bichat; il concourt encore à former les autres genres de vaisseaux , comme je le ferai remarquer plus loin: c'est lui qui forme les ligamens jaunes, sur-épineux, inter-épineux , cervical postérieur , stylo— hyoïdien ; c'est encore ce tissu que l'on rencontre dans l'aponévrosé'yàjcm superficialis et le dartos qui en est une dépendance ; enfin la nature l'a employé comme succédané du lissu musculaire dans tous les points où elle a voulu économiser ce tissu et cependant faciliter la production de certains mouvemens. On sait que souvent à la place du ligament stylo-hyoïdien, ou au milieu du dartos, on a trouvé des fibres véritablement musculaires. Cet état me semble représenter seulement une sorte d'hypertrophie du tissu fibreux jaune , qui a dépassé alors le degré organique qui lui appartenait. ( F. Blandin. )
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Anciennes éditions, T. iî, p. 29,5, Ug. 6; — édition Béclard, T. 11, p. 55, lig. 10 : — « L'ossification des troncs ou des rameaux artériels n ap-
porte pas le moindre dérangement dans la circulation...»
De toutes les idées contestables que l'on rencontre cà et là répandues dans les ouvrages de Bichat , celle-ci, sans doute, est la première. Quoi ! la rigidité qu'acquièrent les parois artérielles ossifiées n'apporterait aucune gêne dans la circulation 1 Que deviendrait donc l'influence reconnue des troncs artériels sur le cours du sang , dans l'état normal? à quoi bon la nature aurait— elle doué ces vaisseaux d'une extensibilité et d'une contractilité de tissu si remarquables? Enfin ce ne serait donc pas en vertu des propriétés précédentes que la circulation dans les artères serait continue, et non intermittente comme l'action du ventricule?
Au reste , il serait facile de porter un coup plus direct et , partant, plus fort à cette doctrine de Bichat; il suffirait de citer les résultats de l'observation, qui montre, dans une foule de cas, des gangrènes séniles survenues sous l'influence de la seule ossification des artères ; ossification qui , dans les circonstances moins graves, se traduit toujours à l'extérieur par le refroidissement et l'engourdissement des parties les plus éloignées du centre circulatoire , ainsi que la chose est si commune chez les vieillards.
( F. Blandin. )
Anciennes éditions, ibid., lig. 17 ; — édition Béclard, ibid., lig. 21: — «Les ossifications artérielles s'observent chez les adultes, mais infiniment plus rarement que chez les vieillards. »
Kipine^o ài$<& 4i eioin mmfik ii iwp , 4«j«s| xovk» mût »b
Les ossifications artérielles ne sont pas les seules que l'on voit suivre la succession des âges; la plupart de nos organes, en effet , sont dans le même cas , et tendent à subir la transformation calcaire, après avoir auparavant passé par tous les degrés de densité , depuis l'état liquide par lequel ils ont commencé. Ces transformations normales suffiraient seules pour nous montrer les limites de notre existence, puisque, par là, nos organes de-
( io3 )
viennent bientôt inhabiles à remplir les fonctions qui leur sont départies. On peut réellement considérer ces modifications qui rapprochent les tissus organisés de la matière inorganique, comme un acheminement vers la mort , ou , en d'autres termes, vers cette époque où les élémens du monde matériel, qui , pendant quelque temps , ont joui de cette somme de mouvement que nous appelons la vie , retombent dans les conditions auxquelles ils avaient momentanément échappé. Au reste , les ossifications artérielles diffèrent singulièrement les unes des autres , suivant qu'elles sont survenues prématurément, ou qu'elles sont le produit de l'âge. Dans le premier cas , ce sont , comme le dit Bichat , de simples plaques développées dans le tissu sous-jacent à la membrane interne des artères ; dans le second cas, elles sont étrangères, en grande partie , à la membrane interne , et portent spécialement sur la tunique moyenne; dans ce dernier , le tissu osséo-crétacé se dépose réellement sur le trajet des fibres annulaires de cette lame , et forme des cerceaux bien caractérisés. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n, p. 298 , lig. 4 ; — édition Béclard, T. ïf, p. 58, lig. j/j: — « Un tissu cellulaire, dense, serré , forme la première tunique
des artères.. »
Cette tunique celluleuse ( cellulosa propria de Haller ) ,. rejetée par Monro , Walter, Scarpa, Mascagni , et que Scemmering réunit à la membrane propre , n'est pas moins distincte des autres tuniques qu'elle revêt , que du tissu cellulaire qui l'environné.
C'est une membrane fibro - cellulaire , mince, assez dëIîS9 néanmoins , faisant réellement partie constituante du tube artériel. Dans les grosses artères, on la divise en deux lames: l'une externe , qui se rapproche davantage du tissu cellulaire ; l'autre interne, jaunâtre, coriace, qui ressemble aux couches de la tunique moyenne. Son aspect sur les artères moyennes est celui des aponévroses, ou bien encore du névrilèmé. Son tissu se compose de fibrilles entrelacées et obliques, plus
écartées en dehors qu'en dedans. Ces fibres sont surtout apparentes dans la distension de l'artère, soit en long, soit en travers , parce qu'elles s'allongent et s'écartent avan*»que de se rompre : Mascagni en a donné une figure. Les petites artères ont cette tunique plus épaisse que les grosses, relativement à leur volume : c'est peur cela qu'elles supportent mieux les ligatures , qui , comme on sait , ne portent que sur la tunique celluleuse.
Sur cette membrane s'implantent une foule de filamens mous et extensibles, qui viennent de l'espèce de gaîne que l'artère reçoit du tissu cellulaire ambiant. C'est là le seul rapport qu'il y ait entre elle et ce tissu cellulaire. A la faveur de cette disposition , l'artère glisse aisément dans l'intérieur de son canal celluleux ; la rétraction des artères coupées est par là singulièrement favorisée.
La gaine celluleuse des artères, tunique externe de Sœm— mering, décrite par Haller sous le nom de tunica cellulosa ad— scititia , n'est en effet autre chose que ce tissu cellulaire la— melleux qui les avoisine et les embrasse de manière à former autour d'elles un véritable canal. Hebenstreit s'en est occupé dans une Dissertation qui fait partie du Recueil de Dissertations de Haller. Cette gaîne tient d'un côté à la membrane externe par les prolongemens dont nous venons de parler, et se continue de l'autre avec le système cellulaire. Elle manque dans quelques artères que recouvrent des enveloppes séreuses. D'autres en sont dépourvues, par le défaut de tissu cellulaire dans les parties oû elles se rencontrent. Sa disposition varie comme celle de ce tissu: en général serrée aux membres, elle est très-lâche dans certaines régions , autour des artères spermatiques , par exemple. Ces différences méritent d'être examinées, parce qu'elles peuvent rendre raison de divers phénomènes morbides : ainsi, les ruptures artérielles sont suivies dans le cerveau d'un épanchement diffus qui désorganise sa substance ; tandis qu'aux membres la gaîne celluleuse prévient cet accident , en bornant les progrès de l'épanchement : ainsi , dans ce dernier cas , le sang s'infiltre dans une plus ou moins grande étendue , suivant la résistance que lui oppose la gaîne, etc. (Béclard.)
r io5 )
Anciennes éditions, ibicl., lig. 25; — édition Béclard, T. n, p. 59, lig. 6: — « L'épaisseur des parois artérielles est exactement uniforme. »
Les parois artérielles n'ont pas une si grande uniformité d'épaisseur que l'assure Bichat : lorsqu'une artère est en contact avec une forte veine , elle prend plus d'épaisseur de ce côté ; et lorsqu'elle est coudée , elle offre la même disposition dans le sens de la convexité de sa courbure ; c'est, en effet, dans ce dernier point qu'elle a surtout à supporter l'effort de la colonne sanguine. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n, p. 3oo, lig. 9; — édition Béclard, T. 11, p. 60, lig. 22 : — « Jamais il n'y a d'anévrysmes vrais... »
Il est aujourd'hui bien démontré que l'anévrysme vrai , c'est à -dire celui que caractérise la simple dilatation de toutes les tuniques artérielles , existe dans un certain nombre de cas. On sait également de la manière la plus positive que , presque toujours dans les anévrysmes spontanés , la simple dilatation forme le premier période de la maladie. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, ibid., lig. 22; — édition Béclard, T. 11, p. 61, lig. 5 : — « Les fibres artérielles ne contiennent point de tissu cellulaire dans leurs interstices; dès lors on conçoit facilement pourquoi elles ne contiennent point de graisse... »
Je crois que du tissu cellulaire sert à réunir les diverses tuniques des artères ; mais qu'il y est plus fin et plus serré que celui que l'on rencontre partout ailleurs. Au reste , qu'il y ait , ou non , du tissu cellulaire dans les parois de ces vaisseaux , cela ne fait rien à l'absence de la graisse dans
les mêmes lieux; la graisse ne s'y produit pas , parce que les vésicules adipeuses, ses organes formateurs, y manquent. Quant à l'infiltration des artères , elle est difficile dans l'anasarque , en raison de la nature serrée de la tunique externe , qui sert comme de barrière à la sérosité. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. u, p. 3o2 , lig. 2; — édition Béclard, T. n, p. 62, lig, 20: — « Il est probable que l'absence du tissu cellulaire dans les artères entraîne celle des vaisseaux absorbans... »
Il y a dans les artères des phénomènes d'absorption. Mascagni est parvenu à faire absorber des substances qu'il avait renfermées entre deux ligatures. Cette absorption peut dépendre , ou de ce qu'il y a des lymphatiques , ou de ce que les veines en font l'office , ou bien enfin d'une sorte d'imbibition , comme M. Magendiepense que cela a lieu pour les substances appliquées à la surface externe et qu'on retrouve à l'intérieur de l'artère. Au reste, on ne connaît d'absorbans que sur les grosses artères .
( Béclard. )
Anciennes éditions , ibid. , lig. 5 : — édition Béclard, T. 11, p. 63, lig. 1 : — «. Nerfs des artères... »
Les nerfs des artères sont d'autant plus abondans que ces vaisseaux sont d'un calibre moindre ; ils sont plus marqués sur les rameaux que sur les troncs. Ceux des artères des membres viennent en partie des nerfs cérébraux. Lucae dit les avoir suivis dans l'épaisseur des artères. Il en fait deux classes, par rapport à leur trajet : 1 0 les uns s'arrêtent dans la tunique celluleuse et s'y perdent , après avoir rampé quelque temps dans le tissu cellulaire qui l'entoure ; 20 les autres traversent cette tunique , et arrivent à la membrane propre , sur laquelle ils se répandent en un réseau très-délié. Les premiers sont mous et aplatis; les seconds, d'une finesse extrême , ont un peu plus de consistance , leur forme
est plus arrondie, ils parcourent un trajet moins long. Aucun ne s'étend jusqu'à la membrane interne : Oudemann assure pourtant en avoir suivi dans la membrane nerveuse de Haller. Quelques artères paraissent dépourvues de nerfs. L'arbre pulmonaire en reçoit moins que l'aortique. Suivant Lucae , les nerfs des artères sont moins apparens chez le vieillard , particulièrement les filets destinés à la tunique moyenne. ( Béclard. )
Anciennes éditions, ibid. , ligne dernière: — édition Béclard, T. n, p. 64, lig. l\ : = « Ce que nous avons à dire des propriétés du système vasculaire à sang rouge se rapportera spécialement aux artères... »
Bichat reconnaît ici que presque tout ce qu'il a dit de l'organisation de ce système, et ce çju'il dira par là suite de ses propriétés, se rapporte bien plus à l'aorte qu'aux veines pulmonaires. Il fait , par conséquent , lui-même la critique de la division qu'il a adoptée. Au reste, j'ai déjà fait remarquer, dans une des notes précédentes, levice grave qu'elle présente en anatomie. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n,p. 3o6, lig. 9; — édition Béclard, T. 11, p. 67, lig. 10 : — « Les artères ont peu d'extensibilité suivant leur diamètre... Les injections les dilatent peu... »
Mon ami , le docteur Poiseuille , a fait une expérience fort ingénieuse pour prouver définitivement cette dilatation contestée, mais réelle des artères dans la circulation. Sur un de ces vaisseaux préalablement disséqué , et non détaché de l'animal , il a appliqué circulairement un tube métallique formé de deux pièces mobiles l'une sur l'autre à l'aide d'une charnière , et duquel s'élevait une petite tubulure graduée ; il aluté soigneusement les extrémités du tube , de manière à combler
l'espace compris entre elles et la paroi de l'artère ; puis , il a introduit de l'eau entre l'artère et le tube : dans cet état , l'artère continuait à être traversée par le sang , et l'on voyait distinctement l'eau qui l'entourait, refoulée par la dilatation du vaisseau, s'élever dans la petite tubulure graduée , et redescendre ensuite ors du retour du vaisseau sur lui-même. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n,p. 307, lig. 21 ; — édition Béclard, T. 11,^0.69, lig. [\: — « Contractilité de tissu des artères... »
A ce que dit Bichat , touchant les propriétés de tissu des artères , je dois ajouter un fait important que dernièrement M. Poiseuille a établi par la voie d'expérimentation : la contractilité de tissu des parois artérielles déploie une force supérieure à celle qtii est nécessaire pour mettre en jeu l'extensibilité des mêmes parties ; en un mot , il paraît que les artères , rendent plus au sang qu'elles ne reçoivent de lui. ( Pour les détails de l'expérience , voy. le Journal de M. Magendie. ) Cet étonnant résultat permet de concevoir comment il arrive , ainsi qu'il résulte des recherches du mêmè investigateur, que le sang conserve, à la fin du système artériel , une force d'impulsion égale à celle qui lui était i nhérente à son entrée , malgré les pertes qui résultent des frottemens plus ou moins rudes auxquels il est soumis. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. ir, p. 3oq, lig. 4; — édition Béclard, T. 11 , p. 70, lig. 20 : — « Dans une plaie longitudinale des artères, les bouts de leurs cercles fibreux coupés s'écartent les uns des autres ; un espace qui ne se réunit point reste entre eux... »
La disposition de la membrane moyenne des artères autorise certainement^ cette conclusion ; mais l'observation ne la confirme pas. Béclard, en effet, voyait dans ses expériences que
les lèvres des plaies longitudinales des artères n'ont aucune tendance à l'écartement , et qu'elles sont alternativement écartées pendant la systole et contractées pendant la diastole du coeur. Au contraire , les plaies transversales ont leurs bords toujours écartés. Ces faits prouvent , au reste , comme Bichat le fait remarquer, que, dans les artères, l'élasticité longitudinale est plus développée que l'élasticité transversale. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n, p. 3io, lig. 11 ; — édition Béclard , T. n , p. 72, lig. 1 : — « Dans l'opération du sarcocèle, il est avantageux de couper d'abord le paquet vasculaire en laissant intact le conduit déférent , et de faire la ligature de l'artère avant de couper ce conduit... »
Certainement ce mode opératoire est ingénieux , et peut aussi avoir de notables avantages ; toutefois je lui préfère encore celui qui consiste à couper, à petits coups, le cordon testicu— laire , et à pratiquer successivement la ligature des vaisseaux à mesure qu'on les divise , de façon enfin à ne trancher le dernier filament de ce faisceau nerveux et vasculaire qu'après avoir terminé toutes les ligatures. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions , T. 11 , p. 3i5, lig. 11 ; — édition Béclard , T. 11 , p. 77 , lig. 1 7 : — « Tout ce qu'on a dit de la contractilité organique sensible des artères doit se rapporter à la contractilité de tissu... »
Malgré toutes ces considérations , il est encore des physiologistes qui accordent au tissu artériel la faculté de se contracter sous l'influence d'un excitant approprié. Les raisons qu'ils allèguent en faveur de cette opinion sont les suivantes. i°. Si les
artères, disent— ils, ne se contractent pas toujours dans les expériences, elles ont cela de commun avec des tissus dont l'irritabilité n'est pas douteuse: l'intestin, la vessie, l'estomac, ne donnent quelquefois aucune marque d'irritabilité. 2°. L'action des acides, que Bicbat regarde comme un simple racornissement , est différente pendant la vie et après la mort : dans le premier cas , on observe une contraction réelle ; dans le second , c'est plutôt une sorte de corrosion , comme l'a très-bien vu Verschuir. 3°. Le même auteur a réussi à déterminer le resserrement de l'artère , en l'irritant simplement avec le scalpel. 4°- Dans d'autres expériences , le seul contact de l'air a produit un resserrement subit et trèsmarqué, jusqu'à effacer presque entièrement la cavité de l'artère. 5°. Ce resserrement, dans toutes ces circonstances, s'étendait audelà du point toucbé ; il cessait quand on enlevait l'excitant. 6°. L'étincelle électrique a aussi déterminé des contractions, d'après Bikker et Van-den-Bos. 7°.0n dit même avoir obtenu cet effet en appliquant les excitans aux nerfs des artères. Le galvanisme a été employé avec succès de cette manière par Giulio et Rossi. Home s'est servi des alcalis : leur contact avec le grand nerf sympathique a été suivi de battemens violens dans l'artère carotide. 11 avait été conduit à cette expérience par des variations locales que paraissait éprouver la circulation , dans un ulcère , à la suite de certaines douleurs. 8°. Thomson a vu les parois artérielles resserrées par l'action de l'ammoniaque , au point que la cavité semblait avoir totalement disparu. Le muriate de soude, au contraire , les dilatait presque constamment.
Plusieurs de ces expériences ont sans doute besoin d'être répétées ; mais on ne peut disconvenir que la contraction des artères ne soit bien différente pendant la vie de ce qu'elle est après la mort: car, i° l'artère, ouverte entre deux ligatures, ne se vide plus quelques instans après la mort , à moins que , par un excès de distension , son élasticité ne la fasse revenir sur ellemême. 2.° Les artères vides à l'instant de !a mort , et encore resserrées en vertu de cette contraction , reviennent à leurs dimensions ordinaires dès que toute influence vitale a entièrement cessé ; leur élasticité, qui reprend le dessus, maintient alors leurs parois écartées : c'est ce que l'on voit surtout dans la mort par
hémorrhagie. 3°. De même , dans les expériences citées plus haut, le resserrement s'évanouissait après la mort, et celui qu'on obtenait en mettant en jeu l'élasticité par la distension des parois était beaucoup moins marqué. Nul doute que la force qui fait ainsi contracter les artères pendant la vie ne diffère de celle qui préside à la contraction du cœur , de l'intestin , etc. ; peutêtre même a-t-on eu tort de lui donner comme à celle— ci le nom d'irritabilité ; mais celui de contractilité de tissu ne lui convient pas davantage. Kramp a proposé d'en faire une force particulière qu'il appelle force vitale des artères. Parry rapporte tous ses effets à la tonicité ou contractilité organique insensible. Quelle que soit sa nature , son intensité croît à mesure que les artères deviennent plus petites , ce que Sœmmering attribue à la plus grande quantité de nerfs que reçoivent les dernières : l'élasticité diminue dans la même proportion. (Béclard.)
Anciennes éditions , T. n, p. 3 17, lig. 3i ; — édition Béclard, T. 11, p. 79, lig. i3: — « Les fibres artérielles ne paraissent enflammées que par l'injection de leurs vaisseaux... »
Jamais la face interne des artères ne devient injectée de vaisseaux, lorsqu'elle est enflammée. Ulcérée , elle prend simplement une teinte rouge uniforme , qu'il ne faut point confondre , ainsi queBichatle fait très-judicieusement observer, avec la teinte rouge également qui résulte d'une imbibition ; mais la teinte inflammatoire des artères est plus commune que ne le croyait ce physiologiste. {Voy. plus bas.) (F. Blanimn.)
Anciennes éditions, T. 11, p. 3i8, lig. 26; • — édition Béclard , T. 11 ,p. 80, lig. 26 : — Les artères sont intactes et seulement un peu augmentées de volume, dans les affections organiques de l'estomac, du foie, de la rate... »
On trouve souvent les artères altérées dans certaines affèc-»
tions organiques , et dans celles du foie en particulier : les hemorrhagies qui caractérisent les dernières périodes du cancer en sont la preuve. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n,p. 3a i , lig. 17 ; — édition Béclard , T. 11, p. 83, lig. 21 : — Une artère formerait un canal osseux, que le sang y circulerait comme à l'ordinaire...»
J'ai fait remarquer plus haut , qu'en théorie il ne peut en être ainsi , et que tous les jours l'observation vient établir une doctrine différente de celle de Bicbat, sous le rapport particulier de la circulation dans les artères ossifiées. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T., 11, p. 3a6, lig. i5; — édition Béclard, T. 11, p. 88, lig. a5 : — «On ne peut rien conclure d'un phénomène isolé contradictoire à tous ceux que la nature nous présente journellement... »
Qu'on y prenne garde , le raisonnement suivi par Bichat , dans ce point , n'est pas à l'abri de toute critique : on l'a même trop souvent et trop légèrement adopté. Non , sans doute , sur un fait isolé et contradictoire de mille autres faits , il ne faut pas établir une théorie ; mais un fait bien observé , s'il ne peut être généralisé , s'il a besoin, pour devenir positivement utile, d'être appuyé d'autres faits semblables , est suffisant cependant pour infirmer une théorie qui ne l'avait pas prévu. En effet , une saine théorie, dans les sciences d'observation, ne souffre aucune exception ; elle doit embrasser tous les faits ; et aussitôt que l'un d'eux lui parait réfractaire , tout l'édifice sur lequel elle repose s'écroule , sapé par sa base. Je me borne à cette remarque générale , sans en faire une application particulière à l'exemple cité par Bichat. Je crois, au reste, que, pour le fond, la raison est ici
eti sa faveur ; mais dans une foule d'excellens argumens avancés pour l'établir , il me paraît en avoir glissé un d'une bonté très-contestable. ( F. Blandin.)
Anciennes éditions, ibid., lig. 26; — édition Béclard, T. 11, p. 89, lig. 7 : — « Dans le battement des artères, le cœur est presque la seule puissance qui met les organes en mouvement; les vaisseaux sont pour ainsi dire passifs... »
Parmi les faits cités par les partisans de l'influence active des artères dans la circulation , on a rapporté les suivans : les battemens artériels plus sensibles que partout ailleurs dans une partie enflammée , l'inégalité de force du pouls dans deux artères semblables , le défaut d'isocbronisme des pulsations de deux artères données. Il est facile de rendre compte de ces phénomènes en apparence opposés à la théorie du pouls donnée par Bichat. En effet, i° les battemens artériels deviennent plus sensibles dans une partie enflammée, dans un doigt affecté de panaris, par exemple, parce que les vaisseaux, plus pressés dans ce point contre les nerfs voisins , communiquent plus nettement à ceux-ci l'impression qui résulte de la modification qu'ils éprouvent ; 20 deux artères peuvent fournir un pouls de force inégale, parce qu'elles sont inégalement développées, quelles que soient les raisons de cette différence : le pouls senti à l'artère radiale peut avoir une petitesse extrême d'un côté, et, au contraire, présenter beaucoup de développement du côté opposé , sans que l'on soit en droit de rien conclure de ce fait en faveur de la part active des artères dans le phénomène du pouls : il suffit pour cela que, d'un côté , l'artère radiale fournisse très-haut à l'avant-bras son rameau radio-palmaire , et qu'alors , comme on a vu souvent la chose arriver, elle se contourne de bonne heure vers la face dorsale de la région , de manière h ne laisser dans le lieu qu'elle occupe ordinairement que le rameau radio-palmaire , et qu'avec cette disposition anormale d'un des membres thoraciques, se présente une disposition régulière de celui du côté opposé. 3". Enfin,
quant à ce qui a trait au défaut d'isochronisme , je dirai que je le crois rarement réel; mais que , dans les cas où on l'a observé , il devait dépendre de ce qu'un obstacle au cours du sang dans une artère s'opposait à ce qu'elle reçût aussi promptement que les autres le cboc produit par le ventricule. (F. Blanbin.)
Anciennes éditions, T. n, p. 328, lig* 3o; — > édition Béclard, T. 11, p. 91 , lig, 16 : — «C'est uniquement à l'action vita'e vaschlaire qu'est dû le mouvement du sang dans le système capillaire général... »
On ne peut nier que l'influence du cœur ne s'exerce encore dans le système capillaire : ce sont les ventricules de cet organe, qui secondés, par l'action élastique des troncs artériels, ypoussent le sang , et qui , par leur action à tergo sur ce liquide , si l'on peut s'exprimer ainsi , déterminent son cours régulier vers les veines. S'il en était autrement, on ne concevrait pas pourquoi, dans les vaisseaux capillaires, le sang ne serait pas dans un état de continuelle oscillation , au lieu de suivre une direction constante et facile à observer. L'inspection microscopique du mésentère de la grenouille , de la queue du têtard, ne laisse aucun doute sur la question qui nous occupe ici. Je crois donc que l'on doit retourner de la manière suivante la proposition générale avancée par Bichat : partout l'influence du cœur se fait ressentir sur la circulation artérielle, mais celte influence devient de moins en moins sensible à mesure qu'on l'examine plus près du système capillaire ; et surtout elle se traduit à l'extérieur d'une manière différente dans les différens points: 1° dans les troncs , les branches et même les rameaux , par des pulsations bien évidentes ; 2° dans lesramuscules, par des pulsations évidentes encore, quoique très-affaiblies ; 3° dans le système capillaire, par l'impulsion du sang dans une direction constante vers les veines. Toutefois, en établissant ces faits, qu'on se garde de croire que j'aie la prétention de nier l'influence des artères sur le cours du sang : loin delà, elle est trop évidente, et, comme le fait remarquer Bicbat,
éïle s'accroît trop clairement , en raison directe de la diminution de l'influence cardiaque. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n,p. 33o, lig. 6; — édi* tion Béclard, T. h, p, 92, lig. iS: — « C'est uniquement sous l'influence de la contractilité organique insensible qu'a lieu le mouvement du sang dans le système Capillaire général... »
Sans doute , la contractilité artérielle est plus développée dans le système capillaire ; sans doute , elle y joue un rôle proportionnellement plus important , que dans les gros troncs vas— culaires : mais ces derniers se ressentent bien certainement aussi de son influence. On ne conçoit pas trop le sens de cette proposition de Bichat : la contractilité existe dans les branches , les troncs et les rameaux , mais son effet est nul , tant celui du cœur est marqué. En effet , si elle existe , elle a une action quelconque , un effet plus ou moins sensible. La force de l'impulsion du cœur ne saurait empêcher la contraction des grosses artères ; car ces deux choses se succèdent sans se nuire : la contraction artérielle commence lorsque le cœur a suspendu momentanément son action sur les artères. D'ailleurs, quand bien même la contraction artérielle eût coïncidé avec la contraction ventriculaire , la première aurait encore eu pour effet sensible de tnodérer l'abord du sang dans les artères. Au reste, il est clair que ce qui a jeté de l'obscurité sur cette question, c'est la distinction , trop subtile selon moi , que Bichat a établi entre la contractilité de tissu et la contiactilité organique insensible des artères. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. 11, p. 33i, lig. 28; — édition Béclard, T. ii, p. 94, lig. 20: — « Ce n'est point la contraction des artères qui pousse le sang à leurs extrémités... »
Si les artères ne se contractaient pas sur le sang , l'écou-
lement de ce fluide ne serait pas continu , mais intermittent ; tandis qu'il est , pour ainsi dire , rémittent. Le jet d'une artère ouverte s'élève à chaque contraction du ventricule , parce que cette contraction augmente la vélocité de la circula lion ; il s'abaisse dans le relâchement , parce qu'il ne reste plus alors que l'action artérielle qui fasse, couler le sang. Le jet devrait cesser entièrement à chaque relâchement du ventricule , s'il n'était dû qu'à la contraction de ce dernier. Il y a donc deux causes dans le mouvement du sang. i°. Les artères, continuellement pleines, tendent sans cesse , par leur élasticité et leur contractilité , à réagir sur ce fluide. 2.'..;La contraction du cœur s'ajoute à celle ci par! intervalles , et donne au mouvement une nouvelle activité. Cette dernière (cause est bien la plus importante , surtout dans les grosses artères ; mais la première n'en est pas moins réelle. ( Béclard. )
Anciennes éditions, T. h, p. 33a, lig. 17; — édition Béclard, T. 11, p. 95, lig. 11 : — «On dit communément que l'aorte se dilate à l'instant de la contraction du ventricule , et se contracte ensuite pour pousser le sang dans toutes les parties; mais ce dernier temps n'existe pas... »
Il est si vrai que les artères jouissent , au contraire , de la propriété d'être dilatées par le sang , et de réagir ensuite sur lui, que M. Poisseuille a pu, comme je l'ai déjà fait remarquer, non seulement constater ces faits par des expériences directes , mais encore mesurer comparativement la force employée à la dilatation des artères et celle qu'elles-mêmes déployent dans leur réaction. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. 11, p. 334, lig- 27 î —édition Béclard, T. 11, p. 97, lig. 1^: — « Ceux qui ont admis des causes de retardement du sang
conviennent que le mouvement est partout égal. Comment cela ne leur a-t-i! pas ouvert les yeux... »
On admet encore aujourd'hui la plupart de ces causes de retardement rejetées ici par Bichat, comme les flexuosités, l'étendue des surfaces qui va en augmentant , les anastomoses en sens opposé, etc. : et en effet, un choc tran«snis peut s'affaiblir par toutes ces causes aussi bien qu'un écoulement successif. Dans les flexuosités , par exemple, il est évident que l'impulsion qui les redresse est perdue pour le mouvement du sang. D'ailleurs , un mouvement de totalité , tel rapide qu'il soit , peut toujours se subdiviser en une suite de mouvemens progressifs : les mêmes lois sont donc applicables à l'un et à l'autre cas. (Béclard.)
M. Poiseuille a aussi constaté que la force avec laquelle circule le sang, est la même dans les gros troncs et dans les petits rameaux. Mais il a très-bien établi que cela tenait à ce que les pertes produites parles frottemens, les courbures, etc., étaient compensées par la force de réaction des artères, force qu'il a trouvée supérieure à celle employée pour leur dilatation par l'abord du sang. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n,p. 34" , Ug- 20; — édition Béclard, T. 11, p. 11 [ , lig. 17 : — « Malgré la continuité des deux grands systèmes sanguins chez le fœtus, il y a, dans les premiers mois de la conception , une espèce d'isolement du sang qu'ils contiennent... »
La doctrine de la non-mixtion dans l'oreillette droite du fœtus des deux sangs qui y sont apportés par les deux veines caves, doctrine soutenue par Sabatier, a été l'objet de nombreuses controverses , et la science ne paraît pas encore aujourd'hui fixée sous ce rapport. M. Magendie pense, contrairement à l'opinion de Sabatier, que le mélange est constant à un degré plus ou moins parfait. En cette matière, comme en beaucoup d'au-
très, peut-être ne doit-on rien admettre de trop exclusif; je crois bien fermement , par exemple , que la non-mixtion des deux sangs est une chose normale dans les premiers temps de la vie intra-utérine , que l'inverse a lieu à la fin de la gestation ; et qu'enfin il y a une transition graduée entre ces deux états opposés. L'état anatomique du cœur pendant la vie intra-utérine est tout-à— fait favorable à cette théorie. Dès les premiers momens de la formation , en effet, le trou de Botal est très-large, la valvule qui le borde du côté de l'oreillette droite est longue et atteint le bord libre de la valvule d'Eustachi , de manière à former une cloison complète entre les parties supérieure et inférieure de l'oreillette droite , et à rendre continue r comme le dit Bichat , la veine cave inférieure avec l'oreillette gauche. Bien plus , s'il était permis de tirer une conclusion générale d'un fait particulier, je dirais que d'abord la valvule droite du trou de Botal et la valvule d'Eustachi sont continues organiquement, de manière à ne former qu'une lame qui se sépare ensuite en deux segmens ; à peu près comme les deux paupières , après avoir été réunies par leur bord libre , se séparent et deviennent distinctes par la suite. J'ai disséqué un fœtus de quatre mois chez lequel les deux valvules indiquées étaient réunies par les trois quarts de leur bord libre. Dans les derniers mois de la gestation , au contraire , non-seulement les deux valvules sont séparées , mais elles ne se touchent plus par leur bord opposé , et ne sauraient par conséquent établir une séparation com~ plète. (F- Blandin. )
Anciennes éditions, T. n, p. 348 , lig. sj; — édition Béclard, T. n, p. l ia, lig. 20 ; = « Sous le rapport de la circulation, les parties inférieures et les supérieures du corps sont en opposition dans le fœtus, comme le poumon l'est avec tout le corps chez l'adulte; et cette opposition est probablement l'origine de la différence qu'il y aura dans la suite entre ces parties... »
Dans l'état actuel de la science , il n'est guère permis de
reconnaître l'influence signalée ici par Bichat , du mode de circulation du fœtus sur les membres supérieurs et inférieurs. Tout ce que l'on sait, sous ce rapport, se réduit au fait du développement proportionnel plus grand des premiers ; développement qui dépend , sans doute , de ce que ces appendices reçoivent spécialement le sang plus nutritif venu du placenta par la veine ombilicale , tandis que les membres inférieurs reçoivent le sang moins nutritif qui, arrivant dans l'oreillette droite par la veine cave supérieure , passe dans le ventricule , dans l'artère pulmonaire , et de là, par le canal artériel, dans l'aorte descendante. Quant à l'apparition plus commune des taches scorbutiques , des infiltrations séreuses , des ulcères , sur les membres inférieurs , elle reconnaît simplement pour cause la position déclive de ces membres , la difficulté que la circulation éprouve à s'y faire contre l'action de la pesanteur, et non une disposition organique primitive , dépendante du mode particulier de la circulation fœtale. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n,p. 35 1 , lùg. 21; — édition Béclard, T. ïi, p. 11 5, lig. if\: — « Chez le fœtns le sang artériel et le sang veineux sont de même nature, parce que la respiration n'a pas lieu... »
On peut bien soutenir que le sang artériel et le sang veineux du fœtus, sous le rapport de la couleur , offrent beaucoup d'analogie , mais il est impossible de convenir qu'ils sont complètement de la même nature ; il est impossible également d'admettre que chez le fœtus il y a absence de respiration. En effet , si l'on fait seulement consister la respiration dans la pénétration de l'air dans la poitrine , et sa sortie alternative , nul doute que cette fonction manque au fœtus : mais la respiration consiste essentiellement dans la formation d'un sang nouveau , dans l'hématose ; et sous ce rapport, le fœtus respire bien certainement par le placenta, peut-être aussi , quoique moins certainement comme je le dirai plus bas, par le foie et plusieurs autres or-
ganes. Bien plus , il paraît que le sang qui circule dans le tissu de la peau dépourvue d'épiderme de l'embryon peut être modifié par un gaz respirable contenu dans l'eau de l'amnios et signalé par M. Lassaigne, et qu'alors l'embryon humain respire encore par la peau, comme les reptiles batraciens. La respiration placentaire du foetus, ou la modification du sang dans le placenta , me paraît consister seulement dans une absorption, par les radicules de la veine ombilicale , des élémens du sang qui des veines de l'utérus de la mère passe dans les sinus de la face utérine du placenta. Le sang de la mère ne passe pas tout constitué dans les vaisseaux du foetus , parce que le système vasculaire maternel est complètement isolé de celui du foetus ; mais il y passe élément par élément , comme on voit , par exemple , le sang épanché accidentellement dans le tissu cellulaire être repris élément par élément parles vaisseaux du voisinage. Si doncla respiration se fait chez le fœtus ; et si, seulement, au lieu d'être limitée , comme chez l'adulte , à un point spécial du corps , cette fonction s'accomplit dans un grand nombre de parties , il n'en reste que mieux établi que le fœtus a deux sangs de nature différente , ou mieux que le sang du fœtus ne se ressemble pas dans tous ses vaisseaux.
(F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. u,p. 354, lig. 25; — édition Béclard, T. n, p. 119, lig. 1 : — « Les artères devraient nécessairement précéder les antres organes dans leur nutrition... »
Plus haut, j'ai dit comment, en général, se développent les vaisseaux : je n'ajouterai ici qu'une chose pour les artères , c'est que les premières d'entre elles qui apparaissent chez le fœtus, se développent après les veines. Les recherches de Wolff et surtout de Pander ne laissent aucun doute à cet égard ; c'est dans les parois de la vésicule ombilicale, principe de tout l'œuf, que l'on aperçoit les premières artères , qui ensuite se prolongent vers le germe. Il est digne de remarque que ces vaisseaux naissent au sein des organes , et procèdent de ces points pour constituer
les troncs par leur réunion ; d'où il suit que , lorsqu'un organe ne s'est pas développé, quelle que foit la cause qui ait apporté un obstacle à sa formation , la partie du système artériel qu1 aurait dù y prendre naissance consécutivement ne s'est pas développée non plus, et que l'absence des artères est l'effet et non la cause de l'absence de la monstruosité. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n, p. 366, lig. 17 ; — édition Béclard, T. 11, p. i3i, lig. 8 : — « L'acroisseraent du corps en longueur est fini aux environs de la seizième ou dix-septième année... »
L'accroissement du corps en longueur est loin d'être terminé , en général , vers la seizième ou dix-septième année ; en effet , cet accroissement cesse lorsque les os , base solide de toutes nos régions, ont eux-mêmes atteint ce terme; or, chacun sait que la soudure des épipbyses des os longs des membres , soudure qui marque le terme d'allongement de ces os , ne s'achève que de la dix-neuvième à la vingt-quatrième année. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. fr, p. 3y3, ligne dernière;— édition Béclard, T. ii, p. 139, ligne dernière :