‹ Additions a l'anatomie générale de Bichat [electronic resource]Chapitre 9 sur 38 · DE LA VIE ORGANIQUE · texte numérisé non relu

DE LA VIE ORGANIQUE

Anciennes éditions, T. i, je». 21 3, lig. 3; — édition Béclard, T. 1, p. 364, Kg- 3 : — « Aucun anatomiste n'a encore considéré le système nerveux des ganglions sous le point de vue sous lequel je vais l'examiner...»

Winslow , Johnstone, Lecat, Petit et plusieurs autres physiologistes ont partagé les idées de Bichat sur les ganglions sympathiques ; mais il est juste de dire que nul n'a attaché autant d'importance à cette opinion , et surtout ne l'a soutenue avec autant de bonheur et de talent. (F. Blandix.)

Anciennes éditions, T. ir p. 214, lig- 23; — édition Béclard, T. 1, p. 365, lig. 28: — «Les ganglions ophthalmique et spbéno-palatin ne communiquent qu'avec les nerfs cérébraux... »

Des connaissances plus minutieuses sur la disposition des filets qui émanent des ganglions ophthalmique et sphéno-palatin permettent aujourd'hui de montrer la continuité de ces ganglions avec le reste du grand sympathique. En effet , d'une part , la continuité du ganglion oculaire est établie par deux fdets qu'il

envoie en arrière, l'un vers le nerf nasal, l'autre vers le nerf moteur oculaire commun , filets qui s'accolent bientôt au nerf de la sixième paire , et qui plus loin vont se jeter dans le plexus caverneux , pour se réunir avec des filets ascendans du ganglion cervical supérieur ; d'autre part , le ganglion sphéno-palatin , à l'aide de son rameau vidien , communique doublement, par le filet inférieur, avec les filets carotidiens du ganglion cervical supérieur ; et par le filet supérieur avec le ganglion sous-maxillaire. Ce dernier rameau de communication parcourt un trajet très-compliqué : i° il s'enfonce dans l'aqueduc de Fallope, par Y hiatus Fallopii; 2° il s'accole au nerf facial, dans l'aqueduc de Fallope ; 3° il se détacbe de ce nerf pour se porter dans la caisse du tympan , sous le nom de corde du tympan ; 4° " S0I-t de cette cavité par la fêlure de Glazer, pour aller s'accoler au nerf lingual de la cinquième paire ; 5° enfin il se sépare bientôt de ce dernier, près de la glande sous-maxillaire , pour se jeter dans le ganglion de ce nom , qu'il ramène dans la série des ganglions sympathiques. De plus à l'aide de son filet naso-palatin , le ganglion sphéno-pa— latin communique avec le ganglion palatin antérieur , découvert par M. Hippolyte Cloquet, ganglion qui, ainsi, n'est pas plus isolé du reste du grand sympathique que les précédens.

( F, Blandin. )

Anciennes éditions, ibid. , lig. 3i; — édition Béclard , T. i. p. 566, lig. 4 : — « Dans les oiseaux, le ganglion cervical supérieur ne communique jamais avec l'inférieur.., »

Cette interruption du grand sympathique des oiseaux dans la région cervicale n'est qu'apparente ; on sait maintenant , en effet , et de la manière la plus positive , que l'erreur dans laquelle sont tombées plusieurs personnes à cet égard tient à ce que le nerf sympathique, à cette hauteur , est contenu chez ces animaux dans le canal vertébral : donc le filet qui , dans les mammifères , descend le long du col, n'est pas de moins cbez les oiseaux, comme Bichat l'avait cru d'après l'autorité de M. Cuvier. (F. Blandin

Anciennes éditions, T. i,p. 217 , lig. 18 ; ~ édition Béclard, T.i,p. 368, lig. 27 : — « On peut établir comme un caractère distinctif entre les deLx systèmes nerveux , la symétrie de l'un , l'irrégularité de l'autre... »

Ailleurs déjà , j'ai fait 'remarquer que le défaut de symétrie dans les organes de la vie organique est moins prononcé que ne l'avait avancé Bichat : cela est vrai , même pour les nerfs grands sympathiques. En effet, plus onles étudie minutieusement, et plus on trouve d'analogie entre eux : toutefois, je suis loin de prétendre que leur similitude soit complète ; mais j'affirme qu'il y a entre eux moins de différence qu'on ne le croit généralement.

(F. Blandin.)

Anciennes éditions , ibid. , lig. 26. — édition Béclard, p. 36g, lig. 3: — « On ne peut regarder les nerfs des ganglions comme formant un nerf unique émané du cerveau par une origine quelconque... »

Le grand sympathique a toujours été , pour les anatomistes, un sujet de discussions. Haller, Zinn , Scarpa, Legallois, ont soutenu qu'il dépendait du cerveau et de la moelle , ainsi que les autres nerfs ; et que , de même que ces derniers , il ne faisait que transmettre une influence qu'il recevait de ces parties. Beaucoup d'autres physiologistes pensent au contraire que ce nerf est isolé , par sa disposition comme par son action , du reste du système nerveux. Authenrieth le fait bien sortir du système nerveux général; mais il suppose qu'à mesure que ses fdets traversent les ganglions, ils sont de moins en moins soumis à l'action cérébrale. Suivant Reil , le grand sympathique n'a que des filets de communication et point d'origine, mais il jouit d'une propriété demi-conductrice . Gall en a fait , comme Bichat , une multi-

tude Je systèmes isolés , ce qui tient à la manière dont il a considéré en général le système nerveux. Enfin J.-F. Meckel admet une sorte d'opinion mixte , suivant laquelle le grand sympathique , quoique isolé , dépendrait pourtant jusqu'à un certain point des organes centraux.

Il serait superflu de détailler ici les raisons alléguées pour ou contre toutes ces opinions ; nous nous contenterons d'indiquer les principales. Et d'abord rien n'empêche d'appeler points d'origine , dans le nerf grand sympathique , les points de communication de ce nerf avec la moelle et le cerveau , si l'on se souvient de ce que l'on doit entendre par origines dans le système nerveux : ce sont les extrémités centrales des nerfs , celles qui sont les plus voisines des centres nerveux. Tout ce qui a été dit plus haut pour prouver qu'ici les ganglions sont ces centres , montre seulement qu'il y a de grandes différences d'organisation entre le grand sympathique et les autres nerfs. 11 est également indifférent de considérer comme un seul nerf cette série de ganglions et de cordons intermédiaires, ou bien d'en faire autant de parties isolées et réunies par des anastomoses. Mais ce qui ne l'est pas , c'est de savoir si réellement ce système est indépendant du cérébral , ou si , comme le prétendait Legallois , c'est au contraire de ce dernier qu'il tire toute son influence. On connaît les expériences de ce physiologiste sur des animaux auxquels il enlevait le cerveau et qu'il faisait vivre ensuite à l'aide d'une respiration artificielle. La destruction de la moelle épinière entraînait constamment la mort par la cessation subite des batte— mens du cœur. Quand la moelle n'était détruite qu'en partie, les battemens étaient seulement affaiblis , la section des membres ne donnait point de sang, mais la vie persistait encore. Legallois en conclut, i° que le cœur recevait le principe de son action de tous les points de la moelle par l'intermède du grand sympathique : 2° que l'intégrité de la moelle était indispensable aux fonctions de ce dernier. Mais on a vu des fœtus monstrueux naître sans moelle , et pourtant ils avaient vécu dans le sein de leur mère. M. Ph. Wilson, ayant répété les expériences que nous venons de citer , a trouvé que les battemens ne cessaient pas aussitôt après que la moelle avait été détachée ; et qu'ils dispa-

naissaient plus vite quand on la déchirait violemment que lors- <ju'on l'enlevait avec précaution. Les animaux soumis à ces expériences résistent aussi en général d'autant plus qu'ils sont plus jeunes. Enfin, sur plusieurs poissons, sur des carpes en particulier , M. Clift a vu les battemens du cœur continuer malgré la lésion de la moelle. Il faut donc avoir égard , dans les conclusions que l'on peut tirer de ces sortes d'expériences , à l'âge et à l'espèce d'animal. On peut appliquer à la moelle , sous ce dernier rapport, ce qui a été dit précédemment du cerveau ; savoir, que dans les animaux inférieurs les centres sont beaucoup moins nécessaires à l'action du reste du système nerveux. Leur moindre importance chez ces animaux s'accorde avec leur développement moindre. De même , chez l'homme et les animaux supérieurs , le grand sympathique dépend d'autant moins du cerveau et de la moelle, que ces parties sont ellesmêmes moins développées, qu'en un mot l'individu est plus jeune. C'est ainsi , et non d'une manière absolue , qu'on doit résoudre la question que nous nous sommes proposée. (Béclard.)

Anciennes éditions, T. i, p. 219 , lig. 8; — édition Béclard, T. 1, p. 370 : — « On trouve des ganglions isolés dans diverses parties... »

J'ai dit plus haut qu'il n'y a pas de ganglions isolés du reste du grand sympathique ; tous ont entre eux des communications aujourd'hui bien connues, (F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. i,p. lig. u, etp. 224, lig. 20; — édition Béclard, T. 1, p. 374, et p. 376. — « Scarpa considère les ganglions comme résultant d'un épanouissement des filets nerveux, et admet une matière particulière qui sépare ces filets... »

On a répété de nos jours les observations faites par Scarpa,

Les ganglions se composent , comme cet anatomiste l'avait démontré , de deux substances très-différentes , déjà indiquées par Winslow.

io. Il est presque toujours facile de suivre dans les ganglions les filets nerveux qui en émanent ; ces filets y conservent leur forme cylindrique , leur couleur blanchâtre , et se distinguent aisément de la substance non médullaire dans laquelle ils sont , pour ainsi dire , plongés. Il suffit souvent , suivant la remarque de Haase , de couper un ganglion pour apercevoir une foule de petits points blancs , qui ne sont autre chose que les extrémités des filets nerveux divisés. Ces filets s'anastomosent fréquemment entre eux. Dans les ganglions placés sur le trajet d'un seul nerf, leur direction est parallèle à celle du nerf lui-même : lorsqu'au contraire plusieurs nerfs se réunissent pour former un ganglion , elle n'a plus rien de constant ; on voit les filets médullaires s'entrelacer dans tous les sens, et établir de cette manière des communications nombreuses entre ces nerfs. De là vient que les ganglions de la première espèce sont allongés et ordinairement ovoïdes , tandis que ceux de la seconde ont une forme bien plus irrégu— lière.

2°. La substance particulière des ganglions est molle , pulpeuse, comme albumineuse ou gélatineuse , d'un gris rougeâtre , quelquefois jaunâtre , logée dans les aréoles d'un tissu cellulaire trèsdélié. On l'isole avec plus ou moins de facilité des filets nerveux qu'elle entoure. Cette séparation ne se fait qu'avec difficulté dans les ganglions du grand sympathique ; les filets médullaires y sont très-mous et comme diffluens à leur circonférence , de sorte que leurs couches extérieures se confondent avec la matière grise pulpeuse dont il s'agit. Les plexus n'offrent rien de semblable à cette substance: c'est ce qui les distingue essentiellement des ganglions.

On a pensé que la substance grise des ganglions était identique avec celle du cerveau, que l'une et l'autre avaient pour usage de renforcer la substance blanche des fibres nerveuses. Si l'on examine comparativement un ganglion dépouillé de tissu cellulaire et une portion de cerveau dans laquelle la substance grise prédomine, on verra que rien n'autorise ce rapprochement. Sans parler de

leur aspect si dissemblable , des caractères physiques qui les distinguent , la manière dont ils se comportent avec les divers réactifs établit des différences bien tranchées entre ces deux tissus. C'est un fait déjà reconnu par Bichat. Les expériences de Wutzer ne laissent rien à désirer à ce sujet: voici un extrait du tableau comparatif qu'il a donné des propriétés chimiques de ces deux substances, dans son Traité de Gangliorum Usa et Fabricâ.

Traitées à froid par l'acide nitrique concentré ,

Par ce même aciJe bouillant

Par une dissolution de potasse caustique à froid ,

Par une dis— j .'olulion de potasse caustique j bouillante ,

L'une, fournie par les ganglions cervicauxou semilunaires , pris chez l'adulte, dépouillés de leur tissu c llulaire et lavés à l'eau distillée , éprouve les phénomènes suivans : i° elle se racornit ; a0 au bout de luit jours , le racornissement persiste , la matière noircit , et donne , si on l'agite et qu'on la laisse ensuite déposer, un précipité friable, dans lequel on démêle encore çà et là une apparence de structure; |3° au bout d'un temps plus long, la putréfactionla rend diffluente, mais sans exhaler d'odeur autre .que celle de l'acide.

L'autre , prise dans des parties du cerveau ou du jcervclet formées aux trois quarts ou à peu près de [substance grise, i° s'endurcit sans se racornir;s° diminue un peu, et prend la consistance du oaséum ; donne , après avoir été mêlée à la liqueur par l'agitation, des flocons albumineux jaunâtres qui surnagent; 3° l'odeur de sa dissolution a quelque chose de semblable à celle de l'huile rance.

Le ganglion se dissout : seulement la liqueur est un peu trouble; par le refroidissement il se forme un léger précipité ; une petite quantité de ta matière j vient à la surface.

La substance cérébrale ne se dissout qu'en partie ; une certaine quantité surnage la ligueur; la dissolution conserve sa transparence après le refroidissement, quoiqu'on y distingue une infinité de particules médullaires en suspension.

Le premier se ramollit un peu; ses filamens blancs disparaissent; sa dissolution est lente et imparfaite.

Lasecondese dissout plus aisément; de la manière surnage le liquide, et ne se mêle point aveclui.

Pour l'un , quelques filamens restent insolubles ; le refroidissement est suivi d'un dépôt formé par des globules d'un rouge foncé ;

Pour l'autre , la dissolution est presque complète; par le refroidissement , la surface du liquide se recouvre de flocons d'un blanc jaunâtre.

La substance du ganglion se resserre, puis se dissout aux deux tiers; la liqueur est trouble.

La matière cérébrale s'endurcit et éprouve ensuite divers changemens observés par M. Vauquelin : on en retire de l'albumine.

Enfin , différens réactifs qui n'ont point d'action isolément sur la dissolution acide de ces substances , donnent des précipités quand on les emploie réunis : la dissolution alcaline offre le même phénomène quand on la traite par l'acide muriatique , puis par la noix de galle. Ces précipités fournissent de nouveaux caractères par les différences qu'ils présentent dans leurs propriétés , suivant qu'ils appartiennent à la substance du ganglion ou à la cérébrale.

Sans doute il resterait à faire une bonne analyse des ganglions pour connaître au juste la différence qui existe entre leur sub stance èt celle du cerveau ; mais ces données suffisent pour prouver que cette différence est réelle.

Suivant Scarpa , la substance propre des ganglions serait remplacée par de la graisse chez les sujets très-gras : il parait que cela n'est pas constant. Lorsque l'embonpoint était le plus considérable , on a seulement trouvé quelques vésicules adipeuses sous la membrane propre des ganglions ( Wutzer). On conçoit que si la graisse venait à s'y accumuler, elle comprimerait la matière grise , et pourrait la faire disparaître en tout ou en partie.

(BÈCLARD.)

Anciennes éditions, T. i, p. 227, lig. a3; — édition Béclard, T. 1 , p. 38 1 : — «Nous ignorons les maladies qui ont leur siège dans les ganglions... »

Les ganglions ont été récemment étudiés par plusieurs médecins, sous lerapport morbide : Lobstein a observé, en particulier, l'inflammation des ganglions semi-lunaires dans des cas de douleurs névralgiques abdominales , de tétanos et de coqueluche ; Authenrietb , aussi dans la coqueluche , a noté l'inflammation des

Par l'alcool bouillant ,

nerfs vagues, sympathiques et cardiaques; Duncan, enfin, a rencontré une hypertrophie remarquable de la portion abdominale du nerf sympathique chez un homme affecté de diabètes. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i, p. a3a; — édition Béciard, T. i, p. 385 : — « Des diverses espèces de ganglions... »

La plupart des anatomistes admettent avec Scarpa des ganglions simples (ce sont les vertébraux ), et des ganglions composés. Wutzer divise les ganglions en trois espèces, suivant qu'ils appartiennent aux nerfs cérébraux , aux nerfs spinaux , aux nerfs de la vie organique. Weber , auteur d'une trèsbonne dissertation sur le nerf grand sympathique , distingue des ganglions d'origine et des ganglions d'accroissement , d'après les usages différens qu'il leur attribue. M. Ribes établit i* des ganglions spinaux , 2° des ganglions latéraux , 3° des ganglions médians. ( Béclard. )

Anciennes éditions , T. i, p. 2/1 1 , lig. 1 ; — édition Béclard , T. 1 , p. 3o,3 : — « Les filets grisâtres et mollasses qui se voient en nombre prodigieux dans les plexus ont-ils un névrilème, une substance médullaire?... «

Tous les nerfs de la vie organique me paraissent avoir la même texture intérieure ; quelques-uns seulement , comme le grand splanchnique , ont un névrilème très-épais , qui leur communique la couleur blanche ; les autres , au contraire , à peine enveloppés d'une membrane très-fine , offre eu dehors une teinte grise très-apparente. Tous ces nerfs enfin, ont en petit la texture de leurs ganglions : ce sont des amas de petits filets blancs recouverts d'une écorce grise constituée par un tissu cellulaire très-dense. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i, p. il\"x , lig. 3i ; — édition Béclard, T. i, p. 3o,5 : — ■ « Nous ignorons les usages auxquels les ganglions sont destinés... »

On peut ranger en deux classes les opinions des physiologistes sur les usages des ganglions.

Les uns leur en attribuent de purement mécaniques , comme de faciliter la distribution des nerfs , d'opérer le mélange intime des filets nerveux, de favoriser leur réunion ; leur séparation, etc. Meckel l'Ancien , Zinn , Scarpa sont de ce nombre.

Les autres leur accor Jent des fonctions d'un ordre plus relevé , essentiellement vitales , et pensent qu'ils sont destinés à modérer, à détruire même l'influence réciproque du cerveau et des nerfs. Ils expliquent par là comment les organes de la vie intérieure sont jusquà un certain point indépendans de l'action cérébrale , comment le cerveau à son tour perçoit à peine les impressions portées sur ces organes ou sur leurs nerfs. En un mot , les deux vies ne différeraient plus que par la différence de leurs systèmes nerveux.

Cette idée , obscurément énoncée dans les écrits de Willis , de F. Petit , de Bianchi , appartient véritablement à Johnstone; la plupart des physiologistes modernes l'ont adoptée. Il faut convenir qu'elle s'accorde assez bien avec ce que nous savons de la structure des ganglions , et que rien ne semble plus capable de briser la force nerveuse que ces entrelacemens médullaires entourés d'une substance tout-à— fait différente de celle des nerfs. On se demande néanmoins pourquoi certaines impressions sont transmises malgré l'obstacle que leur opposent les ganglions ; pourquoi les ganglions vertébraux ne remplissent point , à l'égard des parties qui en reçoivent leurs nerfs , les mêmes usages que les ganglions de la vie organique. On a répondu à la première objection en disant que les ganglions sont des conducteurs imparfaits , qu'ils isolent assez pour arrêter la transmission des impressions ordinaires , mais qu'ils sont traversés par des impressions trop vives. Wutzer a vu l'action de la pile sur les gan«

glions lombaires causer des douleurs vives , accompagnées de mouvemens convulsifs , tandis qu'une irritation moindre ne produisait rien de semblable. Quant à la seconde objection , on ne peut guère la combattre qu'en invoquant les différences de structure qu'offrent les ganglions des nerfs spinaux comparés à ceux du grand sympathique , différences qui en doivent amener d'autres dans les fonctions.

Concentrer la force nerveuse , la renfoncer , la répartir uniformément sur tous les appareils de la vie organique et concourir ainsi à la régularité de leur action , tels sont encore les usages communément attribués au système qui nous occupe. Il est difficile d'assigner ceux des ganglions que présentent les branches postérieures des nerfs de la moelle. (F. Beclard.)

Anciennes éditions, T. i, p. ^44 > ligne dernière, — édition Béclard, T. i , p. 897, ligne dernière : — « Si les gangiions n'étaient pas les centres de fonctions importantes, seraient-ils si invariables dans l'organisation animale ?... »

Il est assez difficile de déterminer à quelle partie du système nerveux appartiennent les organes de ce genre que l'on rencontre dans les dernières classes d'animaux. Les vers , les insectes , ont des renflemens isolés , réunis par des cordons nerveux qui s'en séparent sous la forme de rayons. Dans les mollusques , tout le système consista en de gros nerfs contournés autour de l'œsophage et en un renflement annulaire qui embrasse ce conduit. Blumenbach, M. Cuvier, M. Gall, J.-F. Meckel admettent que ces parties répondent à la moelle épinière des animaux vertébrés. Si l'on en croit au contraire Riel et plusieurs autres , c'est le grand sympathique qu'elle représentent. Walter, de Landshut , assimile aux nerfs de la huitième paire les cordons nerveux des mollusques, en comparant à la moelle ceux des insectes et des vers. Weber prend les ganglions des nerfs vertébraux pour terme de comparaison. Mais aucune ne saurait être ex:.cte; il y a trop de différence de structure , de distribution , de fonc-

tions , entre les systèmes nerveux imparfaits et ceux des animaux supérieurs. Celle qui semble le plus approcher de la vérité est celle de Walter pour les nerfs des molusques , qui en effet ressemblent beaucoup aux nerfs de la huitième paire.

Par la même raison , on ne peut guère donner le nom de ganglions à ces renflemens , ou plutôt à ces amas irréguliers , encore peu connus par leur nature , qui paraissent remplacer dans les animaux inférieurs les organes centraux dont sont dépourvus ces derniers. C'est pourtant sur ce rapprochement qu'est fondée en grande partie l'opinion de ceux qui prétendent que le cerveau et la moelle sont des assemblages de ganglions : la preuve en est , disent-ils , que ces ganglions sont isolés dans les animaux inférieurs. Nous ne reviendrons pas sur cette opinion , que contredisent des faits déjà exposés dans l'organisation, le développement , etc. , du système nerveux. M. Serres pense , comme Weber , que les ganglions isolés des animaux inférieurs répondent aux ganglions vertébraux.

Dans les animaux qui , tels que l'homme , ont une moelle renfermée dans un canal osseux, le système des ganglions n'est pas à beaucoup près développé au même degré. i0. Eu égard à la grandeur totale du corps, ce système a d'autant plus d'étendue que l'animal est plus élevé dans l'échelle des êtres , par conséquent que son organisation est plus parfaite. La huitième paire diminue, au contraire , dans la même proportion. 2 '. Son développement est toujours proportionné à celui de la moelle , si on compare l'un et l'autre , sous ce rapport , à tout le corps en général et non au cerveau seulement. 3». Le grand sympathique suit encore lecanal alimentaire dans son développement. 4 • Enfin il est également lié sous ce rapport au système vasculaire. (Béclabd. )

NOTES ET ADDITIONS

AU

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