SYSTÈME EXHALANT
Anciennes éditions, T. n, p. 55a, lig. 5; — édition Béclard, T. n, p. 384, Hg- l$ '• — «H est difficile de se former une idée précise des vaisseaux exhalans... »
Il est évident que, si l'on se borne à la stricte observation , il n'y a pas plus de raisons en faveur de l'existence des vaisseaux exhalans, admis par Boerhaave et autres, qu'il n'y en a pour celle des porosités latérales imaginées par Mascagni. Il est bien vrai qu'il existe des vaisseaux blancs , comme Vieussens et Boerhaave en ont eu presque en même temps l'idée , dans ce sens que le sang passe incolore à travers une foule de capillaires, qui ne deviennent visibles que quand leur élargissement permet aux globules rouges de s'y introduire. L'existence de ces vaisseaux est surtout bien établie par une expérience de Bleuland': cet auteur injecta par les artères de l'intestin deux matières diversement colorées , dont l'une , plus ténue , parvint au-delà des vaisseaux rouges , dans un réseau formé par des vaisseaux d'un autre ordre , qui naissaient des artères et revenaient se terminer aux veines ; la matière grossière ne remplissait , au contraire , les artères et les veines que jusqu'au point de leur continuation directe. Ruysch avait reconnu depuis long-temps que les injections colorent des parties qui ne sont point naturellement colorées. C'est à tort que l'on a prétendu que cette différence ne dépendait que de la quantité du sang et non de la nature de ce fluide ; car , yu au microscope , un seul globule paraît coloré.
Mais ces vaisseaux blancs, comme le montrent les injections,
se terminent ainsi que les rouges en se continuant avec les veines ; rien ne prouve qu'ils aillent plus loin. Que nous apprend à cet égard le fait des exhalations, celui delà nutrition, celui des transsudations par les extrémités des artères, dans les injections fines? Qu'il y a des ouvertures à ces extrémités , par lesquelles s'échappent les fluides exhalés , les matériaux de la nutrition , la matière même de l'injection. Mais ces ouvertures se rencontrentelles au point de continuation des artères avec les veines , ou bien sont-elles les extrémités libres d'un ordre de vaisseaux qui se prolongeraient au-delà ? C'est ici que l'observation s'arrête, comme on le conçoit aisément. ( Béc ard. )
S'il est exact de dire que la véritable science de l'organisation se compose seulement de notions rigoureusement déduites de faits bien observés , et nullement de simples spéculations théoriques, on doit reconnaître que nous ne savons rien du tout, en anatomie, sur l'existence de vaisseaux particulièrement chargés de l'exhalation des fluides, et qu'a fortiori , nous ne nous douions pas même de l'origine et de la terminaison de ces canaux. Les opinions variées des auteurs sur ce sujet confirment surabondamment ce que j'avance à cet égard. Au reste , cette vérité est aujourd'hui tellement reconnue , que Béclard , dans son Anatomie générale , n'a pas consacré d'article au système exhalant, dont la création n'importe plus qu'à ceux qui veulent s'occuper de tracer 'histoire de la science. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T n , p. 56j , lig. to; — édition Béclard , T. u,p- 4o°~ 24: — (C Lps hémorrhagïes muqueuses n'ont rien de commun que l'extravasation du sang avec celles qui sont l'effet des hémorrhoïdes... »
Il y a deux choses à distinguer dans les hémorrhoïdes, comme on le sait généralement, le flux et les tumeurs: le flux hémorrhoïdal , dont Bichat parle ici , est le plus souvent une hémorrhagie muqueuse par exhalation , et sans rupture , comme
les autres hémorrhagies. Le cas dans lequel quelques tumeurs hémorrhoïdales rompues fournissent la matière de l'écoulement est de beaucoup le moins commua. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions , T. n , p. 568 , lig. 8 ; — édition Béclard. T. n, p. l\oi , lig. a5 : — « On ne saigne pas pour dériver le sang vers une partie... »
La preuve que l'on doit souvent faire entrer cette considération dans la pratique de la saignée peut être facilement fournie. Qu'une femme soit affectée d'une déviation des règles , et que cette évacuation se fasse par le sein , comme je L'ai récemment observé sur une femme à laquelle j'ai donné des soins à l'hôpital Beaujon ? Eh bien, pour ramener les choses à leur état normal , qui ne sait que le meilleur moyen consiste dans l'application , un peu avant l'époque menstruelle , de sangsues à la vulve ? Assurément , dans cette circonstance, on ne cherche point seulement à obtenir une déplétion sanguine ; car, sous ce rapport, la nature se suffirait bien à elle-même , à l'aide de l'hémorrhasne mammaire ; mais on veut attirer le sang vers les parties génitales , et par là même le détourner du lieu vers lequel il prend irrégulièrement son cours. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. il, p. 676, lig. dernière ; • — édition Béclard, T. il", p. lig. dernière...
11 est facile de reconnaître , après la lecture du Système exhalant , que cet article est presque entièrement physiologique , et que le peu qu'il contient d'anatonue n'est pas le résultat de l'observation des organes ; c'est une spéculation de l'esprit actif de Bichat , mais une spéculation fort jolie , inspirée par l'étude la plus attentive et la plus complète des exhalations. Pour ces raisons diverses , cette partie de ¥ Anatomie générale offre un haut degré d'intérêt , et mérite toutes les méditations du méde— cin. ( F. Blandin. )
NOTES ET ADDITIONS
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