SYSTÈME ABSORBANT
Le nom de système absorbant ne saurait être conservé aujourd'hui dans la science : en effet, il implique nécessairement l'idée d'un ensemble de vaisseaux exclusivement chargés de la fonction absorbante , ce qui est contraire aux recherches les plus récentes sur cette partie de la physiologie , puisque l'on sait que tous les vaisseaux absorbent en raison directe de l'hygrométricité plus ou moins grande de leurs parois. Au reste , le système absorbant de Bichat est loin d'être aussi imaginaire que Y exhalant : il se compose en très-grande partie des vaisseaux lymphatiques , dont l'existence ne saurait être contestée ; mais la preuve que Bichat ne le borne pas à ces vaisseaux, c'est que , comme on le verra , il l'admet dans tous les points où se fait une véritable absorption ; dans tout le corps , par conséquent , quoique certains lieux manquent certainement de vaisseaux lymphatiques. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. h, p. 58a, lig. 10; — édition Béclard, T. ir, p. 4!9 ? 20 : — a Les phénomènes des absorptions ne donnent aucun aperçu sur le mode d'origine des absorbans... *
Nous ne connaissons rien de positif relativement à l'origine des vaisseaux lymphatiques. Encore une fois, les faits physiologiques trompent souvent lorsqu'on veut en déduire la disposition anatomique des organes ; ainsi de ce que l'absorption se fait à lu
surface des membranes , qu'on n'aille pas en conclure que les absorbans commencent par des ouvertures béantes sur ces membranes. Il existe certainement des points du corps dans lesquels les vaisseaux lymphatiques, à leur origine, communiquent avec le système capillaire, surtout avec celui des veines; il en sera spécialement question dans une autre note. ( V oy. plus bas. )
(F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. u, p. 585, lig. 18; — édition Béclard, T. 11, p. 42^, lig. i5 : — « Beaucoup d'auteurs ont représenté les vaisseaux absorbans comme offrant une suite d'étranglemens successifs, ce qui n'est réel que jusqu'à un certain point... »
Les lymphatiques présentent réellement des renflemens et des resserremens à des distances très— rapprochées les unes des autres; les renflemens correspondent aux valvules intérieures, et sont placés du coté de ce3 soupapes mobiles qui regarde le cœur. La dilatation est surtout très-marquée à la hauteur de la valvule ellemême , ce qui forme ce qu'on appelle le sinus de celle— ci ; et comme les valvules sont le plus souvent disposées deux à deux , les deux dilatations rapprochées donnent au vaisseau , dans le point correspondant , la ligure d'un cœur de carte à jouer.
(F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. 11, p. 5o,4, lig. 19; — édition Béclard, T. u , p. 4^2, lig. 3i : — «■ Toiis les absorbans connus vont se réunir à deux troncs principaux... »
On sait positivement aujourd'hui que les vaisseaux lymphatiques communiquent avec le système veineux dans un grand
nombre de points du corps autres que ceux dans lesquels se terminent le canal thoracique et la grande veine lymphatique droite. Meckel et Abernethy ont vu , dans quelques cat. , ïi ; cure passer directement des ganglions lymphatiques tans lesquels il avait été poussé par leurs vaisseaux afférens , dans les veines qui sortent de ces ganglions. De semblables observations ont été répétées depuis par plusieurs anatomistes : Bogros , en particulier , en 1822, me montra des veines dans lesquelles il avait fait passer de l'injection par ce moyen. Mais personne n'a insisté sur cette communication autant que le docteur Fohmann d'Heidelberg : cet anatomiste , a publié en 1822 un travail très - remarquable , dans lequel il démontre de la manière a plus probante, par des injections répétées sur des animaux de diverses classes, que les lymphatiques communiquent avec les capillaires veineux dans tous les ganglions lymphatiques. M. Lauth de Strasbourg a confirmé plusieurs fois ces observations par ses travaux" particuliers. Au reste , il est trop facile de faire passer le mercure par la voie que je viens de signaler , pour que l'on puisse soutenir qu'il y a eu rupture dans ces cas. Il ne faut pas confondre ces communications lymphatiques capillaires , avec celles que le docteur italien Lippi dit avoir vues dans quelques points du corps, entre de gros troncs veineux et lymphatiques. {Voyez son ouvrage accompagné de planches, année 1827. )
Tout ce que je puis dire relativement à ces commiuiications décrites par M. Lippi, c'est qu'elles sont au moins for! difficiles à démontrer. Je les ai cherchées bien des fois, depuis deux années que je connais le travail de cet anatomiste , et je n'ai pu les découvrir. J'ai renouvelé les mêmes recherches sur des cadavres de suppliciés, avec M. le professeur Cruveilhier, et nous ne les avons pas vues davantage. J'apprends même, en ce moment, que M. Lippi, depuis son arrivée «à Paris, n'a pas été plus heureux, et qu'il n'a pu réussir qu'à montrer la communication , dès longtemps connue , des lymphatiques avec les capillaires veineux , bien qu'il ait employé un grand nombre de cadavres à ses expérimentations. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. n, p. 597 , lig. 6; — édition Béclard, T. m, p. /j 35 , lig. 1 : — « En liant, pendant la digestion, le canal tboracique à son entrée dans la jugulaire, on pourrait résoudre la question générale des absorptions... »
La ligature du canal thoracique dans la Jrégion cervicale, proposée par Bichat , et mise depuis à exécution par Flandrin et par M. Dupuytren, ne saurait éclairer la question générale des absorptions, autant que le pensait le premier de ces physiologistes. En effet , ce n'est point alors le défaut du passage dans les veines des matières absorbées dans le sein de nos organes ou sur les surfaces, qui amène la mort, lorsqu'elle arrive, mais bien, au contraire, la non-mixtion du chyle au sang. En un mot, cette expérience ne sert qu'à établir , ce dont personne ne doute, que les vaisseaux lymphatiques intestinaux sont les organes exclusifs de l'absorption du chyle , et que le canal thoracique est la seule voie de dérivation de celui— ci vers le système veineux.
( F. Blandin. )
Anciennes éditions, ibicl. lig. 22; — édition Béclard , T. 11 , p. 436 * lig. 8 : — « Comme la compression des veines superficielles porte en même temps sur les absorbans, l'infiltraton du membre ne fournit aucune induction pour l'absorption veineuse... »
A l'aide d'une ligature , on peut exercer une constriction seulement sur la veine principale d'un membre , et alors cette expérience, regardée comme peu concluante par Bichat, acquiert un plus grand poids. Elle produit, au reste , constamment l'infiltration des parties placées au-dessous. Je connais un homme chez lequel la veine fémorale a été comprise avec l'artère de ce nom
dans une ligature faite pour un anévrysme , et dont le membre correspondant est dans un état constant d'œdème. Au reste , la nature elle— même se charge souvent du soin de nous fournir les mêmes résultats , et de nous présenter , en quelque sorte , l'expérience toute faite , comme on le voit dans l'inflammation des veines et dans leur oblitération par du pus et des pseudomembranes. Les observations de mon ami le docteur Bouillaud ne laissent aucun doute à cet égard. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n, p. 598, lig. 7; — édition Béclard, T. 11, p. 436 , lig. 2>5. — « Les extrémités veineuses pompent, par voie d'absorption, le sang épanché dans les corps caverneux... »
Cette opinion n'est plus admissible d'après ce que nous avons dit de la structure de ces corps. ( Béclard. )
Anciennes éditions, T. n, p. 099, lig. 3; — édition Béclard, T. 11, p. 436, lig. dernière. « Tout n'est qu'obscurité dans les données qui pourraient servir à résoudre le problème de l'absorption veineuse... »
Avant la découverte des vaisseaux lymphatiques , les veines étaient généralement considérées comme les agens uniques de l'absorption. Plus tard , Hunter et Cruikshank les dépouillèrent de cette propriété pour en revêtir exclusivement les vaisseaux absorbans. On est aujourd'hui en partie revenu à l'idée des anciens, reproduite avec de nouvelles preuves par Meyer, MM. Magendie , Ribes et d'autres physiologistes modernes. Un fait des plus concluans surtout est celui-ci : on isole dans une certaine étendue l'artère et la veine d'un membre, en ayant soin de couper tous les autres liens vivans qui l'unissent au tronc ; une sub-
stance vénéneuse est introduite dans le tissu cellulaire : l'animal ne tarde pas à éprouver tous les symptômes de l'empoisonnement. Tiedemann et Gmelin ont constaté par une multitude d'expériences que toutes les substances reconnaissables à leur odeur , à leur couleur, ou à leur composition chimique, ingérées dans l'estomac , se retrouvent dans le sang de la veine porte avec les caractères qui leur sont propres. Il faut donc admettre , ou bien que les veines ont des orifices absorbans ouverts sur toutes les surfaces , ou qu'elles communiquent, peu après leur origine, avec les vaisseaux absorbans. Abernethy a ôbservé quelque chose de semblable à cette dernière disposition : il a vu des efTérens partir d'une glande lymphatique pour aller se rendre dans une veine, et l'injection passer de la première dans la seconde. ( Béclard. )
Anciennes éditions, T. n, p. 602, lig. 32, et p. 6o3, lig. 5; — édition Bécîard, T. iup. 442 •> kg- 5 et 1 1 : — « On n'a encore trouvé aucune glande lymphatique dans le crâne ; on en trouve beaucoup sur le buccinateur... »
L'absence de ganglions dans le crâne , le petit nombre et le peu de volume de ceux que l'on trouve près de la base de cette cavité , sont autant de raisons qui viendraient faire présumer l'absence de vaisseaux lymphatiques dans les centres nerveux encéphaliques , si l'observation n'avait dès long— temps fourni des certitudes à cet égard.
Sur la face externe du buccinateur , on trouve , en effet , beaucoup de glandules, mais elles ne sont rien moins qu'analogues aux ganglions lymphatiques ; ce sont de véritables glandes qui versent dansla bouche le produit de leur sécrétion, à l'aide de petits conduits spéciaux. Je crois que Bichat s'est laissé abuser par l'analogie de forme extérieure ; car il n'existe pas en dehors du buccinateur d'autres corps que l'on puisse prendre pour des renfle-; mens lymphatiques. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. ir, p'. 609, lig. 1 5 ;• — édition Béclard, T. 11, p. 449 > ^ë- 9: — <l n'est pas prouvé que ies glandes lymphatiques ne soient que i l'entrecroisement des vaisseaux absorbans... »
Cette idée , savoir , que les glandes lymphatiques ne sont autre chose que l'entrecroisement des absorbans , est celle de ^ Mascagni , qui les regarde comme entièrement formées de vais- | seaux. Gordon partage cette opinion qui paraît , en effet , la plus , probable , d'après les considérations que nous allons exposer.
Il y a, comme on a pu le voir, deux ordres de vaisseaux lymphatiques dans les glandes de ce nom : les uns arrivent à ces glandes , les autres en sortent. Ce sont les vaisseaux afférent et efférens • on les distingue à leur situation en sens contraire, et ■ surtout à la direction de leurs valvules : celles des premiers ont leur bord libre plus près que l'autre de la glande : c'est l'inverse dans les seconds. Le nombre de ces vaisseaux varie ; on en trouve depuis un jusqu'à trente de chaque côté. Il y a , en général, moins d'efférens que d'afferens , quelquefois autant , rarement plus. Pour bien voir la disposition de ces vaisseaux dans la sub- i stance propre de la glande , on peut injecter celle— ci à sa surface avec du mercure , ou dans son intérieur avec une matière susceptible de passer à l'état solide. i°. Si Fon injecte la surface , soit par les vaisseaux afférens, soit par les efférens , cette surface présente, d'une part, des divisions ramifiées à l'infini , et formant ; comme il a été dit , deux systèmes capillaires opposés ; de l'autre , des rameaux dilatés, renflés, anastomosés un très -grand nombre de fois , formant , ainsi que les précédens , des réseaux intermédiaires entre les deux ordres de vaisseaux , et appartenant à tous les deux. 2°. Cette disposition se retrouve à l'intérieur : remplis avec de la cire , les vaisseaux paraissent de même communiquer de deux manières , d'abord par des extrémités capillaires semblables à celles qui , dans le système sanguin , finissent les artères et commencent les veines , et en outre par des renflemens qu'on ne saurait mieux comparer qu'aux renfleniens analogues qui surmontent les veines dans les tissus érectiles. C'est
dans ces renflemens qu'est contenue cette matière blanchâtre' y I épaisse , que Biehat place , d'après Haller , dans des cellules particulières , et que l'on trouve plus abondante chez les enfans.
Toutes les glandes un peu volumineuses offrent d'une manière évidente la structure que nous venons d'indiquer ; on la distingue même dans beaucoup de petites , quoiqu'elle y soit moins ap— ! parente. Il y a très— peu de tissu cellulaire dans ces glandes , et il y est très-fin , si on en excepte la membrane fibro— celluleuse qui les entoure. Leurs veines sont en assez grand nombre, surtout | dans l'épaisseur de cette membrane. Mascagni , Walter et autres n'y ont pas suivi de nerfs. ( Béclard. )
Anciennes éditions, T. h, p. 6i5, lig. i5; — ; édition Béclard, T. n, p. 455, lig. 14 : — «11 y a dix inflammations des absorbans pour une des veines... »
Il y a dans ce passage de YAnatomie générale une erreur, qu'il est d'autant plus impossible de passer sous silence , qu'elle touche l'un des points les plus importans peut-être de la pathologie , celui des inflammations veineuses.
Je ne veux ni ne puis nier que l'inflammation des vaisseaux lymphatiques ne soit une maladie fort commune ; loin de là , la pratique chirurgicale m'en fournit continuellement la preuve dans les érysipèles, les panaris, etc. Mais qu'on ne s'y trompe pas , dans ces circonstances , la phlébite est au moins aussi fréquente ; c'est elle, comme je l'ai établi ailleurs {Journal hebdomadaire, et Dict. de Méd. et de Chir. prat. ) , qui cause la plupart des accidens dont sont quelquefois suivies les opérations chirurgicales ; c'est à cette maladie que succombent souvent les malheureux atteints de fractures comminutives ou de phlegmons profonds des membres ; enfin, c'est la phlébite qui enlève un grand nombre des femmes qui périssent à la suite de l'accouchement, ainsi que l'a très-bien démontré mon collègue et ami M. iedocteurDan ce. ( Arch. gén. de médecine. ) Au reste , les inflammations veineuses
et lymphatiques sont de leur nature fort graves, et ont entre elles, sous tous les rapports, une foule d'analogies. 1". Elles siègent tantôt en dehors , tantôt en dedans de ces vaisseaux , ou bien encore de l'un et de l'autre côtés à la fois. 2°. Elles sont plus meurtrières lorsqu'elles affectent la membrane interne de ces vaisseaux. 3°. Elles ont une tendance remarquable à se prolonger de la circonférence au centre du corps : elles sont centripètes , comme les vaisseaux dans lesquels elles apparaissent. 4°- Les produits de ces phlegmasies , lorsqu'elles sont internes , tombent dans la cavité du vaisseau , et l'obstruent au point d'y ralentir d'abord , puis ensuite d'y faire tout— à-fait cesser la circulation. 5". Une fois établi de la sorte dans un point de ces vaisseaux , l'obstruction s'étend jusqu'aux branches collatérales voisines, branches qui, par leurs anastomoses réciproques, rétablissent la circulation d'une manière plus ou moins exacte , entre les parties des vaisseaux placés au-dessous et au— dessus de l'obstacle. 6°. Au niveau de ces derniers points , les courans sanguins ou lymphatiques entraînent une partie de l'humeur inflammatoire ; celle-ci se répand dans tout le système vasculaire , et de la sorte arrive bientôt une altération générale de tous les fluides circulatoires ; altération telle, que ceux-ci deviennent plus fluides , moins coagulables , et plus susceptibles de s'épancher hors de leurs conduits naturels. j°. De ces dernières influences résultent immédiatement i° des ecchymoses , lividités ou pétéchies, que l'on voit apparaître de préférence à la périphérie du corps ou des organes , parce que là s'exerce une pression moindre ; 2° consécutivement , des inflammations circonscrites dans divers points de l'économie , surtout dans les grands viscères, le foie et les poumons; inflammations qui se terminent promptement par la suppuration , et souvent par le sphacèle des parties. 8°. Enfin, cette altération générale du fluide circulatoire , et les lésions organiques qui la suivent , sont annoncées par un appareil de symptômes très-remarquables, parmi lesquels je noterai spécialement une extrême prostration des forces et des frissons violens , analogues à ceux qui caractérisent le début des fièvres ntermittentes.
La phlébite produit plus fréquemment que la lymphite tous
i les accidens qui viennent d'être signalés, parce que la circulation | se fait avec plus d'activité d ns les veines que dans les lymphatiques , et que par suite l'ent aînement de la matière purulente j sécrétée doit être plus facile et plus prompt. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. n, p. 617 , lig. 1 ; — édition Béclard, T. 11, p. 4^7, lig. 5 : — « Les absorbans intéressés dans une plaie se ferment plus tard que les capillaires sanguins : de là l'écoulement séreux qui subsiste encore quelques momens après que celui du sang a cessé... »
Il n'est pas prouvé que cet écoulement soit fourni par les vaisseaux lymphatiques. (F. Blandin. )
1 Anciennes éditions, T. il, p. 618, lig. 7 ; — édition Béclard, T. 11, p. 4^8, lig. 14 ; — « Rien de [plus commun que de voir les engorgemens des Glandes lymphatiques ne point donner lieu à des infiltrations séreuses... »
Le fait de l'absence de l'infiltration séreuse , dans les cas d'engorgement des ganglions lymphatiques supérieurs, est loin Id'être aussi constant que Bichat le dit ici. Au reste, il ne faudrait point encore en conclure que la circulation de la lymphe n'est pas j'ênée dans ce cas, mais seulement que ce fluide a trouvé des raies anormales de dérivation. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. u,jp. 620, lig. 18; — édition Béclard, T. 11 , p. l\&o, lig. 26 : — « Après les opérations où quelques glandes engorgées n'ont pu être enlevées, on les voit rarement carcinomateuses... »
A la page précédente, Bichat avait dit que les gonflemens des glandes lymphatiques sont de même nature que l'affection qui leur donne lieu ; par conséquent il se contredit ici , et en même temps il émet une opinion qui ne saurait être admise par personne, savoir que, dans une opération de cancer, on peut toujours impunément ne pas extirper les ganglions lymphatiques du voisinage , lorsqu'ils ont subi un certain degré d'engorgement. La pratique contraire est tellement rationnelle qu'il convient d'admettre , comme principe, de ne jamais opérer un cancer lorsqu'il n'est pas possible d'enlever complètement les ganglions lymphatiques dont il a produit l'engorgement. Souvent des malades ont été victimes d'une détermination différente ; plus souvent aussi on a crié à la répullulation de cancers qui, en réalité, ne se reproduisaient pas , mais continuaient à marcher dans des ganglions dont l'altération avait été méconnue au moment de l'opération, soit que ces ganglions, placés hors de la portée de nos moyens d'investigation, n'aient pas pu être suffisamment explorés, soit que leur lésion peu avancée ait par cela même été ignorée. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. 11, p. 621, lig. 18; — ■ édition Béclard, T.n,p. 461, lig.3o: — «Dans le carreau , le tissu de la glande est toujours primitivement affecté... »
Sans doute , les inflammations lymphatiques sont tantôt primitives et tantôt consécutives ; mais l'exemple que choisit ici Bichat pour montrer la possibilité d'engorgemens ganglionnaires
primitifs pourrait être récusé, et le serait certainement par beaucou ji de médecins qui considèrent le carreau comme procédant toujours d'une entérite chronique. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. iï, p. 622, lig. 12;—édition Béclard, T. n,p. 462, lig. io : — « Les glandes lymphatiques sont le siège de ce que l'on nomme très-improprement parotides... »
Ce ne sont point essentiellement les ganglions parotidiens qui se gonflent dans les parotides des fièvres adynamiques, mais bien au contraire la glande parotide elle— même. Toutefois, il faut distinguer trois espèces de parotides, suivant le siège plus spécial de l'inflammation qui les caractérise : i° celles qui consistent en une inflammation du tissu cellulaire qui pénètre la glande ; i° celles que caractérise l'inflammation des veines du même organe; 3° enfin, celles dans lesquelles on observe l'affection des granulations glandulaires elles-mêmes. J'ai plusieurs fois vérifié sur le cadavre l'exactitude de ces distinctions , que les auteurs me paraissent avoir trop négligées: et en même temps j'ai constaté que, parmi ces trois variétés, la première est la plus commune, et qu'ensuite, sous ce rapport, viennent successivement la seconde et la troisième. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. 11, p..6i3, lig. 16; — édition Béclard, T. 11, p. 4^4* lig- 3 : — «Les phénomènes de l'absorption sont tout différemment de ceux des tubes capillaires inertes... »
Il appartenait à notre époque de voir tomber le voile jeté sur le mécanisme le plus intime de l'absorption ; cette question , en effet , si elle n'a pas été complètement résolue par les travaux de MM. Magendie et Foderà , a été, au moins, singulièrement éclaircie par ces physiologistes. Ils me paraissent avoir démontré ,
sans réplique , que l'absorption est un simple phénomène d'imbibitiou ; et que tous les vaisseaux, en traversant les organes, se laissent pénétrer des fluides aveclesquels ils sont en contact, fluides qu'entraîne ensuite le courant sanguin ou lymphatique intérieur. Cette raison, fondée sur des faits expérimentaux nombreux, est d'une application immense ; elle rapproche ainsi l'absorption qui s'exécute chez les animaux , de cette imbibition toute physique qui se passe dans les minéraux déliquescens , et de celte autre absorption qui constitue l'unique moyen de nutrition des animaux infusoires. Toutefois , qu'on se garde de croire que ces analogies établissent une similitude complète dans ces actes divers : des différences très-tranchées les séparent au contraire , différences qui dépendent de la manière variable dont se comportent les liquides absorbés dans ces différens cas.
Ce n'est plus, à l'avenir, à l'occasion du système lymphatique, ou du système veineux , qu'il convient de traiter de l'absorption ; cette fonction importante , en effet , étant commune à tous les vaisseaux , doit être examinée dans les généralités sur le système vasculaire. - (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. u,p. 62 3 , lig. 24 ; — édition Béclard , T. n,p. 464, %• i3 : — « Les fluides qui se trouvent en contact avec les absorbans sont pris ou laissés par eux, selon qu'ils conviennent ou qu'ils répugnent à leur sensibilité organique... »
Des expériences récentes faites par MM. Dupuytren et Magendie ruinent presque complètement ce système des absorptions électives , et prouvent qu'il suffit qu'un liquide soit introduit au sein de notre corps , pour que son absorption s'effectue* Ces faits sont parfaitement faciles à concevoir dans la théorie de l'imbibition , car la nature d'un liquide ne saurait empêcher que les molécules de ce liquide pussent imbiber les parois vasculaires.
(F. Blandin.)
( ig5 )
Anciennes éditions, T. n, p. 627, lig. 6 ; — édition Béclard, T. iï,'!p>;I\éf, lig. 3i : — ic Le pus séjourne impunément sur le tissu cellulaire, dans la plupart des plaies : mais qu'une application imprudente y exalte un peu les forces des absorbans, il est repris par eux; l'ulcère se déssèche; la série funeste des symptômes de résorption commence... »
Cette doctrine est aujourd'hui le sujet de vives controverses. Quelques médecins, parmi lesquels je citerai MM. Ribes, Cruveilhier, Velpeau, etc., pensent, avec Bichat, que les plai s, les ulcères , sont des portes continuellement ouvertes à l'absorption purulente , et que cette absorption est la cause, du dessèchement de la surface de ces solutions de continuité , desséche ment qui arrive quelquefois. Ces médecins fondent principalement leur opinion sur ce que , dans ces circonstances , du pus à l'état pur a été vu dans les veines voisines , et que de graves accidens surviennent à la même époque. Pour moi , je ne crois pas que l'on puisse se ranger à cet avis , et je m'appuie sur les raisons suivantes : i° le dessèchement des plaies et des ulcères indique seulement que l'inflammation qui présidait, sur ces surfaces, à la formation du pus , s'est transportée sur une autre région du corps , lors de l'apparition , dans cette dernière région , d'une irritation plus vive ; i" le pus trouvé pur dans les veines ou les lymphatiques du voisinage n'y est pas arrivé par absorption , mais , au contraire , il s'y est formé par suite de l'inflammation de ces vaisseaux ; 3* ce pus n'offre jamais les caractères de la matière fournie par la surface suppurante , ce qui impliquerait contradiction dans l'hypothèse de Y absorption.
Au reste , je suis loin de soutenir que le pus ne puisse pas être absorbé ; il serait , en effet , par trop singulier que seule cette substance , mise en rapport avec des vaisseaux absorbans , ne pût être prise par eux : mais je nie , i° que la dessiccation des plaies dépende d'une résorption purulente véritable ; 20 que le pus trouvé pur dans les vaisseaux et non mélangé avec le
sang, soit du pus absorbé. Eu effet, lorsque le pus est absorbé, if est en même temps décomposé , sa partie aqueuse est pompé* Ire première , et plus tard seulement on voit disparaître sa part te solide ; en un mot, ce n*est pas le pus lui-même qui passe dans les vaisseaux, mais seulement les élémens qui le constituent. Ainsi voit-on le sang épanché dans les aréoles du tissu cellulaire , ou dans la pulpe du cerveau , disparaître partie par partie , et ne jamais passer a l'état de sang dans le système vasculaire; ainsi dans les cas d'épanchemens purulens des cavités séreuses, et dans ceux de certains tubercules pulmonaires ramollis , voiton la partie liquide de la matière disparaître seule , et la partie solide persister à l'état de pseudo-membrane d'une part , et sous celui de concrétion crétacée de l'autre. Que si, au reste, on n'admettait pas ce mode d'absorption du pus , on pourrait encore démontrer autrement l'impossibililé de retrouver pur, dans les vaisseaux , le pus réellement absorbé. En effet , cette absorption ne pourrait avoir lieu que globules à globules , et à la condition que ceux— ci , incessamment entraînés par le courant sanguin , se mélangeraient avec lui d'une manière intime ; et, comme je l'ai fait remarquer ailleurs, de ce que, dans des expériences faites dans un autre but, M. Cruveilhier a retrouvé dans les veines à l'état de globules le mercure absorbé , il n'en faut rien conclure pour le pus. Le mercure , en effet , n'est pas miscible au sang , et le pus se combine au contraire avec lui d'une manière facile. Au reste, cette question importante a besoin d'être nuV nutieusement discutée. {Voyez, à cet égard, pour la théorie de l'absorption les thèses de MM. Velpeau et Maréchal; et contre cette théorie deux mémoires, l'un de M. Dance , et l'autre que j'ai récemment publié. ) (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. h, p. 429> <%■ 3 ; — édition Béclard, T. ij, p. (\"]0, tig. i: -— « Comment se fait-il que, dans le reflux qui détermine le pouls veineux, le sang ne s'introduise pas dans l'un et l'autre troncs absorbans ?
J'ai vu quelquefois dans le canal thoracique , tout près de
îa veine sous-clavière gauche, un liquide rougeâlre qui ressemblait beaucoup à du sang veineux. Etait-ce du sang véritable, ou simplement de la lymphe altérée et devenue rougeâtre par cela même , comme la chose arrive quelquefois , lorsque l'on fait coaguler ce liquide dans un vase inerte? je n'ose le décider. Je rapporte seulement l&fait sans trop m'inquiéter de l'explication. Au reste, en supposant que le sang veineux ne pénètre pas dans le canal tboracique , je doute qu'aujourd'hui il y ait beaucoup de physiologistes qui admettent la théorie proposée par Bichat pour rendre compte de cette circonstance : les valvules disposées à l'emboucbure du canal thoracique, donnent de ce phénomène une raison bien plus simple et bien plus naturelle. La comparaison empruntée de l'état physiologique du larynx lorsqu'il est irrité par un corps étranger qui tente de s'y glisser, manque d'exactitude.
(F. Blajndin. )
Anciennes éditions , T. n,p. 636, ligne dernière ; — édition Béclard, T. n, p. 477* ligne dernière.