SYSTÈME MÉDULLAIRE
Anciennes éditions, T. m, p. 110, lig. ij ; — édition Béclard. T. m, p. i43, lig. 12: — «La texture de la membrane médullaire est très-peu connue... »
Entièrement détachée de l'os , cette membrane ressemble , en quelque sorte , à une toile d'araignée ; elle est percée d'une multitude d'ouvertures. Elle a pour base du tissu cellulaire et des vaisseaux. Le premier est très -rare et n'a d'autre usage que de soutenir les ramifications vasculaires. Parmi ces dernières, les unes, très-bien décrites par Duverney , se jettent en dehors , dans le tissu osseux ; les autres se portent en dedans , vers les prolongemens de ce tissu et de la membrane elle-même. L'artère principale du canal médullaire est entourée de vaisseaux absorbans à son entrée dans ce canal. Un plexus nerveux manifeste se remarque également autour d'elle , sur les os qui sont le plus près du tronc.
En outre , des vésicules adipeuses , du même genre que celles du tissu cellulaire , quoiqu'elles soient un peu moins distinctes , contiennent la moelle et occupent l'intérieur de la membrane médullaire , logées dans les intervalles celluleux que présente cette dernière ; on ignore s'il s'en trouve aussi dans le tissu spongieux des extrémités. Les auteurs avaient indiqué depuis" long-temps que la moelle est formée de petits grains réunis en grappe , comme on le voit surtout lorsqu'elle est récente et qu'elle n'a pas encore perdu la consistance qui lui est propre' Mais on croyait que ces vésicules communiquent toutes entre elles , comme on le pensait alors du tissu adipeux. G. Hanter,
Mascae,ni et plusieurs autres, ont vu qu'elles sont fermées. La description qu'ils en ont donnée, tant par l'inspection directe que d'après l'analogie , y montre une disposition semblable à celle du tissu adipeux. Nous ne reviendrons pas sur cette disposition. (Béclard. )
Anciennes éditions, T. ni, p. in, lig. ; — édition Béclard, T. n\,p. \[\[\, lig. n: — «Pour constater l'existence de la membrane médullaire, exposez le cylindre qu'elle forme à l'action trèsintense du calorique...»
On fait cette expérience en sciant un os long , qu'on plortge ensuite dans l'eau bouillante : la membrane s'éloigne de l'os et s'applique sur la graisse , ce qui permet de la mieux apercevoir. On peut encore se servir des acides minéraux affaiblis , qui produisent le même effet.
Anciennes éditions, T. ni, p. 112, lig. i5; — édition Béclard , T. 111 , p. i45, lig. 3 : — « La sensibilité animale est très-développée dans la membrane médullaire... »
Ce phénomène n'est pas constant : la douleur est souvent nulle dans ce cas; mais il ne faut pas en conclure, comme on l'a fait, que la sensibilité de la membrane médullaire n'existe pas. Dans les amputations faites chez l'homme , la douleur causée par la section des parties molles , et surtout de la peau , est tellement intense , que celle moins forte que produit la lésion de la membrane médullaire , qui lui succède presque immédiatement, est à peine sentie. Mais si, sur un animal vivant, on suspend l'opération après la section des parties molles, pour la reprendre quand une fois cette première impression est cis partie
dissipée , la sensation est vivement perçue , et l'animal jette des cris douloureux. La sensibilité de la moelle, déjà reconnue par Duverney , niée depuis , est donc réelle. ( Béclard. )
Anciennes éditions, T. ni, p. n5, lig. 29; — édition Béclard , T. 111, p. 1 48, lig. a3 : — « L'absence de graisse médullaire dans le fœtus distingue essentiellement la moelle de la graisse ordinaire , déjà très-abondante à cet âge... »
La graisse des os , en manquant dans le fœtus , a cela de commun avec celle des parties profondes en général , qui en sont alors presque totalement dépourvues. Au reste, non-seulement il n'y a pas de moelle à cet âge , mais il n'y a pas non plus de membrane médullaire^ Bicbat ne veut pas que cette membrane soit un nouvel organe , mais il est évident que rien n'indique sa présence avant l'ossification. Lorsque, plus tard, le canal médullaire commence à se former , l'artère nourricière le remplit d'abord en entier ; ce n'est qu'à une époque ultérieure que cette artère est rejetée sur les parois de la cavité et que la membrane médullaire existe.
La moelle devient très-abondante cbez le vieillard, à causé de l'agrandissement de la cavité médullaire. ( Béclard. )
Anciennes éditions, T. m, p. 117, lig. 3a; — édition Béclard, T. m, p. i5o, lig. 27. — « La membrane médullaire fournit-elle une partie de la synovie par la transsudation de la moelle à travers l'extrémité des os longs ?.. »
On peut joindre aux motifs énoncés ici pour ne pas admettre la production de la synovie par la transsudation de la moelle à travers les extrémités articulaires , ceux que donne Sœmmering ,
savoir, que la moelle est précisément plus abondante dans l'endroit savoir, le plus éloigné des extrémités, et que les enfans, qui n'ont pas de moelle , et dont les extrémités sont toutes cartilagineuses , n'en ont pas moins de synovie dans leurs articulations. Ce dernier fluide se rencontre d'ailleurs dans beaucoup d'endroits où l'autre ne peut évidemment pénétrer, comme autour des tendons , dans les bourses muqueuses , soit naturelles , soit accidentelles ; enfin , il y a une différence totale de propriétés , de composition , entre lui et la graisse médullaire.
Divers usages , non moins hypothétiques , ont été encore attribués à la moelle. On l'a crue propre adonner delà flexibilité, de la ténacité aux os : c'était l'opinion de Duverney. Mais si l'on se souvient que les os des jeunes sujets sont les moins susceptibles de se rompre ; que ceux des vieillards , qui contiennent tant dé moelle , sont au contraire les moins résistans , on n'aura point égard à cette opinion , qui ne repose que sur un seul fait , c'est que les os réduits par la combustion à leur matière calcaire reprennent en partie leur solidité quand on les fait bouillir dans de l'huile ; mais la même chose a lieu avec toute autre substance, avec la gélatine , par exemple , et il y a loin d'un os que la combustion a détruit en partie , à celui qui contient encore tous ses principes .
Les anciens disaient que la moelle servait à nourrir le tissu osseux ; mais il suffit qu'il y ait un grand nombre d'os dépourvus de graisse médullaire pour que cela ne soit point admissible. La membrane médullaire fait au dedans de l'os l'office du périoste ; elle contient les vaisseaux nourriciers , ( t c'est sous ce rapport seulement qu'elle sert à la nutrition. Quant à la moelle , elle doit avoir les mêmes usages généraux que la graisse ; c'est une sorte d'aliment en réserve , une des formes que doit revêtir la matière nutritive. Elle sert en outre à remplir le vide qui sans elle existerait dans le canal médullaire. ( Béclard. )
Anciennes éditions, T. ni, p. ii8, lig. a4; -a
édition Béclard, T. m, p. i5i , //>. aii
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