‹ Additions a l'anatomie générale de Bichat [electronic resource]Chapitre 2 sur 38 · XX · texte numérisé non relu

XX

important , que celui des liaisons plus ou moins cachées que la nature a posées entre les différens organes de certains êtres. Sans dout? les minéraux proprement dits -ont tout-à-fait étrangers .à ces actions réciproques et sympathiques des diverses parties d'un même tout les unes sur les autres : mais gardons-nous de croire aussi qu'elles forment un caractère de l'organisation ; à proprementparler, elles appartiennent presque uniquement aux êtres organisés supérieurs , aux animaux , et encore sont— elles obcures dans les derniers d'entre eux ; mais dans les végétaux elles n'existent plus du tout , à moins que l'on ne considère comme tels les rapports de nutrition qui existent entre la tige et la racine. ( F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. \,p. lxij , lig. \[\ \ — édition Béclard, T. i, p. 29, lig. 3-2 : — «Tous les phénomènes de l'économie nous montrent les fluides dans un état presque passif...»

Plus loin , Bichat établit que les flu'des jouissent aussi , quoiqu'à un moindre degré que les solides , des propriétés de la vie. Cela e*t évident: en effet, les fluides sont lè principe des solides ; ils se transforment ou se métamorphosent graduellement en eux, en revêtant graduellement aussi leurs divers caractères.

( F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. 1, p. \x\,lig. l\; — édition Béclard, T. i,p. 32, lig. 27 : — « Les fluides des sécrétions peuvent bien être le véhicule des maladies, mais c'est quand ils rentrent dans la masse du sang... »

Les liquides des sécrétions peuvent bien; être absorbés après leur formation, et lorsque déjà ils ont été déposés dans leurs réservoirs ; mais souvent aussi ( plus souvent même , à mon avis ) les symptômes attribués à celte absorption dépendent unique-

( xxj )

ment d'une suspension dans la sécrétion de ces fluides , et de la rétention dans le torrent circulatoire dès matériaux qui devaient être employés à les former : diverses lésions du foie, des reins, etc. , ne laissent aucun doute à cet égard.

(F. Blandin. )

Anciennes éditions , T. i , p. lxvij , lig. 3 ; — édition Béclard , T. i,p. 35, lig. 5 : — « Tout phénomène sympathique a son siège essentiellement inhérent aux solides... »

Si par phénomènes sympathiques on entend , comme cela doit être , les actions qui se passent dans le même instant , et sous les mêmes influences , dans des parties du corps très-différentes , souvent même très-éloignées les unes des autres , tout en reconnaissant que les causes de ces phénomènes sont le plus ordinairement inhérentes aux solides , on doit convenir aujourd'hui que fréquemment aussi elles siègent dans les fluides qui arrosent continuellement et par mille voies différentes l'intérieur de nos organes. Ainsi, lorsque, dans une lymphite ou une phlébite, la lymphe ou le sang ont été altérés par leur mélange avec quelques-uns des produits de l'inflammation, voit-on des lésions plus ou moins analogues entre elles se manifester dans les organes centraux dè la vie , dans les articulations , etc. Ainsi , lorsqu'une cause queK conque d'excitation attire le sang avec plus de force que de coutume vers l'encéphale, survient-il des bourdonnemens d'oreilles, des rougeurs de l'œil, des douleurs péricrâniennes , etc. ; phénomènes variés , dont la source existe certainement dans les vaisseaux, et qui dépendent de l'abord simultané d'un sang altéré, ou plus abondant que de coutume , dans les diverses parties indiquées. Ainsi, il est désormais impossible d'admettre, avec Bichat , que tout phénomène sympathique a son siège essentiellement et nécessairement inhérent aux solides. Au reste , convenons-en promptement, le sens véritable du mot sympathie est très-vague, et reste encore à fixer. (F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. i, p. lxviij , lig. 19 ; — édition Béclard , T. 1 , p. 36 , lig. 10: — «Il est in contestable que les fluides qui servent à la composition vont toujours en se pénétrant d'une somme plus forte de vie... »

De même que les organes , en se développant , passent par un certain nombre d'étals, parcourent un certain nombre de phases bien distinctes, dans lesquelles on les voit devenir de plus en plus compliqués , sous les rapports de forme et de structure ; de même aussi se comportent les fluides, qui ne sont après tout (je parle seulement de ceux de composition ) que des organes plus simples , des organes dont les molécules , peu cohérentes , jouent les unes dans les autres , et qui ne sont en quelque sorte qu'une chair coulante , suivant la très-ingénieuse remarque de Bordeu pour le sang.

( F. Blanmn. )

Anciennes éditions , T. 1', p. Ixx, lig. 19; — édition Béclard, T. 1, p. 58, lig. a6 : — « J'ai vu le sang noir abdominal transformé en une véritable sanie... »

De semblables faits ne sont pas rares, et depuis Bichat tous les médecins qui ont fait avec soin des ouvertures de cadavres en ont observé de nouveaux. Cette transformation du sang veineux en une sanie grisâtre se rencontre toujours à une certaine distance du point où une veine a été enflammée, chez les individus affectés de phlébite. Cette matière anormale est le produit d'un mélange imparfait de sang veineux avec du pus et des exsudations pseudo-membraneuses. Aussi, bien qu'il soit difficile de dire maintenant avec certitude, que le cadavre ouvert par Bichat appartenait à un malade qui avait eu une inflammation de la veine splénique, et peut-être du tissu érectile de la rate , ce qui n'est pas aussi rare qu'on a l'air de le croire , j'incline cepen-

( xxiij )

riant très-fort vers celte opinion , fondé sur l'analogie de faits semblables que j'ai observés : l'analogie, il faut le dire, est ici pressante , et jamais à ce degré elle ne trompe celui qui sait en user convenablement. ( F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. i, p. Ixxij, lig. 26; — édition Béclard , T. 1 , p. l\ t , lig. 6 : — « Extensibilité et contractilité de tissu... »

La contractilité et l'extensibilité de tissu sont-elles des propriétés vitales proprement dites ? ou , en d'autres termes , les phénomènes qui en résultent ne peuvent-ils s'observer que dans les êtres organisés? Cette question a été résolue négativement par beaucoup de savans : on a dit , en effet , que les propriétés dites de tissu n'étaient autres choses que l'élasticité , élasticité qu'on a seulement appelée longitudinale ; mais il est impossible de ne pas faire remarquer que cette qualification , qui a paru nécessaire , établit précisément que les phénomènes indiqués appartiennent à une variété d'élasticité ; et comme, en outre , il est certain que celle-ci ne se rencontre que dans les êtres organisés, ou dans les tissus émanés de ces êtres, je le demande, n'est-ce pas avec beaucoup déraison, que Bichat a décoré du titre de vitales , ces actions qu'effectivement on ne voit s'ace complir que dans d s parties qui ont été formées sous l'influ,encde la vie? (F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. 1, p. Ixxx, lig. 10; — édition Béclard, T. 1, p. 4 ), lig. 22 : — «Vingt-un tissus, le cellulaire, le nerveux, etc., sont les véritables èlèmens organisés de nos parties... »

Plusieurs réflexions viennent naturellement à l'esprit, à la lecture de ce passage de Y Anatomie générale : i° les tissus énoncés ici par Bichat sont-ils bien les véritables et derniers élémens organisés de nos parties? 2" dans le cas de réponse négative à U

( xxiv )

question précédente, quelle place doit-on assigner à ces tissus dans l'organisme? 3° enfin , leur classification est-elle Lien la plusconvenable ?

i". De même qu'en chimie l'analyse des corps n'a pas dès l'abord atteint toute la perfection que nous lui connaissons aujourd'hui ; de même aussi , dans la science de l'organisation, on a dû, en commençant, entrevoir seulement la possibilité de l'analyse des organes , et considérer comme élémens véritables des parties qui n'avaient rien moins que ce caractère. Telle est précisément la position dans laquelle se trouvait Bicbat, et tels sont aussi les résultats qu'il a obtenus dansses recherches sur l'organisation des animaux. Depuis l'époque de cet habile physiologiste , des travaux nouveaux , et plus profonds ont été entrepris sur le même sujet , et tous out avancé plus ou moins la science : ainsi , Chaussiera montré que la plupart des tissus se résolvent en fibres , dont il reconnaît quatre espèces, la cellulaire , la nervale , la musculaire, et celle qu'il appelle albuginée ; Béclard a réduit ces espèces de fibres à trois, en montrant que la fibre albuginée n'est qu'une modification , même peu remarquable, delà fibre cellulaire ; tandis que d'autre part M. Blainvitle a enseigné que la fibre musculaire n est pointune fibre élémentaire, qu'elle manque dans un grand nombre d'êtres organisés, et qu'elle doit être considérée comme une modification, mais une modification très-avancée, de la libre cellulaire. Cette dernière opinion paraît , au reste , d'autant plus rationnelle, que l'on voit, comme il sera dit plus tard, la nature opérer celte transformation de la fibre cellulaire en fibre motrice , d'une manière insensible, en la faisant successivement passer par un certain nombre d'étals , que l'on rencontre à l'état permanent dans la série animale , et jusque dans le même individu : les fibres du dartos , et celles des tissus jaunes élastiques, peuvent très-bien, en effet, être considérées comme représentant ces états intermédiaires. Une foule de micrographes ont aussi étudié la composition moléculaire des fibres organiques , et les ont trouvées formées de globules peu différens les uns des autres, peu différens aussi des globules du sang , globules qui , d'après les recherches récentes de MM. Prévost, Dumas et Milne Edwards, égaleraient envi—

Page 1