‹ Additions a l'anatomie générale de Bichat [electronic resource]Chapitre 3 sur 38 · XXV · texte numérisé non relu

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ron ~-a de millimètre en diamètre. Enfin , plus récemment, mon ami le docteur Hippolyte Royer-Collard , dans plusieurs travaux remarquables sur la matière organique , a réduit à trois les états élémentaires que revêt cette matière : i° l'état amorphe, 2° l'état globulaire ; 3° l'état fibrillaire. A l'état amorphe, la matière organique n'est caractérisée que par la nature de sa composition chimique : elle n'a pas de forme spéciale, mais elle est remarquable par sa fluidité. A l'état globulaire, la consistance de cette matière est devenue plus grande , surtout elle présente distinctement des globules nageans dans un milieu liquide. Enfin à l'état fibrillaire , les globules organiques auparavant vaguement disposés , sont ordonnés en séries linéaires , et le milieu dans lequel ils sont suspendus a pris plus de densité , plus de consistance. Ces dernières idées sont plus philosophiques et plus vraies, et, ce qui est fort important, elles ressortent d'une plu-; profonde analyse des choses. Toutefois à l'état fibrillaire il faut ajouter le granulaire , si l'on peut ainsi dire ; état parallèle au premier sous le rapport du degré d'organisation , et dans lequel les globules élémentaires , au lieu d'être disposés en séries linéaires , sont groupés simplement autour d'un point central, «et forment de petites masses plus ou moins exactement arrondies , comme dans les glandes , etc. C'est au delà de ces élémens plus ou moins simples des êtres vi— vans, et dans un degré d'organisation qui leur est supérieur, que se trouvent placés les tissus qui forment le domaine de l'anatomie générale , telle que Bichat l'avait conçue. Mais, comme on le voit , avant ces tissus il y a autre chose : l'analyse faite avec le scalpel seul, l'inspection microscopique , et l'étude de l'évolution fétale des parties diverses de l'organisme , établissent ce fait de la manière la plus positive; et par suite on ne saurait plus aujourd'hui , comme je l'ai déjà fait remarquer, considérer les tissus cellulaire, fibreux, séreux, etc. , comme les véritables et derniers élémens organisés de nos parties.

2°. Relativement à l'organisme , les tissus indiqués par Bichat ne sont autre chose que les moyens à l'aide desquels s'exécutent les diverses fonctions ; ce sont les organes, c'est-à-dire, en quelque sorte de petits individus placés au milieu d'un individu

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plus grand , qu'ils forment par leur réunion , et tous confondus dans une communauté de sensation et d'action. Mais ces organes plus ou moins compliqués , Bichat ne les considère pas dans leurs détails , il les étudie d'un point de vue beaucoup plus élevé ; il les réunit en genres d'après leurs analogies ; et ce sont seulement ces genres qui forment le sujet de ses philosophiques méditations. Les descriptions de l'anatomie générale comprennent tout ce qu'il y a de général dansles genres d'organes , sous les rapports divers de la forme, delà structure, de la composition chimique, des propriétés physiques et vitales , des fonctions, et souvent même des altérations morbides. Aussi nous est-il impossible de partager l'opinion de MM. Mayer de Bonn, et Cruveilhier, qui définissent l'anatomie générale l'anatomie de texture. Sans doute les analogies des espèces de chaque genre organique sont plus nombreuses, sous le rapport de la texture, que sous ceux de la forme, de la disposition, etc.; sans doute, pour cette raison la partie de l'histoire générale des tissus qui a trait à la texture , a dû obtenir un grand développement dans l'anatomie générale, mais cette circonstance ne saurait ôter à cette science son véritable caractère. Les descriptions des tissus musculaires , osseux , etc. , quoi qu'en aient dit quelques personnes, sont réellement à la description particulière des muscles, des os, ce que partout les généralités sont aux particularités, ce que la description d'une famille botanique est à celle des individus que cette famille renferme. De ces considérations découle nécessairement cette question : Est— il bien convenable de séparer, comme on l'a fait depuis Bichat, les généralités organiques, des spécialités sur le même sujet? et ne serait-il point préférable de placer par exemple, la description des tissus osseux, musculaire, nerveux, etc., en tète, ou à la suite de la description spéciale des os , des muscles , des nerfs, etc. , et de fondre ainsi l'anatomie générale dans l'anatomie descriptive, comme on le fait en botanique , pour les descriptions des genres et pour celles des espèces? Je professe hardiment cette dernière opinion. Toutefois , et je me hâte de le dire, pour juger convenablement le plan de l'anatomie générale, on ne doit jamais perdre de vue, que Bichat n'a pas seulement considéré les genres d'organes sous le rapport de l'état normal , mais que fréquemment aussi il a

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faitdes excursions silrle domaine de leur pathologie proprement dite ; et son immortel ouvrage , utile au médecin au moins autant qu'à l'anatomiste , comprend réellement deux choses, une anatomie et une pathologie générales : c'est la partie, et seulement la partie qui a trait à la description générale des organes à l'état sain qui rentrerait convenablement, selon moi, dans le cadre d'une anatomie philosophiquement constituée, tandis que l'autre tombe d'elle-même dans le domaine de la pathologie.

3°. La classification adoptée par Bichat pour les tissus , a besoin d'être modifiée ; et dès long— temps les professeurs Chaussier, Dupuytren , et plusieurs anatomistes étrangers ont senti cette nécessité. A l'occasion de chaque système considéré en particulier , je montrerai en détail les vices de cette classification : qu'il me suffise pour le moment de dire que les deux systèmes nerveux se rapprochent par de grandes analogies, qui permettent de les étudier réunis ; qu'il en est de même des différens ordres de vaisseaux ; que les systèmes absorbans et exhalans sont en partie imaginaires; que le système médullaire n'est qu'une variété du tissu adipeux général , tissu que Bichat a confondu avec le cellulaire ; que les deux systèmes musculaires pouvaient avantageusement être réunis en un seul d'abord , et que seulement ensuite ils devaient être examinés à part; que les systèmes muqueux et cutané ne forment qu'un seul et même tout , qui constitue les tégumens communs ; que les tissus épidermoïde et pileux sont des produits de la sécrétion tégumentaire , que par conséquent ce ne sont point des organes proprement dits; et qu'enfin les membranes séreuses et synoviales sont tout-à-fait du même genre. (F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. i, p. lxxxiij, Ug. 3i; tédition Béclard , T. 1, p. 53, lig. 10 : — «Les organes étant composés de tissus simples très-différens, l'idée de la vie propre ne peut s'appliquer qu'à ces tissus simples, et non aux organes eux-mêmes... »

Cette proposition , peu importante au reste , souffre can-

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testa tion ; en effet chaque organe est formé par une certaine combinaison des tissus élémentaires , combinaison qu'on ne rencontre qu'en lui-même, et qui constitue son caractère spécial. Et s'il est rigoureusement exact de dire qu'à chacun de ces tissus se rattache une vie propre , c'est-à-dire une dose déterminée de la force formatrice , il doit être également vrai que la somme des propriétés départies à chacune des portions du tout, constitue pour ce tout lui-même , pour cet organe , une vie propre , qui établit entre lui et les autres organes des différences aussi tranchées que celles qui se tirent de sa forme extérieure et de sa structure. Toutefois il ne faut pas non plus exagérer , comme on le verra dans les détails , ces idées relatives à la vie propre de nos parties : contentons— nous de remarquer que ce fait est vrai sous un rapport, et gardons-nous de l'exagérer ; car nous en ferions découler les conséquences les plus erronées , soit pour la physiologie , soit pour la pathologie. (F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. 1, p. lxxxv, lig. ii\ — édition Béclard, T. i, p. 55, lig. i3 : — « Puisque chaque tissu diffère des autres sous le rapport des propriétés vitales, il doit en différer aussi par ses maladies... »

Sans partager l'opinion dans laquelle les maladies sont considérées comme indépendantes de nos tissus, et comme résultant d'un simple dérangement dans les lois qui les dominent, (opinion justement contestée aujourd'hui , et que déjà nous avons agitée) , on peut tout aussi facilement concevoir que les divers élémens anatomiques de nos organes sont isolément altérés dans le principe; en effet , chacun d'eux étant en possession d'une composition chimique et d'une organisation différentes , ils ne sauraient être impressionnés de la même manière sous les mêmes influences.

( F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. \ ,p. xcvj , lig. 23; — édition Béclard, T. rv, p. 67, lig. 7 : — « L'anatomie descriptive n'éclaire pas seulement l'histoire des maladies, elle doit changer en partie la manière de considérer l'anatomie pathologique. — Nous sommes à une époque où l'anatomie pathologique doit prendre un essor nouveau... »

Les progrès récens de l'anatomie pathologique ont donné lieu à de nouvelles classifications , qui , sans être tout-à-fait exemptes de l'inconvénient des rapprochemens forcés , renferment néanmoins des divisions utiles et fondées sur des rapports naturels, établis entre les diverses altérations organiques. Bayle, Laennec, MM. Cruveilhier et J.-F. Meckel se sont particulièrement occupés de ce sujet.

1 0 . Ayant reconnu que les altérations de texture ont à peu près les mêmes caractères , quel que soit le tissu qu'elles affectent , on a trouvé les plus grands avantages à les réunir dans une seule et même classe. De cette manière , on évite les répétitions sans nombre qu'entraîne une méthode opposée ; on présente en même temps et sous un même point de vue des objets analogues , et rien n'est plus propre , comme on l«i sait , à hâter les progrès d'une science quelconque.

2J. La même méthode a été appliquée, quoique avec moins de succès, aux dérangemens qui ne portent que sur les formes extérieures. Ce n'est guère que dans les vices de conformation originels qu'on peut suivre un ordre méthodique , et que cet ordre a une utilité réelle. Les dérangemens de forme accidentels se ressemblent trop peu , pour qu'il soit bien avantageux de les rapprocher les uns des autres : aussi a-t-on proposé de conserver ici l'ordre anatomique adopté par Bonet , par Morgagni et en partie par Bichat, jusqu'à ce que la science soit assez avancée pour qu'on puisse lui en substituer un autre.

On a suivi les mêmes principes , autant que possible , dans les subdivisions. La plus naturelle et la plus nombreuse est celle des transformations ou productions organiques que renferme

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