SYSTÈME CARTILAGINEUX
Anciennes éditions, 1*. in,/>. 119, ligne dernière j — édition Béclard, T. m, p. 160, lig. 2 : « II existe trois classes de cartilages.., »
Il faut y joindre les fibro-cartitages membraneux , qui sont dç vrais cartilages, comme nous le verrons par la suite.
( Béclard, )
Anciennes éditions > T. m, p. 126, lig. i5; — édition Béclard, T. ni, p. 167, lig. 10: — «Le tissu cartilagineux paraît, au premier aspect, absolument homogène... »
Ces fibres sont elles-mêmes très-difficiles à bien apercevoir; tout semble homogène, comme le dit Bichat, dans uni cartilage coupé en travers. La seule chose qui y dénote l'organisation , c'est qu'il se fait un suintement séreux , au tout de peu de temps , sut les surfaces divisées , ce qui indique qu'il y avait des fluides en circulation. Ce suintement est d'autant plus abondant que le sujet est plus jeune.
Divers faits semblent néanmoins montrer un arrangement particulier dans le tissu cartilagineux ; d'où sont nées diverses opinions. Duhamel pensait que ce tissu était composé , dans les cartilages d'ossification , de lames concentriques superposées , d'après la formation des couches osseuses successives que ses expériences sur la garance lui avaient démontrées. Il a été ques—
tion ailleurs de ces expériences; nous avons vu ce qu'il fallait en conclure relativement à l'accroissement des os. Elles ne prouvent nullement la disposition dont il s'agit , puisque lestouches ne se forment qu'à la surface de l'os quand une fois celui-ci est développé en entier : on ne trouve ni plaques ni lames d'aucune espèce dans le cartilage préexistant.
Hunter et Delassone ont dit que les cartilages des articulations mobiles avaient leurs fibres perpendiculaires , pour la plupart, et implantées sur les os de ces articulations; ils comparent au tissu du velours l'aspect qui doit en résulter. La facilité plus grande avec laquelle ces cartilages se cassent dans lé séns de leur épaisseur, la direction perpendiculaire des fibres qu'on y aperçoit quand on les coupe dans ce même sens , la macération , qui rend, dit-on, ces fibres distinctes lorsqu'elle est suffisamment prolongée, sont les motifs sur lesquels se fonde cette opinion, qu'on ne saurait entièrement rejeter, car la structure qui vient d'être décrite devient quelquefois apparente dans les maladies. Je dirai seulement , par rapport au second fait , qu'on aura sans doute pris pour des fibres les traces que laisse l'instrument dont on se sert pour opérer la section du cartilage.
Suivant Hérissant , les cartilages des côtes sont formées de lames contournées en spirale , et c'est à cette disposition qu'ils doivent leur élasticité. Cet auteur cite la macération comme preuve de qu'il avance. Ses observations à ce sujet ont besoin d'être confirmées.
Enfin, quelques-uns paraissent avoir été trompés par les changemens que subissent les cartilages lorsqu'ils sont sur le point de s'ossifier. C'est ainsi que Mascagni admet dans les cartilages costaux des lames en forme de rayons , parce qu'il a trouvé dans le centre de ces cartilages une sorte de moelle séparant ces lames. Mais elles n'existent que chez les adultes et sur des cartilages qui ont été exposés à la dessiccation : or , pris à cette époque , le tissu cartilagineux n'est plus parfaitement homogène ; son extérieur , plus compacte , se dessèche plus vite que l'intérieur, et ne peut revenir sur lui-même quqnd celui-ci tend encore à diminuer de volume ; il en résulte des vides qui se produisent au centre. On doit de même attribuer à un corn,-
meneement d'ossification, dû aux progrès de l'âge, les cavités rongeât res et aréolaires que Morgagni et M. Portai ont décrites comme inhérentes à la structure des cartilages.
Les cartilages membraneux du nez, de l'oreille, dont il sera question dans le système fibro— cartilagineux , ont , suivant Sœmmering , des fibrilles distinctes après une macération d'un mois.
(Béclard. )
Anciennes éditions, T. m, p. 127, lig. 3i; — édition Béclard, T. m, p. 168, lig. 29. — « L'ébullition ramollit et fond presque complètement le tissu cartilagineux... »
Les cartilages des sutures se dissolvent de même dans l'eau bouillante et fournissent une sorte de gelée , comme les cartilages diarthrodiaux ; tous les autres résistent à l'ébullition , et ne donnent de la gélatine dans ce cas que lorsqu'ils renferment des points osseux. Cela s'accorde avec ce que l'on sait aujourd'hui de la composition des cartilages. Haller les croyait formés d'eau, de gélatine et de substance terreuse; mais les chimistes modernes ont obtenu des résultats différens. M. Hatchett a trouvé dans les cartilages de l'albumine et du phosphate de chaux. M. Chevreul a donné l'analyse des os cartilagineux du squalus maximus : ils contiennent , d'après ses recherches , du mucus, de l'huile, de l'acide acétique et différens sels. Enfin, d'après J. Davy , il y a dans les cartilages 44»^ d'albumine , 55, o d'eau , et o,5 de phosphate calcaire. ■
Au reste , celte composition doit varier aux différentes époques de la vie, ainsi que la proportion des principes constituans. Lescartilagesdesjeunes sujets contiennent plus de fluides, comme il est aisé de s'en convaincre en les faisant sécher comparative— met avec ceux d'un adulte. Ils se réduisent presque à rien dans cette expérience, tandis que les seconds perdent beaucoup moins de leur volume. On voit de même , dans la combustion y les uns ne laisser presque point de cendres , tandis que les autres donnent un résidu terreux abondant. f Béclard. )
Anciennes éditions, T. tfi , p, 129, lig. 3 et i5} — édition Béclard , T. ui,p. 170, lig. 3 et 16 : — «Il
y a du tissu cellulaire dans les cartilages On n'y
distingue pas de vaisseaux sanguins.,. »
Quel est le degré d'organisation des cartilages ? possèdent-* ils réellement des vaisseaux , et sont-ils pénétrés de tissu cellu^ laire , à l'instar des autres parties solides qui concourent à former nos organes ? Voilà deux questions depuis long-temps agitées, et diversement résolues par les anatomistçs ; questions sur lesquelles la science , il faut bien le dire, n'est pas encore complètement fixée aujourd'hui. Toutefois , si je ne m'abuse , ce problème n'est pas aussi inabordable qu'on le croît généralemen! , et sa solution complète, si déjà elle n'a été donnée, au moins a été partiellement aperçue par divers savans. Voici , au reste , l'opinion que je professe à cet égard :
Ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, l'état cartilagineux est une forme que revêt transitoirement la matière organique, à une époque très-voisine encore de son origine. Il succède immédiatement à l'état muqueux, que revêtent d'abord tous les tissus ; il constitue avec le cellulaire les deux modes de transmutation de l'état muqueux. Certaines influences décident seulement lequel des deux doit succéder à ce dernier , dans un cas donné ; mais jamais , comme on l'a dit, les cartilages , dans l'ordre naturel , n'ont passé par la forme cellulaire. Le fait des pseudo-membranes qui se développent si souvent sur les surfaces séreuses enflammées , pseu-r do-membranes qui de l'état muqueux passent ici à l'état cellulaire , là à l'état cartilagineux , me paraît éclairer suffisamment cette question,
Ce premier point accordé , que les cartilages sont des parties très-rudimentaires , et placées très-bas dans l'échelle , sous le rapport de Inorganisation , puisquils succèdent immédiatement à l'état muqueux primitif ', examinons le second. Y a-t-il, ou n'y a-t-il pas de vaisseaux et de tissu cellulaire dans les cartilages? Pour décider cette question , il ne faut pas perdre de vue que |es cartilages, par suite de leur condition reconnue d'organe^
transitoires , tendent de plus en plus à s'élever sous le rapport de l'organisation , et que par suite ils ne sont pas , à toutes les époques de leur formation, également propres à servir, dans ce procès , de pièces de conviction : il faut les prendre à l'état parfait , à cette époque où aucune teinte étrangère ne trouble la couleur d'un blanc nacré qui leur est naturelle ; l'omission de cette condition ferait commettre plus d'une erreur. Ce prétendu tissu cellulaire des cartilages parfaits , Bichat ne l'a admis que par analogie : en effet, il avance d'abord que le défaut d'interstices entre les fibres de ces organes rend ce tissu fort difficile à montrer dans l'état ordinaire ; mais il n'en conclut pas moins que son existence est réelle, et il invoque à l'appui de son opinion le développement des bourgeons charnus sur la surface des solutions de continuité cartilagineuses. Il est aujourd'hui superflu d'insister pour montrer le peu de valeur de cette dernière preuve; car chacun sait , non -seulement que le tissu des cartilages ne donne point naissance à des bourgeons charnus, mais encore que ces organes restent constamment étrangers à toute cicatrisation ; le cal des cartilages fracturés se fait tout-à-fait en dehors d'eux , et résulte des modifications variées de la membrane cellulaire qui les entoure , membrane dont l'organisation avancée ne saurait être un instant douteuse. Quant aux vaisseaux des cartilages , leur existence est tout aussi peu établie : Bichat le reconnaît très-bien. Suivant lui , il n'y a pas de vaisseaux rouges dans ces organes ; il y admet seulement des vaisseaux blancs. Je ne sache pas que personne ait jamais démontré des vaisseaux blancs dans les cartilages; à moins que l'on ne prenne au sérieux l'hypothèse de Mascagni , qui considérait le tissu cartilagineux comme résultant d'un assemblage de vaisseaux lymphatiques : or , à quel ordre appartiendraient donc les vaisseaux blancs des cartilages , s'ils ne sont ni sanguins ni lymphatiques? En outre de ce que , dans un état avancé de leur vie , lorsqu'ils doivent s'ossifier , les cartilages présentent des vaisseaux sanguins bien évfdens , qu'on se garde d'en conclure que ces vaisseaux existaient auparavant, et que seulement alors ils commencent à recevoir la partie colorée du sang , qui auparavant leur était étangère ; en effet , d'une part , ou conçoit tout aussi facilement alors la formation entière de.
ces canaux au sein de la matière cartilagineuse , que le déve-R loppeinent semblable qui s'opère journellement dans les cicatrices, les pseudo-membranes, etc. D'un autre côté, il restera évident , pour tous ceux qui examineront directement le phénomène , et d'une manière sérieuse , que les vaisseaux qui apparaissent dans un cartilage qui s'ossifie offrent tous les caractères de vaisseaux de formation récente : ce sont d'abord de simples cavités à peine colorées , qui bientôt deviennent rosées ; plus tard seulement on y remarque une forme allongée et rameuse , jusqu'à ce que l'apparence Vasculaire frappe d'une manière non équivoque.
En résume , il n y a de véritablement cellulaire et vasculaire dans les cartilages que la membrane qui les entoure : eux-mêmes sont formés par de la matière organisable , mais dans laquelle l'organisation est encore au moins très-rudimentaire ; matière qyi bien certainement ne possède point de vaisseaux , si ce n'est lorsqu'elle commence à subir la transformation osseuse. Les vaisseaux des cartilages, en un mot, n'ont été admis que par une pure supposition , et il est temps de mettre un terme à toutes ces spéculations de l'esprit, qui peuvent bien transformer la science de l'organisation en un joli roman , mais qui la déparent réellement , en lui ôtant ce cachet de vérité sans lequel elle ne saurait plus désormais servir de base qu'à une physiologie vaine et mensongère. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. m, p. i3â , lig. i ; — édition Béclard, T. m , p. i^'i . lig. 17 : — «Je présume que les cartilages doivent leur élasticité à la grande quantité de gélatine qu'ils contiennent... »
Comme on l'a vu plus haut ( note de Béclard ) , les cartilages ne contiennent que peu ou point de gélatine ; le mucus en forme essentiellement la base. (F. Blandin. )
Anciennes éditions , T. ni, p. 1 35 , lig. i 5 ; — é.di* tion Bécïard , T. m, p. 174, Ug- 3i : — « Les articulations souffrent ou ne souffrent pas de la présence des corps étrangers, suivant que, par leur position, ces corps irritent ou n'irritent pas les extrémités cartilagineuses...»
Il paraît certain que les doujeurs produites par les corps étrangers articulaires dépendent de leur action sur la membrane synoviale, et niédiatement sur les os, mais nullement de la modification des cartilages diartlirodiaux , couche aussi dépourvue de sensibilité et de vie que l'épiderme , et qui se comporte de la même manière dans les inflammations des tissus so'isjacens. Dans l'inflammation du derme cutané, en effet, l'épiderme se détache, comme dans l'inflammation des extrémités articulaires des os , on voit se séparer par écailles le cartilage qui les recouvre. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. ni,, p. 1 35 , lig. i5;-~ édition Béclard, T. m, p. 177, Ug. 4- '«Les bons praticiens ont renoncé à ces prétendues réunions par première intention, si vantées à Sa suite de l'amputation à lambeaux...»
Par ces expressions de réunion par première intention , on entend deux choses bien distinctes l'une de l'autre : i° le rapprochement immédiat des lèvres d'une plaie ; 2° l'agglutination sans suppuration de ces parties mises en contact. L'une est toujours à la disposition du chirurgien ; l'autre, au contraire, peut bien être favorisée par l'art, mais ne lui est que secondairement soumise, et dépend de la nature elle-même. Aujourd'hui, bien que la plupart des praticiens aient beaucoup rabattu des avantages immenses al tri— bués au rapprochement immédiat des lèvres de la plaie des amputations , cependant ce mode de pansement n'est pas tombé dans,.
le discrédit dont parle ici Bichat : on reconnaît généralement qu'il a des avantages et des inconvéniens ; que les premiers prédominent dans certains cas, et que le contraire a lieu dans d'autres. Le rapprochement immédiat est une nécessité , en quelque sorte , après les amputations articulaires ; il est alors souvent suivi de l'agglutination sans suppuration ; après les amputations dans la continuité , il est moins avantageux , parce que l'agglutination immédiate est presque impossible sur l'extrémité de l'os scié , et qu'ainsi, en facilitant la réunion des bords de la plaie , on emprisonnerait le pus qui se forme profondément. Le fait de l'agglutination immédiate de beaucoup de plaies des amputations articulaires , quoique bien réel , étonne au premier abord. Toutefois, l'étonnement cesse lorsque l'on réfléchit que les extrémités articulaires des os sont très-vasculaires ; qu'en raison de leur rondeur , elles sont peu irritantes pour les parties molles qu'on réapplique sur elles , et que le cartilage diarthrodial , ou bien se détache et est résorbé , ou bien s'organise promptement sous l'influence du défaut de pression , et sert de base solide à la cicatrice , ou bien enfin reste adhérent à l'os, qui se trouve à jamais séparé des parties molles par une petite cavité synoviale.
( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. ut, p. i36, lig. 10; — édition Tiéclard, T. m. p. 177 , lig. 3a : — « Il faut long-temps aux substances nutritives pour se combiner avec les cartilages... » '
Les cartilages jouissent , comme nous l'avons vu, d'une vitalité au inoins très-obscure, et par conséquent, ainsi que Bichat le fait remarquer , sans doute , ils ne doivent que trèstard se laisser pénétrer des principes contagieux qui circulent quelquefois mélangés avec nos humeurs; mais, pour établir ce fait , Bichat a choisi un exemple qui n'est pas très-concluant. En effet, souvent il est arrivé que telle substance animale, très-délétère dans son application partout ailleurs , portée dans l'estomac et altérée par les sucs gastriques , s'est montrée tout-r-à-fait inno^-
cente. Les expériences de Fontana sur le venin de la vipère, et les faits rapportés par Morand et Thomassin, d'individus qui, sans en être incommodés, ont mangé la chair de bœufs morts du charbon, ne laissent que peu de doutes à cet égard, (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. m, p. i3o,, lig. i3; — édition Béclard, T, ni, p, 182, lig. 16 : — «Les observations des chirurgiens de nos jours ont rarement constaté le décollement des épiphyses... »
Le décollement des épiphyses a été souvent observé depuis Bichat. Il survient dans deux circonstances différentes : tantôt il est le produit de l'action d'une violence extérieure, tantôt il succède à une inflammation qui s'est emparée de cette lame cartilagineuse que l'on s'observe au niveau des épiphyses au<si long-temps que dure l'accroissement des os en longueur. J'ai fréquemment eu l'occasion de voir cette seconde variété du décollement des épiphyses sur les phalanges des doigts et des orteils ; et plus d'une fois, dans des os de ce genre, lorsqu'il s'est agi de faire les amputations phalangiennes, ou métacarpe ou métatarso-phalangiennes, l'instrument tranchant est tombé directement entre l'épiphyse et la diaphyse de la phalange inférieure, au liéwd'arriver dans l'articulation elle-même , articulation qu'ensuite il a fallu désunir,
(F. Blandin. )
Anciennes éditions , T. ni, p. \ 3o,, lig. 32 ; — édition Béclard, T, m,p, i83, lig. 3 : — « On attribue communément aux mouvemens articulaires, le défaut d'ossification des cartilages des articulations mobiles... »
Je crois bien plutôt que le défaut d'oss fication des cartilages diarthrodiaux , dans les circonstances ordinaires , dépend de la pression forte à laquelle ils sont soumis. En effet, pour
que le cartilage, substance organisable , bien plus qu'organisée , s'ossifie , il a besoin de vaisseaux ; or ces vaisseaux ne peuvent se former qu'à la faveur de la raréfaction de la matière cartilagineuse ; et dans les conditions de pression où se trouvent les cartilages diartbrodiaux , cette raréfaction est fort difficile.
( I Blandin. )
Anciennes éditions, T. m, p. 1 4 [ > ?ig- >8; — édition Béclard, T. m, p. i83, lig. 22 : — « Dans les dernières années de la vie, l'ossification s'empare de tous les cartilages... »
En décrivant la formation des os, j'ai parlé des changemeiis que subissent les cartilages qui les représentent, lorsqu'ils tendent à l'ossification ; des modificationssemblablesse remarquent, seulement plus tard , dans les cartilages improprement appelés permanens. ( F. Blandin. )
Les cartilages passent d'autant plus promptement à l'état osseux , qu'ils remplissent des fonctions plus actives dans l'organisme , et que par suite ils sont soumis à une plus vive irritation : telle est la raison de l'ossification prompte des cartilages costaux , surtout du premier ; voilà pourquoi les pièces solides du larynx et de la trachée présentent promptement le même phénomène. Les cartilages arythénoïofs, en particulier, s'ossifient de bonne heure, parmi les puces laryngées , parce qu'en raison de leur union aux lèvres de la glotte , ils sont dans un mouvement continuel , soit pour la respiration , soit surtout pour la production des différais gons. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. ni, p. i42> %• ^6 ; — • édition Béclard, T. 111, p. i85, lig. 1 : — « Le développement du système osseux dans des organes auxquels il est naturellement étranger, est un effet del'âge; celui du système cartilagineux est un effet maladif... »
Le fait signalé par Bichat , que la formation des cartilages
après la naissance réclame nécessairement des influences mdr-< Indes, tandis qu'il en est autrement pour les formations osseuses, est digne de la plus sérieuse attention. Il sera compris facilement par toutes les personnes qui ne perdront pas de vue cet autre fait que nous avons énoncé plus haut : que l'état cartilagineux est une des formes les plus rudimentaircs que revête la matière organique, forme qui succède immédiatement à celle que l'on appelle muqueuse. En effet, à la naissance, l'organisation générale est très-avancée, il ne reste plus rien de la masse muqueuse primitive de l'embryon , et par conséquent il n'y a rien qui puisse , en s'élevant d'un degré d'organisation, subir la forme cartilagineuse. Toutes les métamorphoses de ce genre qui devaient avoir lieu sont réalisées. Une irritation anormale de quelque point du corps peut seule donner lieu à une formation accidentelle de matière mucosogélatineuse, comme cela arrive souvent, etpréparer ainsi une organisation de cartilage. Il en est autrement du tissu osseux : état de la matière organique plus élevé dans l'échelle , ce tissu succède à celui des cartilages que l'on rencontre dans beaucoup de points pendant une grande partie de la vie , et qui là , par conséquent , se présente naturellement à l'ossification. ( F. Blandin. )
î .-»:'! IwMhpm iiij> f.vuWl •••<;>•• ianf é? : : !i!:;V[j7D nntim «ndil J'> Anciennes éditions, T. m, p. i43, lig. t5; —
édition Béclard, T. rii,p. ï85, lig. 22: — Les productions cartilagineuses mobiles et souvent libres, viennent elles de l'ossification d'une partie de la synoviale.. ? »
Les corps étrangers que l'on trouve isolés dans quelques articulations, ou dans quelques cavités séreuses, naissent, suivant Béclard, en dehors de la membraue correspondante , la repoussent et s'en enveloppent d'abord tout simplement ; plus tard , ils l'entrai-* nent et s'en forment un pédicule qui les soutient suspendus près du lieu de leur naissance, jusqu'au moment où , ce pédicule se rompant, le corps en question devient tout-à-faitlibre. (F. Blandin./
Anciennes éditions, T. m, p. 1 44 , ligne dernière; — édition Béclard , T. p, 91 , ligne cler* nière.
anatomie Pathologique du système cartilagineux. § Ier. Altérations dans les formes ex: érieures .
Les cartilages articulaires sont quelquefois gonflés et ramollis dans les tumeurs blanches, d'autres fois détachés en partie et pendans dans l'articulation , souvent détruits dans une plus ou moins grande étendue : cette destruction, fréquente dans les maladies des articulations , peut amener l'ankylose. Dans Certains cas, les cartilages articulaires semblent avoir entièrement disparu , et l'on ne trouve que des surfaces osseuses comme; nées : le tissu cartilagineux s^ossifie-t-il dans Cette circonstance, comme le dit Ëichat , ou bien a-t-il a été détruit? C'est ce qu'il est difficile de déterminer. Ces mêmes cartilage^ offrent assez souvent , après des affections rhumatismales , à là suite d'engorgemens chroniques, des espèces de fibres flottantes et libres par leur extrémité : ce sont ces fibres qui semblent fa-1 vorables à l'opinion de Hunter et Delassonne sur la structure des cartilages. Le tissu cartilagineux semble se décomposer dans cette circonstance, à moins qu'on ne regarde cette altération comme le résultat d'une érosion partielle.
§ II. Altérations dans l 'organisation.
On n'a jamais eu occasion d'observer l'inflammation des car-» tilages ; dans aucun cas , les vaisseaux de ces parties ne sont colorés par le sang ; des fluides blancs seuls paraissent susceptibles de s'y accumuler. Cependant l'ulcération , qui n'épargne pas les cartilages articulaires , comme on vient de le voir , est un indice1 que l'inflammation doit s'y développer.
La dt nudation et les plaies , qui , partout ailleurs , sont suiyies
d'inflammation , ne produisent pas cet effet dans les cartilages. Lorsqu'ils sont mis à nu dans une plaie des parties molles , celleci se réunit par adhésion ou par cicatrisation , suivant que le lambeau a été réappliqué ou non : mais le tissu cartilagineux ne participe point au travail de la réunion , comme l'ont vu J. Hunter et J. Bell ; il reste isolé, recouvert par la cicatrice , sans lui adhérer aucunement. Quand on ouvre une articulation sur un animal vivant, le cartilage ne s'enflamme point , ne rougit point, quelle que soit la durée de son exposition au contact de l'air : seulement, si on prolonge l'expérience, on voit la synoviale, rouge d'abord dans le reste de son étendue , s'enflammer aussi sur le cartilage , et la rougeur de cette membrane s'étendre peu à peu vers le centre de ce dernier. Cependant les cartilages rompus se réunissent , comme Autenrieth l'a reconnu le premier pour les cartilages costaux. Divers observateurs , MM. Magendie , Lobstein et moi-même , avons de nouveau constaté ce fait. Mais le rôle des cartilages est purement passif dans cette circonstance. Quand ceux des côtes sont fracturés , si les deux bouts restent affrontés , une virole osseuse se forme autour d'eux et les maintient en contact ; si , comme c'est le plus ordinaire , les fragmens ont chevauché l'un sur l'autre , un bourrelet , fibreux d'abord , puis cartilagineux et osseux , tenant au périchondre , remplit leur intervalle ; mais dans ce cas, comme dans l'autre, eux-mêmes sont simplement contigus. Ce n'est que chez le vieillard, quand les cartilages sont sur le point de s'ossifier , qu'ils se réunissent , comme les os , par un véritable cal intermédiaire.
Les ulcères des cartilages diarthrodiaux sont quelquefois le siège d'un travail de réparation qui ressemble , jusqu'à un certain point, à celui des plaies des parties molles. On trouve alors des portions cartilagineuses nouvellement formées en remplacement de celles que l'érosion avait détruites. Cette altération a été prise par quelques-uns pour un vice de conformation originel : elle n'est évidemment que secondaire.
La transformation osseuse est la setde qu'éprouvent les cartilages ; mais ils l'éprouvent presque nécessairement avec l'âge , et sans presque sortir pour cela de l'ordre naturel ( voyez page 196 )„ Au reste , on distingue , sous ce rapport , deux sortes de
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cartilages : les uns , finement temporaires , doivent s'ossifier dès les premières années ; les autres , qui persistent plus longtemps, sont dis permanens , mais seulement par rapport aux premiers , car eux-mêmes finissent aussi par s'ossifier; les cartilages des articulations mobiles font seuls peut-être exception. Mais leur ossification n'a pas lieu régulièrement ni à des époques fixes , comme celle des cartilages temporaires ; elle peut se faire attendre jusqu'à un âge très— avancé. Keil a vu les cartilages costaux non ossifiés sur un homme de cent trente ans ; Harvey a fait la même observation sur un autre de cent cinquante-deux ^ Au reste, le mécanisme de l'ossification est le même pour tous les cartilages.
éiraojrtri Ky»r.\\hm Jin;i;u ) .-,->uvnU •<•>.»{> ;»iju o »( **> Vu-Mi § IIÎ. Altérations dans le développement.
Le système cartilagineux est sujet à un petit nombre de vices de conformation : les cartilages costaux offrent quelquefois de ces irrégularités.
Il a été question précédemment du développement accidentel de ce système : nous reviendrons , dans le système synovial , sur les corps étrangers des articulations, et sur le véritable mécanisme de leur formation. Les productions cartilagineuses diffèrent, comme toutes les autres, suivant qu'elles paraissent déposées , pour ainsi dire , dans les interstices des organes , ou qu'elles sont dues à une transformation qu'a subie l'un d'entre eux. Des masses cartilagineuses isolées ont été trouvées dans diverses parties. Plus souvent encore divers organes deviennent cartilagineux. M. Laennec a rencontré dans l'urètre cette transformation : je l'ai observée dans le vagin , à la suite du renversement de la matrice; je l'ai vue également dans le prépuce, dans
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NOTES ET ADDITIONS
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