SYSTÈME FIBREUX
Anciennes éditions, T. m, p. i45, lig. 1 ; — édition Béclard, T. iu, p. 196, lig. 1 : — «Système fibreux...»
Il faut convenir que celle dénomination n'est pas heureuse ; car elle s'applique visiblement à tous les tissus dont les élémens anatomiques sont disposés en séries linéaires ; et cependant, en réalité , on ne comprend sous ce nom, en anatomie générale, qu'une partie de ces organes. Ce n'est pas que les anatomistes n'aient cherché à modifier sous ce rapport le langage scientifique; mais leurs tentatives n'ont pas eu tout le succès désirable : les termes de tissu albugineux , tendineux , aponévrotique , en sont la preuve. Celui de ligamenteux ou desmeux proposé par Béclard, offrirait les mêmes inconvéniens ; car il insinuerait , tout-à-fait à tort, que ce système est seulement employé, dans l'économie, à fixer les unes aux autres ou à retenir en place certaines parties.
(F. Blandin. ) Les organes fibreux forment le passage du tissu cellulaire à celui des muscles. Ils occupent un degré intermédiaire dans l'échelle organique. Le tissu cellulaire est presque uniquement formé de gélatine ; le fibreux contient encore beaucoup de cette substance, mais, de plus, on y rencontre de la fibrine en quantité plus ou moins grande. Toutefois , parmi les organes fibreux , il existe sous le rapport de l'organisation des degrés secondaires bien distincts et importans à signaler ici. Quelle différence, en effet, ne trouve-t-on pas entre les simples membranes fibro-peïîulaires et les tissus fibreux élastiques , entre l'aponévrose cervicale , par exemple, et les ligamens jaunes des vertèbres? Les premières sont
très-voisines- du tissu cellulaire ; ou mieux , ce sont , comme leur nom l'indique, de véritables hermaphrodites, que, dans une classification, on est embarrassé de rapporter au tissu cellulaire ou bien au tissu fibreux , ainsi que le témoignent les assertions des auteurs sous ce rapport. Les seconds sont réellement des organes fibromusculaires, que les auteurs ont aussi quelquefois rangés parmi les muscles, et que l'on considère aujourd'hui, avec beaucoup plus déraison, comme appartenant à une variété du tissu fibreux. Qu'on étudie les opinions émises à diverses époques sur la nature de la tunique moyenne des artères, -et l'on se convaincra de cette vérité. Enfin, et ce trait me paraît frappant en faveur du rapprochement que j'établis entre le tissu fibreux élastique et le tissu musculaire : lorsqu'une partie musculaire dans les animaux , 'tombe , cbez l'homme, dans des conditions un peu plus rudimentaires, elle revêt le caractère du tissu fibreux élastique ; la membrane du canal aérien , musculaire cbez les animaux , fibreuse chez l'homme, en est un exemple ; et d'autre part, dans l'homme lui-même, on voit quelquefois en sens inverse , comme je l'ai dit plus haut , le ligament élastique stylo-hyoïdien subir la transformation musculaire. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. m, p. i52, lig. 3; — édition Béclard, T. m, p. 2o3, lig. 22 : — » Tout organe fibreux a pour base une fibre d'une nature particulière, peu élastique... »
Les fibres du tissu fibreux, sous le rapport de l'élasticité , peuvent être partagées en deux classes, comme le tissu luimême : les unes élastiques et jaunes , les autres peu élastiques et blanches. Tout ce que Bichat dit ici se rapporte aux secondes ; quant à «e qui concerne les premières , voyez plus bas une note «le Béclard. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. m, p. 1 55 , lig. i ; — édition Béclard, T. m, p. 206, lig. 3o : <• — «Un muscle et son tendon forment un appareil organique , et non un organe simple... »
Il paraîtrait même y avoir, suivant la remarque de Murray , entre le muscle et le tendon une substance intermédiaire , différente de tous les deux , et servant à les unir. Du moins , en regardant attentivement , contre le jour , la fibre tendineuse et la musculaire , on trouve que leur intervalle est demi-lransparent : et il ne semble delà nature ni de l'une ni de l'autre fibre. Cette substance est d'autant plus distincte que les muscles sont mieux nourris : elle est peu apparente chez les sujets morts dans l'éma— ciation. La disposition des vaisseaux de ces parties est encore une raison de plus pour ne point admettre leur continuation : ces vaisseaux ne se prolongent pas de l'une à l'autre , mais se terminent vers leur'point d'union , ou se recourbent en cet endroit.
(Béclard. )
Anciennes éditions, T. m, p. j5j, lig. 21 ; — édition Béclard , T. m, p. 210, lig. 2 : — ■ « Les ligamens placés entre les lames des vertèbres paraissent entièrement différens des autres par leur nature... »
Ces ligamens appartiennent , en effet , à une division du système fibreux confondue pendant long-temps avec les autres organes du même nom , mais qui en diffère par une foule de caractères : je veux parler du tissu fibreux jaune ou élastique. Il faudra donc, à l'avenir, partager le système fibreux en deux grandes classes : l'une comprendra les organes fibreux blancs ou albugineux de M. Chaussier, l'autre les jaunes ou élastiques. Cette dernière expression est peut-être plus convenable que «la première pour désigner ce genre de tissu , l'élasticité en étant le principal caractère , tandis que la couleur ne lui est pas^aussi es-
senlielle. Au reste, personne, que je sache, n'a donné de description complète de ce tissu : il n'a presque été indiqué jusqu'à ce jour que dans des leçons orales. M. Chevreul s'est, dit-on, occupé de sa composition.
Ce tissu se rencontre partout où il faut une résistance continuellement en action , une sorte d'antagonisme perpétuel , différent sous ce rapport du fibreux ordinaire , dont la résistance est , pour ainsi dire , passive , et n'entre en exercice que par la distension , et du musculaire , qui ne résiste qu'autant que dure sa contraction. Onda retrouve chez les animaux dans les mêmes circonstances. Le ligament cervical postérieur des quadrupèdes agit de cette manière pour s'opposer à la pesanteur, qui tend incessamment à fléchir leur lête. Une tunique de la mémo nature fortifie la paroi abdominale chez ces mêmes animaux , et l'empêche de céder au poids des viscères. Tout le genre des chats a un ligament élastique inséré à l'ongle , et maintenant celui-ci dans le sens de l'extension dès que l'animal ne contracte plus ses muscles pour le rendre saillant- Les écailles des bivalves , huîtres, moules, etc., s'ouvrent au moyen d'un tissu fibreux analogue , quand les muscles qui les ferment sont relâchés. Chez l'homme, outre les ligamens jaunes des vertèbres, on doit encore ranger parmi les organes que ce tissu concourt à former la membrane propre des artères , celle des veines , des vaisseaux lymphatiques, des conduits excréteurs, celle des voies aériennes, l'enveloppe fibreuse du corps caverneux , de l'urètre, peut-être aussi celle de la rate. Toutes ces parties ont besoin d'une force sans cesse active , opposée à la distension , et qui les fasse revenir sur elles-mêmes aussitôt que l'effort contraire cesse d'avoir le dessus.
Les fibres du tissu élastique ont la même disposition qne celles du tissu fibreux blanc. Leur couleur tire plus ou moins sur le jaune ; elle est plus marquée dans le cadavre. Leur ténacité est moindre que dans l'autre tissu; leur élasticité est, au contraire r plus grande. Les vaisseaux de ce tissu sont en petit nombre.
La coetion ne le résout point eu gélatine , comme le tissu fibreux blanc. Il paraît contenir beaucoup de fibrine , jointe » un peu de gélatine et d'albumine.
Ses propriétés sont peu marquées , à part l'élasticité et la résistance qui le caractérisent spécialement. Il ne paraît point sensible , ou du moins ne l'est-il , comme le système fibreux en général , que pour certains genres d'impressions. Il s'ossifie rarement. Il a pour fonctions de servir de lien ou d'enveloppe , et de faire en même temps l'office d'un ressort , qui obéit à l'extension et revient brusquement sur lui— même une fois qu'elle ne subsiste plus. C'est ce qui est bien manifeste dans les artères : la colonne de sang qu'elles contiennent, ébranlée à chaque contraction des ventricules, étend les parois de ces canaux j inuio l'instant d'après , l'élasticité resserre ces parois : par là le cours du sang est continu , tandis qu'il devrait être interrompu si le cœur en était l'agent unique , comme nous l'avons dit ailleurs.
( Béclard. )
Anciennes éditions, T. in, p. I71 , Ug. 4 ; — édition Béclard, T. m, p. 224? %• l4: — «On a vu, dans l'opération de la cataracte par abaissement, la lésion de la sclérotique, donner lieu à des vomissemens sympathiques, etc.. »
( 1 ) L'irritation qui produit ces phénomènes est-elle bien celle qui résulte de la lésion de la sclérotique? Je ne le pense pas. Il me paraît plus probable que c'est à la lésion des nerfs ciliaires que tout doit être rapporté. Ces nerfs , en effet , émanés pour la plupart du ganglion orbi taire du grand sympathique , marchent entre la sclérotique et la choroïde , parallèlement à l'axe de l'œil, jusqu'au cercle ciliaire qu'ils traversent pour aller ensuite se terminer dans l'iris : par conséquent, il doit arriver souvent qu'ils soient lésés dans l'opération de la cataracte par dépression , puisque l'aiguille traverse la sclérotique au-dessus du cercle ciliaire. L'opinion que je professe ici a été , au reste r partagée par des hommes du premier mérite , et notamment par Chaussier, Béclard, etc. De lâ le précepte donné par eux, dans l'opération de la cataracte par dépression, de piquer la sclérotique en dirigeant en haut la convexité de l'aiguille , de manière
à mettre le plus grand diamètre de la partie aplatie de l'instra-~, ment , en rapport avec le diamètre intéro-postérieur de l'œil de manière surtout à opposer aux nerfs ciliaires le plus petit diamètre de l'aiguille , et ainsi courir le plus de chances possible poar éviter ces parties. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. nr, p. 172, lig. 17; — édition Béclard, T. m , p. 22$ , lig. 28. — « Au milieu de l'état muqueux de l'embryon , on ne distingue point encore les organes fibreux... »
En se développant , le tissu fibreux passe successivement par les états muqueux et cellulaire ; puis il revêt l'état qui le caractérise lors de sa complète évolution.
(F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. m, p. 187, lig. 10; — édition Béclard, T. ht, /?. 241, Hg- 18: — «Le périoste est étranger à la formation des os... »
Le périoste joue au contraire un rôle fort important dans la formation des os. Partie essentiellement vasculairc de ces organes, c'est lui qui , dans les premiers temps, sécrète la matière cartilagineuse qui , par son organisation de plus en plus patente , et de plus en plus élevée , finit par subir la transformation osseuse proprement dite ; c'est encore lui qui , lorsque cette importante révolution première a été accomplie , continue à fournir les matériaux de cette couche mince de cartilage par laquelle il est séparé de l'os chez l'enfant , et qui , continuellement envahie par les progrès de l'ossification , est aussi continuellement reproduite, jusqu'à ce que l'accroissement en épaisseur de ces organes ait atteint les limites naturelles. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. m, p. 210, ligne dernière; — édition Béclard, T. m, p. 266, ligne dernière.