SYSTÈME M U QUEUX
Anciennes éditions , T. iv, p. 43 1 , lig. 3i ; — édition Béclard. T. iv, p. 19, lig. 1 : — «Les boutons varioliques ne &e manifestent jamais sur les membranes muqueuses profondes... »
C'est une erreur de croire que l'affection variolique ne donne pas naissance quelquefois à des éruptions boutonneuses sur les membranes muqueuses profondes , sur celle de l'estomac , des intestins ou des voies aériennes ; j'ai moi-même directement observé le contraire. Mais ce qu'il faut bien noter, c'est qu'alors les boutons n'ont pas tout-à-fait les caractères qu'ils présentent lorsqu'ils se sont développés sur le tégument extérieur , ou sur les membranes muqueuses près des ouvertures naturelles. Dans ces dernières parties , en effet , la couche épidermique condensée , desséchée , retient quelque temps le produit de l'inflammation sur le point enflammé, et il se forme un bouton saillant; tandis qu'au contraire , le défaut d'un épiderme consistant sur les membranes muqueuses profondes empêchant que le pus reste circonscrit sur les points malades, l'affection variolique se traduit à l'œil de l'anatomiste seulement par de petites plaques, ou par des mamelons rougeâtres. C'est cette dernière circonstance qui , pour avoir été mal connue , a fait rejeter l'idée que ces membranes pussent devenir le siège de l'affection variolique, et a empêché d'autre part de sentir toute l'analogie qui existe entre les deux grandes divisions du système tégumentaire , soit à l'état sain , soit dans l'état pathologique. ( F. Blandw. )
Anciennes éditions, T. iv, p. 438, lig. 4; — édition Béclard, T. iv, p. 25, lig. 11 : — « Les villosités dont les membranes muqueuses sont partout hérissées ne sont autre chose que des papilles... »
Je crois aussi avec Bichat que l'on doit considérer comme analogues les papilles muqueuses et les villosités ; peut-être même serait-il convenable d'indiquer ces analogies en désignant ces éminences par un nom générique : les unes et les autres , en effet, sont formées par l'expansion à la surface des membranes muqueuses de leur réseau nerveux et vasculaire. Maisjepuis affirmer, contrairement à ce qu'avance Bichat , que ces éminences présentent, sous le rapport de la structure, de remarquables différences : dans les unes (celles de la langue, par exemple), le réseau nerveux prédomine ; dans les autres (celles des intestins grêles), l'élément vasculaire est bien plus développé ; les premières , par conséquent , sont devenues ainsi des organes de sensibilité , tandis que les autres sont devenues plus spécialement propres à des fonctions absorbantes. Ce sont ces différences de structure et de fonctions qu'ont d'abord seulement reconnues les physiologistes, etqui faisant considérer comme tout-à-fait distincts les petits organes qui les présentent , leur ont fait attribuer des noms tout-à-fait différens. A l'expression de papille, on a surtout attaché l'idée d'organe de tact , à celle de villosité l'idée d'organe absorbant. Conservons ces qualifications qui expriment de réelles dissemblances : mais peut-être aussi serait-il logique , comme je l'ai dit en commençant , de chercher un terme pour désigner collectivement ces deux espèces du même genre organique.
(F. Blandin. )
{ 3og )
Anciennes éditions, T. îv, p. 4^9, Ug- 27; — édition Béclard, T. iv, p. 27, lig. 18 : — « La ténuité des villosités muqueuses en dérobe la structure, même à nos instrumens microscopiques...»
Un assez grand nombre d'observateurs, tant anciens que modernes , s'accordent sur plusieurs points relativement à la disposition de ces villosités : ils diffèrent , à la vérité , sur d'autres , mais il est aisé de voir que souvent le fond de leurs observations est le même , et que toute la différence consiste dans la manière dont ils s'en sont rendu compte. Les villosités intestinales ont été l'objet spécial de leurs recherches. Voici ce qu'il y a de moins obscur sur la nature de ces prolongemens.
V,ues au microscope , les villosités des membranes muqueuses ressemblent au chevelu des racines de certains arbres. Cependant leur forme paraît plutôt aplatie qu'arrondie , et le nom de folioles qu'on leur a donné dans ces derniers temps leur convient peut-être mieux, sous ce rapport, que celui de villosités. Lieberkiïhn leur avait déjà reconnu cette disposition dans l'homme , mais il admettait que celles des animaux sont cylindriques , et par conséquent filamenteuses ou villeuses. Elles se terre- 'lient en pointe , ce qui , joint à leur forme aplatie , les a fait comparer , pour l'aspect , aux feuilles des graminées. Rudolphi dit que ce sont des lames , de petites écailles qui garnissent tout le dedans de l'intestin ; cela n'est pas fort éloigné de ce que nous venons de dire.
La structure de ces prolongemens est le point le plus contesté. On sait ce que c'était que l'ampoule de Lieberkûhn. Cet anatomiste ayant vu que les villosités intestinales se renflaient par l'injection , et que de l'air insufflé s'y répandait et leur donnait une apparence comme spongieuse , crut pouvoir en conclure qu'elles étaient en grande partie formées par une espèce d'ampoule celluleuse , dans laquelle se terminaient les vaisseaux , particulièrement les lymphatiques. Hewson a fait des observations analogues à celles de Lieberkûhn , mais il n'en a pas tiré la même conséquence : suivant lui , l'injection fait bien renfler les
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villosités , et produit en elles un phénomène semblable à celui de l'érection ; mais cela tient à ce qu'elles sont entièrement composées d'un lacis de vaisseaux , d'une sorte de réseau tel que celui qui forme les tissus érectiles. Cette opinion est elle-même rejetée par Rudolphi , MM. Cuvier , Alb. Meckel, et plusieurs autres anatomistes modernes , qui ne veulent pas que ces prolongemens contiennent de vaisseaux , du moins appai ens. Une matière visqueuse, une sorte de gelée, de substance amorphe, inorganique , constitue , selon ces auteurs ) les villosités , qui ne leur ont offert , au microscope , que cette substance , plus des globules opaques situés au-dessous d'elle. Cette matière serait susceptible de s'imbiber et de devenir alors comme spongieuse ; celte imbibilion pourrait se faire par le dedans, c'est-à-dire, du côté des vaisseaux , comme par le dehors , ou à la surface de la muqueuse. Les vaisseaux lymphatiques naîtraient de cette substance , que Alb. Meckel compare à celle qui constitue les végétaux très— jeunes à l'époque de leur développement. Cette description , si elle est exacte , cadrerait assez bien avec les faits précédemment observés , et permettrait d'expliquer comment Lieberkûhn voyait une ampoule , comment Hewson trouvait des vaisseaux , etc. Il est encore , suivant Alb. Meckel , une circonstance qui peut rendre raison des formes diverses que l'on a attribuées aux villosités : c'est que les folioles qu'elles représentent sont diversement repliées, contournées sur elles-mêmes, et prennent ainsi un aspect variable qui dépend de leur situation au moment où on les observe. C'est ainsi que Hedwig les dit cylindriques , digitiformes , terminées par un sommet obtus ; que d'autres les ont comparées à de petites massues, etc.
Plusieurs anatomistes assurent qu'il existe des ouvertures au sommet des villosités , et que ce sont les orifices des vaisseaux lymphatiques. Us ne sont pas , à la vérité , d'accord sur le nombre de ces orifices. Bleuland , Hedwig n'en admettent qu'un seul ; Cruikshank , Sœmmering en ont vu depuis six jusqu'à dix. Hewson prétend que ces ouvertures ne deviennent distinctes que quand les villosités sont rendues plus saillantes , comme il arrivé par l'injection ; il suppose qu'il en est de même pendant la vie , et explique ainstp'absorption par l'érection dont il croit ces p'ro-
longemens susceptibles. Ceux qui admettent l'opinion exposée en premier lieu rejettent toute espèce d'ouvertures comparables à des orifices absorbans ; la matière molle dont il a été question plus haut en tient lieu dans e«tte hypothèse.
On pense assez généralement que les villosités reçoivent des nerfs ; mais c'est plutôt par leur analogie présumée avec les papilles et à cause de la sensibilité dont elles sont le siège , que par les résultats de l'inspection. M. Ribes y a injecté des veines par la veine porte ; nous avons vu qu'on pouvait injecter ces prolongemens par les artères ; leurs vaisseaux lymphatiques sont de même évidens : il suflit, pour les voir, de plonger la membrane dans l'alcool ; les fluides qu'ils renferment sont coagulés et les rendent plus appareils. ( Bécxard. )
Anciennes éditions, T. iv, p. 44° • ffe> 19; — édition Béclard, T. iv, p. 28, tig. 11 : — « C'est clans les papilles cutanées que réside la sensibilité : il en est absolument de mêaieanx surfaces muqueuses...»
Dans le tégument extérieur, sans doute , les papilles sont principalement des organes de sensibilité ; mais elle» ont aussi des propriétés sécrétoires et absorbantes, comme les villosités dans les intestins. Ainsi , en ré nmé , partout les saillies extérieures du derme, qu'elles appartiennent à la peau ou bien aux membranes muqueuses , ont pour base de composition un réseau nerveux et vasculaire; partout, par conséquent, elles sont des organes de sensibilité , de sécrétion et d'absorption : mais dans certains points , leur élément nerveux prédominant , elles deviennent plus spécialement organes sensitifs ; tandis qu'ailleurs , l'élément vasculaire prenant une extension remarquable , elles jouissent de fonctions absorbantes et sécrétoires. Au reste , veut-on la preuve que les papilles cutanées, par exemple, ne sont pas seulement des organes de sensibilité ? Elle sera facile à donner : ne sait-on pas que ce sont elles qui sécrètent l'épiderme et les couches diverses du corps muqueux? Ne sont-ce pas aussi des papilles dévelop-
pées seulement , qui sécrètent la partie cornée des ongles , des poils et la matière dure des dents? ( F. Blandis. )
Anciennes éditions, T. iv, pag. 442 j hg- 3: — édition Béclard, T. iv, pag. 3o, lig. 3 : — « Les glandes muqueuses existent dans tout le système de ce nom... »
Ces espèces de petits sacs sont distingués aujourd'hui des glandes , et décrits sous le nom de follicules , qui convient mieux à leur nature. Ils paraissent en effet formés par une sorte de renversement de la membrane dans laquelle ils siègent, et qui, repliée sur elle-même, à leur niveau, au-dessous de sa surface libre , constitue de cette manière un véritable cul-de-sac , termine par un orifice ouvert sur cette surface. Cette disposition est très-marquée , pour les follicules sébacés , à la peau , avec laquelle les muqueuses ont une si grande analogie. Ces dernières la présentent aussi manifestement à leur origine; là, comme dans tous les points où leur épiderme est distinct, on peut enlever celui-ci en entier avec les prolongemens qu'il forme dans les follicules. Cela est rendu encore plus évident par les maladies , comme nous le dirons à l'article du système dermoïde.
Ainsi les follicules muqueux doivent avoir une structure analogue à celle des muqueuses dont ils font partie , quoiqu'il soit difficile de bien apercevoir cette structure. Us n'ont point de conduite excréteur : seulement , lorsqu'ils sont situés au-dessous du chorion , dans le tissu cellulaire subjacent , leur col , plus ou moins allongé , leur forme une espèce de goulot. L'orifice par lequel ils se terminent est constamment plu» rétréci que leur fond , et garni de villosités ou folioles semblables à celles des parties voisines. E. Home a donné de très— bonnes figures sur ces différens objets.
La plupart de ces petits corps sont isolés et irrégulièrement disséminés , en plus ou moins grand nombre , dans toute l'étendue du système muqueux. Je dis toute l'étendue , car on a vu
que, même là où ils sont peu apparens, l'analogie porte à les admettre, puisque la sécrétion s'y opère toujours. Joignez à cela que leur volume étant excessivement variable dans les parties qui en sont manifestement pourvues , il est tout naturel de penser que si on ne les voit pas dans les autres , c'est parce que ce volume y offre simplement une variété de plus , suffisante pour les dérober à la vue. Au reste , ce que le raisonnement indique , l'inspection l'a déjà en partie prouvé : le microscope a fait voir des follicules dans plusieurs membranes où on n'en distingue pas à l'œil nu , notamment dans la pituitaire ; il se produit à la peau des tannes , tumeurs formées par le développement des follicules, dans des endroits où on n'en reconnaissait pas avant, etc., Mais , dans quelques parties , les follicules , loin d'être ainsi isolés et souvent difficiles à apercevoir , sont agglomérés, et constituent par leur assemblage des amas diversement configurés , et dont la disposition varie ; c'est ce qui a fait distinguer des follicules simples , ce sont les premiers , et des follicules composés , ce sont ceux-ci , parmi lesquels on range la caroncule lacrymale, les follicules de Meibomius , les glandes aryténoïdes , l'amygdale, les glandes molaires, buccales, les glandulœ agminatœ de l'intestin, la prostate, etc. Tantôt chacun des follicules simples qui composent ces derniers a son orifice propre ouvert sur la muqueuse , comme on le voit à la caroncule ; tantôt , comme aux glandes de Meibomius, ils s'ouvrent les uns dans les autres , en sorte que le dernier verse le produit de la sécrétion de tous. Quelquefois leurs ouvertures se rencontrent au fond d'une sorte de repli que fait la membrane muqueuse, comme l'amygdale en fournit un exemple. Les lacunes muqueuses appartiennent encore à ce dernier genre ; on peut les considérer , de même que les replis muqueux de l'amygdale , de même que le trou borgne de la langue , comme de grands follicules qui en reçoivent de plus petits : c'est ce qu'on voit très-bien à l'urètre, par exemple. Enfin , les glandes molaires , la prostate , ont un véritable conduit excréteur ramifié , de même que les glandes ; aussi ces organes participent-ils de la nature glanduleuse , et la leur sem— ble-t-elle , pour ainsi dire , tenir le milieu entre celle-ci et celle des follicules proprement dits.
La membrane muqueuse de l'estomac , celle de l'œsophage , de l'intestin grêle , présentent , outre ces follicules , de petites cavités superficielles, desenfoncemens peu profonds que Hewson, qui les a observés le premier, compare aux alvéoles des abeilles, en désignant cette disposition sous le nom de structure alvéolaire. Ces alvéoles ont été plus récemment décrits par E. Home : on ne les voit qu'au microscope ; cependant , en quelques endroits , ils apparaissent même à l'œil nu. Ils ne semblent différer des follicules qu'en ce que leur ouverture est plus large que leur fond, le repli de la muqueuse étant peu étendu pour les former ; ce sont , pour ainsi dire , des rudimens de follicules. Leur nombre est peu considérable au bas de l'œsophage , où on commence à les apercevoir , entre les plis de ce canal ; il augmente dans l'estomac , et surtout dans le duodénum : dans cet intestin et dans l'estomac , les enfoncemens ont à peu près la même largeur que leurs intervalles ; ils diffèrent en cela des alvéoles des abeilles , qui sont en effet plus nombreux , et dont les intervalles sont beaucoup plus petits. Leur contour est lisse et arrondi dans l'œsophage et dans la portion voisine de l'estomac ; il devient inégal à mesure qu'on avance vers l'intestin , et se garnit de folioles de plus en plus marquées.
M. Home a examiné au microscope les surfaces digestives de différens animaux. Il résulte de ses observations, que , dans les animaux qui se nourrissent de substances végétales , les follicules de ces surfaces ont une structure plus compliquée , sont pourvus de villosités nombreuses à leur orifice , et sécrètent un suc plus actif ; que les animaux , au contraire , dont la nourriture est prise dans le règne animal , n'ont pour follicules que des enfoncemens alvéolaires ; qu'on peut distinguer , sous ce rapport , trois espèces de follicules , qui présentent trois degrés différens de complication : i" ceux qui, tels que dans l'autruche, versent un fluide d'une activité très-grande ; 2" ceux de l'homme et des autres omnivores ; 3° ceux dont on trouve le type dans l'hirondelle de Java , laquelle fournit une matière qui ne jouit presque d'aucune faculté dissolvante , et a , en revanche , des propriétés nutritives très-marquées.
La sécrétion qui s'opère dans les glandes muqueuses, constitue ,
réunie à Celle des glandes sébacées, un des trois genres principaux de sécrétion établis parM. Chaussier, dans ses tables synoptiques, la sécrétion folliculaire. Elle diffère , en effet, par plusieurs caractères de la sécrétion perspiratoire ou exhalation proprement dite , ainsi que de la glanduleuse , dont elle se rapproche par d'autres : i° comme dans la première, le fluide sécrété paraît apporté directement par les extrémités des artères ; 2° ce fluide , après avoir séjourné un certain temps dans la cavité du follicule, et y avoir sans doute été élabor é de nouveau , est rejeté , de même que dans la plupart des glaudes , par l'action propre de l'organe qui l'a fourni. ( Béclard. )
Anciennes éditions , T. iv,p. 445 , lig. io ; — édition Béclard, T. tv, p. 33, lig. 28 : — « Là où l'épiderme est très-apparent, les fluides muqueux sont peu absorbans... »
Cette remarque de Bichat est d'une grande exactitude ; il n'y a pas d'ailleurs de différences essentielles entre la couche muqueuse delà membrane tégumentaire interné et l'épiderme de la peau : des deux côtés la composition chimique est la même , c'est toujours cette matière connue des chimistes sous le nom de mucus ; là seulement elle est à l'état liquide ; ici , au contraire, elle est desséchée ; des deux côtés surtout l'absence complète d'organisation nerveuse et vasculaire est patente. ( F. Blamdin.)
Anciennes éditions, T. iv, p. 446, lig. i^- — édition Béclard, T. iv.p. 34 > lig. i\ : — « La sécrétion abondante que détermine la présence d'une sonde dans la trachée-artère est unë des raisons principales qui doivent y faire renoncer...»
Les raisonnemens et l'expérience invoqués ici par Bichat
témoignent hautement contre l'introduction de sondes dans la trachée , pour rétablir la respiration dans l'angine laryngée , procédé jadis vanté par Hippocrate , et dans ces derniers temps par Desault , mais justement abandonné aujourd'hui par tous les chirurgiens. (F. Blandin.)
Anciennes éditions , T. m, p. 448 , Ug. 29 ; — édition Béclard, T. iv,p. 37, lig. 8: — « Pourquoi n'introduirait-on pas une sonde dans la vessie , pour exciter la contractilité de cet organe, dans le cas de paralysie... ?»
On place aussi des sondes dans la vessie dans les cas de rétention d'urine , et souvent , au bout d'un temps variable , on voit la contractilité revenirà cet organe. Sans doute on peut expliquer déplus d'une manière cette heureuse circonstance ; mais la raison qu'allègue ici Bichat nous parait la plus plausible : la sonde droite , que M. Leroy d'Étiolés a conseillé d'employer préférablement dans ces cas , et à laquelle il attribue l'avantage de faire cesser la paralysie en déprimant la luette vésicale, n'agit selon moi qu'en stimulant les fibres de la vessie , contre lesquelles son extrémité appuie inférieurement. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. ni, p. ï\ 5a, lig. 8; — édition Béclard, T. iv, p. 4o, Ug. 22 : — « La bile , l'urine infiltrée, ne s'absorbent pas... »
Les fluides exhalés , celui de la plèvre comme tous les autres , sont également absorbés ; mais il n'est pas prouvé que leur absorption se fasse autrement que celle des fluides sécrétés, comme Bichat l'assure ici. Rien n'autorise un semblable jugement, si ce n'est l'analogie que l'on assure exister entre quelques-uns des liquides exhalés , celui des membranes séreuses , par exemple , et la sé-
rosité du sang. Mais d'abord cette analogie est— elle entière ? Je ne le crois pas ; et la chose fût-elle établie , on ne serait pas encore pour cela en droit d'en tirer la conclusion indiquée. En effet, le sang lui-même , sorti de ses vaisseaux , n'y rentre pas comme sang par absorption ; ses élémens divers sont successivement séparés les uns des autres , et attirés dans le torrent circulatoire. Il est plus rationnel et plus conforme aux lois générales de l'absorption de croire que les fluides exhalés, comme tous les autres, sont décomposés en même temps qu'absorbés , et que d'abord leurs par-* ties fluides les plus ténues , ensuite leurs élémens solides, qui sont moins subtils , pénètrent les vaisseaux et sont emportés par les courans sanguins. Qui pourrait soutenir , enfin , que la sérosité , la synovie , etc. , peuvent être retrouvées dans les vaisseaux des membranes séreuses ou synoviales , mélangées de toutes pièces avec le sang qui y circule? Personne assurément.
L'absorption des divers liquides qui se trouvent en contact avec nos tissus , qu'ils viennent du dehors , ou qu'ils aient été séparés de nos humeurs par un travail particulier , est d'autant plus simple que la composition de ces corps est plus simple ellemême , et qu'ils ont plus d'analogie avec l'eau. Ce liquide seul est absorbé en nature ; les autres sont d'abord décomposés , et leurs élémens disparaissent ensuite plus ou moins promptement , suivant leur plus ou moins grande ténuité. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. m, p. 45 1, lig. 20; — édition Béclard, T. m ,p. 40 , lig. a. — «Les fluides séparés par exhalation rentrent seuls dans la circulation... »
Des expériences fréquemment répétées par MM. Dupuytren, Magendie , et plusieurs autres physiologistes, ont démontré, postérieurement à Bichat, quêtons les fluides sont susceptibles d'être absorbés , quelque irritans , quelque stimulans qu'ils soient. La bile, l'urine, etc., sans contredit, déterminent d'abord dans les tissus au sein desquels elles sont épanchées une vive
irritation, souvent même la gangrène; mais bientôt, mélangées avec les produits inflammatoires , elles deviennent moins âcres , et peuvent se trouver en rapport avec les vaisseaux sans les frapper de mort : alors aussi elles pénètrent ces vaisseaux comme les autres liquides , se mêlent avec le sang qui les parcourt , et circulent dans tout le corps avec le reste de nos humeurs.
Anciennes éditions, T. iv, p. 461, lig. 22; — édition Béclard, T. îv, p. 5o, lig. 20 : — « Le contact de l'air ne change pas, après la mort, la lividité que le sang veineux donne aux membranes muqueuses...»
Je ne crois pas qu'aujourd'hui on puisse soutenir un seul instant l'opinion à laquelle Bichat a consacré ces paragraphes; pour mon compte, j'ai fait souvent des observations entièrement opposées à celles qu'il vient de citer. Qui n'a vu , sur un animal vivant, la rate et le foie, exposés au contact de l'air , à la faveur de l'incision des parois abdominales, perdre leur couleur brune, pour en revêtir une plus claire et plus ou moins exactement vermeille? Quel médecin n'a fait de semblables observations sur les cadavres soumis à ses dissections? Ne sait-on pas aujourd'hui que tel estomac qui parait peu coloré ou brunâtre au moment où il est ouvert , peut le lendemain présenter une teinte rouge trèsmarquée s'il a été laissé à l'air libre ? Aussi , hâtons nous de le dire , partout les membranes tégumentaires servent à l'hématose, c'est-à-dire, partout à la périphérie du corps , le sang est modifié par l'air dans ses vaisseaux, lorsqu'il est donné à ce fluide élastique de se trouver avec lui en contact plus ou moins médiat. Dans les membranes muqueuses , cette modification aérienne du sang est plus apparente , parce que l'absence d'épiderme ou la ténuité de cette couche rend le contact moins médiat. Au reste, depuis , les expériences de Jurine ont été variées et répétées par M. Edwards, qui les a trouvées fort exactes pour la plupart, et qui en a déduit d'importantes conséquences pratiques.
Anciennes éditions, T. iv, p. 467, U§. 2 1 ; ~— édition Béclard, T. iv, p. 56, lig. 3o : — «L'absorption des membranes muqueuses ne se fait pas d une manière constante, non interrompue , comme celle des membranes séreuses... »
Il est douteux qu'il règne dans l'absorption des fluides sécrétés qui séjournent dans un réservoir, l'intermittence signalée par Bichat dans ce passage. En effet, pour cela, il faudrait qu'il j eût inlermittence dans l'action des circonstances desquelles résulte l'absorption , et c'est ce qui n'a pas lieu : les parois vasculaires ne cessent pas un seul instant d'être perméables, et de posséder les propriétés hygrométriques qui les caractérisent ; par conséquent,dans toutes les circonstances . elles doivent livrer passage aux fluides avec lesquels elles se trouvent en contact , et les absorber. Que si l'on objecte à ce raisonnement les faits incontestables allégués par Bichat, je répondrai que je les adopte aussi, mais en les soumettant à une interprétation différente de celle donnée par Bichat. Tantôt en effet le gland prend ou laisse le virus vénérien : mais cela peut dépendre des conditions diverses de la structure de celte partie , et de l'application du virus ; ainsi, le gland est pourvu d'un épidémie plus ou moins épais suivant les individus, l'application du virus et le contact du gland sur les organes qui en sont imprégnés peuvent être prolongés plus ou moins long-temps. Tel individu résiste certainement à l'action de miasmes délétères qui en tuent un autre ; mais cela ne prouve pas que le premier n'a rien absorbé, tandis que le second est imprégné des émaiiations putrides : chez l'un, seulement l'économie a réagi suffisamment pour chasser les principes morbifiques par diverses émonctoires , tandis que , chez l'autre , les organes , plus faibles , n'ont pu réagir , ou bien ont été subitement altérés et leurs fonctions anéanties. L'action des purgatifs ne prouve pas davantage la possibilité de la suspension des propriétés absorbantes des membranes muqueuses : ces médicamens excitent seulement la contractilité des intestins , et produisent des contractions rapides , contractions qui ont pour résultat l'expulsion
très - prompte des boissons portées dans l'estomac , avant que leur quantité ait été sensiblement diminuée par l'absorption gastro-intestinale. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. 10, p. tyg- 12 j —
édition Béclard, T. iv, p. 60, lig. 28 : — « Les tubes rauqueux ne contractent jamais d'adhérence dans leurs parois... »
Sans doute les membranes muqueuses adhèrent difficilement à elles-mêmes , mais cependant cela arrive quelquefois, et l'on possède aujourd'hui des exemples de l'oblitération de quelques-uns des canaux tapissés par ces membranes : j'ai vu un vagin complètement oblitéré à sa partie supérieure. Au reste cette oblitération arrive à la faveur d'une inflammation longtemps prolongée des surfaces contiguè's, inflammation qui amène d'abord un rétrécissement ; et plus tard, si l'art n'y met obstacle, ou si la nature elle-même ne s'y oppose en forçant quelques fluides à traverser ce point rétréci , l'oblitération finit par arriver : ainsi a-t— on observé l'oblitération de l'urètre , lorsqu'une fistule urinaire large s'était établie derrière le rétrécisement ; tandis que cette oblitération n'est qu'apparente , dans tous les cas où cette fistule manque, et dans ceux où le canal accidentel est de formation récente. (F. Blandin.)
Anciennes éditions , T. iv ,p. 479, lig. 6 ; — édition Béclard , T. iv , p. 69, lig. 4 •' — « H est probable que Péjaculation du sperme, tient de la contractilité organique sensible, de la membrane muqueuse de l'urètre... »
De véritables contractions ont certainement lieu dans la portion périnéale de l'urètre , sans que cela dépende de la membrane muqueuse de ce canal , membrane à laquelle toute con-
traction est étrangère. En effet, des fibres musculaires recouvrent quelques parties de l'urètre , et concourent à former ce canal , spécialement dans sa portion dite membraneuse ; mais l'éjaculation , citée ici par Bichat , est le résultat de la pression de l'urètre par les muscles releveurs de l'anus et bulbo-caverneux ~, et la membrane intérieure du canal est entièrement étrangère à ce mouvement. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. ni, p. 479 > II '■> — édition Béclard, T. iv, p. 69, lig. [7 : — « Le conduit de Sténon projette la salive dans la bouche...»
Ce' passage mérite deux observations : d'abord le liquide qui s'échappe de la bouche , par un petit jet , pendant l'action de bâiller, ne vient pas du conduit de Sténon , mais bien du conduit de "Warthon ; et ensuite son expulsion ne prouve pas la contraction de la membrane muqueuse du canal d'où il sort , mais bien , au contraire , celle des muscles voisins. S'il en était autrement, ce jet salivaire devrait se faire aussi dans l'état de repos des muscles buccaux , ce qui n'a point lieu : ce phénomène arrive toujours pendant le bâillement, ou lorsque l'on ouvre grandement la bouche ; c'est-à-dire dans toutes les circonstances où le conduit de Warthon est soumis à une forte pression de la part du muscle mylo-hyoïdien. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. iv, p. 489, lig. i \ ; — édition Béclard, T. iv,p. 80 , lig. 11 : — « Développement du système muqueux...»
La disposition du système muqueux est bien différente , dans les premiers temps de la conception , de ce qu'elle sera par la suite. Ce système paraît se continuer , à cette époque , de même que le cutané , avec les membranes de l'œuf : tel semble
être du moins le résultat des observations de Wolff, de Oken , Meckel et autres.
Wolff a suivi le développement de l'intestin dans le poulet. Il a vu qué ce canal est d'abord très-court , droit , ouvert par devant , et continu , dans ce sens , à la membrane vitellaire , sans qu'une limite bien précise indique l'endroit où finit l'une et où commence l'autre ; que plus tard un rétrécissement désigne cet endroit , qui s'allonge de plus en plus , à mesure que l'intestin croît aux dépens du vitellus, de sorte qu'à la naissance ces deux parties ne tiennent plus que par un pédicule étroit , lequel disparaît complètement quand le jaune a été résorbé en entier. Or , la vésicule ombilicale paraît remplir chez l'homme , dans les premières périodes de la vie intra-utérine , les mêmes usages que le jaune ou la membrane vitellaire chez les oiseaux ; plusieurs faits directs tendent même à prouver qu'elle se comporte alors comme cette dernière à l'égard de l'intestin , quoiqu'il soit trèsdifficile de s'en assurer, parce que ces premières périodes se passent très-rapidement dans les mammifères , et que le fœtus acquiert bientôt Un autre mode d'existence , tout différent de celui des oiseaux. Cependant, i° la vésicule ombilicale est d'autant plus grande relativement au fœtus, et d'autant plus rapprochée de l'ombilic, queifembryon est plus jeune ; 2° l'intestin est pendant long-temps en partie contenu dans la base du cordon ombilical , et plus tard envoie quelquefois un prolongement qui se porte à l'ombilic ; d'autres fois on distingue un petit conduit se détachant de la vésicule ombilicale, et se dirigeant du côté de l'ombilic , à une certaine distance , le long du cordon ; 3 • divers anatomistes ont vu cette vésicule communiquer avec l'intestin dans des fœtus de mammifères ; 4° Meckel dit avoir rencontré , chez l'homme, une semblable communication.
D'après toutes ces considérations , on peut admettre , avec Oken , Meckel , etc. , que ce qui est manifeste pour les oiseaux , les reptiles , les poissons, a lieu également chez l'homme, et que la muqueuse alimentaire , en se confondant avec la vésicule ombilicale , fait , dans le principe , partie intégrante de l'œuf. On peut en dire autant de la membrane génito-urinaire , la vessie
ayant des connexions intimes avec l'allantoïde : la peau , de son côté, fait suite à Famnios. Il résulte delà, i° que ces organes sont des plus précoces dans leur développement , si même ils ne se forment avant toutes les autres parties ; 2° que l'embryon n'est nullement distinct de l'œuf dans les premiers temps ; 3° que ses deux tégumens , savoir , l'externe , formé par la peau , et l'interne, que représente la muqueuse , au lieu d'imiter , comme l'adulte , un double sac continu et replié sur lui— même à ses extrémités , ne sont pour ainsi dire que deux demi-eanaux dont la circonférence manque en devant.
Il reste à déterminer le lieu de l'intestin qui correspond primitivement à la vésicule ombilicale , et qui sert de point de départ au développement du reste du canal. Suivant Oken , c'est Le cœcum ; et de ce point la vésicule envoie deux prolongemens qui forment l'intestin stomacal et l'intestin anal. Meckel veut que ce soit l'iléum , parce qu'il en est ainsi chez les oiseaux , parce que cet intestin présente souvent des appendices qu'il regarde comme des restes de la vésicule , et que d'ailleurs le cœcum n'existe pas dans tous les mammifères. Il est évident que ce ne sont là que des conjectures.
Au reste , s'il est vrai que le système muqueux commence par avoir la disposition que nous avons indiquée , une grande obscurité règne encore sur son mode de développement ultérieur, sur la manière dont ce demi-canal, d'une longueur très-bornée, ouvert dans toute son étendue , se complète en devant d'une part, et se change de l'autre en un long tube, ne tenant plus à la vésicule que par un canal étroit et presque imperceptible. Aussi a-t-on cherché à expliquer autrement la formation de ce système. Quelques-uns ont dit que les cavités qu'il tapisse se creusaient de dehors en dedans , et que c'était la peau , en s'enfonçant petit à petit dans la substance de l'embryon , qui donnait naissance aux membranes muqueuses : c'est pour cela , ajoutent-ils, que l'intestin est sujet à offrir des interruptions dans sa continuité , quand ses deux portions , parties , l'une de la bouche, l'autre de l'anus, ne se sont pas parfaitement réunies. Rien ne prouve cette assertion , qui est contraire à beaucoup de faits. Lucae a émis une autre hypothèse , fondée sur ce que souvent la
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cavité de l'intestin est interrompue en plusieurs endroits : cela prouve , suivant lui , que ce canal est d'abord composé , comme les vaisseaux , de parties isolées , qui vont ensuite les unes audevant des autres, et finissent par se confondre : les diverticules ou appendices de l'intestin se formeraient quand ces parties, au lieu de se joindre par le bout , s'accoleraient par un de leurs côtés. Tiedemann , Meckel admettent cette opinion jusqu'à un certain point, en la modifiant par celle qui fait procéder l'intestin de la vésicule ombilicale. Au total , on voit que ce point exige de nouvelles recherches : seulement le fait des occlusions du tube intestinal ne me paraît nullement démontrer ce que ces auteurs ont avancé ; ces occlusions ne surviennent qu'après l'entier développement de l'intestin.
Il n'y a point de villosités ni de replis muqueux dans les premiers temps de la conception. Meckel assure que les villosités commencent par des plis longitudinaux , qui se partagent ensuite en petites saillies isolées , pour les former. ( Béclard. )
Anciennes éditions , T. iv , p. 4o,5 , ligne dernière; — édition Béclard, T. îv, p. 86, ligne dernière.
Sanatomie pathologique du système muqueux. § Ier. Altérations dans les formes extérieures.
Les conduits muqueux sont dilatés , rétrécis , dans une foule de circonstances : la plupart ont été indiquées à l'article des Propriétés de tissu de ce système. Presque toujours ces changemens de dimension, dans les maladies , dépendent d'un obstacle au cours des matières qui traversent ces conduits dans l'état de santé : c'est ce qui est manifeste pour les excréteurs ; les moins extensibles, tels que l'urèthre, peuvent former, dans ce cas, des poches ou dilatations plus ou moins grandes , avant de se rompre :
le fond des lacunes muqueuses paraît être quelquefois le siège spécial de ces dilatations. Tantôt l'obstacle est étranger à la muqueuse , et celle— ci ne se resserre au-dessous que parce que moins de fluides la tiennent écartée : tantôt le rétrécissement occupe primitivement cette membrane , soit qu'il dépende de plaies , d'ulcères , d'inflammations , ou de toute autre cause. Dans l'un et l'autre cas , comme dans celui où les fluides prennent une autre direction , parce qu'une ouverture accidentelle leur livre passage, la portion située au dessous ne s'oblitère point, comme on l'a vu- Cependant les membranes muqueuses sont susceptibles de contracter des adhérences ; mais il faut pour cela que la sécrétion du mucus y ait été suspendue par l'inflammation , ou que leur épiderme soit détruit , pour celles qui en ont. C'est dans des circonstances analogues qu'on a vu la langue adhérer aux parois correspondantes de la bouche, le vagiu disparaître par l'adhésion mutuelle de ses parois , les trompes utérines, celle d'Eustachi, le canal nasal , les conduits lacrymaux , s'oblitérer , etc. Du reste , ces adhérences sont beaucoup moins communes ici que dans le système séreux.
Les membranes muqueuses sont le siège d'épaississemens , de végétations, d'excroissances, qu'on peut regarder comme des accroissemens de leur substance. Les polypes sont une altération de ce genre : on en distingue , comme on sait , de plusieurs espèces ; beaucoup appartiennent autant au tissu cellulaire sousmuqueux qu'à la membrane muqueuse elle-même , qu'ils ne font que soulever ; il en est qui naissent du périoste situé en certains endroits au-dessous de la muqueuse , et qui sont de véritables corps fibreux ; quelques— uns sont formés par un tissu qui diffère plus ou moins du naturel , et rentrent , sous ce rapport , dans les altérations de texture : tels sont ceux qu'on nomme cancéreux.
Différens organes que revêtent des muqueuses à l'intérieur sont exposés à des vices de situation et de configuration auxquels participent ces dernières ; mais elles en ont aussi qui leur sont propres, comme les divers déplacemens qu'éprouvent celles du rectum , du vagin , de la vessie, etc. , dans les prolapsus, renversemens, hernies muqueuses, etc. , de ces organes, en fournissent des exemples. La tunique interne ou villeuse cjui double
ces viscères à l'intérieur abandonne alors les autres tuniques, et se prolonge seule dans Une cêrtaine étendue , soit par une ouverture naturelle, soit à travers une ouverture accidentelle résultant d'un écartement des fibres de la tunique nerveuse. Les anus contre nature sont presque toujours compliqués de ces sortes de déplacemens , auxquels le système muqueux est singulièrement disposé par le peu d'adhérence de son tissu sousjacent {membrane nerveuse des anciens ) avec la membrane musculeuse des organes qu'il concourt à former.
§ II. Altérations dans i organisation.
L'inflammation produit dans le système muqueux , outre les altérations de couleur ët le développement vasculaire qui lui sont propres , des suppurations, des faussés membranes, des ulcérations , des gangrènes , etc. De tous Ces phénomènes , aucun n'est plus remarquable que la formation des fausses membranes , analogue à celle qui a lieu dans les séreuses. La conjonctive dans des ophthalmies causées par la vapeur de l'acide hydro-chlorique , le rectum dans des injections irritantes faites chez les animaux , la membrane muqueuse de la bouche et du pharynx , celle des voies aériennes dans le croup , ont offert cette altération , dans laquelle une couche molle, couenneusé, blanchâtre, peu adhérente , revêt plus ou moins uniformément la membrane muqueuse enflammée. Cette couche n'a presque jamais le temps de s'organiser; elle est re jetée avant , ou l'inflammation est promptement mortelle : Albert l'a trouvée vasculaire dans les croups qui affectaient une marche chronique.
Dans quelques cas , l'inflammation occupe plus particulièrement les follicules muqueux , qui se gonflent et deviennent alors très-apparens : cette variété a été décrite par Rœderer et Wagler. Une autre forme que présente cette affection , quoique moins manifestement qu'à la peau , est celle d'exanthème : on l'observe surtout dans les parties de ce système voisines de la surface du corps.
Les solutions de continuité des membranes muqueuses se cicatrisent comme celles de la peau : c'est ce qu'on voit dans cer-
tains ulcères de la bouche ét du pharynx , après l'excision des végétations qui surviennent aux parties génitales, etc. Le nouveau tissu formé est plus blanc et plus résistant que le premier; il représente quelquefois des brides qui peuvent devenir gênantes.
Dans les cas cités (pag. i3), le système muqueux finit par éprouver la transformation cutanée , comme cela arrive toutes les fois qu'il est en contact avec l'air extérieur; sa surface se dessèche alors, les fluides muqueux cessent de la lubrifier, les villosités disparaissent , une apparence d'épiderme les remplace , la membrane devient , en quelque sorte , plus coriace. Diverses parties de ce système peuvent aussi se changer en cartilage : nous en avons cité des exemples dans le système cartilagineux.
Le cancer est ici très-fréquent ; il se présente sous plusieurs formes : i<> il constitue des excroissances semblables , pour l'aspect , aux polypes, mais bien différentes quant à leur nature ; le rectum, les fosses nasales, l'utérus, offrent de ces tumeurs. 2°. D'autres tumeurs sont subjacentes à la muqueuse , qui finit par participer à la maladie , et par s'ulcérer à la surface : les cancers de l'estomac , de l'œsophage , de l'intestin , de la vessie , affectent le plus souvent cette forme. 3". Enfin , des ulcères cancéreux ont leur siège primitif dans le système muqueux , commencent à sa superficie, et ne gagnent qu'à la longue les parties profondes : peu d'engorgement les accompagne : cette variété est commune aux lèvres , au gland , et surtout au col de l'utérus.
§ 1IJ. Altérations dans le développement.
Tout système organique peut être considéré de deux manières , comme on a dû le voir dans les systèmes précédemment étudiés , par rapport aux altérations qu'il peut offrir dans son développement : i ° ce développement est quelquefois irrégulier dans les endroits où il doit se faire naturellement ; de là les vices da conformation, les variétés anatomiques , les anomalies de tout genre. 2° . D'autres fois il se fait accidentellement là où il ne devrait pas avoir lieu , il envahit d'autres systèmes ; de là les
transformations et productions organiques. Les altérations du premier genre sont produites par des causes encore peu connues , par des obstacles qui ont arrêté le développement naturel à une de ses périodes, et ont ainsi conservé des formes qui devaient n'être que passagères , par des maladies qu'a éprouvées le foetus dans le sein de sa mère , peut-être , dans certains cas , par une mauvaise conformation première du germe, etc. Celles du second genre arrivent presque toujours dans les maladies ; quelquefois elles sont dues aux progrès de l'âge. Mais , parmi Jes différens systèmes, il en est qui ne paraissent susceptibles que d'un seul mode d'altérations , ou du moins auxquels celui-là seul est familier, tandis que d'autres éprouvent également l'un et l'autre modes; de sorte qu'on pourrait, sous ce rappoit, les classer en deux ordres : i° d'un côté seraient le système cellulaire , qui a tant de tendance à se produire accidentellement et si peu à offrir des vices de conformation ; le séreux , le synovial , le fibreux , qui sont dans le même cas ; le nerveux , le musculaire, cil gnduleuxc , pour lesquels c'est l'inverse ; ce qui nécessiterait ici une subdivision ; i° de l'autre , l'osseux , l'artériel , le veineux, etc. Or, le système muqueux appartient plutôt à ce dernier ordre qu'au premier.
Ses vices de conformation sont nombreux. Tous les conduits muqueux , sans en excepter l'intestin , sont sujets à manquer dans une plus ou moins grande étendue , et à offrir dans leur longueur des interruptions dont le siège varie : tantôt c'est à leur ouverture extérieure qu'ils se trouvent imperforés ; tantôt c'est plus profondément que leur cavité est effacée , soit parce que les parois sont confondues entre elles ou fermées par une sorte de membrane, soit parce que le canal lui-même a entièrement disparu. Ces conduits manquent quelquefois dans une partie de leur circonférence , qui présente alors des ouvertures accidentelles , des fentes , des communications contre nature : c'est de cette ma— nèire qu'on voit le vagin ouvert dans le rectum , la vessie , dépourvue de paroi antérieure , ouverte à l'hypogastre , manquant lui-même de paroi , l'urètre ouvert au périnée , la voûte palatine établissant une communication entre la bouche et les fosses nasales , le voile du palais fendu dans son milieu , les lèvres
divisées de même dans le bec-de-lièvre, etc. Ces altérations ne sont souvent que des restes du développement naturel, qui ne s'est point achevé ; cela est évident pour le bec-de— lièvre , l'ex— troversion de la vessie, etc.
Il ne faut pas oublier , dans les anomalies de développement du système muqueux , les prolongemens digitiformes ou appendices digitales de l'intestin. Ces prolongemens sont formés par toutes les membranes de celui-ci : nous avons vu plus haut comment on a cherché à expliquer le mécanisme de leur formation. On trouve quelquefois , vers le point de jonction du pharynx et de l'œsophage , de semblahles appendices qui retiennent les alimens , ce qui donne lieu à une sorte de rumination : ceux-ci paraissent consécutifs et formés par une hernie de la membrane muqueuse à travers les fibres de la tunique nerveuse. Les calculs de la vessie sont souvent logés dans des cavités produites par le même mécanisme.
On peut considérer comme des membranes muqueuses accidentelles, i° la membrane qui tapisse l'intérieur des abcès, 2° celle des trajets fistuleux anciens.
La membrane des abcès, quoique appartenant à des cavités fermées de toutes parts , a en effet plus de points de contact avec les membranes muqueuses qu'avec les séreuses : on n'y a pas , il est vrai , décrit de follicules ; mais sa surface est molle, pulpeuse, fongueuse, comme celle des membranes muqueuses; mise dans l'eau , elle semble , de même que ces dernières , hérissée de filamens. L'analogie de sécrétion est une raison de plus en faveur de ce rapprochement : quoi de plus analogue au mucus que le pus?
La ressemblance est encore plus marquée dans les sinus et fistules aboutissant à l'extérieur. Hunter avait déjà vu cette ressemblance , sur laquelle Bayle , M. Laennec et autres ont plus particulièrement insisté. La membrane des trajets fistuleux a un épiderme distinct dans le voisinage de la peau ; plus profondément il disparaît , et la membrane devient rouge , molle , fongueuse ; il serait difficile , en cet endroit , de la distinguer d'un lambeau de membrane muqueuse pris dans les sinus , par exemple ; elle n'a point de follicules , mais son fluide est presque de
Ja même nature : au dessous d'elle, le tissu cellulaire est souvent endurci et plus compacte que dans l'état naturel , comme on le voit dans les callosités ; c'est un résultat de l'inflammation : ce tissu est sain quand l'inflammation est peu manifeste. Lorsque rien ne passe plus par la fistule , celle-ci se resserre et le trajet se ferme ; il diffère en cela des conduits muqueux , qui ne s'oblitèrent point dans la même circonstance : mais son oblitération n'est pas toujours facile , surtout au voisinage de la peau , et en général ces sortes de conduits tendent très-peu vers la cicatrisation : aussi cherche-t-on par tous les moyens à y développer l'inflammation ou à détruire la membrane qui les revêt.
Dans les abcès comme dans les fistules , la membrane accidentelle tire son origine du tissu cellulaire , et est due probablement à une exsudation albumineuse , de la nature de celle qui constitue les fausses membranes. ( Béclard. )
NOTES ET ADDITIONS
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