SYSTÈME SÉREUX
Anciennes éditions , T. iv , p. 496 , lig. 7 ; — édition Béclard, T. iv , p. 108, lig. 7: — « Le système séreux estformé par le péritoine, la plèvre, le péricarde , l'arachnoïde , la tunique vaginale, etc..»
Sans doute , les membranes que Bichat vient de nommer diffèrent beaucoup des synoviales et des bourses muqueuses, sous le rapport du fluide qu'elles séparent ; mais elles leur ressemblent quant à la disposition et à la texture, caractères spécialement anatomiques : aussi , en anatomie, ces divers organes ne doiventils former qu'un seul et même système ; comme on en convient généralement aujourd'hui. Il importe peu d'ailleurs que l'on donne à ce système le nom de séreux ou tout autre ; mais ce qui est absolument indispensable, c'est de bien définir ce mot, et de hé dépouiller tout-à-fait de son acception physiologique , pour lui en donner une qui rappelle seulement l'état statique des membranes dont nous parlons. Le système séreux , ainsi constitué dans l'anatomie générale , comprendra trois genres d'organes : celui des membranes séreuses splanchniques , celui des séreuses articulaires , celui enfin des séreuses des tendons. On pourrait même encore y ajouter un quatrième genre , que formeraient les membranes séreuses sous-cutanées , membranes dont le développement toutefois est variable. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. iv, p, 5o4, iïg. 5; — édition Béclard , T. iv, p. 1 16 , lig. 16 : — « Les membranes séreuses sont constamment une barrière qui s'oppose à la propagation des maladies d'un organe à un autre organe... »
Les membranes séreuses servent-elles bien rigoureusement de barrière entre les organes notés ici par Bicbat? Je nie le fait , et je le nie sans restriction aucune. D'abord une foule d'observations pathologiques prouvent que les cancers de l'estomac ou des intestins se propagent facilement vers les organes voisins de ceuxci , par exemple, le foie, la rate, etc. En outre, il est évident que les membranes séreuses n'ont en elles— mêmes aucune des propriétés isolantes qui leur ont été attribuées : la seule chose qui apporte quelque obstacle aux communications morbides entre deux organes revêtus de feuillets séreux , c'est l'espace qui les sépare , c'est le défaut de continuité cellulo-vasculaire. Au reste , voyez combien cet obstacle lui-même est faible : qu'un tubercule se développe à la surface du poumon , la membrane séreuse qui revêt cet organe s'enflamme, se recouvre de couches pseudomembraneuses , inorganiques d'abord , mais dans lesquelles l'organisation ne tarde pas à se manifester : ces exsudations établissent des adhérences cellulo-vasculaires entre la paroi thoracique et l'organe pulmonaire , et l'altération organique se propage promptement vers les côtes , les muscles intercostaux et les ganglions lymphatiques de cette région. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. iv, p. 5o6, lig. 22; — édition Béclard, T. îv, p. 119, lig. — « Souvent il y a entre les surfaces séreuses des prolongemens, des filamens si régulièrement organisés, que l'on conçoit difficilement qu'ils puissent résulter d'une inflammation... »
Il est avéré aujourd'hui que ces filamens sont des produits
d'inflammations anciennes : i° parce qu'on ne les rencontre que chez des individus qui ont été affectés , à un degré plus ou moins apparent , de quelques maladies de la membrane séreuse qui les présente ; 2° parce qu'on les trouve d'autant plus nombreux que la vie a duré plus long-temps, d'autant plus par conséquent que les individus ont été plus exposés à l'action des causes inflammatoires ; 3 3 parce qu'on les développe à volonté chez les animaux, en enflammant leurs membranes séreuses ; 4° enfin, parce qu'on les rencontre souvent au niveau de points où la membrane séreuse a été visiblement irritée par un corps étranger, ou par une formation accidentelle.
( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. iv,p. 5o8, lig. 28; — édition Béclard, T. iv, p. 121 , lig. i5 : — «La vie des membranes séreuses est tout-à-fait isolée de celles des organes correspondans... »
Cette proposition est beaucoup trop générale ; l'inverse , serait plus facile à établir. En effet, il est incontestable que la membrane séreuse qui revêt un organe , reçoit ses vaisseaux des sources qui les fournissent à l'organe lui— même. Qui oserait dire, par exemple , que les vaisseaux nutriciers du poumon , du cœur, etc. , ne sont pas aussi ceux de la plèvre pulmonaire , du feuillet viscéral du péricarde ? Le fait de l'épiploon , du mésentère , allégué par Bichat , n'est que spécieux : en effet , ces portions du péritoine ne font qu'accidentellement partie de l'estomac et des intestins, et dès-lors rien ne doit étonner, si leurs vaisseaux ne font pas partie du système vasculaire propre de l'estomac et de l'intestin ; mais il en est autrement de la portion de péritoine qui n'abandonne jamais ces organes quelque retrait qu'ils subissent. J'ajoute également que souvent les inflammations séreuses se propagent aux organes sous-jacens. Qui ne sait que souvent la pneumonie est consécutive à la pleurésie ? Qui n'a vu l'inflammation de l'extérieur de l'encéphale suivre
le développement de l'arachnitis ? L'exemple même choisi par Bichat , dans les phénomènes que l'on observe après l'opération de l'hvdrocèle par injection , est visiblement contraire à la théorie : en effet toujours , ou presque toujours , le testicule se gonfle dans ces cas , loin de rester entièrement intact ; et cette tuméfaction, qui montre toutes les relations de vitalité qui lient le testicule à la tunique vaginale, lorsqu'elle est modérée, est généralement considérée comme avantageuse ; elle prouve que l'irritation a été excitative au degré convenable pour amener l'oblitération de la poche testiculaire. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. iv, p. 5ra, lig. 26; — édition Béclard, T. îv, p. 125, lig. a5: — « La matière des fausses membranes ne paraît être que de l'albumine... »
La matière des fausses membranes diffère tout-à— fait de l'albumine. M. Orfila a démontré qu'elle est presque entièrement formée de fibrine. f F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. iv, p. 5 17, lig. 6 ; — édition Béclard, T. iv, p. i3o, lig. 10 : — ■ « Le péritoine est plus sujet à la gangrène que tous les autres organes analogues...»
Depuis Bichat , on a recueilli de nombreuses observations de gangrène du poumon , gangrène tantôt bornée à la profondeur de cet organe , et tantôt étendue à sa surface séreuse : aussi e crois que la plèvre l'emporte sur toutes les autres membranes du même genre par sa disposition à cette grave altération.
(F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. rv, p. 5ao, lig. ai; — édition Béclard, T. iv, p. i34, lig. 2 : — « Les absorbans s'ouvrent par une infinité d'orifices sur les membranes séreuses... »
Nul doute que des vaisseaux lymphatiques ne se rencontrent dans les membranes séreuses , mais rien ne prouve qu'ils s'ouvrent par des pores sur leur surface , ou qu'ils forment uniquement ces membranes avec de prétendus vaisseaux exhalans ; rien ne le prouve, ni l'absorption qu'exercent certainement les lymphatiques , ni les expériences dans lesquelles on a injecté artificiellement ces vaisseaux. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. iv,p. 622, lig. 16; — édition Béclard, T. iv, p. i36, lig. 6 : — -Je crois probable que les membranes séreuses n'ont à elles que très-peu de vaisseaux sanguins... »
Il est impossible aujourd'hui d'admettre que les membranes séreuses ne sont pas pourvues de vaisseaux sanguins , tout en reconnaissant que ces vaisseaux y sont très-ténus et peu apparens : les injections fines , et la rougeur inflammatoire que plusieurs de ces membranes présentent ne peuvent laisser aucun doute à cet égard. Mais il est une preuve de ce fait que je veux ajouter encore à celles-ci, et que je déduis de la plus simple observation de ces membranes : le grand épiploon, les franges épiploïques du gros intestin , etc. , contiennent bien évidemment des vaisseaux sanguins ; on les voit , ces vaisseaux , s'épuiser de plus en plus -en rameaux , à mesure qu'ils s'avancent vers le bord libre et terminal de ces prolongemens séreux ; or , je le demande , à qui sont-ils destinés , sinon au péritoine qui les entoure? Vainement éleverait-on ici l'objection que l'épiploon et les franges du gros intestin renferment des vésicules adipeuses et du tissu cellulaire , et que les
vaisseaux en question leur sont réservés. Nous citerons l'exemple des enfans , chez lesquels la graisse est nulle dans l'épiploon , et à laquelle n'appartiennent point les vaisseaux qui ne manquent pas alors à cette membrane. Au reste, les membranes séreuses , en dernière analyse , ne sont que du tissu cellulaire ; et pourquoi leur refuserait-on une structure vasculaire qu'on accorde au tissu cellulaire lui-même ? Qui apporterait à ces membranes leurs matériaux nutritifs ? (F. Blanuin.)
Anciennes éditions, T. w,p. 535, lig. 27; — édition Béclard , T. iv , p. 1 5o , lig. 1 5 : — « Le système séreux s'ossifie... »
Les recherches les plus récentes d'anatomie pathologique établissent au contraire de la manière la plus positive que rarement les membranes séreuses s'ossifient elles-mêmes : ce n'est pas que souvent on ne trouve des ossifications dans le voisinage de ces membranes ; ce n'est pas que souvent aussi ces productions osseuses ne leur aient été attribuées; mais on a constaté que presque toujours elles ont leur siège dans des couches pseudomembraneuses déposées , tantôt sur la surface libre , tantôt sur la surface adhérente de la membrane séreuse, membrane que l'on peut reconnaître à ses caractères particuliers au delà des limites de l'altération. Au premier abord , certainement, et devant le cadavre , on est tenté d'adopter l'opinion que Bichat professe ici ; mais avec un peu plus d'attention on ne tarde pas à reconnaître la véritable disposition des choses. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. îv, p. 536, ligne dernière; édition Béclard, T. iv, p. i5i, ligne dernière.
ATÏATOMIE PATHOLOGIQUE DU SYSTEME SEREUX.
Les altérations de ce système sont déjà en partie indiquées par Bichat : voici ce que nous ajouterons à ce qui en a été dit.
§ Ier. Altérations dans les formes extérieures.
Le« membranes séreuses s'épaississent quelquefois en même temps que leur étendue augmente , comme on le voit surtout dans les hernies et dans les hydropisies : cet accroissement dans tous les sens y suppose alors une augmentation réelle de nutrition ; il faut donc joindre cette cause à toutes celles qui facilitent l'extension de ces membranes , comme leur déplacement, la disparition de leurs plis , leur extensibilité propre (voyez , dans le Système séreux, l'article Extensibilité). Dans d'autres cas , ces membranes perdent tellement de leur épaisseur par la distension , que souvent on les retrouve à peine. Il n'est pas rare de rencontrer cette disposition dans la hernie ombilicale.
Le système séreux est sujet à divers déplacemens , qui altèrent plus ou moins sa configuration. Ces déplacemens ne sont le plus souvent que secondaires, et tiennent à des changemens survenus dans les viscères que revêt ce système , ou dans les parois des cavités qui renferment ces derniers , parois sur lesquelles il se déploie également ; ils sont par conséquent de la même nature que ceux que déterminent diverses fonctions dans l'ordre naturel. Or ces déplacemens se font de trois manières : r1 la séreuse quitte les parois et se porte sur les viscères ; 2 1 elle abandonne ceux-ci pour recouvrir les premières; 3° elle se prolonge au dehors des parois , forme une poche ou sac particulier , tenant au sac général qu'elle représente au dedans. Cette poche est constituée par la portion qui tapisse les parois ; mais à la longue , la membrane se détache aussi des viscères, ou les entraîne quand
elle leur adhère trop fortement. Le sac dont il est ici question se produit toutes les fois qu'un viscère , poussé à travers les parois de sa cavité , pousse en même temps devant lui le feuillet séreux de ces parois : c'est le sac des hernies ou le sac herniaire proprement dit. Mais, dans quelque cas, ce sac préexiste à la hernie , et les viscères ne s'y engagent que consécutivement : c'est ce qui arrive quand de la graisse s'accumule à l'extérieur du péritoine, par exemple , et finit par former une masse, que sa situation et son poids entraînent au dehors , et qui y entraîne également la séreuse, de sorte que celle-ci représente un sac prêt à recevoir les viscères à la première occasion ; disposition assez improprement désignée sous le nom de hernie graisseuse. Les déplacemens des membranes séreuses sont importans à connaître dans la pratique , parce qu'ils changent souvent le rapport des parties : le sac des hernies , en particulier, présente une foule de points à étudier.
§ IL u4 Itérations dans V organisât! on.
La plupart de celles qui sont la suite de l'inflammation dépendent des changemens qu'éprouvent les fluides naturellement exhalés dans les cavités séreuses, changement qui varient selon que l'inflammation est aiguë ou chronique. Ces^ fluides peuvent être simplement augmentés en quantité, et avoir conservé toutes les qualités des fluides séreux , ou bien ils sont altérés de diverses manières ; depuis celte sérosité simple jusqu'au pus opaque et pourvu de globules comme celui du tissu cellulaire, une infinité de nuances existent. Le plus souvent une matière concrescible se produit ; soit que des flocons albumineux nagent dans le liquide épanché; soit qu'une couche de la même nature, une fausse membrane, distincte de ce liquide, recouvre la séreuse enflammée; ou que cette couche, interposée entre ses deux feuillets non séparés par un fluide intermédiaire, établisse entre eux une adhérence molle, glutineuse, semblable à celle qui se forme entre les lèvres d'une plaie réunie par première intention. Les fausses membranes commencent par des points isolés de matière albumineuse , déposés d'abord seulement aux endroits les
plus enflammés, confondus plus tard, et formant alors une couche continue , dont l'épaisseur et la consistance varient. Cette couche adhère faiblement à la membrane qui l'a fournie ; mais on remarque, en l'en détachant, que des sortes d'engrenures, des inégalités réciproques, unissent l'une et l'autre : au dessous d'elle, la séreuse est ordinairement rouge et pénétrée de vaisseaux. De la production de ces fausses membranes , et de l'adhésion molle et couenneuse qui n'en est qu'une légère modification , puisqu'elle n'en diffère que par l'absence d'un liquide propre à maintenir l'écartement des feuillets de la séreuse , dérivent tous les effets secondaires de l'inflammation tant ai^uë que chronique, toutes les variétés d'épaississement , tous les modes d'adhérence. La matière albumineuse ou couenneuse des fausses membranes, qui s'épaissit, s'endurcit, s'organise, se pénètre de vaisseaux, donne lieu à ces variétés, par la forme variable qu'elle affecte au moment où elle éprouve ces change— mens. Nous ne reviendrons pas sur la manière dont ceux-ci s'opèrent ; le développement des vaisseaux , qui en est le point capital , a été examiné dans le Système capillaire. On concevra maintenant comment des granulations miliaires , opaques , blanchâtres, quelquefois pus étendues et tenant par un pédi.ule étroit, recouvrent les membranes séreuses à la suite de leur inflammation , résultat évident de la concrétion de l'albumine à leur surface : comment des plaques de la même nature se remarquent , dans la même circonstance , sur le péricarde , l'arachnoïde, la tunique vaginale, etc. : comment ses diverses membranes, la plèvre, le péritoine, en particulier, acquièrent souvent , dans l'inflammation chronique , une épaisseur double ou triple de celle qu'elles présentaient auparavant; épaisseur qui n'est due qu'à la présence des fausses membranes , organisées et intimement unies avec ces membranes , et qu'il faut bien distinguer de celle qui dépend d'un accroissement réel de nutrition : comment naissent les adhérences celluleuses, filamenteuses, celles dans lesquelles les deux feuillets sont entièrement confondus, les brides, etc. , suivant que la matière albumineuse est peu ou point tiraillée , ou qu'au contraire cette matière a été soumise par les mouvemens de la partie à des distensions fré-
queutes , suivant que l'inflammation a duré plus ou moins long-temps, et que l'organisation a été plus ou moins parfaite , etc. , etc.
Une cicatrice naît du système séreux divisé , quoiqu'on en ait douté pendant long-temps. Linéaire, et par suite imperceptible quand les bords „de la plaie sont restés en contact, c'est une membrane celluleuse analogue au tissu qu'elle remplace, lorsque ces bords n'ont pas été convenablement rapprochés : on pourra se convaincre de ce fait en examinant la plèvre d'un animal auquel on aura ouvert cette membrane quelque temps auparavant. Aussi, dans les hernies qui succèdent à d'anciennes plaies pénétrantes de l'abdomen, le péritoine forme, comme à l'ordinaire, un sac aux viscères déplacés, bien qu'on ait longtemps soutenu le contraire : seulement ce sac est plus mince , et semble entièrement formé par la cicatrice restée plus extensible que le tissu voisin.
Les membranes séreuses s'ossifient : aucune n'est exempte de celte altération , qui se présente sous plusieurs formes. Ordinairement ce sont des plaques paraissant plutôt soulever la membrane que lui appartenir en propre ; quelquefois cependant ces plaques sont presque à nu à l'intérieur de celle-ci. La tunique vaginale, la plèvre, le péritoine renferment aussi, dans certains cas, des espèces de concrétions semblables à celles dont le système synovial est le siège , et sur lesquelles nous reviendrons.
Laennec a décrit dans son traité de V Auscultation médiate des tumeurs de la plèvre qu'il rapporte au cancer cérébriforme : cils occupent la face interne de cette membrane, à laquelle elles adhèrent fortement ; leurs environs sont marqués par un peu de rougeur due au développement des vaisseaux sanguins ; elles sont ordinairement en petit nombre. On trouve assez souvent, dans les ulcérations intestinales, particulièrement dans celles qui surviennent chez les phthisiques, de petits tubercules miliaires qui font corps avec la séreuse au niveau de ces ulcérations. Divers auteurs ont parlé de squirrb.es des membranes séreuses ; mais ils ont sans doute voulu désigner ainsi des épaississemens résultant de l'inflammation et non une véritable dégénération.
§ Iil. [Altérations dans le développement.
Les vices de conformation sont assez rares dans le système qui nous occupe. Le péritoine, la plèvre, le péricarde, au lieu de représenter un sac sans ouverture, sont quelquefois ouverts par devant, et manquent de feuillet extérieur dans une certaine étendue, de manière que leurs viscères sont à nu. L'arachnoïde a une organisation très-imparfaite dans les foetus anencéphales ; mais ce vice n'est qu'une suite de celui qui existe alors dans le cerveau. Le péritoine a offert, dans des cas rares, une sorte d'ampoule ou de sac secondaire situe dans son intérieur, communiquant avec lui par une ouverture étroite, et contenant une partie des viscères abdominaux.
Bichat a le premier bien prouvé l'analogie qui existe entre les kystes qui se forment accidentellement dans nos parties et les membranes séreuses ( voy. le Système cellulaire, t. i , et le Système séreux, tom. îv, ). Il a réfuté l'opinion de Louis sur le mode d'origine de ces kystes , qu'il regarde comme préexistant toujours aux matières qu'ils contiennent. Cependant il faut établir ici une distinction : en effet, i° il y a des kystes bien réellement préexistans, comme tous ceux qu'on nomme méliceris , atherdmes , stéaldmes ) mais ceux-là ne sont que des follicules sébacés prodigieusement dilatés , comme nous le verrons dans une autre occasion ( voy. le Système dermo'ide) : les kystes de l'ovaire sont peut-être aussi dans ce cas , en ce qu'ils ne paraissent dus qu'à un développemment de vésicules préexistantes ; 2° il en est de consécutifs évidemment , qui se forment autour de divers corps venus du dehors , du sang dans l'apoplexie , du pus dans les abcès chroniques ; 3 " l'origine est obscure pour un grand nombre, auxquels s'appliquent parfaitement les considérations présentées par Bichaf.
D'un autre côté , quoiqu'en général ils appartiennent au système séreux , l'organisation des kystes est loin d'être la même. Certains sont mous et presque fluides, pour ainsi dire ; il semble qu'ils soient le résultat d'une simple exsudation : on en trouve de cette espèce dans le cerveau. D'autres fois c'est une mem-
brane peu différente du tissu cellulaire; dans quelques cas, au contraire, c'est une vraie cavité séreuse, très-distincte de ce tissu , comme on le voit au cou , au cordon des vaisseaux sperniatiques. Il en est dont la structure se rapproche de celle des membranes muqueuses ; d'autres ont une ressemblance grossière avec la peau. Ces kystes sont d'ailleurs susceptibles de diverses transformations : ils deviennent fibreux , cartilagineux , osseux ; les dégénérations cancéreuses et autres s'y rencontrent également.
Les substances contenues dans ces poches accidentelles varient à t'isranni. Des corps étr ngers solides, du sang, une sérosité limpide, une matière visqueuse, gélatineuse, muqueuse, des fluides séreux joints à de l'albumine concrescible et non con— crescible ; des matières grasses fluides , ou à divers degrés de consistance , une substance pultacée , pierreuse ou crétacée , des concrétions plus ou moins dures , peuvent y être renfermées. Les auteurs se sont beaucoup occupés d'expliquer ces différences , qui s'observent souvent dans des kystes analogues pour la structure. Elles ont été attribuées, en général, à des causes purement mécaniques. C'est ainsi que Bostock , qui a examiné la matière de plusieurs kystes trouvés dans l'intérieur du bassin , après avoir loué Culkm de rejeter ces explications , en propose lui-même une de ce genre , d'après laquelle , suivant l'état du cœur et les modifications qui en résultent dans son action , suivant celles qu'éprouve la chaleur animale ou la disposition des petits vaisseaux , il passerait par ces derniers tantôt de la sérosité du sang presque pure ; tantôt cette sérosité , plus de l'albumine , soit à l'état fluide , soit à l'état concret ; tantôt ces deux matières unies à des matières grasses sous diverses formes : toutes substances qui existent en effet dans les kystes. Il est évident que le mécanisme des exhalations nous est trop peu connu pour que ces explications puissent être exactes : les causes énoncées doivent sans doute concourir à la production du phénomène, mais assurément elles ne le constituent pas à elles seules.
Les hydatides ressemblent aux kystes par leur structure apparente, bien que très-différentes par leur nature : cela est si vrai que les auteurs ne sont souvent pas d'accord sur ce qu'il faut ap-
peler kyste et hydatide. Voici pourtant les principaux caractères à l'aide desquels on les distingue : i° les kystes tiennent aux parties environnantes par du tissu cellulaire et des vaisseaux ; les hydatides sont , au contraire , parfaitement libres : il est vrai que, dans certains cas, on trouve des kystes à peine adhérens ; mais ces cas sont rares. 2". Les parois du kyste ont toujours plus ou moins de consistance ; l'hydatide n'a que celle du blanc d'œuf cuit. 3". Celle-ci offre souvent , dans un point quelconque de sa surface, comme de petits grains qu'on y aperçoit à l'œil nu ou armé d'une loupe, et qui semblent être les rudi— mens d'autres hydatides : les kystes ne présentent jamais rien de semblable. Malgré ces différences , qui sont tranchantes, il y a des cas où il est difficile de décidera quel genre de production l'on a affaire : c'est ce qui a presque toujours lieu , par exemple , pour les vésicules du plexus choroïde, et plus encore pour les amas du même genre qui ont leur siège sur le placenta , et dont la nature est jusqu'à présent fort douteuse. ( Bécxard. )
NOTES ET ADDITIONS
AU
SYSTÈME SYNOVIAL.
Anciennes éditions, T. iv, p. 543, lig. i5 ; — édition Béclard , T. iv , p. 1 69 , lig. 6 : — ■ « Diverses considérations prouvent que la synovie n'est point le produit de la transsudation de la moelle des os longs à travers les pores de leurs extrémités... »
"A ces considérations on doit ajouter la suivante, qui suffirait à elle seule, au besoin, pour établir que la synovie articulaire n'est pas le produit de la transsudation de la moelle à travers l'extrémité de l'os , et par les pores du cartilage diarthrodial : la composition de ces deux fluides , la graisse médullaire et la synovie . n'offre aucune analogie. La graisse médullaire est formée , comme tous les corps gras, A'élaïne et de stéarine : la synovie, au contraire, ne renferme rien de semblable; on y trouve de l'eau, de l'albumine, du mucus ou de la matière coagulable regardée par quelques chimistes comme de la gélatine mucila— gineuse , de la matière filandreuse , considérée comme de la fibrine par les uns, et comme une espèce d'albumine par les autres , de la soude , du muriate de soude , du phosphate de chaux et une matière animale que Von dit être de l'acide urique.
(F. Blandin. )
Anciennes éditions , T. iv , p. 54g , lig. 9 ; — édition Béclard, T. iv, p. 174, lig. 5 : — « Ja-
mais je n'ai vu de fausses membranes inflammatoires ni de sérosité lactescente sur les surfaces articulaires... »
Cette proposition est beaucoup trop générale; car on pourrait citer aujourd'hui beaucoup de cas dans lesquels de fausses membranes et de la sérosité lactescente ont été trouvées dans des articulations enflammées. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. iv, p. 549, tyo' I~**> — édition Béclard , T. iv, p. 1 7 5 , lig. io : — « Les membranes synoviales se déploient sur tous les organes des articulations... »
Les membranes séreuses articulaires passent— elles bien sur les cartilages diarthrodiaux ? C'est là un point d'anatomie obscur , et sur lequel les zootomistes sont encore partagés : Bichat comme on le voit, et Béclard après Bichat, se sont prononcés pour l'affirmative; et cette opinion, soutenue par ce ; hommes célèbres, a généralement prévalu, mais non pas sans opposition : MM. Magendie et Cruveilhier, en effet, ont adopté une manière de voir différente, manière devoir que j'adopte entièrement , fondé sur les raisons suivantes: i° jamais la surface libre du cartilage ne s'injecte de vaisseaux, dans l'inflammation aiguë ou chronique des articulations ; 20 lors qu'une surface diarthrodiale reste exposée à l'air pendant plusieurs jours, comme cela arrive dans certaines plaies, ou bien à la suite des amputations articulaires , jamais on ne voit des bourgeons charnus s'élever sur le cartilage; dans ces cas, comme dans les tumeurs blanches , on a bien vu souvent l'extrémité de l'os couverte de fongosités , mais après la séparation du cartilage; et dès lors ces fongosités n'avaient point pour base la membrane synoviale ; 3° l'expérience dans laquelle , après avoir entamé obliquement la surface d'un cartilage articulaire, on soulève le lambeau qu'on a formé pour le fracturer vers sa base , ne prouve rien , si ce n'est que'le cartilage est formé de lames inéga-
lement fragiles ; et ce que l'on a considéré , dans cette expérience, comme la membrane synoviale, n'est qu'une couche mince de cartilage, comme l'observation le démontre aisément. Au reste, en ceci, comme en toutes choses anatomiques, è! importe de bien fixer les conditions du sujet sur lequel on fait ses recherches : dans l'état sain jamais on n'a vu la synoviale passer sur les extrémités cartilagineuses des os ; et dans l'état pathologique , lorsque l'on a rencontré quelque chose qui paraissait établir l'opinion contraire, on a pris pour la membrane synoviale réfléchie sur l'os, tantôt une couche pseudo-membraneuse déposée sur son cartilage , et tantôt des fongosités nées de l'os lui-même , le cartilage diarthrodial ayant disparu. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. rv, p. 556, lig. 3i ; — édition Béclard , T. iv , p. 1 83 , lig. ro : — « La rougeur de quelques prétendues glandes synoviales ne leur est pour ainsi dire qu'accidentelle, et n'indique pas une nature glanduleuse... «
Ce qui est dit ici des paquets graisseux si improprement nommés glandes de Havers , il faut le dire exactement des franges synoviales qui surmontent ces paquets , et dont la structure vasculaire ne prouve pas davantage qu'elles soient des conduits excréteurs. Ces franges, fort bien décrites et figurées par Monro, sont des replis de la synoviale flottant dans l'articulation , et parfaitement analogues , sous ce rapport , aux épiploons des membranes séreuses, aux appendices épiploïques de l'intestin. Ces replis sont sillonnés à leur surface , ont leur bord libre découpé de diverses manières , comme on le voit très-bien en les faisant flotter dans l'eau , et ressemblent en quelque sorte à des franges; de là le nom qui leur a été donné , et qui peut être conservé , quoiqu'il n'exprime nullement leur nature. Entre les deux lames de ces replis , et dans ces lames elles-mêmes , existent un trèsgrand nombre de vaisseaux, artères , veines, exhalans , et sans doute aussi absorbans : aussi la synoviale est-elle bien plus roixgc là que partout ailleurs- C'est à la présence de ces vaisseaux , des
exhalans en particulier , qu'est dû le phénomène suivant , qui a pu en imposer à Ha vers : si on presse ces replis, on en fait suinter de la synovie , laquelle provient évidemment des orifices exhalans béans à leur surface , et non de conduits particuliers.
Toutes les synoviales ont de ces prolongemens , tant celles qui appartiennent aux tendons que celles destinées aux articulations , bien qu'ils soient plus marqués dans ces dernières que dans les premières : parmi celles-ci , celles en forme de vésicules en ont plus constamment que les vaginales. Les grandes articulations , comme celles du genou , de la hanche , renferment les plus considérables : dans les petites, iis ne sont souvent que des points rougeâtres, légèrement saillans. Ils sont , en général , situés près de l'endroit où la synoviale se réfléchit autour du cartilage articulaire;, et correspondent ordinairement au tissu adipeux des paquets synoviaux , en partie contenu dans leur épaisseur : ceux des svnoviales tendineuses ont souvent entre leurs lames , au lieu de ce tissu , des corps mollasses et comme gélatineux , les paquets graisseux analogues aux articulaires dits glandes de Havers manquant dans plusieurs de ces membranes.
Les franges synoviales , en raison du grand nombre de vaisseaux qu'elles contiennent , sont le siège spécial de la sécrétion de la synovie. Cette sécrétion est perspiratoire , et manifestement du genre des exhalations : seulement elle a lieu là plus que dans tout autre point de la membrane , parce que les exhalans y sont plus abondans.
Ainsi , i° des vaisseaux sanguins entourés d'un tissu cellulaire et adipeux plus ou moins abondant ; 2° des replis qui les embrassent et dans lesquels ils se terminent particulièrement ; replis plus ou moins nombreux , plus ou moins étendus , et dont la surface verse en abondance la synovie : voilà l'idée qu'il faut avoir des franges et paquets synoviaux.
Le système muqueux présente quelque chose d'analogue aux franges des membranes synoviales dans les replis qui existent au dessous de la langue , sur les côtés du frein de cet organe : ces replis sont de véritables franges sécrétoires , destinées à augmenter l'étendue du système exhalant. (Béclard. )
Anciennes éditions, T. iv ,p. 564, %• i3; — édition Béclard, T. iv, p. 191, lig. 11 : — « L'espèce d'hydropisie des synoviales tendineuses connue sous le nom de ganglion n'existe jamais dans les synoviales des doigts... »
On trouve rarement sans doute , mais pourtant on trouve parfois des ganglions formés par une véritable hydropisie de la membrane synoviale des doigts ; au moins j'ai eu une fois occasion de faire semblable observation. La tumeur qui caractérisait cette maladie était apparente au-devant des articulations phalangiennes, lieu, en effet, où la membrane qui forme la gaîne des tendons fléchisseurs des doigts est faible et réduite à quelques trousseaux fibreux entrecroisés crucialement. En outre , le liquide qu'elle contenait communiquait avec celui d'une poche synoviale bien plus développée, et que l'on apercevait dans la paume delà main ou l'aponévrose palmaire. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. iv, p. 568, lig. 3 ; — édition Béclard , T. iv , p. 195, lig. 12: — « Il y a plusieurs synoviales dont l'existence est variable, et à la place desquelles on ne trouve souvent qu'un amas cellulaire... »
Sous ce rapport, savoir, que certaines parties de ce système manquent quelquefois et sont alors remplacées par du tissu cellulaire, le système synovial des tendons se confond, plus peut-être que le séreux et le synovial articulaire , avec le cellulaire. Mais , en outre , ce dernier se rapproche en beaucoup d'endroits , par sa disposition , des bourses muqueuses ou membranes synoviales des tendons. Partout où se passent de grands mouvemens , le tissu cellulaire est lâche , lamelleux , abreuvé de fluides ; ses lames sont séparées par de larges intervalles , imitant plus ou moins exactement la cavité des membranes séreuses ou
synoviales , de sorte qu'on peut dire réellement que ces membranes existent en rudiment partout où ces sortes de mouvemens s'opèrent. C'est ce qu'on voit à la cuisse , entre le tendon du droit intérieur et celui du triceps , entre le biceps et le brachial antérieur au bras , etc. Il y a même une sorte de gradation suivant la mobilité des parties , dans cette disposition du tissu cellulaire : les tégumens du dos de la main , ceux qui recouvrent la face antérieure de la rotule , l'apophyse oléerane , l'acromion , ont audessous d'eux , à cause de leurs glissemens fréquens , un tissu cellulaire qui res>emble déjà à celui que l'on trouve autour des tendons, quelquefois même de véritables bourses muqueuses. Enfin là où les frottemens sont très-marqués , comme entre les tendons et les os, celles-ci sont à peu près constantes. On les trouve même presque constamment, à un degré de développement plus ou moins grand, entre la peau et les os, dans les endroits où ces parties ont des mouvemens fréquens , comme au coude , au genou , en sorte qu'il y a le plus souvent des bourses muqueuses sous-cutanées, comme il y en a de tendineuses.
Il est une circonstance qui peut encore influer sur l'existence et le nombre des synoviales tendineuses; c'est que certaines sont tantôt isolées , tantôt confondues entre elles, comme on le voit pour celles qui tapissent les gaines des tendons , suivant que ces gaînes sont elles-mêmes séparées ou confondues.
Pour bien observer ces membranes quand elles existent , on soulève le tendon au-dessous duquel elies se rencontrent , on les ouvre dans une très-petite étendue , et on pousse par cette ouverture de l'air ou la matière de l'injection ; elles se distendent et deviennent alors très-apparentes , et distinctes du tissu cellulaire environnant : ou bien on se contente de les ouvrir avec précautio ; l'humide et le poli de leur surface servent à les distinguer.
Les synoviales tendineuses présentent quelques différences dans leurs formes, outre la division générale en vésiculaires et vaginales indiquée plus haut. Leur cavité , au lieu d'être simple, est souvent multiloculaire, divisée par des prolongemens qui se détachent de leur intérieur : ces prolongemens sont mous ordinairement, mais fibreux dans certains cas. Les bourses muqueuses vaginales ont une de leurs extrémités divisée en manière de digi-
tations , lorsque plusieurs tendons, réunis d'abord dans une gaîne unique , se séparent ensuite , etc.
Ces membranes ont, comme nous l'avons dit, des franges et même quelquefois des paquets synoviaux à leur intérieur. Four— croy et Koch y ont vu des viilosités. Les synoviales vésiculaires sont d'un tissu plus dense , plus serré que les vaginales, et comme fibreuses dans quelques points.
Leur fluide est jaunâtre , quelquefois rougeâtre ; mais alors cette teinte est accidentelle , et le plus souvent un résultat de la transsudation qui a lieu après la mort. Il parait plus ténu dans les synoviales de peu d'étendue , et qui n'éprouvent pas de frotte— mens considérables , plus épais , plus visqueux dans les autres , dans celle qui recouvre le grand troebanter , par exemple , et dont les mouvemens sont très-marqués. Ce fluide n'a pas été analysé; il paraît formé d'eau , d'albumine , de soude , et peutêtre de quelques sels ; il est miscible à l'eau en toute proportion; la chaleur et les acides le coagulent ; il verdit le sirop de violette ; desséché , il se transforme en une espèce de lame cornée , trèsmince , qui brûle comme du blanc d'œuf également desséché.
Les bourses muqueuses sont très-extensibles , comme on le voit lorsqu'on les insuffle ; leur hydropisie en fournit également la preuve. Elles reviennent sur elles-mêmes quand elles cessent d'être distendues. ( F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. iv, p, 568 , ligne dernière; — édition Béclard, T. tv, p. 190, ligne dernière.
ÀNA.TOM1E PATHOLOGIQUE DU SYSTÈME SYNOVIAL.
§ I". Altérations dans les formes ex érieures.
La distension des synoviales articulaires par un amas de synovie constitue Vhydavthrosc , affection peu commune et qu'on observe surtout au genou , qui , en général , oflYe les exemples les plus fréquens de toutes les maladies des articulations. La
quantité de fluide accumulée varie , de même que la nature de ce fluide : celle-ci est subordonnée aux diverses complications qui peuvent exister, comme à l'inflammation en particulier. La distension est ordinairement plus marquée dans un ou plusieurs points , là où la synoviale est le moins soutenue par les parties environnantes.
Dans les bourses muqueuses , l'hydropisie prend le nom d'Aygroma quand son fluide est séreux , incolore , limpide ; et celui de ganglion quand c'est une matière rougeâtre , épaisse , visqueuse , et plus ou moins semblable à de la gelée de groseilles. L'un et l'autre n'ont pas toujours leur siège dans les bourses muqueuses naturelles ; ils sont quelquefois des tumeurs accidentelles , des espèces de kystes. C'est ainsi qr.e les ganglions se forment sur le dos de la main, quoiqu'il n'y ait pas de bourses muqueuses en cet endroit. L'hygroma est fréquent au-devant de la rotule , à l'épaule, au coude , endroits où le tissu cellulaire a tant de rapport avec les synoviales ; il survient surtout chez les personnes qui ont ces parties soumises à une pression habituelle.
L'ankylose présente, comme on sait , plusieurs variétés. Dans celle qu'on appelle fausse, et qui devrait faire une maladie à part , toutes les parties qui entrent dans la composition des articulations sont épaissies. Mais l'ankylose proprement dite affecte spécialement la membrane synoviale. Tantôt des brides d'une étendue et d'une consistance variables traversent l'articulation et unissent les deux feuillets opposés de cette membrane revêtant les surfaces articulaires ; une sorte d'amphiarthrose existe alors ; une articulation peu mobile et à surfaces continues remplace celle très-mobile et à surfaces contiguè's qui existait auparavant : c'est à cette première variété qu'on pourrait donner le nom de fausse ankylose , si l'on voulait conserver cette distinction. Tantôt l'adhérence est intime entre les deux surfaces , la synoviale disparaît ou se change en tissn cellulaire , les os se soudent et finissent même par se dépouiller de la lame de substance compacte qui recouvre leur extrémité : c'est là l'ankylose vraie. Ces deux genres d;adhérences supposent ici, comme dans les systèmes précédens , une inflammation antérieure.
§ II. A Itérations dans l'organisa: ion.
Outre ces adhérences, l'inflammation des membranes synoviales y produit quelquefois l'ulcération , quoique cela soit assez rare : M. Brodie en rapporte deux exemples. Dans d'autres cas , cette inflammation se termine par résolution , et il en résulte seulement un peu de raideur et de gêne dans les mouvemens , dues à l'épaississement des parties. Elle peut encore être suivie de suppuration et d'épanchemens de diverse nature , quoique ces épanchemens s'observent moins souvent que dans le système séreux.
Les synoviales tendineuses offrent dans leur inflammation , heureusement assez rare , les deux modes d'adhérences dont il a question , savoir, des brides et des adhérences proprement dites. Elles suppurent aussi d'autres fois , et alors le plus souvent leurs tendons s'exfolient.
Les corps étrangers des articulations , que les uns ont pris pour des concrétions formées dans leur intérieur , que d'autres regardent comme des portions d'os ou de cartilage rompues et détachées, sont toujours situés, dans le principe , en dehors de la synoviale. Ce sont des productions osseuses ou cartilagineuses déposées d'abord dans le tissu cellulaire, poussées ensuite peu à peu, soit dans les divers mouvemens, soit par toute autre cause, dans la cavité de cette membrane , dont ils s'enveloppent , et qu'ils allongent prodigieusement à mesure qu'ils s'en éloignent; elle finit par ne plus leur former qu'une sorte de pédicule qui s'amincit à la longue , et se rompt enfin : quand cette rupture a eu lieu , le corps est libre dans la cavité articulaire. L'état qu'il présente alors varie ; sa consistance est quelquefois très-molle et comme albumineuse , d'autres fois cartilagineuse ou osseuse : dans certains cas le même corps offre ces diftérens états. Le séjour prolongé de ces corps et la pression qu'ils exercent déterminent souventsurle cartilage articulaire des espèces d'empreintes eu de cavités dans lesquelles ils se logent : ces empreintes ont pu faire croire à une perte de substance du cartilage, dontun morceau séparé aurait donné naissance au corps étranger ; mais on ne
conçoit aucune cause capable de produire une semblable séparation; et, d'ailleurs , l'inspection ne confirme nullement cette idée.
Des corps d'une autre nature se développent dans les bourbes muqueuses , et quelquefois aussi dans les synoviales articulaires. Ils sont ordinairement extrêmement nombreux , du volume d'un gros pépin , aplatis en divers sens , d'une couleur blanchâtre. On lésa crus animés, mais ils paraissent inorganiques ; leur origine est peu connue. Monro a encore trouvé dans les bourses muqueuses de petits corps d'une nature particulière. Le même auteur dit y avoir reneontré des plaques cartilagineuses.
Dans les tumeurs blanches , mot impropre par lequel on confond diverses dégénérations et l'inflammation chronique de la membrane synoviale , celle-ci devient souvent le siège d'une dégénération particulière , son tissu est épaissi , grisâtre , lardacé , homogène, surmonté de fongus ou champignons mollasses, dont la présence au-dessous destégumens peut en imposer pour un abcès, à cause d'une sorte de fluctuation obscure qu'on croit y sentir.
§ III. Altérations dans le Développement.
Les membranes analogues aux synoviales qui se rencontrent dans les articulations supplémentaires , à la suite des luxations non réduites , sont en partie formées par les débris de l'ancienne rompue, et en partie parla production réelle d'un nouveau tissu. Les fractures non réunies ont quelquefois une capsule qui semble également appartenir au système synovial , en ce qu'elle contient un fluide séreux , comme nous l'avons dit ailleurs.
Les kystes synoviaux dont il a été fait mention au commencement de cet article sont des bourses muqueuses accidentelles.
L'absence de quelques synoviales tendineuses , dans certaines circonstances , est le seul vice de conformation propre à ce système. (Béclarjd.)
NOTES ET ADDITIONS
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