‹ Additions a l'anatomie générale de Bichat [electronic resource]Chapitre 5 sur 38 · NOUVELLES ADDITIONS · texte numérisé non relu

NOUVELLES ADDITIONS

Anciennes éditions, Tome i, page i , ligne 10 ; — édition Béclard, Tome i, page 91 , ligne 7 : — « Il paraît que les Systèmes exhalant et absorbant sont les plus universellement répandus. La nutrition les suppose... »

Nous avons déjà dit ce qu'il faut penser des Systèmes exhalant et absorbant admis par Bichat , et plus tard encore nous reviendrons sur le même sujet à l'occasion de chacun d'eux ; nous voulons ici seulement prendre acte par avance de ce qu'eti dit Bichat : la nutrition les suppose. L'anatomie est une science bien plus positive , elle ne suppose rien ; son domaine n'est pas celui de l'imagination ; mais elle embrasse les faits d'organisation qui peuvent être constatés par nos sens. Qu'on ne s'y trompe pas , ceci s'applique en partie au système absorbant comme à celui des exhalans ; en effet, bien que Bichat regarde les vaisseaux lymphatiques comme représentant surtout le premier, il est évident que, dans ses idées sur les absorbans , il va beaucoup au-delà des données fournies par l'anatomie véritable ; car il les admet hypo— thétiquement dans tous les lieux où se fait une vérilable nutrition , dans certains organes par conséquent où l'on n'a pas encore découvert de vaisseaux lymphatiques. (F. Blandin.)

Anciennes éditions , T. i, p. 2 , lig. 20 ; — édition Béclard, T. 1, p. 91, lig. [8: — «Après les systèmes exhalant et absorbant, c'est le système cellulaire que l'on trouve le plus généralement...»

C'est le système cellulaire qui est le plus généralement répandu : il est le générateur de tous les autres ; c'est lui , dans un état rudimentaire , cpii forme tout d'abord l'embryon ; enfin on le rencontre seul dans la classe des animaux infusoires ou cellulaires. (F. Blandin.)

Anciennes éditions ,'IVf , p. 3 , lig. 1 5 ; — édition Béclard, T. 1, p. 92, lig. i3 : — « Les systèmes communs à tous les appareils doivent être plus précoces que les autres dans leur développement... »

Cette proposition souffre contestation : elle est vraie complètement en ce qui touche le tissu cellulaire , mais elle est peu exacte pour les autres genres d'organes. Des observations multipliées et de dates récentes établissent, en effet, que les vaisseaux et les nerfs procèdent, dans leur développement, de leurs rameaux vers leurs troncs , des organes vers leur centre commun ; ce qui suppose déjà un commencement de développement dans les organes ou appareils , au moment où les vaisseaux et les nerfs se forment eux mêmes ; ainsi la formation d'un organe n'est pas subordonnée au développement des vaisseaux ou des nerfs qui lui appartiennent , comme on l'a cru si long-temps , sur la foi de graves autorités. (F. Blandin.)

Anciennes éditions , T. \,p. 4i lig- ï$*\ — édition Béclard, T. i,p. g3 , lig. 17 : — « Tous les organes se ressemblent par leur parenchyme... »

Tous les organes se ressemblent par leur parenchyme , en

ce sens que tous sont essentiellement formés d'une base cellulo vasculaire ; mais que l'on se garde bien de croire que par cela même , cette trame est partout semblable. De même qu'avec de la soie ou du fil on peut faire des tissus ou trames bien différens , de même avec un tissu cellulo-vasculaire on peut former des canevas organiques infiniment variés : dans l'un et dans l'autre cas , il suffit de changer la disposition et la tissure des divers élémens. Non , ce ne serait point un muscle à forme osseuse , ni un os à forme musculaire que l'on obtiendrait, comme le dit Bichat, si dans le parenchyme cellulo-vasculaire d'un os on déposait de la fibrine , ou de la gélatine dans celui d'un muscle : il faudrait en outre , pour arriver à ce résultat , donner aux vaisseaux , aux nerfs et au tissu cellulaire de l'os , la disposition de celui des muscles , et opérer dans le muscle un changement inverse.

(F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i,p. 6, lig. 23; — édition Béclard, T. lrp. o,5, lig. — <c Le parenchyme de nutrition est le même pour tous les organes. En voici les preuves... »

Il est extrêmement facile de montrer le peu de valeur des preuves apportées ici par Bichat , pour établir l'uniformité du parenchyme de tous les organes. En effet , i" comme nous l'avons déjà dit , il ne suffit pas que les vaisseaux , les nerfs et le tissu cellulaire se rencontrent dans tous les organes , pour prouver que partout ils y forment une trame semblable ; i° lorsqu'on a enlevé à un os son phosphate calcaire à l'aide d'un acide , il reste bien un parenchyme cellulo-vasculaire , mais dans lequel les vaisseaux sont peu nombreux et les nerfs à peine sensibles , tandis que le tissu cellulaire y domine , parenchyme enfin dans lequel ces élémens ont une disposition qui n'est propre qu'à l'os , tomme on le sait ; 3° certes, partout les organes se cicatrisent d'abord de la même manière, par la formation d'un intermédiaire cellulaire ; mais la preuve que cet intermédiaire , bien que cellulo-vasculaire , n'a pas un parenchyme complètement semblable

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à celui de l'organe où il se l'orme , c'est que rarement on voit s'y disposer la matière qui constitue essentiellement cet organe ; les os sont presque les seuls dans ce cas; l\ l'embryon est en effet formé partout d'une matière muqueuse ; mais alors le tissu cellulaire , base des diverses trames organiques , n'existe véritablement point encore; plus tard seulement il se forme réellement, et l'on voit se dessiner, au milieu de la masse gélatiniforme , ici des lames, là des fibres, tantôt parallèles, tantôt obliques, celles-ci entrecroisées , celles-là seulement superposées ; et de cette variété de disposition résulte plus tard la variété du parenchyme des organes. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i\ p. 7, lig. 7; — édition Béclard , p. '96 , lig. T. 1, 9 : — « Parto .t des bourgeons charnus se développent sur les parties divisées... »

A l'occasion du système osseux', nous montrerons plus tard que l'apparition de bourgeons charnus sur les extrémités des fragmensd'un os fracturé n'est pas aussi commune. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. ï,p. 9, lig. 14 ; — édition Béclard, T. 1, p. 98, lig. 11: — « Les cantharides sont exclusivement en rapport avec la sensibilité des reins , etc.. »

Veut-on avoir une idée de la facilité avec laquelle souvent les hommes , même les plus supérieurs , se paient de mots ? qu'on lise ce passage. Ne dirait-on pas que Bichat croit avoir expliqué l'action des cantharides sur les reins , du mercure sur les glandes salivaires , en disant que ces substances sont exclusivement en rapport avec la sensibilité de ces organes? Ce sont là de simples jeux de mots , qui ne sont pas seulement inutiles , mais qui nuisent à la science, en abusant souvent sur son état réel, et en em-

péchant les travaux propres à en agrandir le domaine. Aujourd'hui, par exemple, que le goût de ces explications commence heureusement à se passer, et que l'on veut des choses plus positives, on s'est assui'é que l'entrée des matières intestinales dans les conduits cholédoque et pancréatique est simplement empêchée par l'insertion oblique de ces canaux à travers l'intestin , et non par la nature de leur sensibilité organique. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i,j>. i4> Hg- 20; — édition Béclard, T. ! , p. io3, Ug. .27 : — « Partout ailleurs que sous la peau, on ne voit aucune trace de la séparation du tissu cellulaire en deux moitiés perpendiculaires... »

Bien qu'il n'y ait guère que le tissu cellulaire sous-cutané qui, par sa densité sur la ligne médiane, puisse autoriser la séparation de ce tissu en deux moitiés latérales , suivant la remarque de Bordeu , cependant il est impossible de ne pas convenir que Bichat va un peu trop loin en disant que « partout ailleurs le tissu cellulaire n'offre aucune trace analogue de séparation. » Nous citerons en effet , par exemple, le tissu cellulaire sous-péritonéal de la paroi abdominale antérieure , tissu dont la densité sur la ligne médiane est extrême, et qui , par suite de cette disposition, ne permettant que très-difficilement à la membrane séreuse abdominale de glisser pour former le sac des hernies de la ligne blanche , l'oblige à se laisser distendre lorsque la tumeur s'accroît. Aussi, dans les hernies de la ligne médiane, observe-t-on d'abord un amincissement plus ou moins considérable , suivi plus tard d'éraillement et même de l'absorption du sac par pression , circonstances qui ont fait croire long-temps à l'absence d'enveloppe péritonéale dans ces sortes de hernies. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i, p. i4, Ug. 25; — édition Béclard, T. i, p. io3, dernière ligne : — « La symétrie est l'atlribut des organes de la vie animale; l'irrégularité celui des organes de la vie intérieure... »

La symétrie des organes de la vie de relation et l'irrégularité de ceux de la vie intérieure sont bien loin d'être aussi exactes que Bichat l'indique ici ; et même, lorsqu'on y réfléchit , on a lieu d'être étonné de l'importance qu'il semble y attacher. 1

Les preuves abondent pour établir que les organes de la vie de relation n'ont pas une symétrie parfaite , tandis que souvent ce caractère se rencontre dans les organes de la vie intérieure ; et en effet , en ce qui concerne les premiers , tout le monde sait que le cerveau n'est point symétrique, que ses circonvolutions ne sont point semblables de chaque côté de la ligne médiane ; que , chez l'adulte , la colonne vertébrale s'infléchit au dos de manière à ne plus rester dans le plan médian antéro-postérieur ; enfin on connaît l'inégalité de volume des membres droits et gauches, comme celle de tous leurs élémens , inégalité observée même par les plus anciens anatomistes. D'une autre part, parmi les organes de la vie intérieure , qui ne connaît la symétrie parfaite du plus grand nombre des vaisseaux , celle des reins , des uretères , de la vessie , de l'utérus , etc. ?

D'ailleurs , si l'on voulait admettre la loi établie par Bichat , on serait toujours forcé de convenir qu'elle n'est pas du tout applicable au fœtus , ni, à plus forte raison , à l'embryon. Dans ces premiers temps la symétrie est presque parfaite dans tous les organes : le cœur est médian ; le foie , placé également sur la ligne médiane , est formé de deux lobes égaux ; les deux poumons ont le même volume et une forme semblable, etc. De même aussi, il faudrait restreindre l'application de cette loi aux animaux supérieurs et à l'homme , car la symétrie est parfaite dans les derniers degrés de l'échelle zoologique. (F. Blandin.)

Anciennes éditions , T. i, p. 1 5, lig. 9 ; — édition Béclard, T. i,p. io4, Ug. 17 '• — « A la face, le tissu cellulaire sous-cutané offre une laxité très-marquée... etc.. »

Sur le nez, surtout en bas et sur les ailes , le tissu cellulaire sous-cutané n'a pas la laxité que Bichat attribue à celui de toute la face. Au contraire , sa densité produit des phénomènes remarquables dans l'érysipèle de celte région : alors , en effet , de vives douleurs se manifestent , et sont produites par la difficulté que la peau du nez éprouve à se tuméfier, en raison de ses adhérences très-intimes aux parties sous-jacenles.

Autour des lèvres , surtout à la supérieure , le tissu cellulaire sous-cutané est encore fort dense ; toutefois , ce caractère n'est pas aussi prononcé qu'il semble au premier abord, lorsque l'on cherche à disséquer la peau : l'adhérence de celle-ci , en effet , dépend beaucoup de ce que de nombreuses fibres des petits muscles faciaux s'insèrent sur son derme , ainsi que nous l'avons montré ailleurs. (Anat. topogr., Paris , 1826.)

Au tronc, le tissu cellulaire sous-cutané est plus dense en arrière qu'en avant , disposition que l'on ne remarque nulle part aussi bien qu'au cou. Comparez en effet sous ce rapport le tissu sous-cutané extrêmement dense et presque aponévrotique de la nuque , avec le tissu cellulaire qui double la peau au niveau du larynx. Ces grandes différences en établissent d'autres trèsgrandes aussi relativement à la marche des maladies , et relativement aux opérations chirurgicales qui doivent être seulement étendues jusqu'au tissu sous-cutané. Ces opérations offrent plus de difficultés en arrière qu'en avant , toutes choses égales d'ailleurs ; surtout parce que , comme on le sait , les vaisseaux sont toujours difficiles à saisir et à lier au milieu d'un tissu cellulaire tres-dense , tandis que l'inverse a lieu lorsque l'on agit sur une partie dont le tissu cellulaire présente des caractères également inverses.

Dans les membres comme au tronc , le tissu cellulaire souscutané est plus dense dans le sens de l'extension que dans celui

de la flexion. Aux membres supérieurs spécialement , ce tissu se fait remarquer par une densité légèrement augmentée au niveau de l'insertion inférieure du deltoïde et vers le sommet des tubérosités humérales inférieures.

A la paume des mains et à la plante des pieds , le tissu cellulaire sous-cutané offre une disposition et une densité tout-à-fait spéciales et fort importantes : il forme des canaux presque fibreux, verticalement placés entre la peau et l'aponévrose , sur lesquelles ils se fixent par leurs deux extrémités; canaux dans lesquels sont superposées des vésicules adipeuses qui forment de véritables coussins élastiques , qui s'affaissent et se tuméfient alternativement , suivant qu'ils sont pressés ou non contre le sol ou contre d'autres corps extérieurs. Cet ai-rangement, qui existe encore , à un degré moins prononcé pourtant, sur les faces antérieure des doigts et inférieure des orteils , est frappant chez les animaux d'un gros volume , chez le cheval et surtout chez l'éléphant.

La densité du tissu cellulaire placé au niveau des ligamens annulaires du carpe et du tarse n'est pas la véritable cause de l'absence de la graisse dans ces points , comme nous le ferons remarquer plus bas : cette absence tient à ce qu'il y a moins de vésicules adipeuses. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i,p. 16, lig. 2J4; — édition Béclard, T. 1, p. 106, lig- 4 : — « ^a graisse contribue à garantir les parties subjacentes de l'impression de l'air extérieur... »

On ne saurait admettre aujourd'hui cette opinion , relative^ ment à la propriété attribuée à la graisse de préserver du froid. En effet , c'est la peau et non les muscles subjacens qui reçoivent les impressions résultant des modifications variées de la température; et comme la peau est partout extérieure , il importe peu pour ces impressions qu'il y ait plus ou moins de graisse au-dessous. D'ailleurs , ce n'est guère chez l'homme que l'on trouve la graisse plus abondante pendant l'hiver, mais dans les animaux, qui, trouvant plus difficilement leur nourriture pendant cette saison ,

ou qui , placés dans une position telle qu'ils ne peuvent la chercher, avaient besoin d'un aliment en réserve pour y suppléer : les animaux hibernans en sont la preuve la plus frappante. Les pertes que nous faisons par les sueurs excessives de l'été expliqueraient d'ailk'urs suffisamment pour nous la moindre quantité de graisse à cette époque de l'année. Quant à la difficulté avec laquelle est supporté le froid par les convalescens , cela tient seulement à une grande excitabilité cutanée , reste de la maladie qu'ils ont soufferte. (F. Blandin.)

Anciennes éditions , T. \ ,p. 17, lig. 3; — édition Béclard,T. 1, p. 106, lig. — « La sérosité paraît être, dans le tissu sous-cutané, en proportion beaucoup plus considérable que dans les autres parties... »

La sérosité est peut-être plus abondante entre les muscles , dont elle facilite les mouvemens en diminuant leurs frottemens ; mais il ne faudrait pas inférer de ce que, dans les infiltrations, la sérosité sous— cutanée est prépondérante , qu'il en est de même dans l'état sain. En effet, à l'état morbide, la sérosité devenue plus fluide et moins visqueuse , coule vers les lieux où elle éprouve le moins de résistance ; elle gagne pré— férablement le tissu sous-cutané , où elle est pressée seule*ment par la peau , tandis qu'elle abandonne en partie les interstices musculaires, où elle serait doublement pressée par cette même membrane et par les aponévroses , dont la tension est très-grande et l'élasticité nulle. Dans l'état sain , la sérosité, peu abondante et à l'état de vapeur, circonstance qui la rend plus élastique et par conséquent plus susceptible de se prêter à la compression , séjourne dans les lieux où elle a été sécrétée ; elle reste d'ailleurs comme collée aux lamelles cellulaires , en raison de sa grande viscosité. (F. Blandin.)

( io )

Anciennes éditions, T. i,js>. [8, lig. 9; — édition Béclard, T. i,p. 107, lig. oZ : — « Il ne s'infiltre jamais de sérosité dans le tissu cellulaire sous-muqueux... »

Malgré la densité bien réelle du tissu sous-muqueux , on y voit quelquefois des infiltrations séreuses. Le tissu sous-muqueux de la vésicule biliaire m'a plusieurs fois offert ce caractère ;'et l'on a observé fréquemment la même infiltration du tissu sous-muqueux du gros intestin , du rectum spécialement , dans les diarrhées ou colites chroniques. Pourtant , on peut dire ici , à l'appui de l'opinion exclusive de Bichat , que ce tissu est altéré dans beaucoup de ces cas. et que par conséquent il n'offre plus sa densité normale. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i,p. 18, dernière ligne ; — édition Béclard, T. \,p. 108, lig. 19: — « Le tissu cellulaire sous-muqueux remplit à l'égard des mambranes musculeuses de l'estomac, des intestins, etc., les mêmes usages que les tendons par rapport aux muscles de la vie animale... »

Le tissu cellulaire sous-muqueux n'est autre chose que le derme des membranes muqueuses. C'est lui qui leur donne toute leur résistance; et, semblable au derme cutané dont il est évidemment l'analogue dans la portion interne ou rentrée du système té— gumentaire , il sert à l'insertion des fibres charnues des organes profonds. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. 1, p. 19, lig. 20; — éd> tion Béclard, T. 1, p. 109, lig 10 : — « C'est à la très-grande laxité du tissu cellulaire sous-séreux ,

( il )

qu'il faut attribuer la disposition de ce tissu aux infiltrations... »

Le tissu sous-séreux a une importance très-grande dans l'état pathologique; il est le siège presque exclusif de la rougeur dans les phlegmasies séreuses : les membranes de ce nom , suivant Laennec, ne présentent même jamais l'injection vasculaire ; ce qui est surtout évident pour l'arachnoïde. Le tissu sous-séreux est souvent, et quelquefois seul, infiltré des produits inflammatoires dans les phlegmasies de la séreuse qui le recouvre ; de là ces pseudo-membranes verdàtres , ces plaques osseuses , cartilagineuses , que l'on y trouve si fréquemment. ( F. Blandin.

Mêmes pages : — «Il est cependant des endroits où les membranes séreuses adhèrent intimement aux parties voisines... »

La densité extrême du tissu sous-séreux dans quelques points , entre l'arachnoïde et la dure— mère , par exemple , n'empêche pas qu'il ne s'y fasse quelquefois des épanchemens ; ailleurs (Anat. topogr.) , nous avons rapporté l'histoire curieuse et rare d'un individu qui avait offert un épanchement dans ce lieu. M. Rostan avait , avant nous , observé un cas du même genre. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i, p. 20, lis 26; — édition Béclard, T. i,p. 110, lig. 16: — «Quelquesunes des fibres artérielles adhèrent à la couche celluleuse profonde... »

La couche cellulaire que Bichat décrit ici forme , à proprement parler, une des tuniques artérielles , la plus extérieure ; mais en outre , Béclard a montré autour de ces vaisseaux une couche cellulaire canaliculée , placée plus extérieurement, liée par quelques filamens à l'artère , qui joue sur elle dans ses mou-.

vemens. Cette couche confondue au dehors avec le tissu cellulaire général , et appelée par Béclard gaine artérielle , doit être distinguée du tissu cellulaire que Bichat appelle extérieur aux artères : elle a une haute importance en pathologie, pour expliquer les phénomènes divers des plaies artérielles.

(F. Blandin,)

Anciennes éditions, T. i, p. a/j? Ug- i3> — édition Béclard, T. i, p. i i/j, Ug. 7 : — « N'exagérons pas l'importance de l'atmosphère cellulaire, en l'envisageant comme une barrière insurmontable aux maladies... »

Cette restriction de Bichat était d'autant plus nécessaire , que , dans son admiration pour les idées purement spéculatives de Bordeu, il avait lui-même exagéré beaucoup les propriétés isolantes de l'atmosphère cellulaire des organes , propriétés , disonsle , qui n'ont jamais existé que dans l'imagination active des physiologistes , et que le médecin exercé , celui surtout qui se livre à l'étude si importante de l'anatomie pathologique , n'a pas souvent reconnues. La véritable cause de l'isolement des organes sous !e rapport pathologique , isolement malheureusement trop rare , c'est leur vitalité différente , comme le fait remarquer Béclard , et à cette cause nous ajouterons l'isolement de leur système vasculaire. En effet , rien n'est plus propre à expliquer la simultanéité d'affection de certains organes différens , que la communauté des vaisseaux , en d'autres termes , que l'existence dans ces organes de vaisseaux provenant de troncs semblables : les rougeurs de l'oeil , les bourdonnemens d'oreille , dans les affections cérébrales , en sont la preuve. (F. Blandin.)

Anciennes éditions , T. 1, p. an , Ug. 1 ; — édition Béclard, T. 1 , p. 1 iG, Ug. 3a : — « Un gargarisme agit avantageusement dans l'inflammation de l'a-

mygdale;... or il n'est pas directement appliqué sur l'organe affecté... »

Les idées de Bichat relativement à l'amygdale ne sont plus reçues aujourd'hui : il la considère comme un organe glanduleux, recouvert de la muqueuse buccale ; nous savons qu'elle est au contraire formée parla muqueuse elle-même, que c'est un amas de replis ou de lacunes de cette membrane. , (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. I, p. 17 , lig. 18 ; — édition Béclard , T. i,p. 117, lig. 1 8 : — « Les tumeurs des glandes guériraient souvent sans nos applications, comme avec leur usage... »

En lisant cet article , on ne sait trop ce que l'on doit penser des applications topiques dans les maladies ; car tantôt on y trouve l'énumération de leurs heureux effets , et tantôt on les voit considérées comme tout-à-fait inutiles , sans qu'en même temps Bichat nous indique dans quelles circonstances. Si c'en était le lieu , nous dirions que , dans les phlegmasies aiguës , les topiques émolliens conviennent toujours sur les parties malades ou dans leur voisinage; qu'ils sont utiles même sur l'abdomen , dans les affections drs viscères de sa cavité : que, dans les phlegmasies chroniques j les topiques émolliens conviennent peu, et doivent être remplacés par des excitans qui activent la circulation ralentie par l'état d'induration et favorisent la résolution. Nous devons nous borner à indiquer ici cette distinction, d'où il est facile de déduire la raison de l'inutilité des cataplasmes sur certains engorgemens du sein, de l'aine , etc. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i,p. 3 1 , dernière ligne ,• — édition Béclard, T. 1, p. 122, lig. 10 : — « On rencontre des tumeurs stéatomateuses dans le foie , sans lésion de la sécrétion de la bile;... de même

qu'on observe chez les phthisiques d'énormes désordres dans la structure des poumons, sans lésion notable de la respiration.

Les tumeurs du foie que Bichat désigne sous le nom de stéatomateuses ne sont souvent autre chose que de grosses masses tuberculeuses ; plus souvent encore elles sont formées par de la substance encéphaloïde à divers degrés de ramollissement , et combinée avec du tissu tuberculeux. Il arrive, en effet, que ces tumeurs ne déterminent pas de lésion apparente dans la sécrétion biliaire; mais les praticiens conviendront difficilement de l'intégrité complète des fonctions de la respiration , dans la pbtbisie pulmonaire. (F. Blandin.)

Ancienne éditions, T. i, p. 3i , lig. 1 1 ; — édition Béclard, T. i,p. is3, lig. 3.

Note sur la densité du tissu cellulaire intérieur à chaque organe.

On peut ajouter aux considérations établies par Bichat sur le tissu cellulaire profond des organes, qu'il est de moins en moins dense à mesure qu'il se subdivise, et qu'il forme des gaines plus spéciales autour des parties des organes; de telle manière qu'il devient muqueux et comme diffluent autour des fibres ou des granulations élémentaires. On dirait que, dans ces lieux, le tissu cellulaire est encore à l'état natif. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i, p. 34» lig- 2; — édition Béclard, T. 1, p. 124? lig- 1 6 •' — « Les affections des organes contenus dans le crâne peuvent se propager à l'œil ou aux cavités nasales, par les communications du tissu cellulaire de l'intérieur à l'extérieur de cette cavité... »

Bichat nous paraît attribuer beaucoup trop au tissu cellu-

(ifî )

laire sous le rapport des communications morbides , surtout après l'avoir considéré d'abord comme isolant les organes sous le rapport de la vitalité. L'ardeur de l'œil, le coryza, l'épistaxis , et beaucoup d'autres symptômes des affections intérieures du crâne , me semblent dépendre plutôt de ce que l'œil, le nez, et plusieurs organes extérieurs au crâne, ont un système vasculaire étroitement lié à celui du cerveau, dont il n'est qu'un appendice , e' de ce que, pour cette raison, il est impossible que le sang ne soit attiré par l'irritation cérébrale, à la fois vers l'intérieur et vers l'ex érieur de la tête. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i,p. 35, lig. 3; — édition Béclard,T. i, p. 125, lig. 18.

Note sur la densité du tissu cellulaire, intérieur et extérieur, à l'aponévrose occipito— frontale :

Le tissu cellulaire extérieur au crâne diffère singulièrement , sous le rapport de la densité , suivant qu'on le considère en dehors ou en dedans de l'aponévrose occipito-frontale : il est extrêmement serré dans le premier point, au nivenu duquel il contient quelques vésicules adipeuses ; dans le second, il est remarquable par sa laxité et par l'absence de la graisse. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. ï,p. 37, lig. 19; — édition Béclard, T. 1, p. 128, lig. jo : — «A l'extérieur de l'épine, on voit en arrière beaucoup de muscles et peu de tissu cellulaire... , etc. »

Le tissu cellulaire profond des gouttières vertébrales, au dos, ne communique que difficilement avec le superficiel : l'aponévrose des muscles dentelés postérieurs, ou aponévrose vertébrale , forme la ligne de séparation. Aussi les abcès profonds du dos s'étendentils long-temps en haut et en bas , avant de soulever la peau pour s'ouvrir au dehors. (F. Blandin.)

Aciennes éditions, T. i,p. 38, lig. 27; — édition Béclard , T. 1, p. 129, lig. 18: — « On produit facilement l'emphysème du tissu cellulaire cervical, en poussant de l'air au-dessous de la plèvre d'un cadavre... »

Cet emphysème est d'abord profond , et par cela même peu sensible ; mais plus tard l'air, qui avait été maintenu prèsde la trachée par les lames denses de l'aponévrose cervicale , franchit ces barrières et se répand plus superficiellement. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. 1, p. 3g , ïïg. 18; — édition Béclard, T. i,p. i5o, lig. i[± : — « Le tissu cellulaire pectoral communique avec l'abdominal par l'espace que laissent entre elles les fibres du diaphragme fixées à l'appendice xiphoïde... »

Bichat attache , avec raison , une grande importance à cet espace triangulaire circonscrit par l'écartement des fihres antérieures du diaphragme; mais souvent cette disposition est peu marquée, et alors on ne trouve qu'une raréfaction simple des fibres du diaphragme vers la face profonde de l'appendice xiphoïde.

(F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i,p. 4o, dernière li^ne; — édition Béclard, T. \,p. 1 3 1 , lig. 3o : — « Le tissu cellulaire abdominal communique avec celui des membres inférieurs par diverses ouvertures... n

Il n'existe qu'un point, sous l'arcade crurale, oùle tissu cellulaire abdominal communique avec celui du membre pelvien : c'est au niveau de l'orifice supérieur du canal crural, le long des

vaisseaux iliaques externes. En effet, l'espace circonscrit par le bord antérieur de l'os coxal et l'arcade crurale est fermé en dedans par le ligament de Gimbernat , et en dehors par l'adhérence trèsforte du Jascia iliaca avec l'arcade. (F. Bi.andin.)

Anciennes éditions, T. i, p. lig. 21; — édition Béclard, T. 1, p. 1 33 , lig. 0.1 : — « Divers auteurs citent des infiltrations mineuses se propageant inférieurement par I'échàncrure ischiatique, etc.. »

Il ne faut pas exagérer la facilité de ces communications ; l'expérience viendrait souvent nous contredire. Tout le monde connaît la gravité et la circonscription dans le péritoine , de certaines infiltrations urineuses qui arrivent quelquefois après la li— thotomie, lorsque, dans cette opération, l'instrument tranchant a intéressé toute la prostate et sa gaîne fibreuse externe, ou lorsque cette dernière membrane a été déchirée par les angles irrégu— liers d'un calcul volumineux. L'aponévrose pelvienne {fascia pelvia ) , connue aujourd'hui de la manière la plus précise , fournit la raison de cette difficulté à l'infiltration extérieure de l'urine dans les cas cités. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. \, p. Zp, dernière ligne ; — . édition Béclard , T. 1 , p. 1 33, dernière ligne.

Ailleurs nous avons montré que le tissu cellulaire antérieur du périnée, celui qui entoure immédiatement la triple racine du pénis , ne communique que difficilement avec celui du bassin , et surtout avec le tissu cellulaire qui entoure l'anus. L'aponévrose périnéale moyenne ( ligament périnéal , Carcassonne ) forme la barrièredansla première direction ; c'est au contraire l'aponévrose périnéale inférieure, dans la seconde. Le même tissu cel-

lulaire communique facilement avec celui du pubis et de la paroi abdominale antérieure : telle est la raison pour laquelle , dans les crevasses de l'urètre qui arrivent chez l'homme au-devant de la partie membraneuse , les urines se propagent en avant contre l'action de la pesanteur, détruisant par sphacèle tout le tissu cellulaire des bourses et du pubis; tandis que la portion anale du périnée, partie cependant plus déclive, est exempte de cesaffreux désordres.

(F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i, p. 49 > &g- 24; — édition Béclard, T. 1, p. 1 41 , 8 : — « Je n'ai pas vu que... la sérosité cellulaire augmente ou diminue d'une manière sensible... »

Lorsqu'il y a pléthore du système capillaire , la sérosité devient plus abondante dans le tissu cellulaire ; elle diminue lorsque l'on diminue la quantité du fluide circulatoire. M. Magendie a produit artificiellement ces divers phénomènes sur des animaux , en injectant alternativement de l'eau tiède dans leurs veines et pratiquant la phlébotomie. L'observation clinique avait déjà montré ces faits dans les hydropisies actives etpassives; et mon ami, le docteur Bouillaud , en prouvant que les hydropisies locales dépendent presque toujours d'une gêne plus ou moins grande dans la circulation veineuse locale , gène de laquelle résulte un véritable état de pléthore pour la partie , a fourni de nouvelles preuves à l'appui de cette théorie. On sait enfin que la plupart des hydropisies générales dépendent d'affections des organes centraux de la circulation et de la respiration, circonstances qui produisent au plus haut degré la pléthore du système capillaire. (F. Blandin.)

Bordeu a soutenu que la sérosité circule en quelque sorte dans le tissu cellulaire , et que le diaphragm:' est son agent d'impulsion. Cette théorie peut paraître un instant ingénieuse, comme tout ce qui est sorti de la plume de ce savant distingué ; mais , il faut l'avouer, elle n'a pas même pour elle le mérite de la vraisemblance. (F. Blandin.)

Anciennes éditions , T. i, p. 5i , lig. 3 ; — édition Béclard, T. i,p. i42i lîg- 20 : — « La graisse est le second des fluides auxquels le tissu cellulaire sert de réservoir... »

La graisse ne paraît pas simplement déposée dans les aréoles du tissu cellulaire : elle a un tissu qui lui est propre , et qui renferme le fluid^ huileux dont elle est formée. Entrevue par Mal— pighi , positivement indiquée par A. de Bergen et par Morgagni , l'existence du tissu adipeux a été particulièrement démontrée par W. Hunter. On l'a décrite tour à tour sous les noms de tissu cel— luleux , en appelant filamenteux notre tissu cellulaire, de tissu ou pannicule graisseux , de membrane ou toile adipeuse , de tuniques ou vésicules adipeuses , etc.

La disposition générale du tissu adipeux offre déjà plusieurs particularités qui ne peuvent appartenir à la graisse. Ce fluide n saurait avoir par lui-même de forme déterminée , et rien n'es* plus varié que la conformation extérieure du tissu graisseux. Ici c'est une couche membraniforme plus ou moins épaisse , analogue à celle qui existe sous la peau , où elle constitue le pannicule graisseux. Là ce sont des masses irrégulières , telles qu'on en trouve autour des reins, dans les orbites, dans l'épaisseur des joues. Ailleurs , le tissu adipeux présente l'aspect de prolongemens pyriformes , pédiculés , comme cela se voit dans les appendices épiploïques , autour des artères qui se portent au péritoine, dans les ouvertures de l'ombilic et des anneaux sus— pubiens, etc. . Dans l'épiploon , il forme des rubans aplatis ou des espèces de réseaux qui suivent le trajet des vaisseaux sanguins. Accumulé dans certaines parties , il se présente sous la forme de tumeurs plus ou moins volumineuses et saillantes , comme on en trouve des exemples dans les éminences qui s'élèvent sur les fesses des femmes houzouânasses , dans celles qui surchargent le dos des dromadaires , des chameaux , des zébus , et la queue des moulons.de Barbarie.

Considéré dans son organisation intérieure, le tissu adipeux n'est pas moins distinct de la graisse qu'il renferme. Quelles que soient

les formes diverses qu'il affecte, sa structure est partout la même. Il est divisé en pelotons arrondis , séparés les uns des autres par des sillons plus ou moins profonds , d'une forme irrégulièrement ovoïde , d'un diamètre variable depuis une ligne environ jusqu'à un demi-pouce. Leur volume diffère d'ailleurs suivant le degic de l'embonpoint, et suivant la partie que l'on examine. Chacun d'eux se compose de particules plus petites , que l'on isole facilement par la dissection. Celles-ci sont sphéroïdales , miliaires , comprimées , semblables , pour la forme , à des grains de raisin , ou bien encore aux granulations vésiculaires qui constituent la chair des oranges et des autres fruits de la famille des hespéridées. On reconnaît, à l'aide du microscope, qu'elles sont ellesmêmes l'assemblage de vésicules agglomérées offrant absolument le même aspect , si ce n'est qu'elles sont beaucoup plus petites, puisque, suivant Monro, leur diamètre serait d'un huit-centième à un six-centième de pouce. D'après Wolff, ces vésicules auraient un volume différent dans les diverses espèces d'animaux. Elles ne paraissent pas communiquer entre elles. Leurs parois sont minces et transparentes, ce qui les a fait comparer à des amas de petites perles par Monro et Clopton-Havers , qui les ont observées dans la moelle des os. Elles contiennent le fluide graisseux , dont elles laissent apercevoir la couleur jaunâtre.

Le tissu adipeux est pourvu d'un appareil vasculaire, qui a été très-bien décrft et figuré par Mascagni. Des rameaux artériels et veineux sont logés dans les sillons qui séparent les pelotons graisseux ; leurs divisions représentent , par leurs anastomoses, des réseaux capillaires qui parcourent, les intervalles des petites masses ou molécules dont ils se composent ; chacune de ces molécules reçoit une artériole et une veinule qui lui forment une sorte de pédicule vasculaire ; les vésicules microscopiques ellesmêmes sont pénétrées par les ramifications les plus ténues, qui suivent d'abord leurs intervalles, leur forment aussi une espèce de pédicule, et se terminent enfin dans leurs parois. Cet ensemble de vaisseaux et de grains agglomérés a quelque ressemblance avec une grappe de raisin suspendue à son pédoncule , et dans laquelle chacun des grains qui la composent a en outre son pédicelle propre. Cette disposition est facile à observer

sur un morceau de graisse pris dans un cadavre injecté, cm mieux encore dans une partie naturellement infiltrée par le sang.

Un tissu cellulaire très— délié semble exister entre les vésicules et autour d'elles. Ce tissu devient plus apparent dans les intervalles des molécules visibles à l'œil nu , qu'il réunit les unes aux autres : les pelotons qui en résultent sont rassemblés au moyen d'un tissu plus dense , presque fibreux dans certaines régions , manifestement ligamenteux à la paume des mains , à la plante des pieds, etc.

Le tissu graisseux contient sans doute des vaisseaux absorbans , mais on ignore leur disposition. Il en est de même desnerfs. Sa nature intime paraît se rapprocher beaucoup de celle du tissu cellulaire. En effet, c'est une substance molle , blanchâtre , extensible , revenantsur elle-même quand elle cesse d'être distendue, se présentant sous la forme de lames minces et demi-transparentes , ayant la plus grande analogie avec la fibre laminaire ou cellulaire. La graisse qu'il renferme vient-elle à disparaître accidentellement , les vésicules s'affaissent et se confondent avec le tissu cellulaire ambiant, sans laisser aucune trace de leur existence. Hunter assure néanmoins que, dans ce cas, le tissu cellulaire diffère par quelques— unes de ses propriétés de celui qui ne contient jamais de vésicules adipeuses; et il attribue ces différences à la présence des vésicules vides que doit reufermer le premier.

On aurait tort de conclure des traits de ressemblance que l'on trouve entre le tissu graisseux et le cellulaire que ces deux tissus sont absolument identiques. Il est facile d'établir les caractères qui les distinguent. — i°. Les vésicules adipeuses sonî fermées de toutes parts, et leur substance n'est point perméable aux fluides qui tendent à la pénétrer, bien différente en cela de la substance aréolaire du tissu lamineux. C'est ce que prouve une foule de faits. Prenez un morceau de tissu adipeux , élevez graduellement sa température au moyen de l'eau chaude , jusqu'à ce qu'elle soit suffisante pour fondre la graisse sans altérer la structure des vésicules : la matière huileuse y restera contenue sans s'écouler au dehors. Exposez un peloton graisseux à une chaleur salaire qui fasse monter à -f- 4°° Ie thermomètre centigrade, vous êlc*

bien sûr qu'aune telle température la graisse doit être parfaitement fluide ; cependant il ne s'en écoulera pas un atome : incisez quelques vésicules , le fluide huileux paraîtra aussitôt. On obtient encore le même résultat en comprimant entre les doigts une masse adipeuse : la graisse ne s'en échappe que quand les vésicules sont déchirées. Dans les emphysèmes les plus étendus, dans les infiltrations séreuses les plus considérables, jamais les fluides épanchés ne pénètrent les vésicules ; la graisse reste distincte et ne se mêle point à ces fluides. S'il en était autrement, ne verrait— on pas, pendant la vie , la graisse, fluide à la température ordinaire du corps , gagner constamment les endroits les plus déclives , comme il arrive à la sérosité des hydropiques, et céder aux pressions extérieures dans les parties qui, telles que les pieds, les fesses, y sont habituellement soumises, ainsi qu'on l'observe encore dans l'œdème ?— 2°. Les vésicules adipeuses ne forment pas, comme le tissu cellulaire, un tout continu : elles sont simplement contiguës entre elles. Ceci se démontre aisément par l'inspection. On le voit également dans l'anasarque: le liquide qui s'infiltre dans le tissu cellulaire interposé entre les molécules adipeuses les écartant les unes des autres , elles restent disséminées dans la sérosité qui les entoure. — 3°. Autre caractère. Partout on trouve du tissu cellulaire ; il est des parties constamment dépourvues de tissu graisseux , même dans les sujets les plus gras. Ce fait ne semble— t-il pas déjà indiquer qu'il faut, dans le tissu cellulaire, une organisation particulière pour que la graisse s'y développe? — 4°- Enfin leurs usages sont bien différens : ceux du tissu adipeux ne sont relatifs qu'à la graisse sans cesse exhalée dans l'intérieur de ses vésicules, et reprise sans cesse par des vaisseaux absorbans ; le tissu cellulaire en a de bien plus importans, puisqu'il forme un lien commun qui réunit toutes les parties en même temps qu'il les isole les unes des autres, qu'il sert à faciliter leurs mouvemens et à entretenir l'harmonie de leurs fonctions. (Béclard.)

Anciennes éditions, T. i,p. 5g, lig. 1 5; — édition. Béclard, T. r,p. i5i , lig. 19 : — « Un degré de calorique égal à celui de notre température rendrait la graisse plus fluide qu'elle ne l'est sur le vivant... »

Cette différence n'est qu'apparente, et tient à ce que, sur le vivant , la graisse est retenue par le tissu adipeux.

(Béclard. )

Anciennes éditions , T. 1 ,p. 6$ , lig. 3 ; — édition Béclard, T. 1, p. i55, lig. i5 : — « Je ne pourrais rien ajouter à ce qu'ont dit les chimistes modernes sur la nature chimique de la graisse, sur l'acide qu'elle renferme, etc.. »

Les travaux récens deM. Chevreul surles huiles fixeset sur les diverses espèces de graisse ont donné des résultats trop satisfaisans pour qu'il n'en soit pas fait mention ici. Loin d'être un principe immédiat des animaux , comme on l'a cru pendant longtemps , la graisse est composée de deux principes particuliers , non acides , désignés , d'après leur consistance , sous les noms de stéarine et à'claïne.

La stéarine représente une masse solide , incolore , insipide , presque inodore , soluble dans l'alcool , conservant l'état solide jusqu'à la température de i38° thermomètre centigrade. L'é— laine , au contraire , est fluide à une température de 17 à 180 ; elle est incolore ou jaunâtre , plus légère que l'eau , beaucoup plus soluble dans l'alcool que ne l'est la stéarine. C'est en tirant parti de cette dernière propriété que l'on sépare ces deux principes. Pour cela, on traite une certaine quantité de graisse par l'alcool bouillant : à mesure que la liqueur se refroidit, la stéarine se précipite , entraînant avec elle un peu d'élaïne ; la majeure partie de l'élaïne reste en dissolution avec un peu de stéa-

rine. L'action du froid sur la graisse , le contact prolongé de cette substance avec du papier non collé , peuvent encore servir à dé montrer l'existence de ces matériaux immédiats. Dans le premier cas, la stéarine ne tarde pas à se solidifier, tandis que l'éla'ïne conserve sa fluidité ; dans le second , l'élaïne est absorbée par le papier, la stéarine reste à la surface.

La proportion des principes de la graisse n'est pas la même dans tous les animaux ni dans toutes les parties du même animal : de là toutes les variétés de consistance que présente celle de l'homme. Néanmoins , puisque la stéarine , même pure , n'est plus solide à un degré de chaleur égal à la température du corps, la graisse doit être au moins demi-fluide dans l'état de vie , et c'est en effet ce qu'on observe dans les opérations chirurgicales, pendant lesquelles il s'écoule souvent avec le sang quelques gouttes huileuses provenant des vésicules adipeuses entamées.

Outre l'acide particulier (acide sébacique) , qui se produit pendant la distillation de la graisse , il en est deux autres qu'on obtient en la traitant convenablement par un alcali ou un oxide métallique quelconque : l'un est l'acide margarique, ainsi nommé à cause de sa couleur nacrée , l'autre l'acide oléique. Les savons , qui résultent de l'action des alcalis sur les huiles , ne sont autre chose que des sels formés par ces deux acides et par la base employée. M. Chevreul pense qu'il se passe quelque chose d'analogue dans la décomposition spontanée de la chair musculaire , lorsqu'elle a lieu sans contact de l'air ; il regarde le gras des cadavres qui se produit dans cette circonstance comme une sorte de savon, qui serait le résultat del'action de l'ammoniaque provenant delà décomposition sur la graisse contenue dans le muscle. (Béclard. )

Anciennes éditions, T. ï,p. 66, lig. i3; — édition Béclard , T. i ,p. i 53 , lig. 3 1 : — « Ces idées vogues de sucs concrets, de glu non organisée, qu'on a appliquées au tissu cellulaire, n'ont aucun fondement... »

La question relative à la nature intime du tissu cellulaire

est encore loin d'être résolue, et cependant c'est une simple question de faits, comme l'observe si bien Bichat. Bordeu , Wolf, Meckel et plusieurs autres, veulent que le tissu cellulaire soit complètement inorganique ; c'est, disent-ils, une sorte de glu, oula matière organique amorphe déposée dans les interstices des organes. Bichat , Chaussier, etc., au contraire, soutiennent l'existence des fibres et des lames cellulaires organisées. Au milieu de cette divergence extrême des opinions, il est difficile sans doute de prendre un parti ; cependant il paraît bien difficile également que les anatomistes habiles que je viens de citer, et dont j'aurais pu grossir la liste, soient complètement tombés dans l'erreur. Il existe en effet des parties du corps et des organes, où le tissu cellulaire est manifestement muqueux, inorganique, et, comme onledit, à l'état natif : par exemple , dans les centres nerveux du système cérébro-spinal , et dans la profondeur des organes , entre leurs filamens premiers. Mais dansdes points bien plus nombreux, le tissu cellulaire constitue des lames ou de simples filamens dont la disposition tombe parfaitement sous les sens. Il faudrait, par exemple, être doué du pyrrhonisme le plus absolu, pour mettre en doute la structure lamelleuse du tissu cellulaire inter — musculaire de la cuisse, du tissu sous-péritonéal de la fosse iliaque, etc. La densité , et par suite l'évidence des fibres ou des lames cellulaires , varient beaucoup; cette densité est telle même dans certains lieux, que les anatomistes hésitent à regarder le tissu cellulaire qu'on y trouve comme appartenant au tissu qui nous occupe , et que, ne pouvant le comparer tout-à-fait aux fibres du tissu albugineux, ils ont été forcés de créer un tissu intermédiaire, le fibro— cellulaire , sorte d'hermaphrodite qui atteste à la fois le peu de rigueur de nos classifications et les transitions insensibles do la nature organique. On dirait que dans la structure spéciale du tissu cellulaire de l'individu parfait , la nature a voulu nous lais ser des traces permanentes des diverses phases qu'il parcourt chez le fœtus, depuis cet état amorphe et inorganique qui forme la base première de tous nos organes, jusqu'à celui de ce tissu où les fibres sont devenues si palpables qu'on a jugé convenable de l'appeler fibreux. Quelques personnes ont allégué et allèguent encore, en faveur de l'état simplement et constamment muqueux

du tissu cellulaire , la facilité avec laquelle il est quelquefois traversé dans une grande étendue par des corps étrangers ; mais la faiblesse d'une semblable preuve est telle qu'il est presque superflu de chercher a la réfuter. Les corps étrangers , en effet, parcourent le tissu cellulaire en ulcérant successivement ses lames ; et si l'on ne trouve quelquefois aucune trace de leur passage dans le lieu qu'ils ont occupé , cela tient seulement à ce que la cicatrisation de leur trajet s'effectue continuellement derrière eux , à mesure qu'ils avancent. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i, ». 7/4, Ug- 7; — édition Béclard, T. 1, p. 167 , Ug. (\ : — « l'existence des vaisseaux exhalans est manifeste... »

Dans l'état actuel de la science , on doit , comme nous le dirons plus tard (en traitant du Systènie exhalant), singulièrement rétrécir le système des vaisseaux exhalans, sinon même en rejeter l'existence. On peut, en effet, très-bien rétorquer les diverses preuves que Bichat apporte particulièrement ici en faveur des exhalans du tissu cellulaire : 1 0 . L'expérience qu'il cite est simplement une manière naturelle d'injecter les plus petits vaisseaux sanguins. 2°. Les injections artificielles montrent, il est vrai, beaucoup plus de vaisseaux que l'on n'en peut apercevoir dans l'état ordinaire , mais ce sont toujours des vaisseaux sanguins , qui, peu distendus parle sang dans l'état ordinaire, échappent à notre vue , tandis que les injections les mettent dans des conditions inverses. 3'. Les transsudations cellulaires , dans les injections, peuvent très— bien être conçues sans vaisseaux particuliers ; des porosités latérales suffisent , comme le pensait Haller : au reste, l'expression de transsudation , adoptée par Bichat, est remarquable , et paraît contraire à son opinion. 4°- H règne sur le mécanisme des exhalations en général, et en particulier sur celles de la graisse et de la sérosité , une obscurité encore très— grande , et de laquelle on ne saurait arguer en faveur des vaisseaux exhalans. 5°. Enfin de l'exhalation du sang dans le tissu cellulaire , on ne peut rien

conclure , si ce n'est que le fluide circulatoire pur a pénétré dans des cellules où l'on ne trouve ordinairement qu'une vapeur séreuse. Toute autre conclusion tirée de ces faits serait imprudente et hasardée : surtout elle devrait être bannie d'une science où, selon l'expression de Bichat, l'imagination n'est rien, et où les faits sont tout. (F. Blandi^.)

Anciennes éditions, T. i,p. 76, Kg. 9; ■ — édition Béclard, T. 1, p. 169, lig. 11 : — « On peut considérer le système cellulaire comme l'origine principale des absorbans... »

;Les divers argumens allégués ici par Bichat en faveur des vaisseaux spécialement doués de la faculté absorbante dans le tissu cellulaire , prouvent que l'absorption s'y fait d'une manière active; mais quel est son mécanisme, et quelles sont ses voies? Il ne l'établit pas. Nous le dirons ailleurs ( h l'article du Système absorbant) . (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. \,p. 79, lig. o.[\; — édition Béclard , T. t,p.i 72, lig. 5o : — « Le tissu cellulaire enflammé se rompt avec une très-grande facilité sur le cadavre. »

Le tissu sous-muqueux de l'intestin grêle devient aussi tellement fragile dans les entérites chroniques , que , sur le cadavre d'un individu qui a succombé à cette affection, il est facile d'attirer à soi , d'une seule pièce , et par un seul point , toute la membrane muqueuse de l'intestin , après avoir déchiré circu— lairement en dehors les tuniques séreuse et musculaire. Après la péritonite chronique , on peut enlever de la même manière , à la fois , les tuniques mwquruse et musculeuse accolées, comme

je l'ai pratiqué plusieurs fois ; la dernière se sépare de la séreuse au moyen de la déchirure du tissu sous— péritonéal.

Anciennes éditions, T. i, p. 81 , kg, 10; — édition Béclard, T. i, p. 17/j, Hg- 18 : — « Dans l'état maladif, le tissu cellulaire peut devenir le siège des plus vives douleurs , le phlegmon en est une preuve... »

On pourrait soutenir que les douleurs du phlegmon ne naissent pas du tissu cellulaire lui-même, mais seulement des nerfs qui le traverse , nerfs dont la compression est certaine dans cet état. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. 1, p. 82, lig. 5; ■ — édition Béclard, T. i,p. 1^5 , lig. 16 : — « Les fluides irritans, les acides affaiblis, les dissolutions alcalines injectées dans le tissu cellulaire, ne sont point absorbés... »

Quelque irritantes que soient les substances injectées dans le tissu cellulaire, on sait aujourd'hui que toujours elles sont absorbées , pourvu qu'elles soient liquides ou susceptibles de se dissoudre dans les fluides perspirés , sous l'influence de l'irritation qu'elles produisent. Les expériences de divers physiologistes, et notamment celles de MM. Dupuytren et Magendie, ont spécialement établi l'absorption de l'urine et de la bile injectées dans le tissu cellulaire. Ces fluides , et ceux qui sont comme eux très-irritans, détruisent immédiatement , ou par suite d'une violente inflammation , le tissu qu'ils touchent ; mais bientôt , affaiblis par leur mélange avec les fluides pcrspiratoires , ils deviennent moins acres et sont complètement absorbés. (F. Blandin.)

Anciennes éditions , T. \ ,p. 82 , lig. ro ; — édition Béclard , T. 1, p. 175, lig. 21 : — « Le tissu cellulaire jouit jusqu'à un certain point de la contractilité organique sensible... »

Quelques personnes attribuent aujourd'hui à la contraction des fibres éparses du crémaster, le resserrement du scrotum lorsqu'on le pince. Pour moi , je pense avec Bicbat que ces mouvemens dépendent d'une véritable contraction du tissu cellulaire du dartos , tissu qui nw paraît former , entre le cellulaire et le musculaire de la vie organique , une transition insensible : ce qui viendrait à l'appui de l'opinion de M. Blainville , qui considère la fibre musculaire comme une simple modification de la fibre cellulaire. Il est certains animaux qui n'ont pas de muscles distincts, et chez lesquels un tissu cellulaire analogue à celui du dartos produit les mouvemens de la locomotion. (F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. 1, p. 84, lig. 11; — édition Béclard, T. 1, p. 177, lig- a5 : — « Presque toutes les infiltrations dépendent de l'influence exercée par l'organe affecté sur le tissu cellulaire... »

On sait aujourd'hui, de la manière la plus positive , que les affections du cœur et des poumons déterminent la leucophlegmatie en empêchant le dégorgement facile des systèmes capillaire et veineux des organes , et par suite en y déterminant une véritable pléthore , seule cause immédiate de l'acf roissement morbide de l'exhalation cellulaire. L'explication proposée ici par Bichat serait d'ailleurs peu satisfaisante pour un esprit sévère , car il est trop évident que l'expression de sympathique appliquée à certains phénomènes organiques , ne peut être employée que pour exprimer l'état d'ignorance dans laquelle nous sommes rela-

tivement aux causes qui les produisent. Au reste, pour deux raisons , toutes les explications de ce genre devraient être reje— tées : i°. elles sont vagues et nulles; 2°. elles s'opposent aux progrès de la science, en la montrant à quelques personnes plus parfaite qu'elle ne l'est réellement. (F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. i, p. 86, lig. a; — édition Béclard, T. i, p. 179, lig. 19: — « Dans les maladies des yeux , un séton produit un effet qu'on ne peut obtenir d'un vésicatoire;... parce que le rapport qui existe entre le tissu cellulaire et l'oeil est plus actif alors que celui qui lie ce dernier aux tégumens... »

La raison donnée parBichat, de l'efficacité du séton à la nuque, dans l'ôphChalmie, peut être citée comme exemple de la facilité avec laquelle on se laisse quelquefois abuser par le mot sympathie. En effet, dire que ce séton agit sympathiquement avec beaucoup d'avantage dansl'ophthaltnie , c'est exprimer seulement ce fait simple : V observation a montré que, dans V ophtlial— mie, un séton mis à la nuque a de grands avantages ; mais ce n'est point montrer pourquoi il est plus efficace que le séton appliqué dans d'autres lieux. Bien plus, si l'on ne voit le vide de cette explication , on ne fait aucun effort pour en trouver une plus satisfaisante , et l'art reste stationnaire. ( F. Blandin).

Anciennes éditions, T. i,p. lig. 19; — édition Béclard , T. 1 , p. 188, lig. 1 8 : — « Dans le se • cond temps de la cicatrisation des plaies, le tissu cellulaire s'élève en vésicules qui s'unissent et forment une membrane provisoire... »

Cette membrane provisoire, que l'on appelle aujourd'hui

membrane des bourgeons charnus , adhère par son pourtour au limbe de la plaie ; elle est douée d'une grande élasticité en vertu de laquelle elle rétrécit cette dernière , et même amène ses bords au point de contact, lorsqu'il n'y a pas eu perte de substance ; dans le cas contraire , elle se dessèche et se transforme en un véri— ta le tissu cutané nouveau, toujours cependant plus mince et plus faible que les tégumens naturels. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i, p. o,5 , Ug. 6. — édition Béclard , T. i, p. 189 , Ug. 6 : — « Lorsqu'un os est divisé, les os s'enflamment, puis se couvrent de bourgeons cellulaires... »

Les bourgeons charnus doivent être considérés comme de petits organes accidentels destinés à la sécrétion du pus seulement. Ils manquent toutes les fois que cette substance ne doit pas être formée. On ne les remarque pas sur les extrémités des os fracturés, lorsqu'il n'y a pas de plaie extérieure. Si , au contraire , la fracture est compliquée de plaie , il en est autrement; la suppuration s'établit presque toujours alors entre les os.

Mêmes pages , Ug. t4- — « Dans la cicatrice des cartilages, la gélatine seule est exhalée; dans les muscles divisés, c'est la fibrine... »

À la suite des plaies des divers organes , les cicatrices sont toujours de la même nature , c'est— à-dire cellulaires ; et toujours, aussi le produit inflammatoire est le même : c'est la lymphe plastique des auteurs; substance qui n'est que peu gélatineuse, mais qui contient beaucoup d'albumine et de fibrine. Au surplus , peut-être la gélatine n'esl-elle jamais sécrétée dans l'économie animale ; cette substance, en effet, pourrait bien n'être pas un produit immédiat de la vie, mais résulter seulement de la décoction

des matières organiques. Les muscles Liesses ne sécrètent pas plus de fibrine que les autres organes. (F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. ï, p. io5, lig. 5; — édition Béclard , T. i,p. 199 , lig. 1% : — « Il y a la plus grande analogie entre l'hydropisie de la tunique vaginale et l'hydropisie enkystée du cordon...»

On sait aujourd'hui que le plus souvent le kyste qui constitue l'hydropisie enkystée du cordon est formé par une portion du péritoine ; tantôt, par le col incomplètement oblitéré de la tunique vaginale, tantôt par un sac herniaire : ce kyste enfin n'est pas produit de toutes pièces dans le tissu cellulaire. Ainsi cet exemple , choisi par Bichat , ne conviendrait plus aujourd'hui pour prouver l'analogie des kystes cellulaires avec les membranes séreuses.

( F. Blandin. )

Anciennes éditions, même page, lig. 17 ; — édition Béclard, T. i,p. 200 , lig. 1: — « Otez du kyste des mélicéris le fluide qui y est contenu, vous ne trouverez que peu de différence entre lui ,les kystes hydropiques et les membranes séreuses.... »

Il existe des différences bien tranchées entre les kystes mélicériques, ceux des stéatômes , et les membranes séreuses. Ces kystes, en effet , sont tout-à-fait cutanés : ce sont des follicules dont le goulot s'est oblitéré , et qui , ayant continué dans cet état, leur fonction sécrétoire, se sont remplis de la matière qu'ils forment, et ont subi un accroissement morbide plusou moins considérable. (F. Blandin. )

Ibid. 3 lignes plus loin : — « Il y a une parfaite ressemblance entre les kystes et les membranes séreuses... »

Les kystes que l'on rencontre dans le tissu cellulaire ont quelquefois à l'intérieur une surface lisse et polie , ceux-là ressemblent en effet complètement aux membranes séreuses. Mais il en est d'autres qui ont plus de rapports avec la membrane tégumentaire générale : les uns, à surface sèche, présentent l'apparence cutanée ; les autres , rougeâtres et veloutés à l'intérieur , paraissent de nature muqueuse. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. \,p. 107, lig. 3o; — édition Béclard, T. 1, p. 202, lig. 20. — « Les kystes commencent d'abord par s'y développer; l'exhalation s'y opère plus tard... »

Vainement Bichat s'efforce-t— il de nous prouver que toujours le kyste cellulaire préexiste à la formation de l'humeur qu'il contient ; cela est vrai seulement pour quelques-uns , pour ceux des mélicéris et des athérômes, qui sont des follicules développés d'une manière morbide , pour ceux des ganglions, qui sont des bourses muqueuses , ete-. Mais , dans d'autres cas , on voit évidemment le kyste se former après son fluide, tantôt par un travail inflammatoire , comme autour des épanchemens circoncrits des plèvres, autour des foyers apoplectiques, etc.; tantôt par refoulement du tissu cellulaire , comme dans les grands abcès. Enfin, certains kystes cellulaires se développent sous l'influence de frottemens et de pressions extérieures. Les bourses muqueuses accidentelles sous — cutanées, sont de ce genre : on connaît celle qui existe à l'extrémité inférieure du moignon de ceux qui ont subi depuis quelque temps l'amputation de la cuisse ; elle est produite par les frottemens répétés de l'os sur le tissu cellulaire de la cicatrice. ( F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. i, p. no, lig. iS; — édition Béclard, T. tep 2o5 , lig. 19 : — ce De la prédominance du tissu cellulaire, résulte îa rondeur des formes de l'enfant... »

Ce n'est point à la quantité de tissu cellulaire sous-cutané de l'enfant qu'il faut attribuer la rondeur de ses formes , mais à l'obésité sous-cutanée constante à cet âge. De même chez le vieillard , ou chez celui qui est depuis long- temps en proie à une affection organique profonde , la saillie des traits dépend de l'absence de la graisse , et non de la diminution du tissu cellulaire. (F.Blandin.)

Anciennes éditions, T. 1, p. n4> n; — édition Béclard, T. 1, p. 209 , lig. 9 : — a On rencontre assez fréquemment des incrustations osseuses dans le tissu cellulaire qui sépare la matrice du rectum... »

On trouve fréquemment dans les veines utérines des concrétions , sorte de calculs appelés phlébolithes ; et lorsqu'on coupe le tissu cellulaire qui sépare la matrice d'avec le rectum , tissu dans lequel rampent ces veines , l'instrument est quelquefois arrêté par ces petits corps , qu'au premier abord on croit placés dans le tissu cellulaire. Serait-il possible que Bichat eût commis cette légère erreur , dans laquelle j'ai vu tomber des hommes instruits ? je le pense. ( F. Blanbin. )

Ibid.

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