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AWA.TOMIE PATHOLOGIQUE DU SYSTÈME CELLULAIRE

§ Ier. Altérations dans les formes extérieures. Le volume du tissu cellulaire peut être accru par suite d'une

exhalation plus abondante des fluides qu'il renferme. C'est ce qui arrive dans l'anasarque et dans l'obésité ou polysarcie. La sérosité accumulée dans l'anasarque ressemble à celle des hydropiques. Elle parcourt d'ailleurs librement le tissu cellulaire, et s'amasse en général dans les parties les plus déclives. La laxité de ce tissu dans certaines régions le dispose également à l'infiltration. Dans les oedèmes anciens, le tissu cellulaire contracte quelquefois une épaisseur très-grande ; il semble qu'il se fasse une exsudation d'un fluide concrescible qui augmente sa densité en s'ajoutant aux lames qui le composent.

L'obésité ou l'accumulation de la graisse est générale ou locale : la première a été examinée à l'article de la graisse cellulaire.

Les tumeurs graisseuses, qui constituent la seconde, ont des formes très-varices ; leur volume est quelquefois fort considérable ; assez souvent elles sont pourvues d'un pédicule par lequel pénètrent des vaisseaux. Une couche celluleuse les revêt à l'extérieur ; leur structure est celle du tissu adipeux. Les vésicules paraissent plus multipliées que dans l'état de santé , car Monro a observé que leur diamètre est le même. Ces tumeurs se développent surtout dans les parties qui contiennent beaucoup de graisse : de là la fréquence des lipomes ou tumeurs graisseuses sous- cutanées.

Outre les fluides naturellement contenus dans le tissu cellulaire , de l'air peut aussi s'y accumuler , ce qui constitue l'emphysème. Ce dernier est plus ou moins étendu. Il se développe quelquefois après la mort , dans l'apoplexie , les épanchemens urineux , etc.

Une augmentation de volume et de densité tout à la fois paraît constituer la maladie décrite sous le nom à' endurcissement du tissu cellulaire. On n'y trouve , en effet , qu'une épaisseur et une consistance plus grandes de ce tissu, qui cède à peine à la pression du doigt ; il s'y joint communément une infiltration séreuse plus ou moins considérable. Celte affection est , comme on le sait, presque exclusive aux enfans nouveau— nés. C'est au-dessous de la peau qu'elle se montre le plus ordinairement;

on l'a vue avoir son siège dans le tissu cellulaire inter-musculaire.

L'éléphantiasis, ou mal des Barbades, est due à une altération du même genre.

§ II. Altérations dans l'organisation.

L'inflammation du tissu cellulaire est très-fréquente; elle offre un grand nombre de variétés , particulièrement suivant le siège qu'elle occupe.

Dans l'inflammation aiguë , dans le phlegmon proprement dit , le tissu cellulaire est d'un rouge plus ou moins vif et comme infiltré <!e sang; la sérosité a disparu, les aréoles sont beaucoup moins perméables que dans l'état naturel : plus tard , elles sont remplies d'une matière album ineuse concrète qui ressemble à une espèce de gelée. Les phénomènes ultérieurs diffèrent selon le mode de terminaison qui survient. Dans les cas les plus ordinaires, la suppuration s'établit, le pus se creuse une cavité qui s'agrandit continuellement , il se forme un abcès ; ou bien il se fait une absorption de la matière albumineuse épanchée , la résolution a lieu. D'autres fois cette matière semble s'organiser en même temps que sa consistance augmente ; elle se confond insensiblement avec l'organe qui l'a fournie : c'est ce qu'on observe dans la terminaison par induration. Dans la gangrène , le tissu cellulaire mortifié donne naissance à des escarres molles , d'une couleur blanchâtre ou grisâtre ; il se réduit en une sorte de putrilage.

L'inflammation chronique amène spécialemenl l'induration, comme on le voit dans les ulcères anciens. On trouve encore assez souvent à sa suite cette sorte de fragilité dont parle Bichat. Dans quel mes cas l'inflammation est accompagnée d'ùlcération et de destruction du tissu cellulaire.

Simplement divisé par suite d'une lésion mécanique , le tissu cellulaire se réunit assez promptement, s'il est en contact immédiat avec lui-même : c'est ce qui arrive dans le recollement des abcès , dans la réunion des plaies par première intention , etc. L'adhésion s'établit par l'intermède d'un fluide coagulable, qui

s'épanche , se concrète et s'organise , de manière à former un nouveau tissu pendant quelque temps plus dense que le tissu cellulaire ambiant , avec lequel il finit par se confondre.

Mis à nu par une solution de continuité avec perte de substance, le tissu cellulaire présente tous les phénomènes décrits de la formation des bourgeons charnus et de la cicatrisation. Vanhoorn a vu , dans les amputations , le tissu cellulaire graisseux disparaître d'abord à la surface de la plaie , pour être ensuite remplacé par un nouveau tissu , plus dense et plus résistant que le premier.

Les corps étrangers introduits dans le tissu cellulaire y déterminent une inflammation plus ou moins vive , la suppuration qui en résulte les entraîne peu à peu à l'extérieur , de sorte que , s'ils sont profondément situés, ils parcourent ainsi des trajets considérables. On voit alors ce tissu se rapprocher, se réunir constamment derrière le corps étranger, tandis qu'il suppure et s'ouvre au— devant de lui. Cette marche particulière de l'inflammation lui a fait donner le nom (¥ inflammation éliminatoire.

Dans quelques cas néanmoins les corps étrangers séjournent dans le tissu cellulaire sans y produire d'accidens. Il se forme autour d'eux un° espèce de membrane, de kyste, qui préserve de leur contact les parties environnantes : c'est ce qui se passe dans quelques épanchemens sanguins, quand la présence du caillot ne détermine pas la formation d'un abcès. La poche qui renferme le sang , dans les anévrysmes faux consécutifs , se produit par un mécanisme analogue.

Outre les corps inertes, solides, fluides ou gazeux, qui pénètrent accidentellement dans le tissu cellulaire , on y a trouvé de \éritables corps animés, des vers. Le cysticercus cellulosa, le filaria medinensis ou dragonneau proprement dit , des larves d'oestrus , ont été rencontrés par divers observateurs , non-seulement au-dessous de la peau , mais encore dans les interstices des muscles, dans l'épaisseur de la pie-mère, et jusque sur les os.

Divers tissus naturels de l'économie se développent accidentellement dans le système cellulaire.

Les transformations et nroductions osseuses ou cartilagineuses n'y sont point rares: on les observe particulièrement dans le

lissu cellulaire qui existe aux environs des membranes séreuses et synoviales, quelquefois dans celui qui pénètre la substance même des organes , moins fréquemment dans le tissu cellulaire sous-cutané. La texture fibreuse se montre assez souvent aussi dans le tissu lamineux ; on en trouve des exemples dans les parois de certains kystes , dans la production des tumeurs fibreuses, etc. C'est à la transformation de ce tissu en membrane séreuse que l'on doit rapporter la production de la plupart des kystes , qui se développent à ses dépens. Le mouvement fait encore naitre dans certains endroits des membranes séreuses accidentelles (vojr. le Système séreux). Les abcès et les trajets fistuleux anciens sont tapissés par une membrane qui a quelque analogie avec celles que comprend le système muqueux.

Toutes ces formes si variées que peut affecter le tissu cellulaire n'ont pas lieu de nous surprendre , si nous nous rappelons que la fibre qui le constitue fait en même temps la base de la plupart des systèmes organiques.

Les dégénérations proprement dites sont très-communes dans le tissu cellulaire : plus un organe en est abondamment pourvu , plus il est exposé à ce genre d'altérations. Mais elles n'attaquent pas seulement ce tissu , quand il se trouve combiné dans les divers organes avec les autres élémens dont ils se composent : le tissu cellulaire libre qui les entoure y est également sujet; celui-là même qui , accumulé dans certaines régions , y semble tout-à-fait isolé , n'en est point exempt. Ainsi , dans les tumeurs blanches des articulations, dans les affections cancéreuses des glandes, des viscères, le tissu lamineux est-d presque toujours confondu avec les parties malades qu'il revêt , et dégénéré comme elles. Ainsi trouve-t-on, dans les endroits où le tissu cellulaire est comme entassé, des masses squirrbeuses, carcinomateuses , tuberculeuses , fongueuses , dans lesquelles ce tissu seul paraît altéré.

§ III. Altérations dans le développement.

Le tissu cellulaire peut lui-même se développer accidentellement : on le rencontre dans un grand nombre de productions

morbides ; plusieurs d'entre elles en sont essentiellement formées. Il remplace les organes atrophiés ; il se produit à la surface des plaies suppurantes , où il constitue la membrane des bourgeons charnus. Le mécanisme de sa formation dans cette circonstance est loin d'être parfaitement connu : dire que c'est une extension , un prolongement du tissu cellulaire qui préexistait dans la partie , ce n'est pas expliquer comment cette sorte d'exubérance se développe. Tout porte à croire que c'est un tissu nouveau, formé, comme dans la réunion des plaies simples , par suite d'une exsudation de nature albumineuse ou du moins concrescible. Qu'ob— serve-t— on en effet dans une solution de continuité qui doit se guérir par cicatrisation ? L'hémorrhagie cesse , le sang est remplacé par un liquide séreux , la plaie se recouvre d'une couche molle, blanchâtre , d'abord faiblement adhérente ; bientôt cette substance, en apparence inorganique, se pénètre de vaisseaux: elle devient plus dense, on ne la sépare plus que difficilement des parties subjacentes , elle prend tous les caractères de la membrane des bourgeons charnus. Cette série de phénomènes n'a-t— elle pas la plus grande analogie avec ce qui se passe à la surface des membranes séreuses enflammées? Ne voit— on point, dans l'un et l'autre cas , un épanchement de lymphe concrescible , dont le résultat est la production d'une fausse membrane, qui , s'organisant , se change en un véritable tissu cellulaire?

( Béclard. )

NOTES ET ADDITIONS

AU

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