DE LA VIE ANIMALE
Anciennes éditions, T. i, p. n5, lig. 9; — édition Béclard , T. 1 ,p. 23o , lig. 9 : — k Différentes acceptions du mot ganglion... »
Le mot ganglion est un de ces termes que l'on voit se reproduire à chaque instant dans le langage anatomique , pour exprimer souvent des choses très-différentes : il importe par conséquent d'en fixer le sens précis.
Depuis Hippocrate on a constamment désigné par ce nom les tumeurs synoviales qui se développent sur le trajet des tendons revêtus de bourses muqueuses. Galien , le premier , l'a appliqué à certains renflemens nerveux; mais depuisles travaux de MM. G ail, Blainville , Reil et plusieurs autres , l'extension du mot ganglion a été singulièrement élargie : ces savans ont considéré comme un ganglion toute masse de substance nerveuse blanche et grise : ainsi les hémisphères cérébraux formeraient deux énormes ganglions, au-dessous desquels d'autres plus petits apparaitraient représentés par les pédoncules , les couches optiques , les corps striés , etc. Quelques personnes même ont été plus loin, en assimilant les plexus aux ganglions.
Enfin , le professeur Chaussier , faisant allusion à la différence tranchée qui sépare les glandes des renflemens lymphatiques , désigna ces derniers par le nom de ganglions , terme qu'il ap-
pliqua également, avec l'épithète de glandiforme, à ces amas de cryptes ou follicules qui constituent certains organes sécréteurs , la prostate , les amygdales , par exemple. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. i, p. 1 16, Ug. i ; — édition Béclard, T. i , p. a3i , Ug. 5 : — « C'est sur la disposition générale qu'est fondée la division des deux systèmes nerveux... »
La [division des organes nerveux en deux systèmes secondaires restera à jamais dans la science : elle est fondée sur des différences très-réelles et très— tranchées tant sous le rapport statique que sous le rapport dynamique. Mais est-il bien démontré que ces deux systèmes soient complètement séparés l'un de l'autre ? que l'un ait pour centre le cerveau , et l'autre les ganglions? Je ne le pense pas. Au contraire, on est d'autant plus fondé à croire à l'unité du système nerveux , que la nature a pris soin de la démontrer elle-même , soit à l'état sain, à l'aide de la continuité qu'elle a établie entre les deux systèmes , soit pa— thologiquement , en nous donnant la conscience des impressions douloureuses qui s'élèvent des organes auxquels est exclusivement réservé le système nerveux organique , conscience qui suppose la transmission de cette impression vers l'axe cérébro-spinal.
Au reste , il s'en faut de Beaucoup que tous les anatomistes partagent entièrement les idées de Bichat , sous le rapport qui nous occupe. M. Cuvier regarde plutôt le système nerveux comme représentant en entier un réseau immense , enlaçant tous les organes et toutes les parties , et présentant des centres multiples unis par des cordons de communication. M. Blainville le définit un amas de ganglions et de nerfs , les uns se dirigeant , par une marche excentrique , vers les organes , auxquels ils distribuent la sensibilité et le mouvement ; et les autres ren— trans ou centripètes , et se rendant vers une masse centrale , de manière à réunir toutes les actions particulières en actions d'ensemble , et à fonder les sympathies et la vie générale. Suivant M. Blainville , la première partie , la partie centrale du
système nerveux , est représentée par la moelle épinière ; une autre est constituée par les ganglions des sens et ceux des nerfs spinaux ; une troisième comprend les ganglions viscéraux , les ganglions cardiaques , sémilunaires , etc. ; la dernière enfin embrasse le trisplanchnique , qui communique avec les ganglions viscéraux et les met en relation avec le centre commun.
(F. Blandin.)
Anciennes éditions , imdi, lig. 6; — édition Béclard, ibid. , lig. 10 : — « Le système nerveux de la vie animale est exactement symétrique... »
Les idées que Bichat s'était formées a priori sur la symétrie parfaite de tous les organes de la vie de rapport , ont dû nécessairement lui faire croire à l'existence de la plus exacte symétrie dans le centre même des organes de relation. Il ne faut rien moins qu'une préoccupation de ce genre pour expliquer l'erreur que je vais ici relever : en effet , le sommet des hémisphères cérébraux présente , au plus haut degré , le défaut de ressemblance latérale ; les circonvolutions et les anfractruosités ne sont semblables à droite et à gauche , ni sous le rapport du nombre, ni sous celui de la direction ; en outre , on a vu souvent un des côtés de l'encéphale beaucoup plus développé que l'autre; et au moment où il traçait ces lignes dans son immortel ouvrage d' ' Anatomie générale , Bichat était loin de se douter que l'examen de son cerveau viendrait un jour fournir des argumens contre sa loi de symétrie. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. i, p, 1 18, lig. 1 1 ; — édition Béclard, T. i, p. 233, lig. 16. — « Bichat a omis de parler du centre nerveux cérébro-spinal, qui prêtait cependant à des observations importantes... »
Ce sont spécialement et presque seulement les cordons du s\j-
tème nerveux de la vie animale que Bichat va décrire dans cet article. Toutefois , comme il l'avait d'abord remarqué lui-même, et comme chacun le sait , ce système comprend encore les masses nerveuses cérébro-spinales qui en forment le centre : aussi peuton dire qu'ici V Anatomie générale présente une lacune dans sa partie descriptive. En effet , on est réduit , en lisant ces pages , à regretter que Bichat ne se soit pas élevé à des considérations plus générales, qui auraient embrassé et les centres et les cordons du système nerveux de la vie animale ; ou bien on voudrait que la description générale des centres nerveux suivît ou précédât celle de leurs prolongemens vers les organes. Les centres nerveux de la vie animale , en effet , ne présentent-ils pas une foule de conditions communes , soit sous les rapports de la position et de la forme extérieure , soit sous ceux de la structure et du développement ? Ne voit-on pas que tous ces centres médullaires sont placés dans des cavités profondes et à base osseuse ; cavités recouvertes en dehors par des parties plus ou moins nombreuses , et par la peau ; cavités tapissées en dedans par une membrane très-dense et fibreuse , la dure-mère , qui envoie dans les interstices des diverses parties du centre encéphalo-rachidien des cloisons plus ou moins prononcées ? Ne voit-on pas que, placés au— dessus et en arrière du canal digestif, dans les animaux articulés intérieurement , ils occupent au contraire une position inverse dans les animaux articulés extérieurement ? Ne voit-on pas que la surface extérieure de ces parties est flexueuse , et plus ou moins sillonnée par des dépressions appelées anfractuosités • dépressions que séparent des saillies flexueuses également , qui constituent ce qu'on nomme les circonvolutions , et que cette double disposition est surtout trèsmarquée dans le crâne ? D'une autre part , n'est-il pas à la connaissance de tout le monde que , parmi les anfractuosités de la surface extérieure des centres nerveux de la vie animale , il en existe déplus profondes que les autres; anfractuosités tout-à-fait rentrées à l'intérieur , et qui ont été décorées du nom particulier de ventricules, mais qui, en réalité, ne diffèrent pas essentiellement des autres plus petites ? Qui ne connaît la membrane vasculaire , immédiatement appliquée sur toute la surface des centres ner-
veux, membrane appeléepje-/«ère , et dans laquelle se résolvent d'abord tous les vaisseaux qui, plus tard, doivent pénétrer la pulpe délicate de l'organe nerveux? Qui ne sait que cette membrane existe dans le canal rachidien, où seulement elle est plus dense que partout ailleurs , et qu'elle s'enfonce dans toutes les anfractuo— sités, même dans celles que l'on peut appeler ventriculaires? Qui ne connaît la membrane séreuse, si bien nommée arachnoïde, qui se déploie sur tous les centres nerveux sans pénétrer dans leurs anfractuosités , si ce n'est dans celle qui constitue les ventricules ; fait anatomique contesté au reste par M. Magendie? Oui ne sait que les centres nerveux de la vie animale sont formés d'une matière qui n'est point partout homogène , bien que partout formée de globules distincts; mais que, dans certains lieux, elle est disposée en fibres continues les unes aux autres , tandis que, dans d'autres, elle forme des. amas irréguliers et isolés; que tantôt les fibres sont plus ou moins exactement parallèles à l'axe du centre nerveux, et désignées par les noms de longitudinales ou divergentes , que tantôt elles sont transversales et appelées commissures ou fibres rentrantes • enfin que les fibres longitudinales et transversales ne forment qu'un seul et même système, comme il résulte des aperçus deTiedemann,de Chaussier, et surtout des belles recherches de mon ami le docteur Fo— ville ? Qui ne sait que les vaisseaux de tous les centres nerveux sont soumis à cette loi en vertu de laquelle ils s'atténuent considérablement à la surface de ces organes , avant de les pénétrer? Qui ne sait enfin que, dans leur évolution, les centres nerveux passent par une foule de phases communes , et qui reprétentent transitoirement pour l'homme des états permanens à différens degrés de l'échelle zoologique ; de telle façon que , d'abord , ils sont constitués par une matière fluide, dans laquelle par la suite on voit progressivement se manifester une organisation et une densité de plus en plus marquées , modifications importantes qui se font dans tout ce système de bas en haut , ou de la partie coccygienne vers la partie céphalique des centres nerveux ? Qui ignore cpie , d'abord , on voit apparaître la substance fibreuse des centres nerveux , et surtout celle qu; est longitudinale ; tandis que la grise , ou non fibreuse , se forme plus
tard ; et que , par conséquent , on ne peut supposer à cette dernière la propriété de produire l'autre? Qui n'a reconnu que , dans les premiers temps de leur apparition , 1 0 les centres nerveux sont plus symétriquement disposés ; 2° qu'ils sont formés d'une simple membrane non flexueuse à sa surface ; 3° qu'ils sont ébauchés d'abord vers la base , dans le point qui doit toucher le corps des pièces vertébrales qui les protègent ; 4° qu'ils sont d'abord réduits à une lame aplatie et collée aux corps vertébraux ; 5° que cette lame se recourbe sur ses bords , et donne naissance à une gouttière plus ou moins profonde et ouverte en arrière ; 6" que plus tard enfin , cette , gouttière , presque complètement fermée, forme le principe des cavités ven— triculaires , d'abord confondues , puis séparées ? Enfin , ne résulte-t-il pas des travaux les plus récens sur cette intéressante matière , que le développement premier comme le perfectionnement secondaire des centres nerveux se succèdent de l'extrémité coccygienne vers l'extrémité céphalique ? Ch. Bell , Shaw , et M. Magendie n'ont-ils pas appris, comme nous le dirons bientôt , que dans les centres nerveux les parties inférieures -antérieures ont des fonctions relatives aux mouvemens généraux , que les parties supérieures— postérieures sont relatives à la sensibilité , et qu'enfin les parties latérales ont des rapports , dans certains points , avec les phénomènes respiratoires ? (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. i,p. 1 19, lig. 10; — édition Béclard, T. 1, p. a34 , Ug- 1 8 : — « Le cerveau ne fournit que deux nerfs, l'olfactif et l'optique... »
Ceux qui désignent sous le nom de cerveau toute la masse nerveuse placée , au- dessus des pédoncules cérébraux, sont fondés à admettre , avec Bichat , que les nerfs olfactif et optique naissent du cerveau. Mais aujourd'hui on confond avec la moelle allongée ou prolongée dans le crâne , non— seulement les pédoncules cérébraux , mais encore leur épanouissement vers les couches optiques et les corps striés ; on regarde
même ce que Bichat appelle le tronc du nerf olfactif, comme la terminaison antérieure ou ethmoïdale de la moelle allongée. Dans cette manière de considérer les choses , il est clair que les nerfs olfactif et optique ne naissent pas du cerveau. Au reste , l'analogie démontrée aujourd'hui entre les os de la base du crâne et ceux du rachis, suppose également une analogie entre les parties contenues dans ces cavités ; de là l'analogie reconnue entre la moelle vertébrale et les parties du cerveau placées sur les pièces vertébrales de la base du crâne , jusqu'à l'ethmoïde inclusivement ; de là l'idée que le bulbe olfactif n'est pas un nerf, mais un prolongement de la moelle d'où naissent les nerfs de l'olfaction. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. i, p. 121 , lig. 10 ; — édition Béclard , T. i,p. a36, lig. 19: — « Quelques physiologistes ont cru qu'il y avait entrecroisement dans chaque paire de nerfs, non-seulement au cerveau, mais encore à la moelle épinière... »
Si , en effet , l'entrecroisement des nerfs à leur origine a été plutôt supposé qu'aperçu , il n'en est pas de même de celui qu'admettaient dans la moelle épinière Petit , Lieutaud , Wins— low et d'autres anatomistes. Enlevez avec précaution la pie-mère qui recouvre la queue de la moelle allongée, écartez ensuite l'une de l'autre les éminences pyramidales antérieures, vous verrez manifestement les filets médullaires de la droite passer à gauche en se dirigeant obliquement vers le cerveau ; vice versa, ceux qui composent la .pyramide gauche gagnent, en montant, le côté droit. Au-dessus de cet entrecroisement en forme de natte , les pyramides sont unies par des fibres transversales qu'il ne faut pas confondre avec les obliques dont il s'agit ici.
Cette disposition permet d'expliquer comment les lésions qui existent au— dessus de cet endroit , soit dans le cerveau , soit dans la moelle allongée, déterminent la paralysie du côté opposé à celui qu'elles affectent. Au contraire , quand la moelle de l'épine est divisée transversalement et d'un seul côté , c'est celui-là
même qui est paralysé, comme Yelloly l'a prouvé : Galien avait déjà annoncé ce fait.
On dit avoir vu dans quelques cas la paralysie , et la lésion cérébrale qui en était la cause , occuper le même côté du corps , les mouvemens étant conservés du côté opposé. Il n'est guère possible de se rendre raison de ces faits insolites à moins d'admettre l'explication qu'en a donnée M. Gall. Cette explication est fondée sur ce que , parmi les faisceaux qui de la moelle épi— nière se portent au cerveau , les pyramides antérieures seules s'entrecroisent. Or, en supposant que le cerveau soit lésé dans un point où ses fibres ne se continuent pas avec celles des pyramides, le phénomène de l'entrecroisement n'aurait point lieu. Il resterait à savoir si cette exception se rencontrait dans les cas observés : c'est ce qu'on n'a pas constaté. (Béclard.)
Anciennes éditions , T. i , p. 122, lig. 26; — édition Béclard, T. 1, p. 238, lig. 6 : — « Souvent on observe des lésions de la substance cérébrale, sans altération des mouvemens au côté opposé... »
Je possède deux observations encore inédites d'hémiplégie coïncidant avec des lésions dans le côté correspondant du cerveau ; et dans les deux cas , la lésion occupait l'extrémité postérieure de l'un des hémisphères. Comme ce sont ces points vers lesquels se rendent les fibres cérébrales des éminences oli— vaires , éminences qui ne se croisent pas dans le bulbe supérieur de la moelle, comme le font les pyramides, il s'ensuit que l'explication de ce phénomène, en apparence contradictoire , est très-simple , et ressort naturellement de la disposition anatomique des parties. Toutefois, comme quelques personnes assurent avoir trouvé des épanchemens à la partie postérieure des hémisphères cérébraux, sans affection paralytique du côté correspondant : ce point de doctrine pathologique attend de nouveaux faits d'observation. (F. Blandin.)
Anciennes éditions , T. i,p. ia3 , lig. i ; — édition Béclard, T. i, ibid. lig. \L\ \ — «Le ne rf optique est le seul que la dure-mère n'abandonne pas pour se continuer avec le périoste... »
Le nerf optique ne fait pas complètement exception à la règle posée d'abord par Bichat. La dure-mère l'accompagne bien jusqu'à la sclérotique ; mais de plus , comme autour des autres nerfs , elle se continue avec le périoste au-delà du trou optique. Pour cela, elle se sépare en deux lames : l'une entoure le nerf jusqu'à l'oeil sans se continuer avec la sclérotique, l'autre se continue distinctement avec le périoste de l'orbite. L'espace angulaire formé par la séparation de ces deux feuillets de la dure— mère, est précisément le point où se fixent la plupart des muscles orbitaires , l'aponévrose de Zinn.
Ce n'est pas seulement dans l'état sain qu'il m'a été donné de constater la continuité de la dure-mère avec le périoste orbitaire : je l'ai vue encore dans l'état pathologique. Un jeune enfant auquel j'ai donné des soins pour une double exophtbalmie compliquée d'une affection cérébrale grave , ajant succombé , je trouvai , à l'ouverture du corps , une inflammation violente de la dure-mère et du périoste de l'orbite , inflammation qui avait produit un épanchement de matières pseudo-membraneuses entre ces membranes et les os sur lesquels elles s'appuient ; l'épanchcment , très-abondant à la partie postérieure de l'orbite , avait immédiatement déterminé l'ex— ophthalmie. (F. Blandin.)
Anciennes éditions , T. i, ibid. lig. 28 ; — édition Béclard, T 1, p. 269, lig. 10; — « Les deux nerfs qui viennent du cerveau sont beaucoup plus longs au dedans du crâne qu'au dehors... »
Cette proposition est vraie en ce qui touche l'olfactif, si l'on considère comme tronc de ce nerf le cordon blanc et
gris à la fois que l'on trouve dans une scissure du lobule frontal du cerveau. Mais dans l'état actuel de la science , il n'est plus permis d'adhérer à cette opinion : cette partie , formée à la fois de substance blanche et de substance grise , comme les centres nerveux, diffère d'un nerf sous tous les rapports. Les nerfs olfactifs naissent seulement sur la gouttière ethmoïdale , du bulbe olfactif , terminaison antérieure de la circonvolution cérébrale de ce nom ; et aussitôt ils traversent les trous de l'ethmoïde.
(F. Blamdin.)
Anciennes éditions, T. i,p. \i[\,lig. dern.; — édition Béclard, T. i, p. 1^0, lig. 16 : — • Note sur les racines sensitive et motrice des nerfs.
Tantôt les nerfs n'ont qu'une seule racine , tantôt ils en ont deux : cette remarque est aujourd'hui tout— à— fait capitale dans l'histoire des nerfs ; elle l'est devenue par suite de travaux postérieurs à Bichat , travaux que nous ne pouvons passer sous silence : — Les centres nerveux céphalo-rachidiens sont constitués de deux grandes divisions , distinctes sous le rapport dynamique plutôt que de toute autre manière : l'une , antérieure , tient sous sa dépendance immédiate les mouvemens qui se passent dans l'organisme ; l'autre au contraire , étrangère à la motilité des parties, a des relations très-intimes avec leur sensibilité. Dès lors on conçoit que certains nerfs, -comme l'optique, l'acoustique, qui ne sont réellement que sensilifs, ne doivent avoir qu'une racine plongée dans la colonne sensitive des centres nerveux; que d'autres, comme les moteur oculaire commun et moteur oculaire externe , qui sont exclusivement destinés à des muscles , doivent n'avoir qu'une seule racine liée à la colonne motrice de la moelle; qu'enfin d'autres nerfs plus compliqués, et tout à la fois moteurs et sensitifs, comme les nerfs brachiaux et tous ceux qui viennent delà moelle, doivent avoir une double origine, dans les colonnes motrice et sensitive des centres nerveux. C'est ce que démontre l'observation anatomique, qui est ainsi venue prêter tout le poids deson autorité aux résultats expérimentaux et physiologi-
ques dont nous sommes redevables aux ^travaux à jamais célèbres des Shaw , des Ch. Bell et des Magendie. Ajoutons enfin, qu'il existe , suivant Ch. Bell , une classe particulière de nerfs qui , placés sur la limite des nerfs sensitifs et moteurs , sont exclusivement destinés aux actions respiratoires , et qui naissent par une seule racine des parties latérales du bulbe supérieur de la moelle.
Des recherches qui me sont propres , et qui ont trait à l'origine des nerfs rachidiens , recherches que j'ai déjà publiées ailleurs, m'ont appris que les nerfs rachidiens, qui sont, comme on le sait, pourvus de deux racines , ne sont pas tous semblables sous le rapport du volume relatif de ces deux parties ; déjà M. Gall avait avancé que toujours la racine postérieure l'emporte sur l'antérieure , tandis que Béclard , au contraire , affirme que cela est vrai seulement pour les nerfs rachidiens supérieurs , mais que l'inverse a lieu en bas. Cette question était devenue importai) le depuis les recherches de M. Magendie, recherches qui ont appris que la racine antérieure des nerfs rachidiens \est formée de cordons moteurs , et la postérieure de cordons sensitifs. J'ai trouvé que la racine postérieure est à la racine antérieure , au col : : 2 : i ; au dos : i : : i ; aux lombes et dans la région sacrée : : i '/-a i ; résultat que l'on aurait3 pu prévoir à priori , et tout-à-fait en rapport avec ce que l'on sait de la sensibilité comparée des régions brachiale , thoraco-abdominale et crurale. Au reste , pour trouver bien tranchés les rapports que je viens d'indiquer des racines des nerfs rachidiens , il faut surtout examiner comparativement un des nerfs du plexus brachial, le sixième ou septième nerf dorsal , et l'un? des nerfs sacrés. Mon collègue et ami , M. Bouvier , avait auparavant démontré que dans les trous de conjugaison , et vers leur point de réunion, les deux racines des nerfs spinaux s'entrelacent, se confondent en une sorte de plexus duquel part la branche qui se distribue dans le muscle sacro-spinal et dans la peau du dos: ce fait offre une importance d'autant plus réelle, que quelques personnes , séduites par l'apparence, avaient cru que la branche dorsale dont il vient d'être question , émane seulement de la racine postérieure; et comme elle distribue la sensibilité et la motilité en arrière du rachis , elles en avaient naturellement inféré,
contre l'opinion de M. Magendie, que la racine postérieure des nerfs rachidiens n'est pas exclusivement sensitwe ; mais ici une erreur anatomique , comme la chose est souvent arrivée , avait conduit h une erreur physiologique. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. i, p. 129 , lig. i4; — édition Béclard , T. 1, p. , lig. 9 : — - « Il faut bien distinguer les communications des nerfs, d'avec leurs anastomoses... »
Cette distinction est rejetée généralement aujourd'hui ; Scarpa , en particulier, a montré que , dans les plexus , comme dans les anastomoses , les filets nerveux se confondent.
(Béclard.)
Anciennes éditions, T. i,p. 1 3 1 , lig. 10 ; — édition Béclard, T. i,p. 1^ , lig. i3 : — «Les divisions des nerfs surpassent en volume le tronc qui leur donne naissance...»
On observe en outre , dans les divisions des nerfs en branches, rameaux et ramuscules , que les filets vont toujours en grossissant, de sorte que l'ensemble des ramifications offre plus d'étendue que le nerf qui les fournit , que les cordons nerveux sont plus gros que le tronc dont ils se séparent : ainsi les trois branches de la cinquième paire surpassent— elles en volume le tronc qui leur donne naissance ; ainsi les extrémités nerveuses, si multipliées sur toutes les surfaces , ont— elles une étendue bien plus considérable que les troncs qu'elles terminent.
(Béclard. )
Anciennes éditions, T. i,p. i32, lig. s3; — édition Béclard, T. i? p- 249> Ugr § : — « On ne peut pas dire que les cordons d'un même nerf s'anastomosent les uns avec les autres... »
De même que dans les grands plexus , comme il a déjà été remarqué, on trouve une véritable inosculation des gros cordons qui les constituent ; de même , dans les plexus plus petits que l'on rencontre dans l'intérieur des nerfs, plexus établis entre leurs nombreux filets élémentaires , il existe une véritable fusion des parties entrelacées. Nulle part ailleurs cette disposition n'est aussi évidente que dans le nerf optique, où même elle est exagérée au point qu'une coupe faite sur ce nerf desséché après qu'il a été dépouillé de sa pulpe par la macération dans une solution alcaline , ne montre qu'une cellulosité intérieure , au milieu de laquelle on reconnaît à peine les canaux névrilématiques particuliers recouverts par le névrilème général.
( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. r, p. 1 34 > lig- a3; — édition Béclard, T. ï, p. 25 1, lig. io : — « Le tissu cellulaire contient peu de nerfs...»
Si l'on considérait comme appartenant au système cellulaire tous les nerfs qui le traversent , nul doute que l'on ne dût adopter l'opinion que ce tissu est un des plus avantageusement partagé sous ce rapport ; mais , placé autour des organes comme une sorte d'atmosphère , ce tissu est traversé nécessairement par tous les nerfs qui se portent à ces organes , et ces nerfs ne lui appartiennent que par leur trajet. On s'accorde généralement à considérer maintenant le tissu cellulaire comme excessivement peu nerveux , ainsi que le fibreux qui n'en est qu'une modification fort simple. ( f. Blandin. )
Anciennes éditions , ibid. , lig. 3o. — édition Béclard , ibid. , lig. 1 6 : — « Les tissus cartilagineux, fibro-cartilagineux, etc., sont dépourvus de nerfs... »
Les nerfs de la vie animale qui se rendraient dans les os et leur membrane médullaire, dans les cartilages et les fibre— cartilages , sont complètement inconnus. Quant à l'épiderme , à la partie cornée des poils , aux ongles , il est aujourd'hui trop clairement démontré que ces parties ne sont point vivantes et qu'elles sont simplement des produits de sécrétions particulières , pour qu'il soit besoin de dire qu'elles manquent complètement de nerfs. (F. Blandin. )
Anciennes éditions , ibid. , lig. 32 ; — édition Béclard , ibid. , lig. 19 : — « On ignore comment chaque filet nerveux se comporte à son extrémité...»
Les nerfs se terminent toujours en s'épanouissant dans la surface tégumentaire : ce sont des épanouissemens nerveux qui y forment principalement les papilles , et c'est encore la même disposition qui , plus prononcée dans certains points de la peau ou de la membrane muqueuse doués d'une sensibilité plus exquise pour servir à un sens particulier, constituent les parties essentielles de l'œil, de l'oreille, etc. Dans d'autres lieux , les nerfs , suivant quelques anatomistes , se terminent en formant des anses anastomotiques : dans les muscles , par exemple , suivant MM. Prévost et Dumas, ces anses nerveuses seraient perpendiculaires à la direction des fibres , et embrasseraient exactement le sommet des angles ou flexuosités qu'elles présentent dans l'état de contraction. (F. Bjlandin.)
Anciennes éditions, T. i,p. i3o,, lig. — édition Béclard, T. i, p. 256, lig. sa : — « La piemère est celle des membranes du cerveau qui a le plus d'analogie avec le névrilème... »
La pie-mère et le névrilème sont deux membranes essentiellement analogues : l'une et l'autre reposent immédiatement sur la pulpe nerveuse ; l'une et l'autre , membranes vasculaires du système nerveux, reçoivent d'abord les vaisseaux, qui s'y atténuent considérablement avant de pénélrer dans la partie pulpeuse; l'une et l'autre .sont intrinsèquement tissues défibres cellulaires de densité variable, mais qui, néanmoins, ne sauraient cesser de rester analogues ; l'une et l'autre sont continues , et ne forment qu'un seul et même système , étendu aux centres et aux prolongemens nerveux. Enfin, cette membrane nercoso — encéphalique esi à son minimum de densité et à son maximum de vascularité sur l'encéphale : tandis qu'on la voit offrir des conditions complètement inverses, à mesure qu'on la suit au-delà de ce point , sur la moelle et sur les nerfs ; jusqu'à ce qu'enfin , les cordons nerveux étant arrivés dans les organes , elle se ramollisse graduellement d'abord , puis disparaisse en s'identifiant avec le tissu cellulaire intime de la partie. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. i, p. il\o, lig. 17 ; — édition Béclard, T. 1, p. a58, lig. 17 : — « La piemère comprime pour ainsi dire la substance mé-r dullaire à laquelle elle sert de canal... »
Il paraît d'ailleurs que cet état de compression est absolument nécessaire aux fonctions nerveuses, car toutes les autres parties de ce système y sont également soumises : la masse encéphalique n'est pas pressée par la pie— mère , mais par la boite qui lui sert de réceptacle ; la pulpe des nerfs est soumise à une pression très— évidente de la part de son névrilème ,
comme on peut en juger sur chaque cordon coupé en travers , par la saillie mamelonnée que la pulpe l'ait alors sur la surface au-dessus du névrilème. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T r, p. 1 44 1 Hg- — édition Béclard , T. i, p. 262 , lig. 1 : — « 1! y a beaucoup d'analogie entre les substances médullaires du cerveau et des nerfs.., «
Pour comparer exactement la pulpe des nerfs avec la matière cérébrale , il ne faut pas oublier que cette dernière est formée de deux variétés ou substances qui ne sont pas complètement identiques: l'une, la grise, très— vasculaire , disposée en masses séparées les unes des autres, et formée par des globules non disposés en séries linéaires ; l'autre, la blanche, peu abondante en vaisseaux, offrant partout la disposition fibrillaire , et constituant un seul système partout continu, comme il résulte des recherches de M. Foville; celle-ci apparaissant la première chez l'embryon ; celle— là , au contraire , se dessinant en dernier lieu. Or, c'est avec la substance blanche de l'axe cérébro-spinal que la pulpe des nerfs offre surtout de l'analogie ; on pourrait même dire que ces deux matières sont tout— à-fait semblables anatomiquement et physiologiquement. Quant à ce qui touche ce dernier point , on sait , en effet , que la matière blanche des centres et des cordons nerveux est formée de filets conducteurs du sentiment ou du mouvement. (F. Blandin.)
Anciennes éditions T. 1 , p. 1 4<) , lig- 4? — édition Béclard, T. 1, p. 266, lig. 18 : — Analyse chimique de la substance cérébrale.
La substance cérébrale a été analysée par les chimistes mo» dernes. M . Vauquelin y a trouvé , i° deux matières grasses parti-, culières unies à une certaine quantité de phosphore, 1° de l'eau qui en forme les 80,00, 3° de l'albumine , 4° de l'osmazôme , 5° du
soufre , 6° des phosphates de potasse , de chaux et de magnésie > 70 des traces de muriate de soude.
Des deux matières grasses , l'une est blanche , brillante , d'une consistance molle et visqueuse. Elle se distingue de la graisse proprement dite par son apparence cristalline, par la facilité avec laquelle l'alcool la dissout, et parce qu'elle prend une couleur noire quand on la chauffe. Si on l'enflamme , on obtient pour résidu un charbon qui contient de l'acide phosphorique. Elle constitue les 4>53 de la substance du cerveau. L'autre matière grasse y est beaucoup moins abondante, et ne diffère de la précédente qu'en ce qu'elle a une couleur rouge, une odeur et une saveur fortes , et qu'elle est plus soluble encore dans l'alcool.
Les mêmes principes se retrouvent dans la moelle épinière : la roportion de la matière grasse y est plus grande; il y a, au contraire, moins d'albumine, d'osmazôme et d'eau. La moelle allongée offre les mêmes différences.
C'est l'albumine qui prédomine dans les nerfs : les matières grasses blanche et rouge y sont en très-petite quantité.
( Béclard. )
Anciennes éditions, T. i,p. lig. io; — édition Béclard, T. i , p. u68, lig. 3a : — «La substance médullaire du nerf auditif ne ressemble pas à celle du trijumeau, etc.. »
Il est bien établi aujourd'hui que des différences essentielles existent entre les nerfs et leurs divers filamens sous le rapport des fonctions , puisque les uns sont spécialement et exclusivement sensitifs , tandis que les autres président seulement à la motilité. Toutefois ces différences sous le point de vue dynamique entraînent-elles, ou plutôt sont-elles produites par des variétés de stucture , comme le suppose Bichat ? la chose est possible, mais nous sommes forcés de convenir que ce serait d'une manière hypothétique qu'on l'admettrait dans l'état actuel de la Science. On voit bien , en effet , des différences entre les nerfs optique , olfactif , acoustique et trijumeau ,
sous le rapport anatomique , ainsi que Bichat le fait remarquer; mais il se pourrait qu'elles fussent nécessitées seulement par les localités dans lesquelles se trouvent ces nerfs. D'abord elles paraissent porter sur le névrilème , et point sur la substance médullaire ; or , il est tout simple que cette membrane, essentiellement protectrice et isolante , offre une épaisseur et une densité plus ou moins grandes, suivant que le cordon nerveux auquel elle appartient s'éloigne plus ou moins de la boite céphalo-rachidienne, lieu dans lequel il était efficacement protégé par la cavité osseuse elle-même. Peut-être est-ce là tout le secret des différences tranchées qui séparent , sous le point de vue statique , les nerfs acoustique , olfactif et trijumeau , par exemple.
Sans doute des variétés d'organisation interne peuvent coïncider dans les nerfs avec la variété de destination ; mai-; rien encore ne le démontre, ainsi que nous l'avons exposé précédemment ; et dans l'impuissance où nous nous trouvons de résoudre ce problême , nous pourrions tout aussi bien nous rendre compte des faits , simplement par les différences réelles de distribution èt de fusion des nerfs dans les organes. (F. Blandin.)
Anciennes éditions , T. t, p. 1 5a , lig. 22 ; — édition Béclard, T. \\ p. 270, lig. \l\: — «L'inspection prouve que la substance médullaire des nerfs optique, auditif, olfactif, n'est pas disposée par filamens.... »
La disposition fibrillaire des nerfs optique , auditif et olfactif est aujourd'hui généralement reconnue. Il suffit, pour la constater , de faire macérer leur tronc pendant quelque temps dans l'acide nitrique étendu d'eau , et de dissoudre ainsi le névrilème plus ou moins ténu qui les entoure. La substance de la moelle épinière n'est pas plus que la pulpe des nerfs une bouillie stagnante^ dans le canal de la pie-mère : elle est formée de fibres dirigées les unes longitudinalement , les autres transversalement.
Les premières émanent , en arrière , des corps restiformes ; en avant, des pyramides; sur les côtés, des olives. Les secondes, continues avec celles-ci , mais apercevables au fond des sillons médians antérieur et postérieur , forment la commissure de la moelle. Les fibres de la substance blanche du prolongement rachidien et de l'encéphale , semblables à celles de certains nerfs , sont très-serrées les unes contre les autres, et entourées d'une gaîne cellulaire très-ténue, double raison pour laquelle elles ne sont bien évidentes qu'après la préparation par l'acide nitrique indiquée précédemment. Au reste , pendant toute la vie intrautérine, ces fibres sont bien plus distinctes. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. i,p. i54, lig- 10; — édition Béciard, T. ï, p. 272 , lig. 4 — - « Les rameaux vasculaires pénètrent de tous côtés dans l'intérieur des nerfs... »
Ces rameaux traversent presque à angle droit l'enveloppe celluleuse du nerf ; chacun d'eux se divise presque aussitôt en deux rameaux secondaires, l'un ascendant , l'autre descendant, lesquels se subdivisent en s'anastomosanl avec les canaux voisins (Reil). Meckel rapproche cette disposition de celle des artères du cerveau, comme pouvant servir, de même que cette dernière, à modérer l'impulsion du sang. (Béclard.)
Anciennes éditions, T. 1, p. i56, lig. 5; — édition Béclard, T. 1, p. 27 4, Hg- M» — « L'origine des nerfs ne peut être comprimée par le sang qui se porte au cerveau ou dans la moelle... »
Le nerf moteur oculaire commun fait cependant excep-r tion à la règle posée ici par Bicbat : placé, à son origine, entre les artères cérébrale postérieure et cérébelleuse supérieure, il peut subir un certain degré de compression , lorsque ces vais-
seaux sont dilatés d'une manière anormale par l'abord d'une grande quantité de sang. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. i, p. i5j', lig. 21 ; — édition Béclard, T. 1, p. 275, lig. 28; — « Le névrilètne peut avoir des usages que nous ignorons... »
La sécheresse et la densité du névrilème le rendent mauvais conducteur du fluide électrique ; aussi les partisans de l'hypothèse de l'identité des fluides nerveux et électrique, hypothèse d'ailleurs non encore complètement renversée, ont-ils considère cette membrane surtout comme un corps isolant. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. 1, p. 161, lig. 8; — édition Béclard, T. i,p. 279, ligne dernière : — « Les nerfs ont une force de résistance considérable...»
Les nerfs jouissent d'une force de résistance considérable qu'ils doivent exclusivement.! leur névrilème. Lorsque, dans une opération, un d'entre eux a été serré avec un vaisseau dans l'anse d'une ligature , il résiste beaucoup à la section , et le fil demeure long-temps dans la plaie : cette circonstance est la cause la plus commune du retard dans la chute des fils à ligature, après les opérations chirurgicales. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. 1, p. 169, lig. i4; — édition Béclard, T. 1, p. 288, lig. 16: — « Il paraît que les nerfs cérébraux sont également essentiels aux deux espèces de sensibilité animale... »
. Beaucoup de vague règne encore à cet égard dans la science ; en effet , d'une part , il n'est pas possible de déterminer exactement jusqu'à quel point le nerf optique est,
ou non , étranger à la sensibilité générale de l'œil , l'olfactif à celle de la pituitaire , etc. ; et de l'autre les expériences de M. Magendie ont prouvé l'influence remarquable du nerf de la cinquième paire sur la sensibilité particulière de l'œil et de la pituitaire, influence qu'indiquait déjà pour l'œil cette observation faite depuis long-temps en chirurgie, que la section du nerf sus— orbitaire a quelquefois déterminé l'amau— rose. Peut-être même, suivant M. Magendie, le nerf de la cinquième paire est-il essentiellement nécessaire à la sensibilité spéciale de ces appareils. Toutefois , pour décider cette dernière question , je pense qu'il faut attendre encore de nouveaux faits , recueillir de nouvelles observations.
Chez certains animaux, comme la taupe, chez lesquels le globe de l'œil est peu développé , l'influence du nerf trifacial sur les fonctions de l'œil ne peut être révoquée en doute ; car la nature paraît ne pas avoir voulu envoyer à cet organe deux nerfs distincts, comme la chose a lieu ordinairement ; la seule branche ophthalmique de Willis y remplit alors à la fois ses fonctions accoutumées et celles qui appartiennent au nerf optique , qu'elle produit. Telle est du moins, sous ce rapport, l'opinion généralement admise , opinion cependant combattue récemment par M. Geoffroy-Saint-Hilaire , qui soutient que, chez la taupe, le nerf optique s'accole dans le crâne au nerf de la cinquième paire , et qu'alors il y a seulement séparation de ces deux cordons à l'endroit où l'on a cru à la production du nerf optique par la cinquième paire, à peu près comme on voit le filet supérieur du nerf vidien s'accoler d'abord au nerf facial , puis s'en séparer plus tard pour pénétrer dans la caisse du tympan. (F. Blanmn.)
Anciennes éditions, T. 1, p. 171, Ug. — édition Béclard, T. îyj>, 290, Ug. 12 : — «Comment les impressions faites sur les organes intérieurs arrivent-elles au cerveau... »
La difficulté élevée ici par Bichat devait lui paraître grande , d'après ses idées sur la séparation absolue des systèmes nerveux organique et cérébro-spinal ; mais aujourd'hui que l'on
s'accorde généralement à considérer le système nerveux comme unique, aujourd'hui que les différentes branches par lesquelles les nerfs rachidiens s'anastomosent avec le grand sympathique , sont considérées comme les origines nombreuses de ce dernier ; on conçoit parfaitement comment des organes dépourvus de nerfs de la vie animale transmettent des impressions pénibles au cerveau, sous l'influence du moindre contact.
Ce qui a jeté de l'obscurité sur les moyens de communication entre le cerveau et les organes intérieurs , sous le rapport des sensations internes , c'est la nature même et le mode d'action des nerfs appelés sympathiques . On verra plus tard que ces cordons, différensdes nerfs cérébro-spinaux, sous le rapport statique en diffèrent bien plus encore sous les rapports fonctï'on— nels. Dans l'état ordinaire , ils ne paraissent que peu propres à transmettre les impressions au cerveau , ou à communiquer aux organes les volitions de ce centre nerveux ; mais une irritation anormale ou pathologique vient-elle à les atteindre , alors la scène change complètement : ils deviennent des conducteurs parfaits. On dirait que leurs fonctions doivent seulement commencer lorsqu'une*cause de' destruction agit sur l'organisme ; et qu'alors seulement , ils préviennent le cerveau de la manière d'être des parties auxquelles ils appartiennent. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, ibid, lig. 18; — édition Béclard , ibid, lig. 11 : — « Les muscles de la vie animale ne font presque pas éprouver de douleur, lorsqu'on coupe leur tissu sans intéresser les filets nerveux... »
On sait parfaitement aujourd'hui pourquoi jles muscles, si avantageusement partagés sous le rapport du nombre et du volume des nerfs , ne sont que peu sensibles aux impressions douloureuses : c'est parce qu'ils reçoivent des nerfs qui naissent presque exclusivement de la colonne antérieure de la moelle épinière, et dans lesquels , par conséquent , les filets sensitifs l'emportent de beaucoup sur les filets moteurs.
Au reste , cette distinction des nerfs , en nerfs sensitifs et moteurs, distinction ignorée de Bichat, et reconnue aiqourd'hui depuis les travaux de MM. Magendie , Ch. Bell, Shaw , etc. , avait été dès long-temps entrevue par Hérophile , professeur d'anatomie dans la célèbre école d'Alexandrie , Hérophile aux leçons duquel les rois de l'Egypte ne dédaignaient pas d'assister.
(F. Blanîhn. )
Anciennes éditions, T. i,p. 173, lig. 1 ; — édition Béclard, T. i,p. 292, lig, 7 : — « Quelques auteurs ont admis une atmosphère nerveuse...»
L'hypothèse de l'atmosphère nerveuse doit d'autant moins être rejetée sans examen , que l'on est loin , ce me semble, d'avoir complètement démontré la différence des fluides électrique et nerveux ; et , s'il était vrai , comme beaucoup de personnes sont encore tentées de le croire aujourd'hui , que l'électricité jouât un grand rôle dans le? fonctions nerveuses , il 'èàt évident qu'aux extrémités des nerfs ce fluide pourrait d'autant mieux agir à distance , que ce mode de propagation est une des conditions générales de son existence, et que les nerfs, ses conducteurs, se dépouillent de leur névrilème , véritable corps protecteur et isolant. • (F. Blandiw. )
Anciennes éditions, T. 1 , p. 174, lig- 18; — édition Béclard, T. 1, p. 293, lig. 26: — «Quelques auteurs ont admis l'existence d'un fluide parcourant les canaux insensibles des nerfs... »
Depuis Bichat , de nouvelles expériences ont été faites dans le but de déterminer l'existence d'un canal central dans les nerfs. On savait déjà que les nerfs sont susceptibles d'être distendus par le mercure; plusieurs anatomistes s'étaient même servi de ce procédé pour conserver des nerfs desséchés. En 181 5, Bogros ,
prosecteur de la Faculté de Médecine de Paris , anatomiste habile et très— versé dans l'art des préparations , crut pouvoir conclure des recherches auxquelles il s'était livré « que chacun des filets qui composent un cordon nerveux , soit que ce cordon appartienne à la vie de relation , ou qu'il dépende du grand sympathique , est creusé a son centre d'un canal perméable à l'injection ; que les ganglions nerveux participent à la structure
canaliculée.. . ; que les canaux nerveux sont d stinés à la circulation d'un fluide particulier , principe du sentiment et du mouvement , fluide dont la nature nous serait encore inconnue , et dont il nous serait seulement donné de connaître les voies. » A l'appui de l'opinion de Bogros , on peut alléguer la marche rapide du mercure dans quelques cas , marche telle qu'il paraît difficile de supposer que ce métal ne s'ouvre un passage qu'en déchirant et déplaçant.la substance nerveuse. Contre cette doctrine, au contraire, on peut invoquer, d'une autre part, l'opinion de M. Blain— ville , qui pense que , dans ces injections , il y a simple déplacement de la pulpe nerveuse ; ainsi que les travaux de MM. Bres— chet et Raspail , travaux desquels ces anatomistes infèrent que le mercure file le plus ordinairement dans le tissu cellulaire sous-néïrilcmatique , qu'il peut aussi déplacer la substance nerveuse, ou s'insinuer dans quelques-uns des vaisseaux sanguins ou lymphatiques qui suivent les trajets des nerfs. Enfin nous devons dire que les nombreuses expériences répétées par Bogros en présence de M. Blainville , l'un des commissaires nommés par l'Académie des Sciences pour vérifier les faits avancés dans le Mémoire de ce jeune anatomiste , n'ont point confirmé les conclusions qu'il avait cru pouvoir déduire de ses précédentes recherches. (F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. i, p. 176, lig. 6; — édition Béclard, T. 1, p. 20,5, lig. 16: — «Point de tumeurs, de fongus, d'ulcérations, dans le tissu nerveux... »
Si les nerfs sont moins fréquemment que les autres or—
ganes le siège de tumeurs , de fongus , d'ulcérations , toujours est-il constant aujourd'hui qu'ils présentent quelquefois ces états morbides. V oy. , à la fin de ce Système, une note de Béclard.
Anciennes éditions, T. i,p. 178, lig. i3; — édition Béclard, T. 1 , p. 297 , lig. 3i : — « La circulation capillaire est indépendante des nerfs cérébraux... »
Bichat va trop loin en affirmant que la circulation capillaire est tout-à-fait en dehors de l'influence des nerfs de la vie animale. En effet, liez où coupez un nerf, vous produirez un refroidissement considérable de la partie dans laquelle il se rend , et, par conséquent , vous modifierez le système capillaire et les phénomènes nutritifs qui s'y passent , vous rallentirez la circulation. On sait que le meilleur moyen de faciliter le rétablissement de la circulation au— dessous de la ligature , après l'opération de l'anévrysme , c'est de lier l'artère immédiatement , sans comprendre dans l'anse du fil les nerfs qui l'accompagnent. On sait que des conditions inverses ont souvent produit la gangrène du membre , sans doute en raison de l'atonie dans laquelle se trouve jeté le système capillaire correspondant. Au reste , la plupart des raisons qu'allègue Bichat , pour établir une doctrine contraire, sont plus spécieuses que solides : la circulation , comme il le dit , a lieu dans les cartilages , dans les os, là où ne pénètrent point les nerfs de la vie animale ; mais n'est-il pas probable que c'est ce défaut d'influence des nerfs de la vie animale sur la cirlation capillaire des os et des cartilages qui imprime à celle— ci cette lenteur connue de tout le monde, lenteur qui , elle— même, est la raison du peu de vitalité de ces organes ? Au reste , en soutenant que la circulation capillaire est soumise à l'influence nerveuse , j'entends dire seulement que les nerfs lui impriment quelques modifications , sans pour cela la déterminer essentiellement. Il est clair enfin que la circulation peut être conçue, et que , par le fart , elle a lieu dans quelques points sans son intervention. De ce que l'inflammation peut survenir partout, et de
«ne que là où il y a le plus de nerfs , ce n'est pas là ou l'inflammation est plus commune , comme dans les muscles , il n'en faut pas conclure que les nerfs sont étrangers à la circulation capillaire : car les causes de la phlegmasie agissent sur les vaisseaux et non sur les nerfs ; et si la circulation capillaire normale peut être conçue sans l'influence nerveuse, la circulation capillaire anormale qui caractérise l'état inflammatoire peut l'être également : seulement , dans ce cas , elle revêt des caractères particuliers. (F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. i, p. 176, h'g. i3; — édition Béclard, T. up. 297 , lig. 3i : — «La circulation capillaire est indépendante des nerfs cérébraux... )>
S'il a été établi dans la note précédente, contradictoirement à la doctrine de Bichat, que les nerfs de la vie animale, dans les lieux où ils se rencontrent, exercent une véritable influence sur le système capillaire , il faut bien admettre aussi qu'ils ont une action semblable sur les phénomènes qui s'y passent , l'exhalation, l'absorption et la nutrition. Pour ce qui regarde l'influence nerveuse sur cette dernière , les preuves abondent : l'histoire de la plupart des atrophies des organes en fait foi. D'autre part, l'influence des nerfs sur les phénomènes d'exhalation et d'absorption me parait ressortir de ce fait , que l'exhalation et l'absorption de la peau sont activées par l'état de sommeil. En effet , alors le système nerveux seul a cessé son action , et ces phénomènes ont été modifiés : ne parait-il pas probable, par conséquent, que ce système nerveux maintient ces fonctions dans leur état normal, peut-être en tenant pressées plus fortement les unes contre les autres les diverses parties élémentaires delà membrane tégumentaire , de manière à empêcher les fluides de marcher avec autant de facilité dans ses interstices? (F. Blandtn. )
Anciennes éditions, T. i, p, i85 , lig. 20; — édition Béclard , T. 1 , p. 3o5 , lig. 7 : — « Quelquefois deux nerfs du même côté sympathisent sans appartenir au même tronc : ainsi une lésion du nerf frontal a été plusieurs fois suivie d'une cécité subite par l'affection du nerf optique... »
Qu'on ne s'y trompe pas; ici, comme partout ailleurs, le mot sympathie est d'un vague désespérant ; il exprime seulement l'état peu avancé de nos explications physiolo— gico-pathologiques: c'est une inconnue enfin qu'il faut accepter comme telle, sous peine d'erreur , et dont par là on doit prendre l'engagement de rechercher la valeur cachée. -A mesure que la science marche , on voit successivement des explications naturelles et claires remplacer celles qui d'abord avaient eu pour base la complaisante sympathie. Ainsi , du temps de Bichat , il était tout simple de considérer comme une affaire de sympathie la lésion des fonctions oculaires , après les blessures du nerf frontal- mais aujourd'hui il en est tout autrement: les expériences de M. Magendie nous ont appris , en effet , que le nerf de la cinquième paire prend une part très— grande dans la sensibilité de la face et des organes des sens ; rien déplus simple et déplus facile à concevoir par conséquent que la lésion de la vision dans le cas supposé , puisque l'une des branches du nerf de la cinquième paire a été atteinte , et que l'altération de celle— ci a pu être ressentie par le tronc qui lui donne naissance. Ce n'est plus enfin un phénomène sympathique , puisque l'on voit une liaison nerveuse directe entre la partie d'où dérive la cause et celle où à l'effet est produit. ( F. Blandin.)
Anciennes éditions, T. 1, p. 192, lig. 20; — édition Béclard , T. 1, p. 3i2, lig. ao: — « Comment expliquer le vomissement qui survient dans le cas d'irritation de la luette... »
Bichat , qui considère le vomissement comme le simple pro-
tîuît de la contrnctilité organique sensible de l'estomac, et qui à priori a établi que les muscles involontaires ne sont point sous la dépendance du système nerveux de la vie animale, ne peut concevoir le vomissement dans les cas d'irritation de la luette : mais aujourd'hui que nous savons la part très-grnnde qu'ont , dans l'acle du vomissement , les muscles des parois abdominales supérieure et antérieure , le vomissement , dans les cas cités , nous paraît tout aussi facile à concevoir que la toux lorsque des mucosités irritent le larynx. Dans l'une et dans l'autre circonstances , la partie stimulée transmet au cerveau , à l'aide de ses nerfs , l'impression qu'elle a reçue ; et non-seulement celui-ci agit sur les muscles abdominaux ou thoraciques avec une énergie qui toujours est en rapport avec la force de l'impression qu'il mais encore souvent il ne peut empêcher, si ce n'est momentanément , cette réaction. ( F. Blandin.)
Anciennes éditions , T. i, p. io,5 , lig. a3 ; — édition Béclard, T. i, p. 3r6, lig. 8: — «Les nerfs se reproduisent-ils quand ils ont été coupés... ?»
Voy. à la fin de ce Système la note d'anatomie pathologique.
Anciennes éditions, T. i, p. 198, lig. 11; — édition Béclard, T. i,p. 319, lis. 1 : — « On dirait qu'en créant d'abord le cœur et le cerveau , la nature a voulu poser les fondemens de l'organisation des deux vies. . »
Le cerveau , loin de précéder dans le développement les autres parties du système nerveux de la vie animale , est , au contraire , le dernier sous ce rapport. De bonne heure , sans doute , le crâne offre un grand volume , mais sa cavité n'est encore distendue que par un liquide , au sein duquel doivent apparaître les premiers linéamens d'organisation de l'encéphale ,
mais dans lequel on ne saurait dire qu'il existe déjà. Au reste , dans le même temps , de toutes parts , on trouve les nerfs parfaitement dessinés hors de la boîte encéphalo-rachidienne ; bien mieux encore, à une époque plus avancée , la moelle épinière et la protubérance annulaire existent, tandis que le cerveau est rudimentaire; il en est de même pour le cœur, comme il sera dit plus tard. ( F. Blandin. )
Anciennes éditions, T. i, p. 200, lig. 16; — édition Béclard , T. 1, p. lig. il. — « L'ex-
trême mollesse du cerveau rend extrêmement difficile sa dissection chez le fœtus...»
A l'aide de l'alcool concentré , on donne à l'encéphale mollasse du fœtus une consistance suffisante pour l'étudier d'une manière convenable. Il suffirait, pour le prouver , de citer à cet égard les belles recherches de MM. Tiedemann et Serres.
( F. Blàndin. )
Anciennes éditions, T. 1, p. ao3 , lig. 1 ; — édition Béclard, T. 1, p. 32/j, Hg- 2 : — « Le cœur manque rarement chez les fœtus acéphales...»
Ce n'est pas seulement dans ce point de ses ouvrages que Bic' al émet cette idée sur la rareté de l'absence du cœur : par conséquent , c'est pour lui une croyance arrêtée , qu'il importe d'autant plus de relever qu'elle est entachée d'une inexactitude grave. On sait au contraire aujourd'hui, de la manière la plus positive , que le cœur manque fréquemment chez les fœtus acéphales ; celte absence du cœur constitue même un caractère tellement constant de Vacéphalie , qu'un anatomiste (Elben) a décrit les fœtus de cette classe sous le nom de monstres sans cœur , et que l'on cile à peine deux cas bien constatés de persistance du centre circulatoire chez les acéphales. (F.Blandin.)
Anciennes éditions, T. i, p. 210, lig. 4; — édition Béclard, T. 1, p. 33 i, lig. 21 : — « Le vieillard a le cerveau extrêmement consistant... »
Il y a ici véritablement erreur : loin de prendre de la consistance chez le vieillard , les centres nerveux de la vie animale deviennent mous, et tendent en cela à revenir à l'état dan lequel ils étaient chez l'enfant. Du reste, ce n'est pas seulement soUs le rapport anatomique que l'on observe ce rapprochement entre la manière d'être du système nerveux aux deux extrémités de la vie : tout le monde connaît la frappante analogie qui les rapproche encore sous les points de vue physiologique et pathologique. (F. Blandin. ) I
Anciennes éditions , T. 1, p. 2 1 1 , lig. 26 ; — édition Béclard, T. 1, p. 333, lig. Ï9; — « Les nerfs éprouvent les mêmes changemens que le cerveau... »
L'encéphale et les rierfs diminuent réellement de Volume chez le vieillard : Tenon et d'autres l'ont constaté pour le cerveau. Il se passe un phénomène opposé dans l'amaigrissement rapide et l'atrophie des organes , après les maladies aiguës : le système nerveux , conservant son volume , se trouve prédominant; de là l'excès d'irritabilité qui se remarque chez ces individus. (Béclard.)
Anciennes éditions, T. 1, p. 212, ligne dernière^ — édition Béclard, T. i,p. 334, ligne dernière :