AÜ SYSTÈME -VASCULAIRE A SANG ROUGE. Q
les syncopes qui surviennent , ne cesse qu’ù la mort de l’animaL Lorsc[u’au contraire la gaine est restée intacte, i“. si la plaie est longitudinale, au jet de sang qui s’échappe succède la foi’mation d’un caillot qui ferme l’ouverture , puis celle-ci se cicatrise , comme dans le cas de simple piqûre : seulement la cicatrice reste apparente ; elle est linéaire , continue au tissu de l’artère , et se volt très-bien en ouvrant cette dernière et regardant ses parois contre le jour. 2.°. Si la plaie est transversale , mais n’occupe que le cjuart de la circonférence de l’artère, l’hémorrhagie, quoique plus abondante cjue dans le cas précédent, parce que la rétraction des fibres artérielles donne à l’ouverture une forme circulaire , peut encore s’arrêter d’elle-mêrae , et sa suspension être suivie de la formation d’une cicatrice, comme j’en conserve des exemples. Si la plaie comprend la moitié de fépaisseur de l’artère , l’ouverture prend une forme elliptique , et la mort arrive nécessairement. 4“' Enfin , si l’artère a été divisée dans les trois quarts de sa circonférence, l’écartement est très - considérable ; les bouts opposés ^e l’artère, extrêmement allongés , représentent , pour ainsi dire , deux becs de plume réunis à leur extrémité ; l’espèce de languette qui les unit finit par se rompre , et la guérison , quand elle a lieu , se fait par oblitération du \ aisseau.
5“. Dans les sections transversales complètes, la mort n’a lieu que lorsqu’il y a eu en même temps dénudation. Quand la gaine subsiste, presque toujours, chez les animaux, la plaie se guérit par oblitération de l’artère. Les deux bouts se rétractent
(lalis l’intérieur de leur canal celluleux , qui sé trouyeainsi dépasser leur extrémité. L’hémorrhagie amène raffoiblissement et la S3uicope ; le sang s’inültre et finit par former un caillot qui , remplissant la gaine , entoure l’artère et bouche son extrémité. Quand la force du coeur renaît, le caillot résiste et riiémorrhagie ne reparoîtpas. Le sang se coagule dans l’artère jusqu’au niveau des premières branches collatérales, les parois du vaisseau se resserrent, une cicatrice se fait à chaque bout et l’oblitération a lieu. Cette oblitération est, suivant Jones, le résultat d’un épanchement lymphatique cpui se fait dans i’artère près de son extrémité , entre le caillot externe et l’interne. Une fois quelle s’est opérée, les caillots sont absouJiés et disparoissent.
Chez l’homme , les choses ne se passent pas toujours comme nous venons de le dire. Dans les piqûres, par exemple, il est extrêmement rare que la guérison soit solide, s’il n’y a pas eu en même temps oblitération de l’artère. Abandonnée à ellemême, l’hémorrhagie, dans ce cas, continue sans interruption ; le sang, s’il ne s’écoule au dehors, s’épanche dans le tissu cellulaire et donne naissance à un anévrysme cüjjiis ou jaux prhnitij. En supposant que , par la compression que l’on exerce ou le repos de la partie, un caillot parvienne à se former, qu’une cicatrice même s’établisse, la guérison ne sera toujours qu’apparente. Quoique cet état puisse durer des années , le sang finira à la longue par soulever ou par rompre ces folbles barrières, et une tumeur apparoîtra : ce seiu un anévrysme circonscrit gu jaux consécutif. Tel est du moins le
AU SYSTÈME VASCULAIRE A SAjMG ROUGE.
résultat des faits observés jusqu’à ce jour. Il est vrai qu’on ignore presque toujours la direction et l’étendue de la plaie ; et, comme on l’a \u, la terminaison est bien différente- sous ce rapport. C’est ainsi qu’il est extrêmement probable qu’une piqûre faite en long guériroit aussi bien chez l’homme qu’elle guérit dans les animaux.
La guérison spontanée est de même fort rare , chez l’homme, dans les plaies c[ui comprennent toute la circonférence de l’artère ; et, à moins que celle-ci ne soit d’un très-petit calibre, ces plaies, abandonnées à elles-mêmes, sont constamment mortelles. 11 faut pourtant en excepter, i°. certains cas dans lesquels, malgré le volume considérable des vaisseaux ouverts , un caillot formé pendant une syncope a été assez puissant, ou plutôt la circulation assez folble, pour que l’hémorrhagie n’ait pas reparu et que F inflammation adhéslve ait eu le temps de se développer : des exemples de ce genre sont cités par Eoerhaave , Gai’engeot et autres. 2“. Les plaies d’armes à feu et celles qui résultent de l’action du feu ou des caustiques : ici ce sont les escarres qui préviennent riiémorrhagie, et à leur chute les vaisseaux sont souvent oblitérés. 5°. Les plaies par arrachement : j’en ai rassemblé un certain nombre d’observations prises dans les auteurs; la plus remarquable est celle de Samuel Wood , rapportée dans les Transactions philosophiques , et depuis dans divers ouvrages. Dans quek^Lies - unes de ces observations , la mort a été la suite d’une hémorrhagie abondante; mais dans le plus grand nombre , comme aussi dans les expériences que j’ai faites sur les animaux, la gué-
gb ADDITIONS
rison a eu lieu. Outre la rétraction et le resserrement indiqués par Bichat (page 5io), deux causes s’opposent encore dans ce cas à l’écoulement du sang et favorisent l’oblitération de l’artère. En effet, à l’instant même de l’accident , celle-ci cède et s’allonge avant de se rompre ; mais les membranes internes , moins extensibles , se déchirent d’abord Inégalement et en divers endroits , puis se séparent complètement, tandis que la tunique celluleuse continue à s’allonger, en se rapprochant de plus en plus de l’axe du vaisseau , comme le fait un tube de verre fondu qu’on tire par les deux bouts,. Quand la séparation est achevée, fai’tère offre donc à son extrémité un prolongement conicjue, terminé par une ouverture étroite , et dans son intérieur des lambeaux irréguliers qui en obstruent la cavité. Cette dernière circonstance paroît la plus importante des trois, car, i°. la rétraction manque souvent, le bout de l’artère est pendant, sans qu’il y ait pour cela d’hémorrhagie; 2°. en coupant sûr un animal le sommet de l’espèce de cône que représente l’aitère , on ne renouvelle f écoulement du sang qu’autant que la section est pratiquée au-dessus des déchirures intérieures.
Les solutions de continuité qui n’intéressent qu’une partie des membi'anes artérielles portent sur les tuniques internes ou sur les externes. Hunter et Home ont vu que si on mettoit, sur des chiens, la membrane interne à nu, en coupant l’externe et la moyenne, il en résultoit vme exsudation albumineuse, par laquelle l’épaisseur de l’artère se trouvoit augmentée. Ils ont même enlevé ces mem-
AU SYSTÈME vasculaire A SANG ROUGE i Qÿ
Ijrânes dans une certaine étendue, sans que Tinterne se soit laissé distendre par le sang. Cela doit pourtant avoir lieu chez l’homme dans ce qu’on appelle anévrysme mixte ou mixte interne, aneu^ rjsrna hemiam arteriæ sistens , dans lequel On suppose le sac formé par la membrane interne dilatée. Beaucoup d’auteurs rejettent cette espèce d’anévrysme, mais on en cite des exemples.
On a cru que la distension des artères, pendant la vie, dans des mouvemens violens, pouvait produire la rupture des membranes internes et disposer par là à l’anévrysme. Mais pai^^tout les artères sont tellement disposées qu’il est impossible que leur distension aille jusqu’à une rupture même partielle,’ comme il est d’ailleurs facile de s’en assurer sur le cadavre : cela n’arriverolt qiT autant que leurs parois seraient le siège de cjuelque maladie organique. Cette rupture intérieure s’observe, au contraire, dans les circonstances suivantes. i°. En serrant avec une pince une artère sur un animal, on opère la section de la membrane Interne et de la moyenne, l’externe restant intacte; la petite plaie qui en résulte se cicatrise, et l’artère ne perd rien de sa force dans ce point; ses parois sont même plutôt épaissies : quand les déchirures sont en grand nombre, l’oblitération de Tartère en est quelquefois la suite. 2°. Ce qui, dans le cas précédent, n’arrive que dans une médiocre étendue, a lieu circulalrement dans la ligature, comme il a été dit (t. ii, p. 281). Il y a encore cette différence, que les bords de la plaie se trouvant en contact , s’agglutinent par un mécanisme analogue à celui de lai-éunion des plaies par
gS ADDITIONS
première intention. L’artère est donc oblitérée^ ïe sang se coagule au-dessus et au-dessous de la cicatrice, jusqu’aux premières branches collatérales; l’oblitération se prolonge dans toute cette étendue. Si ces branches sont très-voisines, le caillot étant très-foible, la cicatrice n’est point soutenue, et une hémorrhagie peut survenir à la chute de la ligature, ou même avant, dès que les membranes commencent à s’entamer. Jones dit qu’il n’est pas nécessaire que la ligature reste appliquée sur l’artère pour que l’oblitération ait lieu : en mettant plusieurs ligatures , et en les retirant de suite , il a vu cet effet être produit. Travers assure que c’est immanquable quand la ligature reste appliquée pendant une heure : quoique le sang reprenne souvent son cours au bout de ce temps, l’artère ne s’en oblitère pas moins, suivant les expériences de cet auteur. J’ai constamment vu , dans les miennes , l’artère rester perméable quand on retirolt la ligature , même au bout de vingt - quatre heures ; elle ne se fermoit définitivement que lorsque l’adhésion étoit déjà établie au moment où la ligature étoit enlevée, ce qui arrivolt communément au bout de quarante-huit hemes. 5°. Pour peu qu’un anévrysme soit ancien, les membranes internes cèdent à la distension , ainsi qu’on l’a vu (t. ii, p. 5oo); elles se déchirent par le seul effort du sang ou à l’occasion d’une violence extérieure. La tumeur, que constitue alors seulement la tunique celluleuse, fait des progrès plus rapides; le sang se coagule dans son intérieur et forme des couches fibrineuses dont la densité augmente à mesure qu elles s’éloignent de l’axe du vaisseau :
AÜ SYSTÈME TASCÜLAIRE A SANG ROUGE.
débarrassé de ces caillots, le sac présente à sa surface interne une ligne irrégulière qui indique le point où cessent les membranes; celles-ci sont quelquefois flottantes , et représentent une sorte de cloison incomplète qui sépare la cavité du sac de celle de l’artère : c’est l’anévrysme vrai parvenu à ce degré que quelques-uns ont appelé mixte exteme. A la longue, la tunique celluleuse elle-même n’est point épargnée, elle se détruit, et la poche ne subsiste plus qu’aux dépens du tissu cellulaire et des autres parties environnantes. 4*’- Baijs une autre espèce d’anévrysme, qui, à une époque avancée, ne diflere pas sensiblement du précédènt, et que l’on a désigné sous le même nom , que d’autres appellent la destruction des mem-
branes précède la formation de. la tumeur. (|ptte destruction dépend ici de l’ulcération ou de la rupture qu’éprouve la membrane interne dans des maladies organiques : le sang s’engage alors au-dessous de cette membrane et distend la celluleuse. Cette variété de l’anévrysme est peut-être la plus commune; mais on a eu tor-t de dire que tous commencent ainsi. Au reste, Fulcéiation de la membrane internen’est pas toujours suivie d’anévrysme: M. Cruveilhier a trouvé cette membrane détruite ainsi que la fibreuse, sans qu’il y eût de dilatation à la tunique celluleuse.
Les corps étrangers, mis en contact avec le tissu artériel, l’enflamment, et souvent l’ulcèrent de manière à ouvrir la cavité du vaisseau. Si ces corps agissent en rapprochant les parois de l’artère, ils détçraxiïîçnt l’adhésion de ces parois. Lorsqu’ils
JOO
exercent une constrlction circulaire, comme la lîgatui'e, ils mortifient la portion étroite qu’ils embrassent, et sont ensuite entraîne's avec elle; l’artère se trouve divisée ; c’est ce qui ai-rive, pour la ligature, au bout de huit à vingt jours.
On connoît la fréquence des ossifications artérielles : elles offrent, comme on l’a vu (t. ii, p. 292),’ plusieurs formes. Il en est de circulaires qui envahissent les artères dans presque toute leur longueur; elles s’étendent à la membrane propre, et sont quelquefois accompagnées de rétrécissement et d’obturation du vaisseau ; la gangrène dite sénile en est souvent alors la suite. Dans d’autres cas, l’incrustation est beaucoup plus bornée ; il y a seulement à l’intérieur de l’artère un grand nombre de petites taches blanches, superficielles et peu saillantes. Entre ces deux extrêmes se trouvent les plaques jaunâtres, demi-transparentes, irrégulières, qui paroissent d’abord situées dans l’intervalle des deux membranes, mais que le sang touche ensuite immédiatement, pai’ce que l’interne se détruit à leur surface.
La transformation cartilagineuse a également été observée dans le tissu artériel. Elle a son siège dans la membrane interne , et est caractérisée par des plac|ues d’une couleur blanche, saillantes, fibi’euses , très-deuses. L’,état cartilagineux précède presque constamment les ossifications des artères qui arrivent dans l’âge adulte, tandis cjue celles des vieillards sont dues simplement à des dépôts irréguliers de matière calcaire.
J.jes artères se changent en un tissu comme fi-.
Xu SYSTÈME VASCULAIRE A SANG ROUGE 7 I«I îjreux ou ligamenteux, toutes les fois que leur cavité vient à disparoître naturellement ou accidentellement. Ce^ssu s’amincit à la longue, et disparoît lui-même ou se confond avec le tissu cellulaire.
Il est quelques dégénérations propres au tissu artériel ; elles n’ont presque rien de commun avec celles qui affectent les autres tissus, i”. On trouve quelquefois dans les anévrysmes la membrane interne épaissie, ramollie et comme fongueuse. 2°. Des végétations semblables pour la foi’me à celles qui sont le produit de la syphilis ont été rencontrées sur les valvules aortiques : Hodgson en a même vu dans l’artère fémoi’ale. 3”. Le dépôt d’une matière pultacée dans l’épaisseur ou au-dessous de la membrane interne est une altération bien plus fréquente. On l’a comparée au stéatôme; mais il y a plutôt une grande analogie entre elle et la dégénération tuberculeuse. Tantôt cette matière, irrégulièrement disséminée , forme à l’intérieur de l’artère de petites granulations jaunâtres, recouvertes d’unek pellicule extrêmement mince; tantôt, accumulée entre la tunique interne et la fibreuse , elle constitue des masses arrondies qui obstruent plus ou moins la cavité du vaisseau, ou même de véritables foyers remplis d’un fluide purulent, opaque et jaunâtre. La tumeur, dans ce dernier cas, finit cjuelquefois par s’ouvrir dans l’artère. D’autres fois la matière s’endurcit et prend tous les caractères des productions osseuses : elle contient alors beaucoup de phosphate calcaire. Cette dégénération est souvent réunie à la transformation osseuse. L’une et
l’autre sont communes dans les anevi'ysmes , surtout la première.
Les artères participent aux de'génératlons des ! organes dont elles font partie. Leur destruction, dans les affections cancéreuses , tuberculeuses et autres, donne lieu à diverses hémorrhagies : quelquefois cependant leur oblitération prévient alors l’écoulement du sang.
§ III. Altérations dans le développement.
Sans parler des variétés sans nombre d’origine , de distribution , etc. , observées dans les artères, et qui, tout en s’éloignant de la disposition naturelle , n’exercent pourtant sur la circulation qu’une influence très-bornée , il suffira d’en indiquer quelques-unes dont l’importance est plus grande sous ce rapport. Avec le cœur (t. ii, p. aSa), on a vu manquer toutes les parties supérieures, et par conséquent aussi leurs vaisseaux. Dans le cœur luimême , il est arrivé de ne rencontrer cju’une seule oreillette et un ventricule : l’artère pulmonaire naissait alors de l’aorte. Ou bien c’est la cloison des ventricules qui se trouve perforée; c’est le trou de Dotal qui est conservé , le canal artériel qui reste perméable. Une fois l’aorte se terminoit après sa portion ascendante, et l’artère pulmonaire la continuoit inférieurement ( Sieidele Sammlung , etc. ; c’est-à-dire. Recueil d’Obs. ckir.). Dans un autre cas, le tronc de la première étoit bifurqué de manière à embrasser la trachée-artère et l’œsophage. (Hommel, dans les Comment, litter. ISorinib., etc.)
Au SYSTÈME VASCULAIEE A SANG BOUGE : lo5
Outre les capillaires qui se développent dans une foule de circonstances, on a vu des artères d’un certain volume se produire accidentellement. Ch. Parry dit avoir trouvé , sur un mouton auquel il avoit coupé l’artère carotide, de nouvelles artères qui se porto ient parallèlement d’un des deux bouts à l’autre, dans l’épaisseur de la cicatrice, et rétablissoient ainsi la circulation.
io4
AU