‹ Additions à L'anatomie générale de Xav. Bichat :Chapitre 11 sur 35 · SYSTÈME VASCULAIRE A SANG NOIR · texte numérisé non relu

SYSTÈME VASCULAIRE A SANG NOIR

Valvules veineuses,

P AGE /^o'j . «On trouve, au reste, dans l’ouvrage » de Haller, des détails descriptifs extrêmement éten- » dus sur la disposition générale , la forme , la po- » sition des replis valvulaires qui nous occupent. »

Voici ce qu’on peut ajouter à ce qu’en a dit Bichat.

i”. Ces valvules sont plus nombreuses dans les veines superficielles cjue dans les profondes , dans celles des membres qu’à l’intérieur du tronc j les membres supérieurs en ont moins que les inférieurs. On n’en trouve point , en général , dans les brandies de communication des veines , telles que la médiane du bras. Les veines du coeur en sont totalement dépourvues ; il en est de même ordinairement de celles de l’utérus. Les veines spermatiques manquent de valvules chez la femme, elles en présentent chez l’homme. C’est à la partie inférieure des membres qu’il y .en a le plus ; les veines de l’extérieur de la tête n’en renferment qu’un petit

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nombre : il en existe communément à l’embouchure des branches dans les troncs.

2°. Le bord libre de ces valvules est jdIus épais que le reste , et forme , comme l’adhérent , une sorte de bourrelet.

5°. Au-dessus des valvules , la veine offre une dilatation qui détermine un enfoncement à l’intérieur et une bosselure à l’extérieur du vaisseau. Cette disposition , dans certains cas , donne naissance à des espèces de noeuds , qui ne se remarquent qu’au niveau des endroits où il existe des valvules.

4°. Outre les deux feuillets membraneux qui , dit-on , forment les valvules , quoiqu’on ne puisse nullement les séparer , des fibres paroissent entrer dans la composition de ces replis : du moins, en les examinant sur une de leurs faces , on y distingue souvent des filets blancs entrecroisés. Quelquefois aussi les valvules sont perforées et formées par un tissu aréolaire.

5°. Perrault a établi plusieurs espèces de valvules , suivant la forme qu’ elles affectent. La seule différence réelle sous ce rapport est que dans les grosses veines elles sont fort larges , et la courbe qu’ elles décrivent est peu prononcée , tandis que dans les petites leur peu de largeur rend cette courbe plus marquée. Les valvules sont aussi plus larges au niveau des angles de réunion des branches avec les troncs. Ceci est indépendant de l’état de resserrement ou de dilatation des veines , qui influe également sur la grandeur des valvules , comme ou l’a vu plus haut,

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ADDITIOHS

Contractilité des Veines.

Page «La question (de savoir si les veines )) sont ii’i’itables) n’est donc pas tout-à-fait réso- » lue, quoique je penche infiniment plus à croire » qu’il n’y a pas d’irritabilité veineuse. «

Quel que soit le nom sous lequel on veuille désigner la force contractile du tissu veineux, on ne peut se refuser à admettre que ce tissu possède, dans l’état de vie, une propriété bien différente de toutes celles qu’on y retrouve après la mort , et par conséquent essentiellement vitale. C’est en vertu de cette propriété qu’une veine ouverte entre deux ligatures chasse au loin le sang qu’elle renferme, tandis que, dans la même expérience faite sur le cadavre, le sang ne sort qu’en bavant et par le seul effet du ressort des parois et de leur élasticité. La conti'actlllté de tissu, dans le sens que Bichat donne à ce mot, ne peut être la cause de ce phénomène, puisqu’elle subsiste après la mort comme dans l’état de vie. Que l’on comprime, sur le vivant. Far- i tère principale d’un membre , en ayant soin de donner à ce membre une situation horizontale , on verra les veines sous-cutanées se resserrer Graduellement

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sur elles-mêmes, bien que la circulation soit suspendue dans l’artère, et se vider de tout le sang qu’ elles contenolent au moment de l’expérience.

Sur le cadavre, les veines ne se contractent point ainsi sur le sang qu’elles renferment; leur volume dépend toujours de la quantité de ce fluide qui y

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est restée à l’Instant de la mort. Du reste , il en est de cette contraction comme de celle du tissu artériel, on ne peut la rapporter à aucune des forces qui président aux autres genres de contraction. L’irritation galvanique paroît susceptible de la produire, quoiqu’on ait prétendu le contraire.

Verschuir appelle irritabilité cette faculté contractile du tissu veineux ; Whytt lui donne le nom de mouvement vibratoire des veines ; Kramp la désigne simplement sous celui de force vitale des veines; d’autres la rapportent à la tonicité. Je ne déciderai pas laquelle de ces dénominations est préférable; je voulois seulement faire observer qu’il y a dans les mouvemens veineux pendant la vie autre chose que les résultats d’une élasticité morte.

Circulation veineuse.

Page w Le sang est manifestement

» hors de l’influence du cœur lorsqu’il arrive dans V les veines.

Cette opinion est diamétralement opposée à celle de Harvey et des mécaniciens de son temps, que quelques physiologistes modernes ont adoptée. Ils regardent le cœur comme l’agent unique de la circulation tant veineuse qu’artérielle ; Harvey le comparoit à une pompe foulante et aspirante, qui d’un côté attire le sang veineux , et de l’autre repousse le sang artériel. H y a sans doute de l’exagération dans cette manière de voir, mais il pourroity en avoir aussi à rejeter absolument toute influence

ÀDDITIOKS

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de la part du cœur sur le mouvement du sang dans les veines. L’action capillaire et l’action veineuse sont les principales causes de ce mouvement j mais la contraction des ventricules doit être comptée parmi les causes secondaires. Un fait suffit pour s’en convaincre. Ouvi’ez une veine et observez le jet de sang qui s’en écoule : au bout d’un certain temps, ce jet ne sera plus par-faitement uniforme, il s’élèvera manifestement , et le sang sortii’a plus vite à chaque contraction des ventricules. Cette influence est donc réelle, cjuoique beaucoup moins marquée que pour les artères.

Développement da Système veineux.

Page 45 1- « Les veines ont chez le fœtus une » disposition inverse de celle des artères ; elles sont » beaucoup moins développées proportionnellen ment. »

En appliquant à l’homme les travaux de Haller, de Pander , et autres , sur le développement des vaisseaux sanguins dans le poulet, il en résulteroit qu’une partie du système veineux seroit plus précoce dans son développement que le système artériel. Les premiers vaisseaux que l’on aperçoit sont les radicules de la veine du jaune, ou omphalo-mésentérique. Cette veine elle-même, ainsi que la veine porte , sont distinctes lorsque l’aorte existe à peine. J. -F. Meckel pense néanmoins que, d’après la disposition du système sanguin chez certains fœtus monstrueux , et la manière dont ce système

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Se complique dans l’échelle des êtres , il sefoit possible que l’artère aorte se formât dans l’homme en même temps que les premières veines , ou même avant elles. Si cela étoit , cette artère préexisteroit au coeur , et s’aboucheroit directement avec la veine porte avant la formation de ce viscère. Au reste, à part cette exception pour les vaisseaux omphalo-mésentériques , les veines en général ne se développent qu’ après les artères correspondantes. On peut voir, pour le développement de l’artère pulmonaire , ce que j’ai dit dans le système vasculaire à sang rouge (page 86).

Anatomie pathologique du Système vas^ culaire à sang noir ( p. 4^8 ) .

§ Altérations dans les formes extérieures^

Les veines, comme les artères, éprouvent des dilatations totales ou partielles : c’est ce qui constitue les varices. On connoît la fréquence de cette altération aux membres inférieurs ; la' raison en a été donnée plus haut. Elle se rencontre encore assez souvent dans les veines du rectum, de la vessie, des organes génitaux, dans les veines sous-cutanées de la paroi antérieure de l’abdomen. Les veines profondes n’en sont pas exemptes , quoiqu’elles en soient bien plus rarement affectées que les superficielles. Morgagni a trouvé la vein'e azygos considérablement dilatée; les jugulaires, la crurale, deviennent quelquefois variqueuses. Dans certains

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cas , tout le système veineux offre un accroissement très-marqué. Puschelt, qui a publié dans ces derniers temps en Allemagne un traité fort étendu sur les maladies des veines , a beaucoup insisté sur cette dilatation générale , à laquelle il fait jouer un rôle important dans un grand nombre de maladies. La dilatation peut, comme on l’a vu (t. ii, p.459)> n’occuper qu’une seule veine, mais s’étendre à toutes ses divisions. L’augrai^j^tion de volume n’a pas lieu alors seulement dans le sens transversal ; les veines forment des flexuosités qui tiennent évidemment à leur accroissement en longueur. Enfin il y a des dilatations plus bornées encore qui n’affectent qu’une partie de la circonférence du vaisseau.

L’état opposé au précédent, ou la diminution de capacité du système veineux , n’est f>as , à beaucoup près , aussi commun. Cependant on l’observe dans quelques circonstances , soit dans tout le système, soit seulement dans quelques veines en particulier. Cette diminution peut aller jusqu’à l’oblitération. Il existe des exemples d’oblitération spontanée des troncs veineux eux-mêmes > comme des veines caves, jugulaires, etc.

§ IL Altérations dans l organisation.

L’inflammation des veines se développe dans une foule de circonstances (tom. ii, pag. 4^4)- On l’a vu s’étendre plus ou moins loin à la suite de l’opération de la saignée. C’est toujours du côté da cœur quelle se propage dans ce cas , et jamais dtt

AÜ SYSTÈME VASCTJLAmE A SANG NOIET Ï î î' côté des vaisseaux capillaires (i). La mort peut en. être le résultat. 2°. La ligature des veines cjue l’on pratique quelquefois dans les amputations a été suivie de leur inflammation , qui , de même que dans le cas précédent , s’est propagée vers le cœur à une distance plus ou moins grande. 3“. La ligature du cordon ombilical paroît avoir produit le même effet. Meckel l’ancien et Osiander en l’apportent des exemples. Des veines affectées de varices et liées au-dessus de la maladie ont également présenté ce phénomène. 5°. Dans les inflammations phlegmoneuses très-étendues , dans celles , par exemple , qui surviennent à la suite des couches, dans les abcès et les gangrènes qui le'ur succèdent, on trouve souvent les veines plus ou moins fortement enflammées tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Cette inflammation s’étend quelquefois fort au-delà de la partie malade.

Il n’est pas de veine qui n’ait offert des traces d’inflammation par quelqu’une des causes que nous venons d’indiquer. Une rougeur plus ou moins I vive à la membrane interne , avec épaississement 1 des deux autres tuniques ; des collections purui lentes de diverse nature autour du vaisseau ou même dans sa cavité intérieure, des concrétions fibrineulses qui obstruent plus ou moins cette cavité ,

I quelquefois même l’oblitération complète de la

(i) Cependant celte règle n’est pas sans exception. Abernethy a vu, après une saignée du bras, la veine enflammée audessous, jusqu’au voisinage du poignet, rester saine au-dessus, c’est-à-dire du côté du cœur (*).

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veine ; dans certains cas im endurcissement re-^ marquable , d’autres fols d, es ulcérations : tels sont les principaux désordres auxquels cette affection donne lieu.

Elle devient salutaire , au contraire , lorsque comme dans la saignée , bornée aux lèvres de la plaie, elle n’y est portée qu’au degré nécessaire pour que l’adhésion en soit le résultat. Tout le mondesalt que ces sortes de piqûres se guérissent avec la plus grande facilité ; on sait aussi cju’au bout de vingtquatreheures lemoyen d’union est encore peu solide, cj^u’il se rompt par un effort même modéré, et que ce n’est que plus tard qu’il existe une véritable ci- | catrice. Le mécanisme de la réunion est donc ici le même que dans les plaies des autres tissus, tandis que , pour les artères, cette réunion n’a pu être observée, jusqu’à présent, c[ue sur les animaux. Si l’on en croit M. Travers , la membrane interne des veines ne participe pas à leur inflammation adhéslve. 1

Le même auteur pense que , dans l’oblitération | des veines qui suit leur section transversale , ce n’est pas l’adhésion de la membrane interne, mais bien l’épaississement des parois , qui ferme la cavité du vaisseau. Ses observations à ce sujet ont besoin d’êti’e répétées.

On peut rapprocher des plaies produites par une cause extérieure les ruptures spontanées dont il a été question (t. ii , p. 4^5). Morgagni cite un cas de ce genre , dans lequel la veine azygos présentolt une ouverture ovalaire chez une femme morte de phthisie. Le sang s’étoit épanché dans la poi-

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trille; la veine, qiioiqu’en partie affaissée sur ellernêmé , avoit encore le volume de la veine cave. Des mouY’emens convulsifs ont paru cjuelquefois être la cause de ces ruptures. '

Les plaies faites aux parois des veines peuvent atteindre en même temps une artère qui leur est accolée; si , dans ce cas , la plaie extérieure se cicatrise, l’ouverture de cornmunication subsistant entre Fartère et la veine , il en résultera la maladie décrite sous le nom de varice anévrysmale, dans laquelle le sang, passant de l’artère dans la veine à chaque contraction du ventricule, distend cette dernière et y détermine un mouvement de pulsation analogue à celui des artères. Tantôt il y a simplement une ouverture arrondie, formée aux dépens des parois correspondantes de l’un et de l’autre vaisseau ; tantôt il existe un anévrysme faux con- : sécutif, qui se trouve intermédiaire entre l’artère i' et la veine. C’est dans ce dernier cas c[ue la maladie mérite le nom à' anévrysme variqueux. Le i pli du coude est le siège le plus fréquent de cette P affection , dont on trouve divers exemples dans les auteurs, dans l’ouvrage de Hodgson, en particulier, sur les maladies des artères.

Bicliat a déjà fait remarquer combien les transformations osseuses sont rares dans le système vas- 1 culalre à sang noir ; c’est même un des caractères i qu’il a donnés à la membrane commune c[ul revêt tout l’intérieur de ce système. Cependant cette membrane n’en est pas entièrement exempte. Mor- , gagnl a trouvé sur une jeune fille les valvules sigmoïdes de l’artère pulmonaire en partie cartllagl-

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neiises et offrant déjà un commencement d’ossification. M. Corvisart a plusieurs fois rencontré' cette altération dans ces valvules, ainsi que dans les tricuspldes. Les veines elles-mêmes sont susceptibles de s’ossifier chez les vieillards, surtout dans le côté par lequel elles touchent à une artère. On trouve quelquefois dans les veines de petits corps durs et arrondis qu’on prendroit , au premier coup-d’ocll , pour des productions osseuses. Quelcjues-uns ont même supposé qu’ils se formol eut d’abord dans les parois des veines ; d’autres ont dit que c’étoit dans l’épaisseur des valvules ; Hodgson pense que leur siège primitif est à l’extérieur de la veine. Ces corps, que j’ai eu bien des fois occasion d’examiner, m’ont paru être de véritables concrétions, des phlébolithes . Ils sont ordinairement renfermés dans des dilatations latérales où le sang reste en stagnation ; on ne remarque dans leur structure rien c[ui ressemble au tissu osseux ; ils paroissent formés au contraire de couches superposées , et ont autour d’eux un caillot très-manifeste. On les trouve d’ailleurs à divers degrés de consistance. Les veines qui offrent le plus souvent cette altération sont celles dans lesquelles le cours du sang est le plus exposé à être ralenti ; aussi est-elle très-commune dans les veines qui occupent l’intérieur du bassin , les environs de l’anus, etc.

Le tissu veineux n’a point de dégénération qui lui soit particulière ; il participe à celles des autres organes.

AU SYSTÈME vasculaire A SANG NOIR.

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§ ni. Altération? dans le développement.

Les variétés anatomiques dans la situation, l’origine, la distribution des A'eines, sont-elles plus fréquentes que celles des artères , comme le pensolt Haller ? Meckel prétend que c’est le contraire , et que les veines ne semblent offrir plus de variétés, que parce que leur nombre est plus considérable. Il y a peut-être exagération de part et d’autre .* cependant il est évident que dans les gros troncs la disposition est bien plus constante pour les veines que pour les artères.

Il se fait des veines de toutes pièces comme il se fait des artères. En voici la preuve : une fausse membrane , trouvée dans l’araclinoïde , ne tenoit à la séreuse c|%e par un de ses bords, au nlx^eau du sinus longitudinal supérieur, et étolt du reste entièrement libre ; elle fut injectée par le mercure , qui me fit voir des veines se rendant dans ce sinus.

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