‹ Additions à L'anatomie générale de Xav. Bichat :Chapitre 17 sur 35 · ADDITIONS AU SYSTÈME OSSEUX · texte numérisé non relu

ADDITIONS AU SYSTÈME OSSEUX

AU

SYSTÈME OSSEUX

Structure intime des os.

Page 26. « Considérons le tissu compacte comme » un assemblage de fibres rapprochées, mais'nul- » lement séparées par couches , qu’on ne peut » concevoir cjue comme des abstractions. »

On a beaucoup écrit sur la structure Intime des os , sur celle du tissu compacte en particulier. Malpighi admettait des lames et des fibres dans ce tissu, Gagliardi a décrit minutieusement lés chevilles osseuses dont il a été parlé plus haut ; il semble y avoir quelque chose de vrai dans son opinion , en ce c[u’on distingue en effet dans les os des fibres qui se dirigent obliquement à travers leur épaisseur. Albinus , suivi eii cela par la plupart des anatomistes modernes , a dit qu’il n’y avoit que des fibres dans le tissu osseux , parallèles pour les os longs , rayonnées pour les larges. Enfin , si l’on en croit Scarpa , tout ne seroit qu’ aréoles dans la substance compacte des os comme dans la spongieuse. Michel Medici a déjà combattu cette idée et

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pense avec les anciens que c’est sous la forme de lames qu’est disposé le tissu osseux.

En se bornant à l’examen des faits allégués pour ou contre ces différentes opinions, on voit, i°. C|ue l’existence des fibres n’est nullement démontrée par l’apparence linéaire qu’affectent les molécules osseuses lors de leur développement : en effet , cette disposition ne dure pas long-temps ; dans les os larges , par exemple , ces prétendues fibres , qui répondent alors au milieu de l’épaisseur de l’os , se changent plus tard en un tissu aréolaire. Cependant il y a des fibres dans les os, comme on le voit après les avoir dépouillés de leur matière calcaire.' :2°. On s’assure de même cpi’il y a des lames, en prenant un os long ramolli par un acide et en le faisant macérer dans l’eau ; son tissu compacte se sépare au bout d’un certain temps en feuillets superposés, réunis par des fibres c[ui passent obliquement des uns aux autres. 0°. Souvent, dans cette expérience , les lames finissent par se résoudre eii filamens, et en même temps tout l’os devient comme spongieux. De ce dernier fait , et de ce que, dans plusieurs maladies des os , la substance compacte devient spongieuse / de ce qu’elle prend manifestement cette apparence lorscpie, comme le fit Troja, on détermine le gonflement d’un os long eh introduisant un corps étranger dans sa cavité médullaire, Scarpa conclut à la structure aréolaire dont nous avons parlé. Cette conclusion n’est pas rigoureuse, puisqu’ outre les aréoles, lamacératibn montre dans les os des lames et des fibres distinctes. Il est vrai que, si cette macération est très-long-temps

prolongée , elle convertit les fibres elles-mêmes en une substance, pour ainsi dire, spongieuse, en une espèce de mucus.

Il sembleroit donc que c’est pour n’avoir eu égard qu’à un petit nombre de faits à la fois que chaque auteur a exposé à sa manière l’arrangement des molécules osseuses , et cju’on doit admettre dans les os des lames , des fibres et des aréoles , celles-ci plus marquées dans le tissu spongieux , celles-là plus développées dans la substance compacte.

Disposition des pores du tissu compacte des os.

Page 26. « Telle est l’intime juxtaposition des fi- » bres du tissu compacte cju’ elles ne laissent entre )) elles que des pores souvent à peines sensibles à » la vüe simple , mais qui le deviennent cependant a à la loupe, et que le suc médullaire et des vals- » seaux remplissent. »

Ces pores sont en beaucoup d’endroits de véritables conduits qui renferment en effet de la moelle et des vaisseaux sanguins. Havers, Monro, et, dans dans ces derniers temps, Howshlp, les ont décrits. Ils ont ^ de pouce de diamètre. La plupart sont parallèles et réunis entre eux par d’autres dont 1^ direction est transversale ou oblicjue par rapport aux premiers.

Composition du Tissu osseux.

Page 54- «Je renvoie sur ce point (la com- » position des os) aux traités des chimistes, au w grand ouvrage de Fourcroy en particulier. »

Les os humains contiennent, suivant M. Berzelius, sur loo parties , i°. 52,17 de gélatine et i,i5 de vaisseaux sanguins; 2°. 5 1,04 de phosphate de chaux, ii,5o de carbonate de chaux et 2,00 de Iluate de chaux; 5®. 1,16 de phosphate de magnésie; 4°* 1^20 de soude, d’hydro-chlorate de soude et d’eau.

Cette analyse, la plus complète jusqu’à ce jour, ne s’accorde pas entièrement avec celles des auti’es, chimistes. Ainsi , Fourcroy et M. Vauquelin ont reconnu l’existence des oxydes de fer et de manganèse, de la silice, de l’alumine, dans les os; au contraire , ils n’y ont point trouvé d’acide fluorique, etc. Au reste, la composition chimique des os offre une foule de différences, non-seulement suivant l’âge, le sexe, les individus, mais même dans les différentes parties du coi’ps. L’analyse de M. Berzeiius a été faite sur le fémur d’un adulte. Mais les dents contiennent manifestement beaucoup plus de substance terreuse ; il paroît qu’il en est de même du rocher. Divers autres exemples de ce genre sont consignés dans l’Anatomie de Monro, d’après de nouvelles recherches de J. Davy.

Sous le rapport anatomique, les os se composent essentiellement d’un tissu fibreux particulier, dans

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les aréoles duquel se trouve- déposée la matière calcaire. C’est ce tissu que l’on obtient en traitant un os par les acides. Le résidu de cette opération n’est point un cartilage , il n’en a ni la blancheur, ni la consistance, ni la composition ; flexible comme les ligamens , il ressemble en tout aux organes fibreux, dont il ne diffère qu’en ce que l’ébullition le transforme plus . aisément en gélatine , et c{ue la macération le ramollit plus promptement. Ce tissu renferme tous les élémens organiques de l’os. On ne peut donc pas simplement le considérer comme de la gélatine, et dire que les os ne sont qu’un mélange de cette substance et de matière calcaire, ainsi que font fait quelques auteurs. Cette expression convient d’autant moins , que la gélatine n’existe pas, à ce qu’il paroît, toute formée dans les os , pas plus que dans les autres matières animales, puisqu’il faut toujours le secours* de l’ébullition pour l’obtenir. D’ailleurs, si on fait bouillir de la colle et de la matière calcaire , il n’en résulte qu’un composé inorganic|ue , cassant, bien différent du tissu osseux.

Veines du Diploé.

Page 56. (( Les veines compagnes de ces artères » ( des artères du tissu spongieux ) ne peuvent » guère se voir. «

Des veines fort larges , mais isolées , existent dans quelques pai-tles du tissu celluleux. Elles sont renfermées dans des conduits veineux particuliers ,

qu’Hlppocrate avolt déjà indiqués, et qui ont été depuis fort bien décrits et injectés par M. Fleury. Ces veines forment des anastomoses très - multipliées : elles sont surtout apparentes dans le diploé des os du crâne ; mais on en trouve aussi dans les os des hanclies, dans l’épaisseur des vertèbres et aux extrémités des os longs. Leur largeur est plus considérable chez le vieillard.

Développement du Système osseux.

Page 81. « Je remarque que les artères,

» qui ont tant de tendance à l’ossification , ne sont » pas si manifestement gélatineuses que bien d’au- D très substances qui s’ossifient beaucoup moins fa- » cilement, que les tendons, par exemple. »

Duhamel, J. Hunter, Nesbith, Reichel , SenfF, et beaucoup d’autres, ont fait connoître une foule de faits intéressans qui doivent trouver ici leur place. Il ne sera question que du développement naturel des os : l’accidentel rentre dans l’anatomie pathologique.

L’état cartilagineux n’est pas toujoui-s distinct

oj. t. III, p. 71). Les os du crâne n’ont réellement pas de cartilages préexistons. Nous verrons qu’il en est de même pour le milieu des os longs.

L’état osseux commence à-peu-près vers l’époque qu’indique Bichat. Senff en a trouvé les premiers rudlmens à cjuarante jours. Des embryons de trente jours ou environ m’ont déjà offert cjuelcpies points osseux. La clavicule, les mâchoires, se montrent

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en premier lieu ; puis successivement et à quelques jours d’intervalle, l’huméius et le fémur, les os de la jambe et ceux de l’avant-bras, les côtes, les vertèbres , les os du crâne , etc. Le sternum , les os wormiens, la rotule, les os du carpe, sont les derniers à s’ossifier. Cet ordre n’est, comme on le voit , assujetti à aucune règle : aussi toutes celles qu’on a voulu établir sont-elles fausses , pour la plupart, dans leur application. La seule qui ait cjuelque fondement réel , c’est que les os longs précèdent en général les larges dans leur développement, encore y a-t-il des exceptions. Mais quant à l’influence que certains auteurs ont accordée sous ce rapport au voisinage du coeur et à celui du système nerveux ; quanta ce que d’autres disent du développement plus ou moins précoce des os suivant le degré d’importance de leurs fonctions chez l’homme, ou, comme le pensent quelques-uns, suivant leur liaison plus ou moins intime avec les phénomènes de la vie dans les différentes classes d’animaux , rien de tout cela n’est fondé sur l’observation.

Il se passe de grands changemens dans un cartilage cj[ui se convertit en os. Des conduits vasculaires, qu’on ne pouvoit y apercevoir avant, s’y développent i^Voj. t. ni, p. 72). Incolores dans le principe, et irrégulièrement disposés , ils sont plus tard ramifiés à la manière des artères , et travei*sés par le sang. La couleur de ce fluide s’y manifeste par degrés : ces conduits ne paroissent point pourtant le contenir directement ; les vaisseaux du cartilage injectés semblent plutôt tapisser simplement leurs pai-ois \ cette sorte de inembrane vasculairè

c[ui les revêt a même e'té regardée comme propre h sécréter la substance osseuse. On voit très-bien ces conduits dans les os courts et aux extrémités des os longs. Le point osseux, dont le développement suit de près celui des vaisseaux , n’est d’abord qu’une l'éunion de filamcns d’une extrême ténuité, qu’il est facile d’isoler en faisant brûler le cartilage : on obtient alors une espèce de flocon formé par la matière calcaire. A mesure que l’ossification fait des progrès , les canaux vasculaires s’effacent : on n’en trouve plus de traces aussitôt que les épiphyses sont soudées.

L’action des vaisseaux sanguins est donc augmentée dans l’ossification des cartilages. Mais ces derniers n’éprouvent-ils d’autre changement dans leur tissu que celui qui résulte de la déposition d’une substance terreuse? ou bien la matière organique est -elle aussi renouvelée, comme quel- (jues auteurs l’ont pensé ? Il faut en effet que le cartilage subisse une transmutation bien grande , ij s’il ne disparoit pas entièrement, pour devenir os; j car il ne contient presq.ue, comme nous le verrons plus tard, que de l’eau , du tissu cellulaire et de l’albumine , tandis que les os sont formés d’un tissu fibreux joint à une matière saline. H y a donc une très-grande différence entre la composition du premier et celle des seconds , et on ne peut pas dire que les os soient simplement des cartilages, plus de la matière calcaire. Quels que soient les matériaux de f ossification , ce sont les artères qui les apportent et qui lés versent, soit par des extrémités exhalantes , comme le veut Bichat, soit par des

porosités latérales, suivant ropinion de Walter. Ces vaisseaux ne jouent point le rôle que leurattrlbuoient Nesbitli , Reichel , W. Hunter, de donner lieu par leur ossification à celle du cartilage. lies lignes régulières que présentent les os dans leur développement, et qui en ont imposé à ces anatomistes, ne suivent nullement le trajet des vaisseaux sanguins. On sera encore moins tenté d’admettre l’iq/^potlièse de Mascagnl , qui , regardant les cartilages comme entièrement formés de vaisseaux lymphatiques , suppose que dans leur ossification ces vaisseaux ne font que s’emplir de matière calcaire.

Dans les os longs, le premier point osseux se manifeste du quarantième au soixantième jour, un peu plus tôt pour la clavicule. Le petit cylindre qu’il représente est alors la seule partie solide de l’os; tout le reste est encore muqueux. Ce n’est que du soixantième au soixante-dixième jour que naissent les cartilages des extrémités : quand ces derniers s’ossifient , ce qui n’arrive que beaucoup plus tard (voj. t. ni, p. 74)j il se forme entre elles et le corps de fos des conduits vasculaires semblables à ceux qui occupent leur intérieur. 11 y a donc cette remarquable différence entre le corps des os longs et les extrémités de ces mêmes os , qu’on ne distingue point de cartilage pour le premier comme pour les secondes. Au milieu, le tissu osseux semble formé de toutes pièces à la face interne du périoste; ce tissu est manifestement cartilagineux dans le principe, à chaque extrémité.

L’ossification des os larges du crâne commence vers deux mois et demi. Les points osseux sont

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d’abord disséminés dans la substance muqueuse ;! épaissie qui rejirésente l’os à cette épocpie. Ils se ; réunissent ensi^iteet prennent la forme de l’éseaux j irréguliers : ce n’esl fjuc j>lus tard qu’ils ont celle | de rayons osseux , encore recouxerts de substance | muqueuse [lar leurs deux surfaces. Ces rayons disparoissent quand les deux lames compactes se pro- j duisent ; ils se transforment en tissu celluleux. j L’accroissement en longueur des os longs se fait j près de leurs extrémités; leur partie moyenne n’y | est pour rien. Une expérience le prouve, elle est due à J. limiter : si l’on perfore un de ces os dans son corps en deux endroits diüerens , et cj^u’on tue ' l’animal quelque temps après, les deux ouvertures | sont encore à la même distance l’une de l’autre, | quoi([ue l’os ait augmenté de longueur. Elles de- ji vroient, au contraire, s’éloigner si l’accroissement se | faisoitdans toute l’étendue de ce dernier. Un autre ij fait confirme celui-ci. Dans les expériences avec la | garance, la coloration n’a lieu sur les jeunes animaux que dans rintervalle qui sépare chaque ex- I trémité du corps de l’os ; le reste n’est rouge Cju’à la |j surface, à moins que l’animal n’ait été noimn pen- js dant très-long-temps avec cette substance. Tant | cju’une lame cartilagineuse subsiste entre le corps [ et l’extrémité, on conçoit que l’accroissement doit i se faire aux dépens de ce cartilage. Mais loi'squ’ime j fois il est envahi , il faut admettre une déposition | de substance osseuse dans cet endroit, pi’écédée j tout au plus de l’état muqueux. L’accroissement en j| longueur ne cesse que quand les épiphyses sont sou- | dées au corps de l’os, ce qui arrive Amrs l’époque de j

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vliigt-im ans. Une lame mince de substance compacte est d’abord interposée entre le corps et l’extrémité; elle s’efface à la longue, et la continuité devient parfaite.

^ Les trois espèces d’os croissent en épaisseur, bien au-delà du terme de l’accroissement en longueur, comme il a déjà été dit (t. in, p. y8). De nouvelles couches s’ajoutent sans cesse à leur surface, comme le montre la coloration de cette surface par l’usage , même peu prolongé, de la garance. Si l’ingestion de cette substance a été cessée et reprise alternativement , les couches extérieures de l’os sont alternativement rouges et blanches ; d’où il faut conclure qu’elles s’étoient formées pendant le temps même qu’a duré l’expérience. La substance osseuse se produit là comme dans le cas précédent, sans cartilage préexistant, et peut-être en passant par l’état muqueux : mais il n’y a pas de déposition interstitielle, comme dans la nutrition ordinaire; e’est plutôt une sorte de juxtaposition. Cela n’empêche pas que la nutrition ne s’exerce dans les os de même que dans les autres parties. L’usage assez long-temps contiinué de la garance, de manière à obtenir l’eflet indiqué par Bichat, en est la preuve. Il est aussi des [cas d’accroissement accidentel , soit en longueur, soit en épaisseur, qui paroissent tenir à uii véritable excès de nutrition.

[ En même temps que les os croissent à l’extérieur, leurs cavités intériéures s’agi’andissent ; ce qui fait ^que, dans les os longs, les parois du canal médullaire restent, à peu de chose près, dans la même proportion d’épaisseur, tant que leur accroissemost

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en cleliors et leur amincissement en dedans se font mutuellement e'quilibre. L’os gagne d’un côté ce qu’il perd de l’autre. Il n’en est pas de même chez le yieillard. L’accroissement en épaisseur ne se faisant plus, -la dilatation Intérieure continue: il en , résulte un amincissement extrême dans les parois de la cavité médullaire. Cette cause est une de celles qui rendent les os des vieillards si fragiles.

Il se fait encore chez le vieillard, c[uelques changeniens importons dans le système osseux. Les os larges diminuent en général d’épaisseur. Leur tissu celluleux disparoît et les deux lames de substance compacte qu’il tenoit écartées s’adossent: c’est ce cj[u’on voit souvent aux bosses pariétales, où cela est d’autant plnsfrappant cjue la saillie de ces bosses est alors remplacée par une déjiression. Quelquefois les os larges semblent avoir augmenté de volume , parce que leur tissu est, pourainsi dire, raréfié ; des lames minces qui le traversent lui donnent cette apparence. Dans les os courts, la substance compacte extérieure diminue ; les aréoles du tissu spongieux sont au contraire plus 1. marquées. Les os longs, outre qu’ils perdent de leur i épaisseur, semblent aussi éprouver un raccourcissement réel. Enfin, le changement ,de composition'] fjui arrive dans le tissu osseux lui ôte beaucoup dej son élasticité. Les os des jeunes sujets sont flexibles | jusqu’à un certain point : on voit à cet âge les os longs se plier, les os larges s’enfoncer dans diverses! circonstances. Les mêmes causes produlroient li fracture chez un adulte, et, à plus forte raison, chen le vieillard. '|

Deuxième dentition considérée a V époque de l’éruption.

Page 97. (( La seconde molaire (de la première )) dentition ) reste, comme nous venons de le dire :

, )) c’est la première des grosses ( de la seconde den- » tition). »

Il y a ici unie contradiction manifeste, qui ijç peut être qu’une faute d’attention êchappe'e à Bi*chat , ou une erreur typogi’aphique. Il est dit plus haut ( page g4 ) que la première dentition se corn-* i pose de vingt-quatre dents , dont quatre molaires , il à chaque mâchoire, sorties vers la fin de la seconde I année , et deux autres molaires vers l’âge de quatre i ans. Ce sont donc ces dernières, ou les troisièmes- I delà première dentition , qui forment dans la se-

I coude les premières grosses. Les nouvelles petites molaires remplacent donc deux dents de la même nature , et non une seule. Toute la différence, c’est que ces nouvelles petites molaires sont beaucoup

i moins fortes que les dents auxquelles elles succè-

II dent : celles-ci ressemblent beaucoup aux grosses j molaires.

Anatomie pathologique du Système osseux (page io4).

§ I". Altérations dans les Formes extérieures^

Le gonflement des os est de plusieurs espèces. î“. Il y a des tumeurs qui semblent déposées, pour ainsi dire, à la surface de l’os , en sorte que celui-ci est parfaitement sain au-dessous : telles sont la plupart des exostoses. Cette altération paroît dépendre, dans beaucoup de cas , d’une inflammation du périoste , à la suite de laquelle cette membrane se détache, et sécrète par sa face interne une matière qui s’endurcit et se confond avec le tissu de l’os j une sorte de pérlostose précède la fox’matlon de la tumeur osseuse. Celle-ci est plus ou moins volumineuse suivant l’étendue de l’inflammation. Si l’inflammation est circonscrite, il en résulte ce qu’on appelle des nodus. Ces sortes de tumeurs sont trèsdistinctes de l’os dans leur principe ; plus tard , la macération les en détache encore, et les fait voir tenant au périoste : ce n’est qu’à la longue qu’ elles parolssent se continuer avec le tissu osseux; on observe alors , au microscope , que leurs vaisseaux n’ont pas la même disposition que ceux du reste de l’os, et ne semblent pas être un prolongement de ces derniers. Lorsqu’au contraire le périoste s’enflamme dans une gi'ande étendue, des lames énormes se produisent et donnent naissance à l’exostose àÀtç. laminée : l’os est entier ùu-dessous de ces lames.

comme dans l’autre cas. 2". Certaines exostoses ont leur siège dans l’os lai-mêroe, et sont produites par un développement ou un écarîemeui. de scs lames les plus superficielles. 3". L’os tout eucier est distendu, amine , considérablement dilaté, dans le spina-ventosa, /p- Ln véritable excès de nutrition est la cause de l’accroissement de volume, (fuand il s’y joint une augmentation de densité, ou cpie du moins cette densité reste la même. C’est ce qu’on xmit dans les exostoses éburnées et dans certains cas où la totalité de l’os paroît axoir augmenté tout à la fois d’épaisseur et de consistance. ' On peut rappoi'ter à la même cause l’accroissement en longueur que subissent quelquefois les os des individus scropliuleux , celui en largeur que présentent les os du crcàne, du sinus maxillaire, dans des affections de ces cavités. Cet accroissement accidentel , qui se fait ainsi dans un ou plusieurs os, tandis c[ue les autres n’y participent nullement, ne s’opère point par un mécanisme analogue à celui du développement naturel. Il y a ici déposition interstitielle, et non formation de couchés successives.

L’accroissement de substance peut se borner à accroître la densité du tissu osseux. L’énostose ou ossification intérieure, dans laquelle les cavités des os s’elfacent, en est un exemple. Les os des rachitiques présentent un phénomène analogue , dans la compacité que contractent leurs courbures du côté de la concavité.

Un état opposé au précédent est l’espèce d’atrophie qu’éprouve ce tissu quand l’absorption vient

à le détruire, soit à l’intérieur, comme cela a lieu

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chez le vieillard, soit à l’extérieur, ainsi qu’on l’obr' serve quelquefois. Suivant HoAvship, auquel on doit de nouvelles recherches sur les altérations du tissu osseux, la fragilité des os dépend dans certains cas , dans la syphilis , par eiemple , d’une altération de ce genre , d’une sorte d’absorption intérieure qui transforme la substance compacte en tissu spongieux. Cet auteur distingue la fragilité qui tient a cette cause de celle qui arrive , par exemple , à la suite du scorbut, des scrophules. Cette dernière est généralement attribuée à un défaut de proportion entre les élémens constitutifs du tissu osseux ; mais llparoîty avoir en outi’e altération de la matière animale.

Le ramollissement est très-voisin de la fragilité; souvent l’un et l’autre coïncident dans le même os. Ce ramollissement est de deux espèces. L’un affecte les adultes ; les os qui en sont le siège deviennent mous et llexlbles, et ploient par le seul effort des muscles ; sur le cadavre , le scalpel les coupe aisément. La dessiccation , la coction , montrent dans ces os une prédominance marquée delà substance gélatineuse, qu’indiquent déjà leur couleur et leur aspect. L’autre espèce de ramollissement , propre aux enfans , diffère du précédent sous plusieurs rapports ; il constitue le rachitis.

Comprimés par des tumeurs voisines , les os éprouvent dans leur configuration divers changemens. Souvent aussi ces tumeurs les détruisent en partie, les perforen’ , ^es usent dans une plus ou moins grande étendue, (.eia arrive sui'tout pour celles qlii sont agitées d’un mouvement pulsatile tglles que les anévrysmes.

Les connexions des os , ou les articulations, sont le siège de diverses altérations qui changent plus ou moins les rapports des surfaces articulaires. La soudure des articulations immobiles, les luxations, l’ankylose des articulations mobiles , en ollrent des exemples. Des connexions accidentelles ont quelquefois lieu entre les os , comme on le voit dans les fausses articulations. Parmi ces dernières , les unes succèdent à des luxations, et méritent le nom di articulations supplémentaires ; les autres, qui sont la suite de fractures , et c|ue forme un seul os divisé en deux fragmens , sont des articulations surnuméraires. 1°. Lorsqu’un os luxé n’a pas été réduit , il peut se creuser une nouvelle cavité dans le lieu qu’il occupe. Cette cavité acquiert peu à peix la profondeur convenable; un bourrelet, cartilagineux d’abord, puis osseux, se forme à sa circonférence ; le tissu cellulaire épaissi autour des surfaces représente une sorte de capsule fibreuse (i), laquelle contient un fluide visc[ueux, un peu moins onctueux que la synovie. LFii périoste fibro-cartilagineux revêt la nouvelle cavité articulaire. L’ancienne se déforme et diminue en général d’étendue.

Quand les deux bouts d’un os fracturé ne peuvent se réunir, soit à cause de leur mobilité , soit par toute autre circonstance , les nouveaux rapports qu’ils contractent ressemblent en quelque

(i) Bichat parle 'de celte capsule dans le système synovial , auquel elle lui a semblé appartenir plutôt qu’au système fibreux. Le fait est qu’elle n’a pas toujours la meme apparence dans les .diflerens cas (*).

sorte à une articulation , quoique cela soit bien moins sensible que dans le cas précédent. Le plus | souvent, en effet, les fraermens ne tiennent Fini à ■ l’autre que par des espèces de liens fibreux inter- j médiaires. Dans cpielques cas néanmoins leurs ex- I trémitéss’arrondissent et s’encroûtent de cartilages, j une capsule fibreuse les entoure. On a même vu, : ! dans certaines fractures du col du fémur, le frag- | ment inférieur se creuser une cavité dans le supé- | rieur : ce cas pourroit être confondu avec un décolle- 1 ment de l’épiphyse. '

§ II. Altérations dans V Organisation. ;

On connoît peu les effets de l’inflammation sur>, le tissu osseux. On sait pourtant c[ue les os suppu- ’.i j’ent. îls présentent ce phénomène dans la carie, ■ maladiedont la nature estjusqu’à présent inconnue, ’f; et tpii paroit devoir être dans beaucoup de cas une véritable nécrose. Dans ce qu’on appelle iiuneiir ! blanche , et qui comprend certainement des alfec- j tions très-diverses, les extrémités articulaires of- 1 frent souvent quelque chose d’analogue. Elles sontî alors le foyer primitif de la maladie. La substance 1 spongieuse se ramollit d’abord, se pénètre de vais- 1 seaux et s’infiltre d’une sérosité roi tard l’os suppure , et il se forme des son intérieur, lesquelles se dirigent tantôt vers la| substance compacte extérieure , tantôt du côté du ■ ■ cartilage articulaire. Dans ce dernier cas , le cartilage , jusqu’alors sain, se détache de i’ôs, s’amincit et se perfore; et ce qui prouve bien que la maladie

ussâtre. Plus fistules dans

a commence par

l’os , c’est que l’om erture reste plus petite a la surface libre du cartilage qu’à son côte adhérent, comme l’ont très-bien yu Palietta et ]\1. Brodie, qui ont décrit cette altération, et comme je l’ai moi-même constaté.

La gangrène des os est la nécrose. Elle est suivie des mêmes jdiénomènes que celle des parties molles , si ce n’est qu’il faut un temps beaucoup plus long pour que l’ inflammation, la suppuration et la séparation de la partie morte , qui prend ici ie noua de séquestre, aient lieu. Mais cette nécrose varie en oiitre d’après son étendue, ainsi qvie suivant son siège. Elle est ordinairement le résultat de la destruction des vaisseaux nourriciei'S de l’os , par le détachement du périoste ou la destruction de la membrane médullaire. Quand c’est la membrane médullaire qui est lésée , la nécrose peut n’occiq:;er que les lames internes de l’os ; le séquestre est aloi’S renfermé dans le canal médullaire, et a l’épaisseur de l’os en dehors à traverser avant de pouvoir être rejeté. Mais dans d’autres cas , le périoste s’enflamme en même temps et se sépare de l’os ; celuici se nécrose alors dans toute son épaisseur , et il arrive tous les phénomènes déents plus bas à l’article du système médullaire (t. ni, p. 117) ; le périoste sécrète un nouvel os , lequel entoure l’os nécrosé. Il faut pour cela que cette membrane soit restée intacte ; car si elle étolt détruite , il n’y au- y roit point de régénération. C’est à tort cj^ue Scarpa et d’autres ont nié cette régénération , et ont prétendu que ce C[u’on regardolt comme un nouvel os étoit toujours une partie de l’os ancien,

dilatée par l’inflammation et que la nécrose avolt épargnée.' Le séquestre a toutes les formes de l’os î ancien ; on y retrouve toutes les saillies , les enfoncemens les plus superficiels : les nombreuses pièces que l’on possède à ce sujet ne laissent pas le moindre doute. Ce cjui a pu en Imposer aux auteurs dont nous venons de parler, c’est que l’os nécrosé s’use à sa surface et se recouvre d’inéga- | lltés. Le nouvel os a une forme irrégulière , et ressemble plutôt à une exostose ou à une sorte de végétatlotj , qu’à un os qui exlstolt primitivement. Enfin, clans les os larges , tels que l’omoplate, cela est encore bien plus frappant ; il existe alors deux . os de nouvelle formation, l’un en dehors, l’autre ^ eu dedans , et l’os ancien , nécrosé , est compris dans l’intervalle.

Le décollement du périoste et la dénudation des i: os qui en est le résultat ne sont pas toujours suivis ? de nécrose , lorscpi’ils n’ont lieu c[ue dans une certaine étendue. Si l’os n’est pas fortement contus, j que le sujet soit jeune, et que les tégumens aient | été réappliqués , on obtient la réunion immédiate | par l’épanchement d’une matière coagulable. Cette |s matière présente , à une certaine époque , des points osseux irréguliers, cjui ont fait croire à une exfoliation insensible ,• ces points s’effacent ensuite.

Les solutions de continuité des os , ou les frac- ! turcs, diffèrent suivant cj^u’ll y a en même temps | plaie aux parties molles , ou cpie ces parties recon- j vrent encore le lieu de la fracture. Les phénomènes i sont tout différons dans l’un et l’autre cas. Ce n’est :

Au SYSTÈME OSSEUX.' 1

qu’aux fractures axec dénudation qu’il faut appliquer fout ce qui a déjà été dit delà formation du cal (t. III, p. 8i etsuiv.). Dans celles-là seulement naissent des bmu'^eons charnus, qui font ensuite la hase de la cicatrice, qu’il y ait eu ou non exfoliation parla dénudation. Dans lçs autres, on doit substituer aux trois périodes indic[uées , i°. une période d’exs'udation , 2°. une période de tuméfaction , 5“»une période de réunion.

Première période. Le tissu osseux ne peut être divisé sans que les vaisseaux ouverts ne laissent écouler du sang : aussi s’épanche-t-11 d’abord une certaine quantité de ce fluide entre les deuxfragmens ; cette cjuantité est ordinairement peu considérable, et le sang s’arrête de lui-même au bout d’un temps assez court. Un autre fluide lui succède; celui-ci est de nature séreuse et d’une consistance légèrement visqueuse. Le sang épanché perd peu à peu sa couleur rouge.' La réunion s’opère dans le périoste, dans la membrane médullaire, et dans toutes les autres parties molles qui ont souffert par le seul effet de la fracture.

Deuxième période. Ces parties molles réunies, et le périoste en particulier, s’enflamment, se gonflent et s’écartent de l’os : de là une tumeur c[ui se manifeste au dehors. Cette tumeur est en grande partie formée par une matière coagulable épanchée audessous du périoste et entre ses lames internes. Des points osseux se forment dans cette matière et finissent par l’envahir totalement ; l’état cartilagineux est à peine sensible , et n’existe tout au plus que dans quelques points. Au défaut du périoste.

le tissu cellulaire clevieiit le siëge de celte ossificaticiî , ainsi que l’a vu Macdonald. La membrane médullaire s’ossifie également.

Troisième pénode. Jusqu’ici il ne s’est presque rien passé dans l’os même : seulement les deux bouts se trouvent joints en dehors par une sorte de virole, en dedans par une cheville qui ferme le canal médullaire. Mais cette union n’a qu’une médiocre solidité; et si l’os est de nouveau soumis à des efforts , même peu considérables , le cal peut céder et se plier, ou se rompre. Le travail de la réunion s’opère dans les fragmens eux-mêmes ; la substance intermédiaire qui remplit leur intervalle, de Iluide qu’elle étoit, devient peu 'à peu plus consistante, et se pénètre de vaisseaux qui se continuent avec ceux du périoste et même de l’os. Cette substance ne tarde pas à s’ossifier : on ne sait pas au juste de cjuelle manière, cpioiqu’on ait vu manifestement les vaisseaux s’y développer. En même temps que ces phénomènes ont lieu, le gonilcment extérieur s’affaisse. A la longue, l’ossification du périoste disparoît, le canal médullaire se reproduit , et les choses se rétablissent dans l’état où elles étolent avant la fracture.

11 y a donc dans la réunion des fractures, comme dans les plaies des parties molles , une cicatrice vasculaire , formée à-peu-près par le même mécanisme. Toute la différence consiste dans les cliangemens cpi’éprouvent les parties environnantes, et qui donnent lieu au développement d’un os provisoire, avant que le cal définitif ne soit formé. Retranchez la seconde période, et le mode de réunion

des os fracturés ne différera plus sensiblement de celui des parties molles.

On voit aussi ce qu’on doit penser des opinions si diverses qu’ont eues les auteurs sur la formation du cal. La plupart ne sont exclusifs que pour n’avoir observé le cal que dans une période de son développement. C’est ainsi que Duhamel , et après lui Fougeroux, M. Pelletan , avoient fort bien vu que le périoste s’ossifie; mais ils lui attribuoient trop en pensant que c’étolt là ce qui constltuoit le cal. Or, cela ne paraîtra pas étonnant; quand on saura que Duhamel ne sufrolt ses expériences sur le cal, d’ailleurs si recommandables, que pendant trente à quarante jours. De même, Boerhaax^e , Haller , Dethleef, avoient trouvé entre les fragmens une matière lymphatique, et s’en étaient tenus à cette observation. Presque de nos jours encore, Himter, Macdonald, Ilowship, ont dit que c’est le sang épanché, et dont la matière colorante est absorbée, qui s’organise ensuite pour donner naissance au cal. D’autres, à l’exemple de Bordenave , ont été abusés par ce qui se passe quand la fracture est en contact avec l’air , et ont cxui qu’il en étolt de même lorsque les fragmens ne sont point à nu : Bichat lui-même n’a pu éviter cette ei’reur. Quelques-uns, tels que Troj a. Camper , ont plus approché de la vérité, en adoptant une opinion mixte. Mais c’est surtout aux anatomistes modernes qu’est due la connoissance des faits que nous avons exposés. M. Dupuytreii, a observé ces faits un des premiers. On doit à

iGo ADDITIONS ^

MM. Breschet et \^illerraé un travail fort étendu ; sur cette matière.

Il est des fractures dans lesquelles il ne se forme point de cal osseux, mais seulement une cicatrice fibreuse qui unit lâchement les deux fragmens. C’est ce qu’on voit surtout pour les os qui , comme la rotule, l’olécrâne, le col du fémur, sont trèsdilficiles à maintenir parfaitement immobiles. Les mouvemens des fragmens et leur écartement sont en eftet les seules causes Vie ce phénomène, que l’on regardoit autrefois comme constant dans ces os et, inhérent à leur sti'ucture, et cpi’on cheixhoit à expliquer par une prétendue dilution du suc osseux, par l’absence du périoste, etc. On obtient lel meme résultat quand, sur un animal vivant, on| resèque une portion d’un os long : si la distance cst^ trop grande entre les deux bouts pour c[ue leurs ex- | ti’émltés puissent se rejoindre en s’amincissant et se,1 portant l’une vers l’autre, le cal est en partie fi- ^ lireux ou fibro-cartilagineux. L’ouverture du tré-| pan offre également cette particularité : lo-rsqu’elle .| est très-large, la cicatrice est complétée par une portion fibreùse. Au. contraire, la réunion est immédiate , même dans les os qu’on n’en croyolt pas susceptibles, dès que le rapprochement des fragmens est exact pendant le temps convenable. J’ai xu des rotules ainsi réunies : desséchées et trempées dans l’essence de térébenthine, afin c[ue cette essence rendît la cicatrice transparente, dans le cas où elle auroit été fibreuse, elles sont restées osseuses par-tout. Ces cas sont , à la vérité , fort rares parce que l’écartement est presque inévitable, qu’if

AU SYSTÈME OSSEUX. l6ï

peut survenir non-seulement à l’instant de la fracture , mais encore tant que la substance intermédiaire jouit de quelque extensibilité, que le cal lui-même cède quelquefois , et qu’il faut au moins deux ou trois mois pour que ce cal ait acquis toute sa solidité, au lieu de cinquante à soixante jours, comme oji le croit communément. Cette issue des fractures est absolument analogue à ce qui arrive aux os longs , quand on meut continuellement leurs fragmens. Il en résulte fine sorte de fausse articulation.

Les os sont rarement affectés de transformations organiques : ce point de leur histoire a d’ailleurs été jusqu’à présent assez négligé. Cependant on a décrit leur cancer , qu’on a appelé ostéo-sarcome ; mais il reste beaucoup à faire pour démêler tout ce qui a été désigné sous ce nom. On rencontre quelquefois dans les os la dégénération tuberculeuse. Ils sont aussi le siège de tumeurs comme charnues , qui interrompent totalement leur continuité, et dont le tissu a beaucoup de ressemblance avec celui des tumeurs cérébriformes , si ce n’est qu’il contient daxantage de vaisseaux sanguins. La clavicule m’a plusieurs fois offert de ces tumeurs.

§ III. Altérations dans le développement.

Le système osseux est sujet à de fréquens vices de conformation ; on les observe surtout aux os du crâne et au sternum.

La substance osseuse tend à se produire dans une foule de circonstances. Il n’est presque pas de par-

tie qui ne s’ossifie pai^ les progrès de l’âge. Les cartilages sont en première ligne, comme on l’a x\x (t. ni, p. 81); puis Tiennent les fibro-cartilages , les tissus fibreux , sous le rapport de la fréquence de cette ossification. Le tissu cellulaire en est moins souvent le siège. Quant aux artères , c’est dans beaucoup de cas une sorte d’incrustation , plutôt qu’une véritable- transformation osseuse. Le système veineux, le musculaire, le nerveux, en offrent plus rarement des e Amples. Les productions accidentelles ne sont pas exemptes de cette transformation : on trouve souvent des kystes tout osseux. L’état cartilagineux ne semble pas toujours précéder ces ossifications.

AU

Organisation de la Membrane médullame.

Pa GE III. (( Pour vous convaincre de son exls- R tence (de la membrane médullaire) , exposez le » cylindre qu’elle forme à l’action très-intense du » calorique : elle se resserre , se racornit aussitôt I )) comme tous les solides , et devient ainsi plus ap- )) parente, a

On fait cette expérience mi sciant un os long,

: qu’on plonge ensuite dans l’eau bouillante ; la t membrane s’éloigne de l’os et s’applique sur la graisse , ce qui permet de la mieux apercevoir. On I peut encore se servir des acides minéraux affolblis , qui produisent le même effet.

[Entièrement détachée de l’os , cette membrane ^ ressemble , en quelque sorte, à une toile d’arai- I gnée ; elle est percée d’une multitude d’ouvertures. Elle à pour base du tissu cellulaire et des I vaisseaux. Le premier est très-rare et n’a d’autre usage que de soutenir les .rainirications vasculaires.

i64 ADDITIONS

Parmi ces dernières, les nues, très -bien de'crites par Duverney , se jettent en dehors^ dans le tissu osseux ; les autres se portent en dedans, vers les prolongemens de ce tissu et de la membrane elle-même. L’artère principale du canal médullaire est entourée de vaisseaux absorbans à son entrée dans ce canal. Un plexus nerveux manifeste se remarque également autour d’elle , sur les os cjui sont le plus près du tronc.

En outre, des vésicules adipeuses du même genre que celles du tissu cellulaire , quoiqu’elles soient un peu moins distinctes , contiennent la moelle et occupent l’intérieur de la membrane médullaire , logées dans les intervalles celluleux que présente cette dernière ; on ignore s’il s’en trouve aussi dans le tissu spongieux des extrémités. Les auteurs avoient indiqué depuis long-temps c[ue la moelle est formée de petits grains réunis en grappe, comme on le voit surtout lorsqu’elle est récente et cju’elle n’a pas encore perdu la consistance qui lui est propre. Mais on croyoit que ces vésicules communiquent toutes entre elles, comme on le pensoit alors du tissu adipeux. G. Hiinter, Mascagni et plusieurs autres, ont vu qu’elles sont fermées. La description qu’ils en ont donnée, tant par l’inspection directe cjue d’après l’analogie , y montre une disposition semblable à celle du tissu adipeuXv Nous ne reviendrons pas sur cette disposition.

Sensibilité de la membrane médullaire.

Page 112. «Les douleurs les plus aiguës sont ■)) le résultat de l’action que la scie exerce sur » elle (la membrane médullaire) dans l’amputa- » tion »

Ce phénomène n’est pas constant ; la douleur est souvent nulle dans ce cas ; mais il ne faut pas en conclure, comme on l’a fait, que la sensibilité de la membrane médullaire n’existe pas. Dans les amputations faites chez l’homme, la douleur causée [; par la section des parties molles, et surtout de la peau , est tellement intense , que celle moins forte ; que produit la lésion de la membrane médullaire , j qui lui suceède presqu’ immédiatement , est à peine ' sentie. Mais si, sur un animal vivant , on suspend

■ l’opération après la section des parties molles , pour I la reprendre quand une fois eette première impres- ; sion est en partie dissipée , la sensation est vive-

■ ment perçue , et l’animal jette des eris douloureux. La sensibilité de la moelle, déjà reconnue par Duverney , niée depuis , est donc réelle.

I Développement.

' Page II 5. « Cette absence de graisse médul- M laire dans le fœtus distingue essentiellement la a moelle de la graisse ordinaire, qui, à cet âge, est » déjà très-abondante. »

La graisse des os , en manquant dans le foetus , a cela de commun avec celle des parties profondes €11 general , qui en sont alors presque totalement dépourvues. Au reste , non-seulement il n’y a pas de moelle à cet âge , mais il n’y a pas non plus de membrane médullaire. Bichat ne veut pas que celte membrane soit un nouvel organe ; mais il est évident que rien n’indique sa présence avant l’ossification. Lorsque, plus tard, le canal médullaire commence à se former, l’artèi'e nourricière le remplit d’abord en entier ; ce n’est qu’à une époque ultérieure que cette artère est rejetée sur les parois de la cavité et que la membrane médullaire existe.

La moelle devient très-abondante chez le vieillard , à cause de l’agrandissement de la cavité médullaire.

Fonctions.

Page II 8. «Qui ne sait que, dans les maladies | » désarticulations où la synovie est altérée, viciée, î' » la moelle des os correspondans est presque tou- ! » jours dans un état d’intégrité parfaite?.... » |

On peut joindre à ces motifs pour ne pas admettre j ï:i production de la synovie par la transsudation de j la moelle à travers les extrémités articulaires, ceux ; qme donne Sœmmering; savoir, que la moelle est ^ précisément le plus abondante dans l’endroit le plus éloigné lies extrémités , et cpie les enfans, qui n’ont ! }iî?s de moelle , et, dont les extrémités sont toutes cartilagineuses, n’eu ont pas moins de synovie dans

leurs articulations. Ce dernier fluide se rencontre d’ailleurs dans beaucoup d’endroits où l’autre ne peut évidemment pénétrer , comme autour des teiir dons^ dans les bourses muqueuses, soit naturelles, soit accidentelles ; enfin , il y a une différence totale de propriétés , de composition entre lui et la graisse médullaire.

Divers usages , non moins hypothétiques , ont encore été attribués à la moelle. On l’a crue propre à donner de la flexibilité , de la ténacité aux os : c’étoit l’opinion de Duverney ; mais si l’on se souvient que les os des jeunes sujets sont les moins susceptibles de se rompre ; que ceux des vieillards, qui contiennent tant de moelle, sont au contraire les moins résistans , on n’aura point égard à cette opinion, cjui ne repose que sur un seul fait : c’est que les os réduits par la combustion à leur matière calcaire reprennent en partie leur solidité quand on les fait bouillir dans de l’huile ; mais la meme chose a lieu avec toute autre substance , avec la gélatine, par exemple, et il y a loin d’un os cjue la combustion a détruit en partie , à celui qui contient encore tous ses principes.

Les anciens disoientque la moelle servoità nourrir le tissu osseux ; mais il suffit cju’il y ait un grand nombre d’os dépourvus de graisse médullaire pour que cela ne soit point admissible. La membrane médullaire fait au dedans de l’os l’office du périoste ; elle contient les vaisseaux nourriciers , et c’est sous ce rapport seulement qu’elle sert à la nutrition.' Quant à la moelle , elle doit avoir les raê- , mes usages généraux que la graisse ; c’est une sorte

d’aliment en re'serve , une des formes que doit vêtir la matière nutritive. Elle sert en outre à remplir le vide qui sans elle existerolt dans le canal médullaire.

Anatomie pathologique du Système médullaire (page ii8).

Les altérations de ce système n’ont pas été assez étudiées pour qu’on puisse en présenter le tableau complet. Nous nous bornerons ici à un simple aperçu.

Il est très-probable que , comme le dit Blchat , la membrane médullaire des os longs est affectée dans les douleurs de la syphilis. En effet, une légère percussion exercée à la surface de l’os excite ces douleurs, à cause de l’ébranlement qui se communique à la moelle. Du reste , on ignore complètement quelle espèce ç^hltération éprouve cette dernière. /

Dans les amputations , la matière huileuse des os est absorbée au voisinage de la plaie ; la membrane médullaire se couvre de bourgeons charnus , et concourt à la formation de la cicatrice. Il a déjà été question de ce qui arrive après les fractures ; une sorte de bouchon endurci remplit le canal médullaire ; ce canal se rétablit ensuite , à moins que la réunion ne soit pas exacte entre les fragmens , comme quand ils chevauchent l’un sur l’autre. Dans les nécroses qui comprennent le canal médvdlaire, lorsque l’os ancien a été retiré, il reste une membrane rougeâtre qui tapisse le nouveau; mais la moelle ne se reproduit pas.

AU SYSTÈME MÉDULLAIRE. l6g

Le spiiia-A^entosa est une affection propre de la moelle ; c’est un véritable cancer de la membrane me'dullaire , différent du cancer de l’os , de celui qui affecte le périoste, mais analogue à ces affections, quant à sa nature. La maladie a ordinairement son siège près des extrémités; à la jambe , c’est vers le bout supérieur , à la cuisse , vers l’inférieur, qu’elle exerce le plus som^^ent ses ravages. Il peut se faire c[ue le tissu osseux soit en même temps altéré ; mais souvent ce tissu est sain et n’a éprouvé qu’une dilatation plus ou moins grande , une simple extension. On trouve alors que l’os forme à la tumeur une enveloppe, quelquefois prodigieusement dilatée , souvent perfoi’ée et traversée par des végétations de nature cancéreuse : c’est ce que j’ai eu plusieurs fois occasion d’observer.

lia graisse médullaire varie beaucoup en quantité suivant l’état de l’embonpoint ; mais le canal médullaire est toujours plein d’un fluide qui aj3proche plus ou moins de la moelle. Chez les sujets gras , la moelle m’a paru contenir , sur huit parties , sept de matière huileuse et une de matière étrangère. Cela s’accorde avec ce qu’avolt annoncé Grützmacher. Sur un phthisique , j’ai vu la graisse ne plus former que le quart ; le reste étoit un fluide séreux ou albumineux semblable à celui dont parle Blchat ( t. m, p. 1 16). Il serolt donc possible que, dans la maigreur extrême, il n’y eiit prescjuc plus rien en matière grasse.

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