‹ Additions à L'anatomie générale de Xav. Bichat :Chapitre 26 sur 35 · GS · texte numérisé non relu

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c’est comme pour la description de ce tissu considéré dans l’état naturel : ce que nous allons en dire en sera une preuve.

§ Aliéraüons dans les Formes extérieures^

L’accroissement de volume a été indiqué (t. iv, p. 575) pour les glandes paires ainsi que les circonstances dans lesquelles il a lieu : les glandes impaires , comme le foie , l’éprouvent rarement sans qu’il ne s’y joigne une altération de tissu.

L’atrophie survient de deux manières , savoir , I®. par compression , comme par une pression extérieure long -temps continuée, ou lorsqu’ uiie tumeur a détruit peu à peu l’intérieur de l’organe (t. IV, p. 607),' 2°. par défaut d’exercice, comme cela arrive pour certaines glandes par les progrès de fâge.

On connoît toutes les variétés de consistance , toutes les différences de couleur que présente le foie dans les maladies. Le testicule, le rein, en offrent aussi quelques-unes ; les autres glandes sont heaucoup moins sujettes à ce genre d’altération.

Des déplacemens s’observent dans ceux de ces organes situés dans la cavité abdominale , quelcpesuus d’entre eux , tels que la rate, pouvant être aüiï'és dans des hernies.

Au SYSTÈME GLANDULEUX»

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5 Allérailons dans V Organisation.

L’inflammation des glandes affecte plutôt celles à tissu compacte, serré, que les granulées : cependant la mamelle y est particulièrement disposée. Au reste, il faut distinguer cette inflammation de celle du tissu cellulaire et des glandes lymphatiques voisines , comme cela est important surtout pour la parotide , que l’on croit souvent eiiflam^ mée , tandis crue son tissu est sain et c[ue le cellulaire cpii l’environne est seul affecté. Cette inflammation amène rarement la gangrène au contraire, la suppuration, l’induration, en sont des suites fréc|uentes.

Qüelc|ues glandes placées à l’extérieur, comprises dans des plaies, deviennent la base d’une cicatr^e celluleuse ; mais le tissu glanduleux ne se reproduit point.

L’extrême frécjuence clés transformations de tout genre j dans le système cprl nous occupe, a déjà fixé l’attention de Eichat (t. iv , j)ag. 6i3). Cependant il est encore indispensable d’établir une distinction sous ce rapport ; en effet, i°. la plupart de ces transformations ont été observées dans le foie , le rein , le testicule , la mamelle , soit c[u’elles soient formées de tissus analogues à ceux cjui existent dans l’état naturel , soit que des tissus totalement étrangers à l’économie , hors l’état de maladie, les constituent; 2". c[ui ne sait, au contraire, combien elles sont rares dans les glandes lacrjnnaies ,. salivaires, et même, juscj^u’à un certain point, clans le pancréas ?

ADÙITÏ o?;S.

§ lîL Altérations dans le Développement 4

Maigre les iioinbreuses irre'gularilés de formes que peuvent offrir les glandes, il ne faut pas cepen- j dant prendre à la lettre tout ce quia été dit (t. iv , p. B'] 2) de la fréquence de ces irrégularités, com- ; parée à leur rareté dans les organes de la vie animale. La dillérence n’est pas, à beaucoup près, aussi tranchée queBichatl’a prétendu : nous avons ■ vu ailleurs que le cerveau n’a pas toujours exactement la même conformation dans ses deux liémi- , sphères, que Bichat en étoit lui-même une preuve : I son crâne présente en effet cette singularité , que le front est beaucoup plus saillant à droite qu’àgauclie, et qu’une disposition inverse existe à l’occiput, d’ou devoit résulter une inégalité de volume, à droite et à gauche, dans les lobes antérieurs et postérieurs du cerveau. Les os, les muscles, les nerfs, offrent des variétés analogues. D’un autre côté, les glandes ne sont pas tellement variables quei cela puisse fournir un caractère suffisant pour les distinguer des organes pi’écédens. Leurs variétéS| sont souvent insignifiantes : de même que, sur un os, un sillon , un trou vasculaire, une empreinte tendineuse , n’ont pas toujours exactement la même position , la même étendue , la même direction ; de même que, dans un muscle , la longueur des fibres charnues, la hauteur à laquelle se prolonge le tendon, la situation et le nombre des intersections, etc., varient à l’infini, peu importe que, dans une glande, un lobe soit un peu plus gros, un bord

plus OU moins échancré , une extrémité plus ou moins prolongée, etc.

Au reste, les formes glanduleuses, sont plus ou moins constantes suivant les 'organes dans lesquels on les examine. Le rein présente à lui seul presque autant de variétés que toutes les autres glandes ensemble tantôt unique ou réuni à celui du côté opposé, tantôt divisé, comme dans le foetus, en plusieurs lobes, tantôt situé dans le bassin ou audevant de la colonne vertébrale , il est peu de sujets qui l’aient parfaitement semblable. Le foie, les salivaires, les lacrymales, etc., offient moins de ces différences.

Le tissu glanduleux ne se produit jamais accidentellement.

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AU

SYSTÈME DERMOIDE.

Matière colorante. ■— Corps muqueux. — Papilles s \

P^OE 664" «... Il faut distinguer deux por- ' » tiens dans le système capillaire extérieur au clio- j » » rion ; i”. l’une est remplie habituellement de la i

}) matière colorante de la peau ; 2”. l’autre est |

» habituellement parcourue par une foule de fini- ! » des...;. Ces deux portions sont absolument in- ■ )) dé])endantes , n’ont même probablement aucune i )) espèce de communication. » |

La matière colorante de la peau forme , da^is le ' nègre, une couche distincte, non -seulement du chorion et de l’épiderme , dans lequel Riolan la croyoit placée , mais encore des autres parties du corps muqueux, avec lesquelles Malpighi l’a con-' fondue. Cette matière existe aussi , quoique moins j apparente , chez le blanc , qui , sans elle , ne dllFé- ï reroit point de V albinos: celui-ci en est entière-; ment dépourvu. Le corps muqueux , que Malpighi! regardoit comme un simple enduit, une sorte de

AU SYSTÈME DËRMOÏDE,

vernis recouvrant les papilles, vernis que Bicliat a remplace parmi corps réticulaire essentiellement lormé de vaisseaux, et divisé en deux portions indépendantes l’une de l’autre, paroit en effet contenir plusieurs parties distinctes , observe'es dans la peau du nègre par M. Gaultier, dans celle des quadrupèdes par M. Dutrochet.

Si on coupe la peau du talon d’un nègre un peu obliquement à son épaisseur et transversalement à la direction des lignes que représentent les papilles, on distingue sur le bord divisé les objets sulvaus : 1°. immédiatement au-dessus des papilles et faisant corps avec elles , se trouve une série de : petits faisceaux vasculaires , désignés par M. Gaul- [ lier sous le nom de honrgeoîis sanguins. 2°. Entre f ces bourgeons et l’épiderme , on voit une ligne t noire ondulée , placée entre deux lignes blanches , J dont l’une la sépare de la première couche, et .forme la couche alh'de profonde, composée, sui- I vaut M. Gaultier , de vaisseaux blancs. 5“. La ligne (noire qui est au-dessus, ou la couche colorée, prend le nom àe gemmules , à cause de ses ondulations^ qui la font paroître comme composée d’une unfinlté de petits corps concaves embrassant le sommet des papilles; chacun de ces petits corps reçoit deux bourgeons sanguins , le sommet des papilles .étant bifurqué, comme nous le dirons plus bas. 4°. Enfin , immédiatement au - dessous de l’épi- . derme est la seconde couche non colorée, ou .'couche aihide supevfic'dle , formée de vaisseaux séreux comme la première.

Il y auroit donc, d’après cela , quatre parties dans

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2y4 ADDITIONS

le corps muqueux, et, en joignant les deux couches blanches aux deux portions admises par Bichat, et qui seroient alors regardées comme de vraies couches isolées, on auroit la véritable structure de ce corps. Mais parmi ces couches, la première, formée par les bourgeons sanguins, n’appartient réellement pas au corps muqueux ; elle n’est autre chose que la terminaison des vaisseaux ramifiés dans les papilles,, et fait partie de ce cpi’on appeloit autrefois corps' papillaire ; de sorte c|ii’on peut réduire à trois le nombre des couches qui constituent le corps muqueux : c’est ce qu’a fait M. Dutrochet dans l’analyse qu’il a donnée de la structure de la peau chez les quadnvpèdes. 11 a reconnu l’existence de ces couches, telles que les a décrites M. Gaultier : seulement il les a désignées de la manière suivante ; la peau se compose suivant lui, i°. du derme, 2°. des papilles, 3°. de la membrane épidermique des papilles, qui est la couche albide profonde de M. Gaultier, 4“. d’une couche colorée, 5". d’une couche cornée, C|ui répond à l’albide superficielle, 6”. de l’épiderme.

L’existence d’un corps muqueux inteianédiaire au derme et à l’épiderme, composé au moins d« trois couches superposées, semble démontrée par 1^ résultats que nous venons d’exposer : cependant! tous les anatomistes n’admettent pas cette existence.| Suivant M. Chaussier , la peau n’a que deux parties distinctes, le derme et l’épiderme; l’un renfermantj tous les éléraens organiques de cette membrane ,| sans cju’on puisse établir de limite entre ces élémens, l’auti-e en étant la portion inorganique ou non

Aü SYSTÈME. BERMoÏdE. ByS

•vivante. Déjà Haller, Camper, Blumenbacli , etc., penclioleut à rejeter le corps muqueux clans la peau du blanc, et à n’aclraettre son existence c£ue pour celle du nègre.

Lorsqu’on enlève l’épiderme par la macération sur une portion de peau très-noire, sur celle du scrotum chez le nègre, par exemple, la matière colorante reste en partie sur le derme, en partie sur l’épiderme , plus pourtant sur ce dernier ; mais si on prolonge la macération , cette matière se détache de l’un et de l’autre, et se dépose au fond du vase, où on peut alors la recueillir : elle pi'ésente beaucoup d’analogie avec la matière colorante du sang. Cette matière ne paroît pas foi’mée dans la couche colorée ou les gemmules où elle a son siégej les papilles en sont les oi’ganes sécréteurs , ainsi cjue de cette couche elle-même. Quand on produit parmi vésicatoire la séparation de l’épiderme et des trois couches subjacentes du corps muqueux, le derme dénudé, rouge d’abord et privé de sa matière colorante , la reprend ensuite : lorsque le vésicatoire se dessèche , cette matière se reproduit sous la forme de petits points noirs qui s’agrandissent peu à peu et finissent par se confondre , en sorte que la cicatrice est noire quoique le corps muqueux ait été enlevé.M. Gaultier attribue principalement aux poils la fonction de sécréter cette matlèi’e, parce quelle est plus abondante là où des poils existent , et à cause de la forme qu’elle affecte dans le cas dont nous venons de parler; mais, puisqu’on la rencontre dans tous les points de la peau , il n’est pas probable c[ue sa source s^t différente suivant le lieu qu’elle occupe.

Au reste, la matière colorante de la peau n’est point simplement en stagnation dans le corps muc[ueux; les modifications qu’elle éprouve dans une foule de circonstances la montrent sans cesse apportée et l’eprlse par les vaisseaux, soumise, par conséquent, à une circulation reelle. Ainsi, divers auteurs citent-ils des exemples de cliangemeiis presque subits survenus dans la' coloration de la peau, de femmes -devenues noires pendant la grossesse, d’hommes ayant subi la même altération par les progrès de l’âge, par de violens chagrins; ainsi les nègres blanchissent-ils plus ou moins dans les maladies, la vieillesse, etc. A la naissance, le nègre n’est point coloré ; sa peau , semblable à celle du blanc, est rouge comme dans celui-ci , et seulement légèrement jaunâtre. Ce n’est qu’après la naissance qu’un cercle brun entoure les ongles , les yeux , le mamelon , les parties génitales ; le troisième jour ces parties seules sont noires ; le reste du corps n’est encore que basané. Le septième, la coloration est générale; mais le noir est pâle, sale pendant l’enfance : son intensité augmente graduellement dans l’âge adulte, sans acquérir pourtant la môme nuance par-tout; les premières parties colorées restent en général les plus foncées. Ces changemens successifs qu’on observe également dans les autres races , sont autant de preuves manifestes du mouvement dont la matière colorante est le siège.

Cette matière a le plus grand rapport avec celle C]ui teint les cheveux , l’iris , la choroïde : aussi toutes ces parties subissent-elles le même sort que la peau cjuand celle-ci se trouve décolorée, comme

AU SYSTÈME DERMOÏDE. 2^7

on le voit chez les albinos^ par un défaut d’organisation.

Les deux autres parties du corps muqueux , sa- - voir , la couche cornée et la membrane épidermique des papilles, ou les deux couches albides sont moins bien connues qr^e la cauche colorée. Cependant , outre que ces couches son't^pparentes dans le nègre, elles se manifestent dans plusieurs circonstances. Ainsi les bulbes des poils présententà l’intérieur des espèces de flocons qui paroissent formés par l’épiderme des papilles : quand l’ongle se sépare des papilles c[ui sont au-dessous de lui , comme cela peut arriver à la suite d’un coup, ces papdles se

• couvrent d’une matière concrète qui n’est auti-e i chose que cette couche épidermique. La couche cor- I née, par son développement extraordinaire , donne it lieu à toutes les productions cornées qui recouvrent

* la peau, soit dans l’état naturel , telles cjue les cor- I nés des animaux, les écailles des poissons et des t serpens, les ongles, etc. , soit dans l’état de mala- I die, comme les cornes qui surmontent quelquefois

la peau de l’homme : ces productions, toutes situées au-dessous de l’épiderme , appartiennent évidemment à la couche dont il est ici question.

Les bourgeons sanguins , comme nous l’avons vu, se confondent avec les papilles; celles-ci font partie du derme ou chorion , dont elles occupent la face externe, et ne doivent pas en être distinguées,

; comme on l’a fait, sous le nom de corps papilla'rr.

■ Leur disposition est remarquable ; les rugosités I quelles représentent forment des lignes régulières ; séparées par des sillons très-apparens ( voy. t. iv.

page 665), et de jilus, un autre sillon, moins profond que les premiers , ayant la même direction , divise chacune de ces lignes près de son sommet en deux élévations secondaires , de sorte que quand on coupe la peau en travers perpendiculairement à la direction de ces lignes, l’espèce de filet tremblé qu’on aperçoit le long du bord divisé présente des ondulations alternativement grandes et petites ; il résulte de cet arrangement que chaque ligne ; saillante, simple à sa base, semble composée à son sommet d’une double rangée de papilles.

La structure de ces aspérités du derme est presque toute vasculaire ; leur analogie avec les papilles de la langue et les phénomènes qu’on y observe y font admettre des nerfs en grand nombre (iw/. ibid. , page 668), et une disposition veineuse propre, analogue à celle des tissus érectiles. C’est à cette dlsjiosition très-marquée, ainsi que la structure, nerveuse, pour celles de la langue, cjue les pa- | pilles doivent l’espèce d’érection dont elles parois-, sent susceptibles. Cette érection est manifeste à la langue. Molles, couchées, et peu distinctes hors le temps de la digestion, les jiapilles de cet organe se redressent et deviennent plus apparentes pendant la mastication. On voit quelque chose de semblable à la peau des doigts ; la pulpe de cette partie acquiert souvent, dans l’exercice du toucher, une tension , une fermeté, et en même temps une rougeur particulières. !

C’est dans les papilles cpie se passent la plupai’tdes phénomènes de vitalité dont la peau est le siège ; c’est là que s’exercent le tact et le toucher ; c’est là

AU SYSTÈME DERMOÏDE.

que sont se'crétées toutes les parties plus superficiellement situées , là que se forme la matière colorante, que se produisent les poils, les ongles, les plumes, les cornes, les écailles, etc. Ne nous étonnons plus, d’après cela, de la cjuantité de vaisseaux qui s’y terminent : tout le système capillaire de la peau y est appelé par la nature des fonctions qu’elles remplissent. Cependant il ne faut pas exagérer cette idée, et croire qu’il n’y a des vaisseaux que là , que plus profondément le tissu du chorion en est dépourvu, que tous se portent à sa surface : le derme est souvent injecté dans toute son épaisseur, soit à la suite de l’inflammation , soit dans les injections fines : seulement alors la surface semble l’être un peu plus. En prenant, sur un morceau de peau Injecté et rendu transparent par l’immersion dans l’essence de térébenthine, vine lanière mince, coupée dans le sens de l’épaisseur de la membrane, et en la regardant contre le jour, on n’y voit pas sensiblement plus de vaisseaux du côté externe que de l’interne. Enfin , si tous les vaisseaux du derme étoient renfermés dans une couche superficielle, on devroit, en raclant à sa surface externe une portion de peau injectée, détruire ces vaisseaux , et enleA^r au derme presque toute sa couleur rouge : or, cela n’a point lieu.

ABDITIOKS

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Absorption cutanée.

Page 6g5. « Plusieurs physiciens modernes » ont produit beaucoup de faits négatifs contre » elle (fabsorptlon cutanée). »

Cette absorption est beaucoup moins marquée que celle des membranes muqueuses : elle n’est réellement évidente que lorsqu’il y a friction , ébranlement de la peau , que l’épiderme est ou- A ert , soulevé , ou en partie détaché , et ne paroît pas s’exercer au simple contact ; du moins ü y a plus de faits contre que pour ce dernier mode d’absorption. Bichat explique ces faits, conti’adlctoires en apparence avec ceux où l’absorption est manifeste , par les variétés de sensibilité que présente la peau ; mais il n’a pas fait la distinction que nous venons d’établir, et il est facile d’obsei’ver que c’est quand la peau n’est qu’en simple contact avec la substance soumise à son absoj-ption que celle - cl est le plus douteuse. Ainsi l’eau appliquée à la surface des tégumens n’est-elle point le plus souvent absorbée , comme Bichat en a déjà fait la l’emarque , et Symson , qui prétend^voir vu un bain de pieds sensiblement diminué après l’usage cpi’en avoit fait un malade, a-t-il été contredit par tous ceux qui ont depuis répété cette expérience. Celle de Mascagnl , dont les glandes inguinales se sont gonflées dans la même occasion , ne présente de même qu’un fait isolé , et qui peut d’ailleurs ne pas dépendre de l’absoi’ption du liquide. On as-

ATI SYSTÈME DERMOIDE.' 281

sure, il est yrai , qu’en tenant une main plongée dans une cm^e remplie de mercure , et en plaçant dans l’autre quelque portion d’un métal susceptible d’ètre attaqué par celui-ci , comme d’or ou d’argent , on voit ce dernier noircir comme s’il étoit en contact direct avec le mercure ; d’où l’on a tiré cette conséquence, que le mercure, absorbé d’un côté, étoit alors porté dans le sang, qui le transmettoit ensuite au côté opposé : mais le fait est-il bien certain , et en a-t-on bien observé toutes les ciî’constances ? Des expériences faites avec la plug grande exactitude par M. Rousseau, pliyslcien de Philadelphie , prouvent , au contraire , que riiuile essentielle de térébenthine, dont l’absorption est si rapide , comme on le sait , quand elle s’opère par les surfaces muqueuses , ne produit point dans l’urine cette odeur caractéristique, indice non équivoque de son absorption , lorsqu’on se contente de l’appliquer sur la peau , en ayant soin de ne point en laisser introduire par la respiration. Attendons donc que de nouvelles expériences aient démontré la réalité de l’absorption au simple contact , pour admettre cette absorption.

Quant à l’irrégularité que Bicliat attribue aussi à l’auti’e espèce d’absorption , fondé sur ce que l’insertion des virus n’est pas -toujours suivie de succès , il est possible qu’en effet ces virus ne soient point absorbés dans ce cas; mais il faut aussi prendre garde de confondre leur passage dans le sang avec leur effet apparent , surtout quand cet effet est purement local : le premier pourroit fort bien avoir beu , et l’autre ne pas exister.

sS3

La meme réflexion est applicable à ce que la plupart des auteurs disent de la facilité plus grande de l’absorption pendant le sommeil, pendant la faim, et , en général, dans tous les états qui disposent à la folblesse. Les miasmes contagieux et autres ne sont peut-être plus actifs dans cette circonstance qu’à cause de la susceptibilité plus grande dans laquelle ils trouvent les organes.

Quelques auteurs ont parlé d’une absorption gazeuse s’exerçant habituellement sur les tégumcns , et dont Ils ont cherché à apprécier le résultat ; suivant d’autres , la peau est le siège d’.une exhalation de la même nature. Il est évident que si ces deux fonctions y existent , leur effet doit se confondre , et qu’il est impossible, en recueillant les gaz , l’air atmosphérique , par exemple , qui auront séjourné à la surface de la peau, de distinguer si les changemens de proportion cju’on y observe tiennent à une diminution de certains de leurs principes ou à une augmentation des principes contraires , et de faire , par consécpient , la part de l’exhalation et de l’absorption. C’est donc à tort que Fourcroy a dit que la peau fouimissoit de l’azote ; la nature de cette pxhalatlon , si elle a lieu , est fort difficile à déterminer. Au reste , la preuve que donnolt Fourcroy de son existence, tirée <,Ls bulles qui se dégagent de la surface du corps quand on se plonge dans un bain , ne me paroît point réelle. Ces bulles ne sont autre chose que l’air resté adhérent aux tégumens et raréfié par la chaleur du bain ; quand une fois tout cet air s’est échappé , le dégagement s’arrête : on ne volt point

AU SYSTÈME DEKMOIDE.' ^85

ces bulles se former dans le bain froid , l’air n’y ayant point, par le manque de dilatation, la même tendance à quitter la surface de la peau.

Glandes sébacées.

Page 706. «Je crois qu’il y a autant de pro- » babilltés pour l’exhalation c[ue pour la sécré- I » tion de l’huile cutanée. »

L’existence des glandes ou follicules sébacés de i la peau est prouxée parles considérations suivantes,

» déjà exposées en partie à l’article des glandes mu- I que uses.

I I®. Ces glandes sont apparentes en beaucoup j d’endroits , comme au nez , au front , au cuir che-

Ivelu , autour des lèvres , dans le creux de l’aisselle, à l’aine, au voisinage du mamelon, au pourtour de l’anus, et en général par-tout où l’huile cutanée est séparée en plus grande quantité. M. Gaultier assure que les bulbes des poils sont entourés , à leur orifice , de neuf follicules sébacés destinés à fournir la matière huileuse qui les lubrifie.

2.°. Très- variables par leur volume , il est des sujets chez lesquels ces ghandes ne semblent pas exister dans certaines parties, où on les trouve trèsdéveloppées chez d’autres ; de sorte qu’en rassemblant ainsi toutes les observations isolées , il n’est I peut-être pas de point de la peau où on ne les ait rencontrées.

3°. On les voit souvent se montrer tout-à-coup

là oîi elles n’étoieiit auparavant nullement distinctes, et accjuerir même un volume tel qu’elles constituent une véritable maladie voyez ci-après l’article Anatomie paiho 'o^iqne ). 11 n’est pas probable cpie , dans ce cas , ces glandes se soient formées de toutes pièces ; leur disposition est trop semblable à celle qu’., elles présentent dans les endroits ou on les observe natureîlemenî.

4“. Le même enduit recouvre par-tout la surface de la peau : les organes qui le fournissent doivent donc être généralement répandus. Or, les follicules sébacés sont manilestement ces organes , dans les parties qui en sont pourvues d’une manière évidente.

On peut donc rigoureusement conclure de tout ceci que les glandes sébacées existent par-tout , et que leur ténuité seule empêche souvent de les apercevoir; que, par conséquent, l’humeur huileuse de la peau est, comme on le pense généralement, le produit d’une sécrétion.

La structure de ces glandes est analogue à celle que nous avons décrite pour les glandes muqueu- •ses : un repli de la peau sur elle-même paroît en général les constituer. La membrane qui les forme se continue avec le derme ; l’épiderme est très-apparent dans les tumeurs qui résultent de leur dilatation : incisées et vidées de la matière qu’elles contiennent, ces tumeurs sont manifestement revêtues à l’intérieur d’un épiderme qui s’en détache par la macération avec celui de la peau voisine. I^a couche cornée elle-même est indiquée dans ces follicules par les productions de ce genre qui s’y déve-

AU SYSTEME DERMOIDE. ^0^

îoppent cpielquefois : en effet, on a\u des poils eu tirer leur origine , des cornes y prendre naissance et pousser en dehors en traversant leur orifice : la couche colorée s’y . manifeste aussi dans quelques circonstances.

Anatomie pathologique du Système dermoïde ( p. 706),

§ I". Altérations dans les formes extérieures.^

La peau distendue éprouve divers changeraens- ( Voy. t. IV, p. 707, Propriétés de tissu du Système dermoïde.). Lorsqu’elle l’est pendant long-temps, les fÜDres du derme ne sont pas seulement écartées, elles s’éraillent en divers endroits ; de là les stries blanchâtres de la peau du ventre chez les femmes qui ont eu une ou plusieurs grossesses : ces stries , souvent importantes en médecine légale , parce qu’elles sont constantes , sont de véritables cicatrices. Quand la distension a été plusieurs fois répétée ou portée très-loin , la peau ayant perdu eu partie sa tendance à revenir sur elle-même , conserve plus d’étendue qu’il ne lui en faut pour recouvrir les parties subjacentes , et reste làclie, molle , ou forme des plis , comme on le voit encore à la peau du ventre ; c’est le même phénomène que celui qui produit les rides chez les vieillards qui perdent leur embonpoint , comme il a été dit ailleurs. Au reste , la peau v^arie , sous ce rapport , suivant les individus^ : telle femme, après la.pre-

mière grossesse , a la paroi abdominale plus reïâ-' chëe que telle autre , dont cette paroi est presque lisse et unie, quoiqu’elle ait eu plusieurs enfans. L’i'ge y est aussi pour beaucoup. Les mômes différences existent dans les maladies , quand une tumeur, par exemple, a fortement écarté la peau des tissus voisins ; de là des modilicatlons dans la cjuantité de peau à conserver , lors de l’ablation de ces tumeurs, suivant l’àge, le sexe , les individus, le volume et ranclenneté de la tumeur, etc.

La surface externe de la peau est défigurée par une foule de productions de nature très-diverse. Les unes sont un produit manifeste de l’inllammation : il en sera question tout-à-i’heure. Les autres constituent des dégénérations particulières, et seront de même examinées plus bas. Mais il en est qui ne parolssent dépendre que d’un accroissement accidentel de cjuelqu’une des couches dont est comjiosée la peau. Ainsi la couche cornée s’élève sur les tégumens en forme d’excroissances dures, en tout semblables à des cornes ; le réseau vasculaire des papilles soulève l’épiderme aminci , et donne lieu à des exubérances plus ou moins rouges , telles cjue les végétations de la syphilis ; l’épalsseurdu derme lui-même végète et se reproduit à la surface de la peau pour former les verrues.

Les productions cornées, dont il existe aujourd’hui une foule d’observations , ne dépendent pas toujours simplement de la cause que nous venons d’indiquer : on peut en distinguer de trois sortes, i“. A la suite des plaies , des ulcères , il se forme souvent sur les cicatrices des productions de cette

AU SYSTÈME DERMOÏDE. Ù.Q'J

iiature. 2°. Les follicules sébacés sont aussi quelquefois l’origine de ces cornes, comme A. Cooper et Home en citent des exemples : elles ont alors des couches concentriques telles qu’on en trouve dans les arbres. 5°. Enfin , ily a des cornes qui naissent irrégulièrement sur tous les points de la peau,

1 sans qu’on puisse les rapporter à l’une des deux I espèces précédentes : ce sont celles-là surtout c[ui I semblent avoir leur siège dans la couche cornée de j la peau , et n’être autre chose que le résultat d’une sécrétion plus abondante de cette couche , par l’ir- ; ritation des papilles subjacentes. Les cors aux pieds ont une source à-peu-près semblable ; ils sont formés par un petit corps dur et arrondi, né au milieu de la substance cornée de la peau , et c[ue des lames d’épiderme recouvrent : seulement cette espèce d’amas de matière cornée est enfoncée par la ' pression dans l’épaisseur du derme , et quelquefois j usqu’au-dessous de lui , au lieu de croître à sa surface.

L’accroissement des follicules sébacés de la peau ; produit des tumeurs particulières auxquelles on [ donne le nom. de tannes. Quand cet accroissement est peu considéi’able , la tumeur, à peine sensible , n’est indiquée à la surface de la peau que par un ' point noir , d’où l’on peut faire sortir , par la pression , la matière sébaeée qui y est contenue , laquelle se moulant sur l’ouverture du follicule , s’échappe sous forme d’un petit ver , et a même été prise quelquefois , à cause de cela , pour une lain e t d’insecte : ce point noir est dû aux corpuscules qui I voltigent dans l’air et qui salissent l’entrée du

follicule. Lorsque la matière s’accumule eu plus grande quantité, la tumeur est plus saillante, et constitue, suivant que l’orifice du follicule subsiste ou que cette ouverture a disparu, les tannes proprement dites, si frécjuentes à la face , cà la jieaudu nez surtout , ou les loiqies sous -cutanées cju’on observe dans diverses régions du corps. Celles-ci ne dépendent jamais d’une autre cause ; tous ces prétendus mélicéris, athéromes, stéatomes, qui se développent à la tête , sous le cuir chevelu , dans le tissu cellulaire sous-cutané des membres , de la poitrine , de l’abdomen , et cpii ne dilfèrent que par le degré de consistance de la matière qu’ils renferment, comme le signifient les noms C|u’on leur a donnés , sont d’abord situés dans l’épaisseur de la peau, ainsi cju’il est aisé de s’en convaincre en les examinantdaiis leurprincipe. Souvent naême on peut observer sur le même sujet l’espèce de gradation que ces tumeurs suivent dans leurs progrès , c’est quand il en existe jilusieurs : les plus petites présentent alors une ouvei’ture très -apparente à la surface de la peau , tandis que les autres s’éloignent de plus en plus destégumens , auxcjuels elles tiennent pourtant encore , dans le plus grand nombre des cas , par un filament creux , cjui est le goulot du follicule allongé par la distension. Il n’y a de vraies loupes que les tumeurs graisseuses. Aussi la matière de celles dites enkystées ressemble-t-elle parfaitement à la matière sébacée des follicules: aussi ces sortes de tumeurs ont-elles, comme ces dei niers, un épiderme intérieur. Ces derniers caractères sulTiroient presque à eux seuls pour établir

AU SYSTEME DERMOÏDE. :28g

l’identité de ces tumeurs avec les follicules , quand Lien même leur connexion avec la peau dans le principe ne seroit pas démontrée. L’ouverture des follicules J au lieu de s’oblitérer , est quelquefois tellement agrandie, dans les tannes, que leur fond est presque entièrement à découvert ; leur surface interne , en contact avec l’air , se dessèche alors , la tumeur cesse de croîti’e , et il reste simplement , à l’endroit qu’elle occupoit, une espèce de cul-de-sac continu à la peau , qui paroît là comme repliée sur elle-même. Cette disposition rend très-évidente la structure des follicules.

Tout le système cutané est le siège d’une sorte d’atrophie, dans le marasme qui succède aux maladies lentes : la matière colorante disparoît dans cette circonstance, le derme se dessèche, s’amincit , , les papilles se flétrissent , la peau devient rugueuse par la saillie des bulbes des poils qui sont au-dessous d’elle. On peut opposer à cet état la surabondance de vie si commune aux tégumens de la \ face , surtout chez les ivrognes , et qu’annonce le

I bourgeonnement vasculaire de cette partie. Une irritation long-temps prolongée peut aussi épaissir 1 le derme , comme on le voit souvent autour des anciens ulcères.

i § II- Altérations dans l’organisation^

Les phlegmasies cutanées forment une classe nombreuse en pathologie; mais leurs nuances infinies se confondent en grande partie aux yeux de l’anatomiste. Les altérations de tissu qu’elles font

éprouver à la peau sont toujours au fond à-peuprès les mêmes , quelque multipliées que soient les éruptions dont elles la couvrent. Plus de sang dans le réseau capillaii’C , et par là un développement plus grand de ce réseau , soit uniformément, soit par points plus ou moins exactement isolés; un fluide dllFérent du sang soulevant l’épiderme ou répandu à sa surface et y formant des croûtes variées; l’épiderme lui-même altéré de diverses manières, sa production régulière souvent empêchée : ce sont là des caractères communs à la plupart des exanthèmes tant aigus que chroniques. Ces affections ne diffèrent essentiellement que pârle degré d’excltatio'n qui les détermine , la structure différente de la peau dans les parties qu’ elles occupent , la disposition particulière des individus qui en sont atteints ; toutes circonstances qui apportent des modifications dans leurs produits. Cependant ce sujet mériteroit peut-être de nouvelles recherches ; c’est ainsi que le siège de ces maladies dans le tissu cutané ne paroît pas toujours être le même; que la teigne , par exemple , semble naître plus spéciaîemePt des follicules sébacés , que certaines éruptions paroissent se borner aux couches les plus superficielles de la peau, tandis que', dans d’autres , toute l’épaisseur de cette membrane est profondément altérée, etc. En général , tous ceux c[ui ont écrit sur les maladies de la peau se sont plus attachés à décrire minutieusement les fornles quelles ; affectent sur cette membrane , qu’à rechercher les ^ changeniens qu’ elles déterminent dans son organi- : sation.

I AU SYSTEME DERMOIDE. 2(Jt

Au reste, les suites ordinaires de rinflammatiou ont été observées ici. La peau suppiu'e, non-seule- , ment quand son épiderme est enlevé, comme dans le vésicatoire, mais même loi’sque son tissu est intact, à la manière du tissu cellulaire; le pus est or- I dinairement rassemblé dans de petites cavités qui , soulèvent l’épiderme , comme on le voit dans les I pustules de la petite-vérole. L’ulcération est fréqueute dans cette membrane, moins pourtant que dans le système muqueux; elle se joint quelquefois à la suppuration , comme on l’observe communéi ment dans la petite-vérole : d’autres fois elle est le ♦ produit d’une cause particulière, telle que la sy-

Ipliills. Il faut, au reste , distinguer ces cas 'dans lesquels l’ulcération procède du dehors au dedans,

• de ceux où la peau distendue , d’abord seulement É amincie, finit par s’enflammer et se détruit du def' dans au dehors, ainsi qu’il arrive dans les abcès,

• les anévrysmes, etc.

Les plaies simples de la peau guérissent promptement, et sans C|u’il y ait formation de bourgeons i charnus. Une eçuehe plastique , analogue à celle , qui se foi'me entre les autres tissus divisés , et que Aï. Erachet a trouvée composée de gélatine et d’albumine, réunit d’abord mollement les bords de la plaie, qu’on peut séparer de nouveau les pre- ^ miers jours, sans causer presque de douleur, ni i sans renouveler l’écoulement du sauig, dont celte couche n’est pas encore pénétrée. Des vaisseaux se jroduisent ensuite dans cette matièi’e, qui prend Cl même temps plus de consistance, et la cicatrice eiste. Cette cicatrice ne tai’de pas à se confondre

avec le tissu de la peau, dont ou rmit par ne plus pouvoir la distinguer.

Les phénomènes sont également fort simples quand la peau n’est détruite que dans ses couches superficielles , et que le derme est simplement dénudé; l’épiderme se reproduit alors avec une grande rapidité dans toute l’étendue de la plaie : c’est ce cju’on voit dans les vésicatoires , la brûlure au second degré, les écorchures légères, etc. Cependant, si l’irritation est vive, comme dans la brûlure, la suppuration survient, et la guérison n’est pas aussi prompte; mais il ne se forme de bourgeons charnus c[ue cjuand cette suppuration se prolonge , comme dans les vésicatoires.

Ces bourgeons existent, au contraire, nécessairement lorsqu’il y a perte de substance complète de la peau , et que les lèvres de la plaie restent écartées; ils précèdent toujours, dans ce cas, la formation de la cicatrice , qui prend alors naissance des divers tissus mis à nu, du cellulaire particulièrement.

La peau est peu sujette aux transformations organiques. Elle acquiert dans quelques circonstances tous les caractères des membranes muqueuses ; c’est lorscjue , dans un contact prolongé avec elle-même, elle est privée pendant long-temps du séjour de l’air à son extérieur : une moindre épaisseur du derme, une rougeur plus grande de sa surface, qui verse un fluide muqueux abondant, un amincissement extrême de l’épiderme, remplacé par des villosités très-prononcées, se font remarquer dans o' cas, dont liébréard a cité un exemple, dans le-

AU SYSTÈME DERMOIDE. SQS

quel cette altéi'ation a été produite dans le creux dujai’ret, chez un paralytique, par la flexion constante delajarabesur la cuisse. Nous avons vu, dans le Système cartilagineux, que la peau éprouve quelquefois la transformation cai^llaglneuse.

Le cancer de la peau revêt une forme particulière qu’on n’observe que dans cette membrane et dans le système mucjueux ; il constitue le plus souvent des ulcérations autour desquelles le tissu voisin est peu altéré, de sorte que , sous le rapport anatomique, il n’y a aucune ressemblance entre ces ulcères dits carcinomateux et les autres affections cancéreuses. Il s’élève aussi sur les tégumens, dans certains cas, des excroissances analogues aux polypes cancéreux des membranes muqueuses. Dans les tumeurs cancéreuses sous-cutanées , la peau est affectée consécutivement de deux manières différentes ; tantôt elle contracte une consistance trèsgrande , une sorte de dureté remarcjuable , en même temps quelle adhère intimement aux parties quelle recouvre ; tantôt elle s’ulcèi'e du dedans au dehors, comme cela a lieu dans la terminaison ordinaire du cancer.

S III. Altérations dans le développement.

Les vices de conformation du système dermoïde sont, 1°. l’absence de la peau dans une certaine étendue, là où elle devroit exister dans l’ordre naturel, ce qu’on n’observe guère que lorsqu’il y a en même temps défaut des parties subjacentes , comme quand les cavités des membranes muqueu-^

ses présentent des ouvertures accidentelles; 2°. la jirésencc de divers prolongemens que forme le tissu de la peau , et dont la surface de cette membrane est pour ainsi dire hérissée; 5°. les taches de naissance ou nœvi-mnterm : celles-ci sont tantôt simplement une altération de la matière colorante, tantôt une affection du réseau vasculaire, et deviennent le pins souvent, dans ce deimier cas , après la naissance, des tumeurs dites variqueuses, et ayant beaucoup d’analogie avec les tissus érectiles. Ces taches sont souvent surmontées de poils.

De nouveaux tégumens se produisent accidentellement toutes les fois que les parties naturellement recouvei’tes par la peau sont privées de cette enveloppe commune , comme à la suite des plaies , des ulcères, des abcès, des gangrènes, etc.; le nouveau tissu qui se forme dans ces circonstances est ce qui constitue la cicatrice. Je remarque, à ce sujet, que ce mot sert à désigner tous les modes d’union qui ont lieu entre nos parties divisées : or , il est plusieurs de ces modes , et par là plusieurs espèces de cicatrices. 1°. Il y a celles qui succèdent aux ruptures intérieures qu’éprouvent divers organes , la peau qui les recouvre étant restée Intacte : celleslà ont été examinées, pour les différens systèmes, dans chacun d’eux en particulier ; nous avons vu qu’elles participent, en général, plus ou moins de la nature des tissus dans lesquels elles siègent, quoii[iie une cause analogue, une exsudation de matière concrescible, préside le plus souvent à leur formation dans le principe. Il n’y a point de bourgeons charnus quand ces cicatrices se font. 2°. La réunion des

A.U SYSTEME DERMOIDE. 2gD

plaies par première intention fournit un second genre de cicatrices qui ressemble beaucoup au précédent, cjui n’en diffère même qu’en ce que les tissus divisés communiquent d’abord à l’extérieur, circonstance que leur contact mutuel rend bientôt nulle , de sorte que ce cas l’entre alors dans le premier. La peau et le tissu cellulaire jouent le plus grand rôle dans cette réunion , qui s’opère, comme la précédente , sans que des bourgeons charnus se produisent. 3°. Enfin, la cicatrisation proprement dite est le mode de guérison des plaies , et, en général , de toutes les solutions de continuité apparentes à l’extérieur , dont les bords voisins restent écartés, soit parce qu’ils ont souffert ,upe perte de substance trop considérable, soit parée qu’on n’a pas remédié aux effets de la coptractilité fie tissu, ou parce que la structure de ces bords rend leur rapprochement impossible, comme dans les plaies des os. Il y a, dans ce cas, le seul qui doive nous occuper ici , suppuration , foi’mation de bourgeons charnus, et , par suite, d’une membrane analogue à la peau. Cette membrane est par-tout la même, quel que soit le tissu dénudé , comme le prouvent les cicatrices homogènes qui succèdent aux amputations, aux plaies du crâne, d.e la poifrine, dans lesquelles des parties très-différentes par leur nature sont intéressées : les cai’tilages sont les seuls organes qui ne puissent concourir â sa formation.

On peut distiiîguer deux périodes daus la cicatrisation d’une plaie : 1°. cette plaie se recouvre de Ijourgeons charnus; 2°. un épidcimie se fpiTnc sur ces bourgeons, pour donner naissance à la cicatrice.

2q6 Additions

II seroll facile d’en établir ini plus grand nombre ; mais celles-là suffisent pour bien concevoir le mécanisme de la production des cicatrices. Ces périodes sont décrites (tome pages 88 et suiv. ) ; nous allons les passer de nouveau rapidement en revue.

Première période. Les petits corps si improprement appelés bourgeons charnus, opxoo a encore nommés caroncules , granulations , bourgeons celluleux et vasculaires, naissent à mesure que la suppuration s’établit, mais avec une rapidité différente pour les différens tissus : dans une amputation ,^par exemple , ils se développent en premier lieu sur le tissu cellulaire qui occupe l’intervalle des autres parties, en second lieu à la surface des muscles divisés, un peu plus tard sur les organes fibreux, et plus tard encore dans les os, le plus souvent, dans ces derniers, seulement après qu’une lame mince s’en est détachée; ils se produisent, en général, d’autant plus vite que les tissus sont plus celluleux et vasculaires. Le volume de ces bourgeons varie; leur disposition est d’autant plus régulière qu’ils sont plus petits , et la cicatrisation en est aussi plus prompte. La membrane qu’ils forment par leur réunion a au-dessous d’elle un tissu cellulaire compacte, parolssant comme pénétré de fluides albumineux concrets. Cette membrane contient des vaisseaux sanguins, car les bourgeons saignent au moindre contact et rougissent ou pâlissent par diverses causes. Les absorbons n’y sont démontrés que par l’absorption que ces bourgeons exercent, et jiar l’ulcération, à laquelle ceux-ci sont tellement

AU SYSTÈME DERMOÏDE. 297

disposés, que souvent, par un écart de régime, on les voit disparoître totalement, en moins de deux heures, à la surface d’une plaie; leur extrême sensibilité fait de même supposer qu’il y a des nerfs, quoiqu’on ne les y ait point vus. La membrane des bourgeons charnus est douée d’une contractilité très-prononcée, qui explique son resserrement et la diminution réelle des plaies d’autant plus raai’quée que la peau est tout à la fois plus mobile et plus extensible. La nature celluleuse de cette membrane a été démontrée ailleurs : beaucoup d’auteurs la regardent, avec Fabre, comme une simple extension du tissu cellulaire ; mais l’opinion de Hunter, développée depuis par Home, est plus vraisemblable. Cette opinion, cjue j’ai exposée dans les Additions aux Systèmes cellulaire et capillaire, consiste à la considérer, non comme un tissu cellulaire préexistant, mais comme une production nouvelle, ne pouvant se former c£ue là où il existe du tissu cellulaire et des vaisseaux, et oifrant dans son développement des phénomènes analogues à ceux du développement naturel des organes.

Deuxième période. Lorsque les bourgeons charnus se sont rétractés autant que l’a permis la résistance des tégumens aux environs de la plaie, ils se recouvrent d’épiderme, ce qui constitue la seconde période de la cicatrisation, la formation de la cicatrice. Le nouvel épiderme commence à se former à la circonférence de la plaie, endroit où il se continue manifestement avec l’épiderme voisin , et s’avance ensuite petit à petit vers son centre ; quelquefois , comme dans certains ulcères larges et an-

ciens , il se pi’oduit en même temps par places dans le milieu , et les divers points où il existe vont ensuite à la rencontre les uns des autres : le pus cesse d’être sécrété à mesure que l’épiderme le remplace. La cicalrice existe quand toute l’étendue de la plaie est couverte d’épiderme. Mince d’abord, molle, rougeâtre à cause du peu d’épaisseur de l’épiderme qui la recouvre , plus adhérente et moins solide que la peau, cette cicatrice devient à la longue tout-à-fait analogue à cette membrane. Le tissu cellulaire qui est au-dessous d’elle regagne peu à peu toute son extensibilité, à moins que la cicatrice ne repose sur un os : elle l’este adhérente dans ce dernier cas.

A son développement parfait, le tissu cutané nouveau présente les caractères suivans. 1°. Ce tissu est plus dense que celui de la peau et se rapproche davantage des tissus fibreux; moins de vaisseaux le pénètrent, de là, la couleur blanche des cicatrices et la rareté de leur rougeur accidentelle.

Le derme cjui s’y rencontre a des aréoles moins marquées, des fibres et des lames moins distinctes f[ue celui de la peau ; ce derme est, en général, dépourvude papilles, comme l’indique l’aspect lisse et reluisant de sa surface. 5“. L’épiderme est très-apparent dans les cicatrices , et se confond avec celui de la peau environnante. 4°- L’existence du corps muqueux y a été niée par Camper; mais ce corps y est démontré, chez les nègres, par la coloration dont leurs cicatrices sont le siège. Cette coloration a lieu dans presque tous les cas : seulement il faut un temps assez long pour qu’elle se développe, et la

AU SYSTÈME DERMOIDE. 2Q9

teinte qu’elle présente est pi’esque toujours plus pâle que celle des tégumens : cependant^ dans des cas rares, on a vu cette teinte être plus foncée. Les cornes qui naissent sur les cicatrices y indiquent la présence de la couche cornée. 5°. Le tissu de la cicatrice est plus disposé à s’ulcérer que la peau proprement dite ; les ulcères qui atteignent en même temps ces deux membranes font des progi-ès bien plus rapides sur la première que sur la seconde.

5oo

AD

SYSTÈME épidermoïde.

Moyens d’union de l’épiderme avec le derme. — Pores exhalans et absorbans.

Page j5g. <( En isolant l’épiderme par la ma- » cération , on voit à sa surface interne une foule » de petits ppolongemens plus ou moins longs , et n qui , examinés attentivement , ne paroissent être )) autre chose que l’extrémité l'ompue des ex- » halans et des absorbans. En effet , ces petits )> prolongemens... affectent tous une disposition )) oblique, et vont se terminer aux pores, que nous » avons dit traverser l’épaisseur de l’épiderme pour » se rendre à sa surface. »

La nature des prolongemens intermédiaires au derme et à l’épiderme , et qu’on ne voit qu’en séparant ces deux parties l’une de l’autre , n’est pas facile à déterminer. Kaaw-Boerhaave, W. Hunter ont dit, à-peu-près comme Bichat, que c’étoient les vaisseaux de la sueur ou de la transpiration cutanée. Mais les Injections ne parviennent point dans ces prolongemens : l’inflammation , qui rend la peau toute

AU SYSTÈME ÉPIDERMOÏDE. 5oi

vasculaire, ne colore pas sensiblement les prolongemens dont il s’agit. Cruikshank regarde ces filamens comme de la substance épidermique qui s’enfonce dans les aréoles du derme. Mais ces prolongemens existent-ils réellement quand l’épiderme est adhérent au derme? Rien ne le pi’ouve. On doit plutôt les considérer comme des espèces de tractus muqueux qui se forment par l’écartement de la substance intermédiaire au derme et à l’épiderme, rendue fluide et visqueuse par la putréfaction ou la coction qu’on fait éprouver à la peau afin de pouvoir en isoler l’épiderme.

L’existence des pores eux-mêmes , tels du moins qu’on se les figure ordinairement , est loin d’être rigoureusement démontrée. Des considérations physiologiques, et même les injections deHaase, porteroient à croire que les embouchures des vaisseaux pénètrent jusque dans les dernières couches delà peau, c’est-à-dire jusqu’à l’épiderme ; mais l’observation microscopique , qui mérite plus de confiance que des conjectures physiologiques, ne fait point découvrir de pores dans l’épiderme. On voit bien, en regardant contre le jour l’épiderme d’une poi’tion de peau dont on a enlevé la majeure partie des poils, des endroits transparens qui ont été regardés comme des ouvertures. Leuwenhoeck croyoit même avoir aperçu des pores dans l’épiderme , et il en a donné la figure dans ses Arcana naturœ. Mais comme ce grand observateur ne se servoit que de simples lentilles, qui ne grossissent qu’ environ cent soixante fois, il a peut-être pris les trous des poils pour des pores. Fontana ; dans son ouvrage sur le venin de la vi-

père , parle d’un tissu composé de vaisseaux se-rpentans qu’il a vus à l’aide du microscope ; mais M. de Humboldt, qui a fait sur l’épiderme humain des observations avec un microscope grossissant 55,200 fols, affirme que les cylindres serpentans sent des plis et non des vaisseaux : dans des observations faites sur l’épiderme grossi 3 12,400 fols, il n’a pu y découvrir de pores. J’ai bouché l’extrémité d’un tube avec un lambeau d’épiderme , rjue j’ai chargé d’une colonne de mercure de plus de lieux pieds : aucun atome du métal n’a traversé l’épiderme.

On pourrait conclure de ces diverses observations qu’il y a à la surface de la peau une barrière non vasculaire entre l’organisation et l’atmos|>hère, et que, soit pour sortir, soit pour entrer, les substances doivent pénétrer cette barrière par une sorte d’imbibition , ce qui rapprocheroit cette partie extrême de l’organisation , des corps les plus simples de l’un et l’autre règne organique, lesquels sont dépourvus de vaisseaux. En effet, comme nous venons de le dire, il n’y a ni xulsseaux, ni pores, ni même aucune ouverture apparente au microscope , soit que l’implantation oblique des poils cache celles c[ui leur livrent passage, soit que l’épiderme leur fournisse une gaine qui subsiste après leur arrachement et reinpllsse les trous dont il est percé. On ne peut pourtant pas nier absolument, d’a^^rès la seule inspection microscopique, l’existence des pores ; car si l’on fait un troua l’épiderme avec une ajguille très-fine, on ne retrouve plus cette ouverture" au microscope, comme l’a expérimenté Cruikshank : la même

A.U SYSTÈME ÉPIDERMOÏDE. 3o3

chose a lieu pour une lame mince de gomme élastique ou caoutchouc , à laquelle on pratique une ouverture très-étroite : au contraire , l’ouverture subsiste quand on se sert d’épiderme parfaitement desséché ; le papier à filtrer ollre la même diffél'ence suivant qu’il est sec ou* humide. Ce point, sur lequel les auteurs ont beaucoup discuté , ne me paroît pas suffisamment éclairci.

Epiderme des membranes muqueuses.

Page 782. « Quel est l’endroit où se termine » l’épiderme qui tapisse l’origine des surfaces mu- » queuses , ou bien , s’il existe par-tout , quel est » le lieu où il commence à ne plus devenir appa- » rent par l’action de nos réactifs ? On ne peut , n je crois, le déterminer avec précision ; il dimin nue d’une manière insensible , et se perd , pour » ainsi dire, par' gradation. »

Bichat laisse ici , comme on le volt , deux questions indécises : la première est de savoir si les surfaces muqueuses profondes ont un épiderme ; la seconde, à quel endroit cet épiderme cesse ou change de nature. L’état mou et pulpeux des membranes muqueuses prises profondément , la ressemblance très-grande qui existe entre la composition du mucus et celle de l’épiderme , la présence des villosités là où celui-ci est peu apparent, pox’tent à penser qu’en effet il manque profondément. D’un autre côté , ceux qui l’y admettent citent les cas de renversement du rectum , de l’intestin grêle

dans les anus contre nature , de la matrice , etc. , dans lesquels un épiderme distinct revêt à la longue ces parties j ils se fondent encore sur les excrétions membraneuses, qui , selon eux, n’ont pas d’autre source. Ces raisons ne sont nullement péremptoires ; rien ne prouve que l’épiderme des anus contre nature , par exemple , existe primitivement , et qu’il ne se forme pas en entier par suite du contact de l’air. Quant aux membi^anes rendues dans les plilegmasies de l’intestin, de la vessie , etc. , l’analogie doit les faire regarder comme des pseudo -membranes du même genre que celles qui recouvrent dans la même circonstance l’œil , la bouche , le pharynx, etc. Cependant il seroit possible qu’un épiderme très-mince , et que sa mollesse rendroit encore plus difficile à apercevoir , se rencontrât sur les surfaces muqueuses profondes ; cette première question ne peut donc guère être résolue autrement qu’elle ne l’a été par Bichat , qui d’ailleurs penche beaucoup vers la négative.

La seconde mène à quelque chose de plus positif. Dans plusieurs parties du système muqueux, il existe une ligne de démarcation bien tranchée entre la portion de ce système placée près de l’extérieur et celle profondément située. Cette ligue est due à la présence de l’épiderme de la première, qui cesse où la seconde commence. Faites bouillir la muqueuse de l’estomac et celle de l’œsophage , l’épiderme , soulevé sur cette dernière , formera ]>ientôt un boui’relet répondant exactement à Fou- | verlure dii cardia , et au-delà duquel cet épiderme

ÀU SYSTÈME ÉPIDERMOÏDE. So5

cessera de devenir apparent. C’est même ce qui a fait dire qu’il y avoità cet endroit une interruption dans le système muqueux, et que la muqueuse de l’estomac n’étoit point une suite de celle de l’œsophagev Mais l’épiderme seul établit cette limite ; le reste de la membi’ane se continue parfaitement. Cel^ est si vrai , que , dans les animaux , la ligne 4e démarcation ne correspond pas toujours au cardia, que souvent cette ligne empiète plus ou moins sur l’estomac , comme le montrent des figures de Home , dans lesquelles on la voit s’approcher de plus en plus de l’orifice pylorique, suivant l’espèce d’animal. La membrane mucjueuse du vagin se comporte de la même manière par rapport à celle de l’utérus; son épiderme finit au col de ce viscère, dont l’intérieur n’en est pas moins tapissé par une membrane muqueuse propre , ne diflérant de la première que par cette circonstance , par une épaisseur moindre et par la présence des villosités. Même disposition au col de la vessie , comme le prouve l’expérience indiquée plus haut , faite sur ce viscère et sur l’urètre qui s’y insère. Cette remarque s’applique, en général, à tous les conduits muqueux ouverts à l’extérieur, et aboutissant à un réservoir membraneux.

Nature Mes Ongles.

j Page 789. On ne peut point considérer

I» ceux-ci (les ongles) comme de simples la- I a mes d’épiderme appliquées les unes sur les au- , )) très. »

Malpiglil regardoit les ongles comme un produit du dessèchement des papilles du derme. Ludwig a dit que c’étoit de la substance nerveuse desséchée. L’examen des parties coniées des animaux montre qu’ils sont formés par une substance cornée , de la même nature que celle qui constitue les sabots , les cornes , les écailles , etc. , de divers animaux. L’épiderme ne fait que recouvrir ces parties , qui appartiennent toutes à la couche cornée qui lui est subjacente : quand il manque à leur surface , c’est que le frottement l’a détruit', ou qu’il se confond avec leurs lames superficielles, comme on le voit, en particulier, pour les ongles.

Considérés chez les animaux , ceux-ci sont de deux espèces. i“. Il en est cjui ressemblent à ceux de l’homme, ce sont les onguiculés : 2°. d’autres j en diffèrent par leur disposition, et ont reçu le I nom A' ongulés ils comprennent les sabots de di- j vers quadrupèdes. On pourroit y joindre les cor- j nés , dont l’origine est absolument semblable à j celle des ongles et des sabots. Cependant il faut ' distinguer parmi celles-ci les cornes des cerfs, plus | particulièrement désignées sous le nom de bois , et j les cornes proprement dites , ou celles des ruminans. Les premières sont entièrement osseuses, et! soulèvent la peau , au lieu de siéger à la surface de cette membrane : les secondes seules appartiennent à cette surface; seulement elles surmontent, ordinairement des prolongemens osseux, auxquels! elles servent, pour ainsi dire, de gaines. Lesi ongles de l’homme ne sont point colorés; ceux des! animaux et leurs cornes le sont au contraire assez!

AU SYSTÈME ÉPIDERMOÏDE. 5oj

. souvent; leur matière colorante paroît résider, en général , dans la substance cornée elle-même.

Les ongles et les cornes se forment par le même mécanisme. Lorsqu’une corne est arrachée sur un animal, les papilles éminemment vasculaires qui ont été mises à nu versent une matière fluide c|u’on j)eut voir d’abord filer entre les doigts , si l’on peut ; s’exprimer ainsi , et qui s’épaissit et s’endurcit fi ensuite par degrés : au-dessous de celte première [ couche , il s’en fait bientôt une seconde qui pousse celle-ci, puis une troisième, et ainsi de suite, de 1 sorte qu’une nouvelle corne résulte de cet emboîtemelit successif; cette corne continue à croître à ijj sa base de la même manière , les nouvelles couches poussant toujours les anciennes. Or, la même chose se remarque dans les sabots , ainsi que dans la reproduction des ongles chez l’homme. La forme seule diflere, parce que les parties sécrétant le fluide ^Isont diversement configurées. Quand l’ongle vient ntjô être arraché, les papilles, après avoir saigné

ibondamment, et paroissant à nu quoiqu’ ayant încore au-dessus d’elles la couche al bide profonde, ;e recouvrent d’une lame molle , blanchâtre , dont çl;|.a consistancé augmente graduellement ; puis de j'jçgliouvelles lames se produisent au-dessous , d’autant [jçj,jDlus courtes quelles sont plus éloignées de la rai(çi^{j:ine, et donnent au nouvel ongle l’épaisseur qu’il ,|5|loit avoir : l’accroissement ultérieur dépend de ce [^çjji[ue de la substance cornée est versée continuelleïient à l’extrémité de chacune des lames, ce cjui ‘ait que la totalité de l’ongle est poussée en devant. )n peut comparer ce mode de développement à ce

juel

qui se passe dans le ver à soie , dont le fluide sans cesse reproduit à mesure qu’il prend de la consistance , pousse sans cesse au-devant de lui le fluide qui l’a précédé. Ainsi l’ongle croîtroit indéfiniment s’il n’étoit habituellement coupé, ou usé par les frottemens.

Les stries longitudinales que les ongles présentent à leur surface ne sont point l’indice d’une structure fibreuse; ces stries paroissent dépendre de l’arrangement des papilles subjacentes.

Anatomie pathologique du Système épidermoïde (p. 791).

Les parties comprises dans ce système n’ayant point, à proprement parler, d’organisation, ne sont sujettes qu’à un petit nombre d’altérations,' qui même ne leur sont point inhérentes , et tiennent uniquement aux changemens qu’éprouve la vitalité de la peau, leur support commun. lien est de ces parties comme des différens liquides versés 1 sur les surfaces muqueuses, séreuses, synovia-i les , etc. , et dont les altérations dépendent entière-! ment de celles des organes cjui les fournissent.

L’épiderme s’épaissit {poj. t. iv, p. yyfi)? s’amincit, se soulève à la surface du derme , se détruit par diverses causes déjà examinées pour la plupart. Il prend la forme de vésicules , d’ampoules , d’écailles furfuracées, delai’ges plaques, lorsqu’il est soulevé^ ou presque entièrement détaché. Sa reproduction ,j ordinairement facile , devient cpelquefois impos-j

Au SYSTÈME ÉPIDERMOÏDE. 5o()

siMe par la vive irritation dont la peau est le siège , comme dans labriilure, le pempliigus chronique,

' et alors les malades souffrent beaucoup , le corps muqueuï étant à nu. D’autres fois la peau, rouge, tuméfiée, fournit, au lieu du fluide qui lui donne ( naissance , une matière croûteuse, écailleuse, jointe à un fluide séreux suintant en abondance , comme f on le voit dans cei’taines espèces de dartres.

Les excroissances des ongles (^voj.X.. iv, p. 791)

Isont surtout fréquentes dans les dartres sèches, où la peau prend- cette apparence qu’on a comparée ! aux lichens des arbres , où fépiderme s’épaissit, se ’ fendille dans diverses directions. Elles surviennent i encore aux orteils, par une cause analogue à celle [ qui y produit les cors. Dans quelques cas, elles I semblent dues aux progrès de l’âge, j Les ongles deviennent mous, cassans, chez les , individus sa'ophuleux , chez les teigneux. Ils pré- • ( sentent en outre , dans certains cas , une altération particulière que les auteurs ne me paroissent point avoir décrite. Elle consiste dans une sorte d’inflammation chronique de la peau qui entoure la racine de l’ongle ; un cercle brun, douloureux à la pression, se forme en cet endroit,* l’ongle devient en même temps mince et comme membraneux. Buzzi a cité quelques exemples de cette affection , que j’ai observée plusieurs fois chez les enfans , et quelquefois sur des adultes.

I L’expression très-impropre d’o/zg'/e entré dans les I chairs sert à désigner un état dans lequel la peau J environnant l’ongle sur. les bords ou près de son extrémité le dépasse et s’avance plus ou moins sur

O 10 ADDITIONS AU STSTÙME ÉPIDERMOIDE.

sa face libre. Il eu re'sulte des douleurs plus ou moins aiguës par la pression qu’exerce le bord tranchant de l’ongle. Cette incommodité n’arrive guère qu au gios orteil, ou la constriction des chaussures la détermine souvent. L’arrachement de l’ongle en est le remède le plus efficace.

^ADDITIONS AU SYSTÈME PILEUX. 5ll

AU

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