V. — Œuvres diverses de Corneille
I. — Ouvrages en prose ou en vers publiés séparément de son vivant ou après sa mort.
140'. Mascarade des enfants gâtés.
Le catalogue de la bibliothèque du duc de La Vallière (G. de Bure, 1783) au tome il, no 35 12, page 472, cite un exemplaire de cette pièce, en ces termes :
Mascarade des enfants gâtés, par P. Corneille, imprimé.
N'est-ce qu'un fragment détaché d'un exemplaire de la Clitandre ? Est-ce une impression distincte? La Mascarade occupe, dans les Meslanges poétiques qui précèdent Clitandre. les pp. 1 3 5- 141 ; puis, au verso de la p. i4r, commence la pièce suivante : Récit pour le ballet de Bicètre. Cette disposition n'aurait pas échappé au rédacteur du catalogue La Vallière, et, si l'imprimé qu'il annonçait ainsi n'avait consisté qu'en de simples feuillets arrachés d'un livre, eût-il négligé de le signaler? On peut donc se demander s'il ne s'agit pas ici d'un imprimé particulier de la Mascarade, dont on ne connaîtrait plus aujourd'hui aucun exemplaire.
141 '. Excuse a Ariste. jj .S. /. n. d. P. in-4 de 2 ff. non chiffrés.
Réimpression fac-similé de 141, en 1894, dans la collection Armand Gasté. (Voy. 13481.)
A l'exemplaire unique de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, signalé par P., il y a lieu d'en ajouter un second appartenant à la Bibliothèque de Caen.
143'. Rondeau. Il P. in-4, ' P-
Réimpression fac-similé de 143, en 1894, dans la collection .Armand Gasté (13481).
144'. Lettre jj apologitique || du s"^ Corneille, || Contenât fa refponce || aux Obseruations faic||tes par le S"^ Scvderi II sur le Cm. ||. . . P. in-4.
Réimpression /7C-5/mi7e de 144, en 1894, dans la collection Armand Gasté (1348').
146'. Trésor || chronologique (| et historique. |( Contenant ce qvi s'est passé || de plus remarquable & curieux dans l'Estat, tant civil qu^ecclésiastique, depuis Tan de. Il lesus-Christ 1200. jusqu'à Pan 1647. j| Par le R. P. Donipierre de S. Romvald, jj Prestre, & religieux de la Congrégation de Nostre Dame || de Fueillens. || [Troisiesme Partie.] || A Paris. || Che:{ Antoine de Sommaville, || an Palais, dans la Salle des Merciers, \\ à l'Escu de France. \\ M. DC. XXXXVIl. || Avec Privil. dv Roy, et approb. des docteurs.
C'est à la p. 968 de la troisiesme partie ou troisième tome de cet ouvrage, composé de trois volumes in-folio, que se trouve un sonnet de C. sur la mort de Richelieu.
Cette remarquable pièce de vers, qu'aucun éditeur, aucun bibliographe n'avait recueillie, a été retrouvée par M. Ch. Urbain, qui l'a reproduite dans sa brochure : Vers oubliés remis en lumière par dh. Urbain (voy. 1462) :
Armand, lorsque tes jours avoient ce haut éclat, Dont nous voyons partout briller tant de peintures, Je ne suis point entré dans ce noble combat Qu'allumoii ta louange entre tes créatures.
J'en vois après ta mort, par un noir attentat, Changer tout leur encens en lasches impostures, J'en vois ou par un zèle, ou par raison d'Estat, Affermir ton grand nom dans les races futures.
Moi, je n'estalie point d'illustres desplaisirs, D'ambitieux regrets, ny de pompeux souspirs, Comme de ton vivant je m'abstins à me taire :
Et quand quelqu'un s'efforce a couronner ta mort.
J'estime son ardeur sans suivre son effort,
Et je dis qu'il fait bien, mais je pense mieux faire.
Cela vaut mieux que le fameux quatrain.
1462. Vers OUBLIÉS ||remis en lumière II par ||Ch. Urbain|| Une ode de Théophile || Un sonnet de Corneille || Paris II Librairie Techener |j H. Leclerc et P. Cornuau II 2ig, rue Saint-Honoré \\ 1891. ln-8, 8 pp.
Extrait du Bulletin du Bibliophile de septembre-octobre iSgo.
Le sonnet oublié, et remis en lumière dans cette brochure, est
celui qu'avait recueilli l'auteur de l'ouvrage ci-dessus. (Voy. 1461.)
p. 148. Remerciment ||, . .
Ajoutons que cet exemplaire unique, qui fii;urait au catalogue de la vente de Ruble (mai 1899) sous le n'^ 248 bix, a été acquis parla Bibliothèque Nationale au prix de 1,595 francs.
P. i33. Au Roy jj sur la conqukste [| de la Franxhe- CoMTÉ, Il s. 1. n. d. [Paris, 1668.] In-4, 2 feuillets.
Un second exemplaire a été signale par M. Etienne Deville à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, Ms. 2416, folio 233-4 (Notices sur les manuscrits relatifs à l'histoire de Normandie conservés à la bibliothèque Sainte-Geneviève. — Revue catholique de Normandie, Evreux, no de juillet 1906, p. 44). M. Deville, toutefois, n'a pas pris garde que le texte latin, qui lui a échappé, a été séparé du texte français par l'intercalation d'un feuillet du manuscrit, malencontreusement placé là par le relieur.
Cet exemplaire est identique à celui de la Bibliothèque Nationale. (Rés. Y. e. 962.)
M. P. qualifie improprement cette pièce de sonnet ; elle se compose en effet de cinq stances de quatre vers. On la trouve notamment au Recueil Granet. p. 39, où elle est suivie de trois traductions en vers latins, l'une de Corneille lui-même, la seconde du P. de la Rue, et la troisième de Santeul, les deux premières comprenant vingt vers, la dernière dix-neuf (et non dix-huit).
La même pièce se trouve encore dans : Voyage de .Messieurs de Bachaumont et de La Chapelle. Avec un mélange de pièces fugitives, tirées du cabinet de M. de Saint-Evremond. A Utrecht, che^ François Galma, 1697, in-12.
1 54'. Poème ]| sur les Victoires li du Roy || Traduit de Latin jj en François par P. Corneille. Ij A Paris, j| Chez Ij Guillaume de Luvne, || Thomas Jolly, ||Et|| Louis Billaine, || au Palais. i| M. DC. LXIX. !| Avec Privilège dv Roy. In-i2 de 34 pp., titre compris; à la fin, i f. non chiffré pour VE.xtrait du privilège, dont le verso est blanc.
Cette édition est conforme en tous points à P. i35- mais elle possède un titre que ne signale pas ce numéro.
P. 1 53, Poeme jl svR les j| Victoires || dv Roy ||. . .
Cette édition est conforme à J541, sauf le titre remplacé ici par un titre de départ. Elle est conforme aussi au tirage spécial annexé à l'édition du Théâtre de 1668, que nous avons indiqué ci-dessus P. 1 10, sauf les différences suivantes :
Dans le tirnge P. iio, ainsi que nous l'avons dit. les cahiers sont signés aux pp. i3 et 25, / 1'^ Partie, et les signatures suivent le volume de R à T. Cette particularité n'a pu échapper à M. P., autrement il faudrait conclure qu'il a eu sous les veux un simple fragment détaché de l'édition de 1668, fragment qu'il décrit ici comme une édition spéciale. (Voy. supra i 10.)
I 56'. Réponse II .\ || la Défense || des Fables, || A Paris , || Che:{ Charles de Sercy, au Palais, au Sixième || Pillier de la grand'Salle, à la Bonne Foy couronnée. !| M. DC. LXXI. Il Avec Permission. P. in-4 de 22 pp., le titre compris, et ! f. blanc; 26 lignes à la page, caractères italiques pour la Réponse et romains pour la Défense.
Au titre, marque de Sercy (deux mains entrelacées sous une couronne et, au-dessus, les initiales C. D. S., avec la devise Fidem Fortuna Coronat.
Au verso nn lit : Avertissement. |i L'auteur de la Réponse a trouvé bon que le Libraire adjoiite à la fin de sa Pièce, la Défense des Fables, afin que ceux qui auront la curiosité de la voir n'ayent pas la peine de l'aller chercher plus loin.
Exemplaire à la Bibliothèque Nationale (Ye. lïyg) et à la Bibliothèque du Peiit-Séminaire de Rouen. Un troisième exemplaire s'est rencontré dans la bibliothèque d'un bibliophile de Rouen.
Cet opuscule, qui contient le texte de la Déjense des Fables, aux pp. 19 à 22, a été signalé par M. l'abbé Tougard dans la brochure: La Défense des Fables yar P. Corneille. Son édition de 16 ji et la Réponse <i cette édition. (Paris, Librairie Techener, 1892. Extrait du Bulletin du Bibliophile. In-8, i5 pp.) Le docte abbé expose que l'édition de la Deffence des Fables (P. i56), que l'on croyait l'édition originale, pourrait bien ne donner que la seconde ou même la troisième impression des vers de C, que ceux-ci avaient paru antérieurement dans l'opuscule dont il s'agit, sans l'aveu de C, et que Sercy, pour les joindre à la Réponse, avait dû les prendre sur un premier imprimé, qui a échappé jusqu'ici aux recherches.
M. l'abbé Tougard remarque encore que la pièce de Corneille compte 80 vers dans la réimpression de Marty-Laveaux, en aurait 82 d'après la notice de P. i56, en a enfin 84 dans l'opuscule de Sercy ; et il relève un certain nombre de variantes entre le texte de Sercy et celui de Marty-Laveaux.
P. 157. La Thebaïde de Stage.
Toutes les conjectures sont permises a l'égard de cette œuvre inconnue de Corneille.
Pourtant, et malgré que le poète eût obtenu un privilège pour
l'impression de son œuvre dès l'année 1670 (Cf. P. 87 et 157), il semble assez difficile de croire qu'il ait réalisé cette impression de son vivant, si l'on observe ce qu'écrit le Mercure Galant dans la notice même où est annoncée la mort de Corneille. L'article se termine ainsi : « On a trouvé dans son cabinet quelques ouvrages qu'on donnera au Public. Ce Recueil sera composé des deux premiers livres de Stace quil a mis en vers, et de plusieurs pièces sur divers sujets. » {Mercure Galant, oct. 1684. p. 79.) On doit être bien informé au Mercure, rédigé par Thomas Corneille. Comment alors Ménage eut-il connaissance du poème avant 1672, et peut-il en citer les pages 62 et 65 f II faudrait supposer qu'il eut communication des premières feuilles imprimées et que la publication fut interrompue. Voyez au surplus Picot, n" 137, et Marty-Laveaux, t. X, pp. 245 et suiv.
Il est encore assez piquant de saisir des allusions à Stace dans la correspondance qu'échangèrent Corneille et Balzac. Dans une lettre du 10 février 1643 (nous sommes loin de 1670), Balzac écrit à Corneille : « Quoy que le caractère de Stace ne soit pas celuy sur lequel je voudrais me former, son esprit n'est pas de ceux dont j'estime la ressemblance vicieuse. » Et voilà que plus loin la même lettre parle de Ménage lui-même : « Quoy qu'il eu soit, il n'est point de passe-temps qui ne doive estre permis dans la République des lettres a deux personnes qui ont tant mérité d'elle que Monsieur Ménage et vous... » Parle-t-on déjà du projet de traduction f Ménage s'y associe-t-il r Balzac èst-il consulté ?
160'. Poeme||sur les II Conquêtes || du Roy , i| Composé jj Par Le R. P. De Laruejj De La Compagnie De .lesus. jj Traduit de Latin en François, Par M. P. Corneille. \\A Lyon, Il Che^ Marcelin Gauthei'in, rue Confort. || Avec Permission. In-S de 16 pp., le titre compris. 6\ d. (vers 1672.1
Au titre, marque de libraire : la Justice dans un cartouche orné, avec la devise Cviquc swm. Aucune mention de privilège.
P. i6i. Les VrcTOiRES nu Roy...
Lire :
LUDOVICO II MaGNO II POST || EXPEDITIONEM l| BaTAVICAM. ||
Epinicivm. Il Parisiis, Apud \\ Guillelmum De Lvyne, in Palatio. j| Et || Simonem Benard, via Jacobed. |j M. DC. LXXIL II Cvm Permissv.
Les II Victoires || Du Roy, || Sur Les Estats de Hollande. Il En l'Année M. DC. LXXIL |j Par P. Cor-
neille. \\ A Paris, (| Che^ Gvillavme De Lvynes, au Palais, Il Et Ij Simon Benard, rue Saint Jacques. \\ M. DC. LXXII. Ij Avec Permission.
In-S", 21 pp. pour les vers du P. C. de la Rue, et i f. blanc. Le permis d'imprimer porte la date du 22 novembre 1672. — 24 pp titre compris, pour les vers de Corneille.
Granet (p. 4g) donne la pièce de Corneille sans les vers du P. de la Rue. L'un et l'autre texte avaient été publiés ensemble avec pagmations distinctes : ni Marty-Laveaux, ni P. n'en avaient pu rencontrer un exemplaire. Celui qui est décrit ci-dessus a passé à la vente Lormier(Cat. n» 5456, sixième Partie). Un autre, sans le texte latm fut communiqué à l'Exposition par IVl. Meynial', libraire à Paris ; un autre enlin, privé également des vers du P. de la Rue figurait à la vente Rochebilière (Cat. no 79).