‹ Adélaide de MéranChapitre 11 sur 13 · II. o · texte numérisé non relu

II. o

ig^.^^ ADÉLAÏDE ;

w pourquoi je ménagerais celui qui ne » respecte rien , pas même ia nièce de M son meilleur ami. » 11 a rougi, Claire, et il a fait de vainsTifTorts pour cacher son embarras y j'ai st^nti l'avantage que je commençais à avoi^- sur lui , çt je me 8uîs décidée à en profiter, w Je n entends » pas ce que mademoiselle vent dire , » a-t-il repris d une vOtix mal.assurée. — » Vous voulez des çiétajijs ,. f^op^iqu;' ; je » v^ais vous en dpaner., Yous avez pro^ » mis à mademoiselle d'Apremont d'em-^ » pècbjer spn ,pn,çlç; 4e Ja^ajfi se .njariier , )) si elie voulait vous accorder des mar- » ques- positives de sa reconnaissance ; y> vous m'avez promis ini rij^lie p^irli , si « je veux vous en donnpr de ^^ mienne. » Cette demoiselle vous a tiniité avec un j) mépris égal au mien rç^^st le seul rap- » port que j aie et q^ue je veuille avoir » avec elle. Désespérant de la réduire, » vous avez tourné toutes vos vues sur » moi , et vous avez çommçpcé à tra- » vaillcr l'imagination et;le cœur de M. » d'Apremont. Si vous iie le détour- >♦ ne^ de me demander à mon père , je

\ous déclare que je l'instruirai de ce

jjHHii s est passe au pavillon entre sa

flKièce et vous. Vous allez me rëpon-

» dre , ainsi qu'à elle , que je ne serai

)) pas crue. Sachez que j'invoquerai, s'il

» le faut , le témoignage de MM. Duver-

)} lant , de Beauclair et de Vertprë : dë-

w masquer un homme tel que vous , c'est

» servir la sociëtë. Apprenez encore que,

>) si M. d'Apremont attribuait ce que je

» lui aurais dit à l'envie gratuite de vous

» nuire , si on me traînait mourante à

» l'autel, si on m'engageait à un homme

» que je ne peux aimer, loin de cëder

«jamais à vos lâches désirs, j'emploî-

» rais , pour vous faire bannir du châ-

>) teau , toute l'influence qu'une femme

» jeune et estimable doit avoir sur son

» mari. )i

Je voyais dans ses traits l'expression ie la colère ; elle agitait tout son corps. Il voulait cacher les sentimens cruels ]ui le torturaient , et ses yeux eifrayaus , ies lèvres tremblantes, sa respiration courte etëlevëe , disaient ce qu'il croyait aire. Il a senti la nécessite de mentir

t^6 ADÉLAÏDE

pour me gagner. 11 m'a juré que M. d'Apremont n'est pas Thomme dont il m'a parle; qu'il ne lui a suggéré aucune des expressions tendres ou flatteuses qu'il a pu m'adresser ; qu'il sentait bien avoir perdu tous ses droits à ma confiance , mais que je devais être assez équitable pour ne pas le rendre garant , sans preuves , des dispositions de M. d' Apremont à mon égard. Enfin , il a paru sortir tout à coup d'un sommeil léthargique, et se livrant à des idées nouvelles : — « Mademoiselle , a-t-il ajouté , quand » vous invoqueriezcontre moi le témoi- )) gnage de MM. de Vertpré, Duverlant » et de Beauclair , qu'en résulterait-il ? » M. Duverlant, marié à une femme » charmante et généralement estimée, » con«entira-t-il à donner de la publicité » à son intrigue d'un moment avec ma- » demoiselle d'Apremont ? Etquediront » les autres? Qu'ils ont eu la grossièreté » de vouloir m'arracher une lettre. S'ac- » cuseront-ils pour vous complaire , et » quoi qu'ils disent de cette lettre , man- « querai-jc de répondre que la leur don-

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ner, c'eût été compromettre ëvidem- *) ment la réputation de cette demoiselle; » qu'au contraire , cette pièce était dans » mes mains une arme innocente , dont )> je pouvais me servir pour obtenir w d'elle une conduite plus régulière.

» Vous m'objecterez que ces messieurs » ont entendu ce qui s'est dit au pavil- » Ion avant qu'ils y montassent. Eh , ne )) puis-je répliquer qu'éclairé sur cette » triple intrigue , et voulant ménager le » repos de mon ami, j'ai tout fait pour la » rompre sans qu'il en sût rien , et » que je suis devenu l'objet de la calom- » nie et de la vengeance de ces mes- » sieurs ? Me supposez-vous sans adres- » se , et pensez-vous que M. d'Apre- » mont balance un instant entre un » homme en qui , depuis vingt ans , il a » une confiance absolue , et deux étourdi dis qu'il ne connaît que par leur légè- » reté et leurs petites grâces? Quel rôle i) alors joueriez-vous dans cette affaire ? H Celui d'une femme qui écoute pour » dénaturer les faits , et porter le trou- » bîe dans les familles.

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