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qui en sont si susceptibles* AdieUyiiMA clière amie; l'on m apporte une leUrei^dp vous^ et de cette manière je termine^ la mienne sans regret, puisque ce ne lerii.p^ pour vous quitter.
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LETTRE XIL
La même à la même.
Quelle attention il faut avoir avec le»
enÙLïïs jusque dans les pluspetiiesclioscs...! Adèle est naturellement vraie, l'éducation n'a fait que fortifier en elle celte venu ; jamais elle n'aura recours au plus léger déguisement pour tâcher de s'excuser d'une faute, et cependant je me suis aperçue que , depuis quelques jours , elle mentoit de gaîté de cœur et pour s'amuser; voici comment :
Dainville , la semaine passée, a fait un rére très- plaisant, qu'il a conte , et dont on a beaucoup ri. Le lendemain, Adèle a rêvé aussi, et m'a fait part de son rêve, auquel j ai donné peu d'attention. Deux jours après> autre songe , et enfin aujourd'hui elle m'en a conté un si joli , que j'ai vu clairement qu'elle l'avoit composé à loisir : elle en est convenue, en avouant aussi que tous les autres étoient pareillement de son
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inveniion ; je n'ai pas eu de peine à lui faille eomprendre que , s'il est aSreux de .
mentir pour son intérêt, il est encore plus inexcusable de menlir sans motif : Je vous ai fiiit connoîlre , ai-je ajouté , combien le mensonge est un vice odieux et bas j vous savez à quel point un menteur est digne de mépris; je dois vous apprendre encore qu'il ne peut jamais être véritablement aimable* il y a beaucoup de gens qui se plaisent a composer des histoires qu'ils donnent pour vraies sans scrupule , parce qu'elles ne font tort, à personne; ils n'ont d'autre projet, en exagérant et mentant , que celui d'amuser et de se rendre agréables à la société, mais ils manquent absolument leur but, et seulement choisissent, pour se déshonorer, la manière la jJius frivole et la plus absurde. Un homme qui ment ainsi pour son plaisir n'est cru sur rien : ses récits, quelque agréa- -bles qu'ils puissent être , n'intéressent jamais, parce qu'ils ne peuvent inspirer ni curiosité , ni confiance , et il est à peine écouté; tandis qu'une personne bien vraie, en supposant même qu'elle n'eût point d'efr*»
ET TftEOnORE. 93
prit j SX elle a une chose extraordinaire & conier , est toujourssûre de captiver l'aiten-tion y et d'être écoutée avec plaisir : outre Testime qu'elle mérite^' lldée qu'on doit croire tout ce qu'elle dit rend sa conversation intéressante, et sa société pleinedagrémens; et, n'eût-elle enfin que cette précieuse vertu , elle seroit aimable et récherchée. Après ces réflexions , j'ai prie Adèle de ne plus conter ses rêves à l'avenir. Je viens de recevoir une lettre de madame d'Ostalis, qui ne me parle que de notre charmante Constance : elle me dit que je Ja trouverai embellie à un point surprenant , et qu'elle est Téritablement jolie c^mme un ange ; j'en suis presque fâchée :
la laideur révoltante est sans doute xm malheur très-réel , mais une beauté parfaite est un don de la nature toujours dange-* réux , et souvent nuisible et funeste. Une belle personne, en attirant tous les regards^ n'en est jugée qu'avec plus de sévérité, même sans que la jalousie s'en mêle ; la curiosité, qui nous est naturelle, cherche à pénétrer si cet objet ^ xlont les charmes
^ ADELE
nous intérefi^eiHy poasèdç (encore les autres quaUiés que nous lui déairerions. Une âme honnête et douce éprouvera ce sentiment; la vue de ce qui platt inspiré Fenvie de le connaître davantage^ ce mouvement désintéresse ne cause point de défiance : on ne réfléchit pas que la haine et l'amour s'aveuglent^ que l'indifférence n'examine rien, et que la bienveillance est seule clairvoyante et juste ; et voilà le sentiment général. C'e$t ainsi qu'un avantage , si précieux en apparence ^ n'est en effet qu'un danger de plus.
Telle est à peu près, dans un autre genre, la situation d'un homme médiocre, élevé à d'éclatans emplois : tous les yeux fixés sur lui découvrent Êicilement j usqu'à ses moindres défauts ; pendant que la flatterie l'encense , la haine le noircit , la calomnie le déshonore, et la vérité même le démasque et l'accuse. TcHites ses fafutes sont observées, comptées, exagérées; ôlez-lui ce titre brillant qui le décore et l'expose , la moitié de ses ridicules sera ignorée ; personne ne se donnera la peine nécessaire pour dévoiler ses vices, ils resteront secrets au fond de son
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dxxi&^j et rpn ne pori^ra point le jour sur les aciiqD5;qu'îl veut pacher.
, Il e&t r^re qu'ooi^ feomie parûiitement bell^^it aiiii#l)Bl($,;<elle croit communément que JUi: natures loul fait" pour elle^ qu^l loi. 6u$t de se montrer pour enchanter ei/p9Mlr> séduire^ el qac ce moyen les^ vabt tous ;. voilà les idées qu'elle apporte dans la société ; aussi tous ses succès se bornent à Ja frivole admiration qu'excite sa première ^me; ce raouv^nent passager , en se dissipant , ne laisse après lui que l'ennui, l'in* sftpîdité 9 el même le dégoût Près d'elle , Tesprir ^t ossif^ iéi côeér iBfit>fiff>id ^ àl c'est une rexK^ix!pie;tràsHiraili><quq ka. passions J^.(Jii^^iye|j)Q sont? pas âaspirçes par les
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g6 ÂDELB i'«
doublez donc Toslsoins pour Cotistailée i persuadez-lui bien que > dahs la sociale ,% beaulë ne peut' suppléer avnr autres agrémens^ qu'elle expose à tôutes-les noi^céârL de l'envie des femmes et de la fatu^ dise hommes ; qu'ep. atiinsutit rauentionj^ géild^ raie , elle ne sert sotnrent qu'à faire ckHëty^ des défauts et desfoiblessés qu'on ne remai^ queroit pas sans elle;. mais que c'est «elle aussi qui rend la modestie plus intéressant^ et qui donne a la vertu l'éclat le pins biâ*lant. Ne cherchez, point à lui dissimuler qu'elle est l>ellej c'est une chose impossible à cacher ;>dttei»4ekiisimplenieiit> froide*raent^ i5anid.pan[t>\ttieftttflèher de furiis à cet ' avanioge ; éf} même temps>Tfépét€»4ittf jqKé, si elle conserve sa figttrô^jOiipljà i^nigt-^îkq -ani, oè^ qottiistr J&wrtnWtâiil >|i^
iiênt femmèi) ^in'^^étA^Ûm Vé^H«é', -tû S&'beauté> i^iis qu^ift'lîlûdi^l^ -taisi^ feront ux3i«v^dr^bjHplnaa)«es/ JH^^ nous 'pa6'¥ii«titf^fMlie d^ GrerjriUb passer ri)) nièm6litf0ui4$ j^^M^iléi^iÉJtsoâbedePariB]
raalgi>é là elMâdldi l{«i}«iiâqiJ3iC^
menty maïs si justement ^ sa taille^ ses dents, ^n teint, sa bouche et son nez? Comme nuUe figure n'est absolument parfaite , en ne cachant point à votre fille qu'elle est belle ^ dites-lui aussi naturellement les dé- ^01^ qui peurent se trouver dans sa per- 9onsbe, afin qu'elle ne se croie pas un chefd'oeuvre àe la nature, et qu'elle s'accoutume à s'entendre critiquer a cet égard, sans éprouver du dépit ou du chagrin ; et pour çelar^ faites-lui remarquer ses petites imperfections , non avec l'air d'en être affligée , maÎB avec le ton qu'on prend en parlant des choses indifiiérentes.
Adèle est véritablement jcdie, elle le sait, et n'y pense jamais. J'ai donné un grand dîner il y a quelques jours ; j'avois rassemblé presque tous mes voisins, l'assemblée étoit fort brillante , Adèle très-bien mise y et six^ulièrement en beauté ; toute la compagnie se récria sur sa figure, et chacim répéta .qu'on n'avoit jamais rien vu de si dbarn^int et de si agréable. Le soir, quand BOUS lunpii^ en famille , miss Bridget me demanda le nom d'un grand hommie qui IL 5
s'étoit mis à lable à côlë de moi , et dont la conversation avoit paru m'intéresser ; je répondis qu'il s'appeloJtM. de TOrmie, qu'il avoit beaucoup Yoyagé> qu'il eloit fort* instruit et très-aîmable : mais un peu caustique^ répondit miss Bridjget, et ît m'est àrrÎTé avec lui , poùrsuiv it-è1!e , une petite aventure assez drôle , . et que fe conterai ' sànS crainte devant mademoiselle Adèle, jiarce que je suis bien sûre qu'elle en rirâ toute la première. Je parie ^ interrompit M. d^AImane, que vous lui avez entendu dire qu'il ne trouvoit point Adèle jolie. Oh !
cela, reprit miss Bridget, ne vaudiwt pas la peine d'être conté , car enfin chacun a son goût; et, quand mademoiselle seroît belle comme le jour, elle ne pourroît pas jplaire à tout le monde; mais c'est que M. de rOrme m'a choisie pour sa confidente à ce sujet, ce qui est assez singulier; voici cômjdaent. Il a cru que j'étois une daibe des environs, et une demi-heure avant le dtner, j>endant que tout le monde étoît dans le salon , je me promenois sur la terrasse ; U est venu m'y joindre; et; pour entrer en
conversation ^ je lui ai demandé comment il iroûvoit que mademoiselle Adèle expli* qnoît les tapisseries historiques. A merveille^ a-t-il répondu ; et ce que j'ai surtout admiré y c'est qu'elle les explique sans pédanterie^ et n'en parle que lorsqu'on la questionne; elle fera bien de conserver cette simplicité et cette modestie , car , sans ces deux qualités^ toute l'instruction du monde^ loin d'être agréable aux autres^ ne sert qu'à rendre celui qui la possède importun , ennuyeux , et même ridicule : voilà , continua-t-il , ce que j'aurois désiré qu'on eût lou^ dans cette jeime personne , au lieu de Vextasier , comme on fait , sur sa figure , qui est infiniment médiocre. En effet , aî-)e dit , on lui donne là des louanges bien frivoles j il est vrai qu'elle est jolie , mais
Jolie ! a-t-il interrompu , voilà ce que je ne trouve point du tout ; elle a une petite figure sans aucune régularité ; un minois de fantaisie extrêmement commun , et je vous assure que la plupart des personnes qui disent là-dèdans qu'elle est charmante^ n^en pensent pas un mot. Cette sotte flat*
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terie m'indigne , je vous l'avoue, et je toudrois que celle enfant, qui m'intéresse réellement par son éducation , pût savoir combien tous ces complimens sont faux , et même injurieux pour l'objet auquel ils s'adressent , car on ne les fait qu'en supposant une personne assez stupide et assez vaine pour les prendre au pied de la lettre, et pour en être enchantée. Ce discours, coniinua miss Bridget, me parut de très-bon sens , et j'aurois fort désiré prolonger cet entretien, lorsque mademoiselle Adèle vint pour me dire qu'on alloit se mettre à table ; à la manière dont elle me parla , M. de l'Orme vit bien que J'étois une personne du château, et mademoiselle Adè}e peut se rappeler qu'il parut très-embarrassé, et que je lui parlai bas , parce qu'il me pri^ de ne point le compromettre , ce que je lui promis. Ainsi , interrompit Adèle en rougissant un peu , il a cru que si j'apprenois qu'il m'a trouvée laide, je serois au désespoir ; je voudrois bien qu'il fut désabusé d'une idée semblable...... Elle a raison,
ajoutai -je j mais comment faire? Il ne rç-
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viendra plus ici , et il part dans deux jours. II faut^ dit M. d'Almane» que miss Bridget lui écrive; et^ comme c'est uu homme de mérite , et qui d'ailleurs a cinquante ans, Adèle ^ si sa mère le permet, pourroit ajoui* ter quelques lignes dans la lettre de miss Bridget. J'approuvai fort cette idée : Adèle eut quelque peine à se décider^ par la crainte défaire quelques fautes d'orthographe, mais enfin UDiiss Bridât la déternûna ; et, lorsque cette dernière eut écrit une lettre par laquelle elle apprenoil à M. de l'Orme qu'elle ayoit trouvé ses réflexions si sensées, qu'elle n'avoît pu se défendre d'en faire part à sa jeun^ amie^ Adèle s'enferma dans un cabinet pour écrire ses quatre lignes ; ella y resta fon long-temps, en sortit extrêmement rouge , et nous donna un billet écrit d mcdn posée f parfaitement bien, et conçu^ dans ce9 termes :
u Oui, monsieur , je ne suis ni surprise » ni fâchée que vous m'ayez trouvée si D laide, cela est tout simple; et, lorsqu'on » me dit que je suis jolie, je me doute » souvent qu'on se moque de moi, et j'ai-
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» me bien mieux être louée sur le peivqu6 » je sais et sur mon caractère, parce que » ces louangesJà sont pour maman comme • y) pour moi; je vous prie, monsieur, de D ne me pas croire une jeune perstonuQ y> absurde &, frivole; avec la mère que )) j'ai, je ne serai jamais ni l'un ni^rautre* ut J'approuvai fort ce billet, nous le don-* nâmes sur-le--champ à un postillon, avea ordre de le porter à M. 4© l'O^'iïie , qui, devmt passer encore trois jours chez un de nos voisins qui n'est qu'à deux lieues d'ici» Adèle vit monter le postillon à cheval , qui revint à neuf heures avec les réponses, de M. de l'Orme. Voici celle qui s'adressoit à Adèle :
.« Mademoiselle,
)) Je ne puis croire que madame de » Bridget vous ait dit que je vous troavois » laide y je ne me suis certainement point )) servi de cette expression ; je hais trop ^ l'exagération pour l'employer jamais, sur- » tout quand elle est désobligeante et mal- » honnête. Je conçois même que l'on peut
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«.trouver votre figure très -agréable ; car » les. opinions et les goûts n'ont rien de » fixe et. d'arrêté relativement à la beauté (92 la laideur^ cbacun en juge diverse- »■ ipent^ et très-souvent le visage le plus » médiocre est préféré au plus parfait; j) Voilà pourquoi celles qui veulent plaire » universelleiiient par ce petit moyen, sont n en effet «ussi absurdes que frivoles.
» Maïs vous p niademoiselle , vous n'aurez » ceriainement pas cette plate et ridicule D prétenitionjc'est par lescliarmes de votre » caractère^ par votre douceur, votre éga- » liié, votre esprit et vos talens, que vous » désirerez plaire ; et , si vous profitez de r> l'éducation que vous recevez, vous aurez » dans la société le rang le plus distingué » comme le plus agréable ; alors, quand le » hasard , dans huit ou dix ans , me pro- » curera l'honneur de vous rencontrer, ce » sera avec un grand plaisir que je verrai » ma prédiction accomplie. »
Adèle parut assez contente de cette lettre ; elle dit même qu'elle la conserveroît et la llroit de temps en temps ; elle ajouta
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que ce M. de TOrme n'étbitpas d^une politesse bien parfaite, maïs qu'il ayoit beaucoup de raison et de bon sens. Vous ne sauriez croire, ma chère amie^ combien cette manière de donner des leçons est amusante; au lieu de ces froids sermons si ennuyeux à répëter et à entendre^ et qui faiiguent également les instituteurs et les ' élèves , nous avons Iç plaisir d'inventer de jcJis plans ^ que nous mettons en action ^ et de faire jouer les principaux acteurs y' sans qu'ils aient la peine d'apprendre leiurs rôles ; et je vous assure que ces petites con>édies^ qui durent souvent dix ou douze ' jours, ont pour nous un intérêt, et nous procurent un plaisir dont vous ne pouves vous faire une idée.
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