‹ Adèle et Théodore, ou, Lettres sur l'éducationChapitre 18 sur 43 · LETTRE XVIII · texte numérisé non relu

LETTRE XVIII

Madame de Valcé à madame de

Oermeui/.

RÉEtLEME-XT , ma chère amie , wtis n'ayez pas le sens commun : vous éte$ dh6s-voas, au désespoir; vous ne vous consolei^ jamais d'un • égarement -cfiii n'est eiGusë par rien : l^iUuaion est dé^ truite > etc. , etCo.^ enfin tous les gmndê mots b.>..! Quelles expressions ^ quel stylé romatiiesqué ! et tout cela pour dire ' qué Vous avez un amant ^ et que vous n'éptàu** vez pas pour lui <^es sefntilnens .Ot^^^érëft ou chimériques' qui n'esifsteiît qoe Jans Fimagination ! Vous le préférejç ^ vous l'jtt+ mez tiiieux qu'un autre : eh biiBti! voîlà l-aoûiOur^ tion pas tel que tïfm^ Y^âtùin&M jadi^ dans Clëveland ou dans Zaïcfé ^-^lilàié tel qu'il eëé vëtitaiblemenl. Éh I céls^4ll-> i^us p<m^ vitn le ebafnie d'élt^ friàiito^ d'être ob^ie^ de €OtiimaiKler..<? >M» âëim

^« ADELE

toujours malheureuse , parce que vous avez une excessive délicatesse ^ et une tête froide j c'est ce qu'il y a de pis : l'on n'est jamais contente^ et l'on n'a pas la ressource de pouvoir s'abuser. Pour moi , j.e possède assez Fart heureux de monter ma tête à mon gré , du moins pour quelque temps ; .

et lorsqu'une illusion se dissipe^ j'en rëp<£^re la perte par une autre : c'est ainsi qu'on n^e voit tour à tour indifférente ^ sensible^ coquette^ passionnée^ et jamais &usae> car je me pénètre de mon rôle : monimagination s'échauffe , je crois agir naturellenfient ; voilà tout mon artifice : vous conviendrez qu'il est excusable , puisqu'a- V4iiiâ'abii$er. les autres-, je commence par me trojmper moi-mênte.

i: Je pease,bien , comme vous, que , si Yon pQDvpil lirefdans l'avenir,, on n'auroit janiais d'j||xuiD(;i si l'on ,savoit que ce trou^ h}Q^ cesvém^tîonfi si vives qu'on éprouve 9ij^%l*ave^^ fatal ^ sont les plus grands charmes. d^.l'ampttr, et que l'instant où Xotk s'^^re >dctruit sans retour un si doux enchanteoieAt. J'étois mille fois pltis heu-*

ET THEODORE. >fi

reose il y a six mois que )e ne le suis m présent , r^nords et préjugés à part. Ua moment d'entretien , un mot dît à la dé* robee^ on r^ard ^ une rencontre dans la rue ou à l'Opéra , tout cela m'enchantoit ; Tbabitude et la certitude d'être aimée m ont infiniment blasée sur ces petits dé* tails; num imagination n'a plus rien à faire, elle est oisive et froide; je reste avec mon cœur, et je vous avouerai naïvement que la vanité Toccupe beaucoup plus que l'amour» La vanité*. ..I oui, c'est eUe seule qui règle la destinée d'une femm^ Sans une petite rivalité , causée par la Jalousie la plus frivole , je n'aurois poini d'amant, ou j'aurois fait peut-être un autre choix* Une Cosaque décida de mon aort ; madai;ne.fde ^^^^ dansa mieux que moi, mais on me trouva plus jolie qu'elle ; cette nuit célèbre noua rendit ennemies- : vous savez comme je me suis vengée depuis l elle pleure l'amant que je lui ai enlevé ^ et moi je regrette la tranquillité que j^ai perdue : vojez un peu l'influence d'tmeoo^ saque smr la destinée de trois pe rso t m ea T

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Mais puisque la vanité nous cgare^ du maifis qu'elle serve à nous consoler; ne cherchoiis point à lire dans l'avenir^ il -est trop in-* certain pour être effrayant. Plaire ^-réussir, être à la mode, s'amuser : voilà ce qui doit étouffer de ^ains remords et de tristes préjuges. Vous me demandez des conseils ^ ma chère atnie> et je vous donne celui de renoncer à la folie de prélendre cacher un secret qui n'en peut être un , lorsqu'on est répandue dans le grand monde : l'afficher seroit indécent;- mais en convenir avec €[uelques personnes sûres , est un des pïu^ grand s moyens de s'attacher des amis et de se rejidre 'intéressante. Vous me paroissea regretter amèrement ce que vous appelez!

\oir^ ancienne réputation^ on vons ri'* tokv, dites-vous, pour n'avoir jamais eti d'amant y cela est vrai a si votis aviez trente arts ^ je irourerois ce regret assez simple } rarfts enfin l'on ne vous accordoit point une F^pufadoTÏ parfaitement établie, et Ton di^ sotit èculèhient : Elle rHa point encore (fûfPiant. ^'ailleurs, on peut vous cieér k ^réèent potir n'eu avwr eu qu'un ; ceiw

gloîre-Ui n'est pas si brîllanie que l'autre , cependant elle est aussi rare ; et^au fond^ je nen suis pas surprise^ car un pretuier am^nt c'est presque un mari. : commoué ^ ment on est si jeune quand on le prend , qoe c'esfl moins un choix du cœur qu'un engagement fimnë par la vanité et l'étourderie ; et le moyen que cela dure..? Adieu ; revenez donc de la campagne, j'ai besoin de vous voir et de causer avec vous. Votre lettre, vos complaintes, vos délicatesses, tout cela me trouble malgré moi, et me donne de l'humeur. Justement je soupe ce soir avec une femme qui aime son mari , qui n'a jamais eu d'amant , qui est belle, et qui a plus de trente ans; vous savez bien ' de qui je veux parler : en vérité, dans la disposition où je suis , sa présence me déplaira plus que jamais.

A propos de femmes à grande ré[)utation, je dois vous dire que j'ai fort à me louer de madame d'Ostalis ; elle m'a défendue dans le monde avec une extrême chaleur, comme vous savez : depuis, elle a réussi à me raccommoder entièrement avec

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ina mère^ et lout à Theure elle a encore eu plusieurs procédés très-honnétes pourmoi.

je vous ferai ce délail quand je vous verrai En vérité , je me reproche beaucoup i présent toute laversion que j'ai eue poui elle. Adieu; revenez promptement ^ vow m'êtes plus nécessaire que jamais; je vous aitends lundi à souper»

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