‹ Adèle et Théodore, ou, Lettres sur l'éducationChapitre 3 sur 43 · LETTRE II · texte numérisé non relu

LETTRE II

Madame â^Qstalia à la Baronne.

RÂssuiiE2*T(XJS , ma chère tante ^ sur là siliiatiom de madame de î^imours; je me siûs pas surprise que ^ vous ayan t écrit le jour du mariage de sa fîUe y elle vous ait vivement inquiétée, car elle étoit dans un état affreux j mais heureusement qu'elle est aussi facile à calmer qtfa émouvoir. Le lendemain de la noce , je fus la voir le matin , et je ]a trouvai dans im abattement inexprimable; en sortant de sa chambre , sachant que M. de Limours étoit seul dans la sienne , j'y allai avec M. d'Ostalis ; nous lui parlâmes l'un et l'autre très-naturellement sur sa conduite avec madame de Limours: il sourit , et me demanda si vous m'aviez donné votre procuration pour le prêcher ; je convins sans peine que je n'auroîs jamais assez d'esprit pour vous rem-

ET THEODORE. ii

placer^ et ({lie j'étois beaucoup trop jeune pour oser donner des consôl&i sî Fatiachet^ ment le plus tendre n'aotorisoit une semblable liberté. A ces motijii aqulltë le Um de la moquerie ^ et nous sommes entrés en explication sérieuse* U s'est plaintavec quelque raison de l'humeur et des caprices de madame de Limours , mais il a rendu jus* tice aux qualités si aimables qu'elle possède d'ailleurs ; et^ lorsque je lui ai dit qu'elle était réellement malade ^ il a paru disposé à (aire tout ce que je jugerois nécess^re pour lui remettre la tête ; et il m'a priée de revenir dîner ^ afin', m'a-t-il dit, de juger sa conduite. En effet il a été rempli de grâce pour elle y ce qui a fait d'autant plus d'impression à madame de Limours^ qu'il y avoit quarante personnes à dîner; peu à peu eHe s'est animée, elle a oublié sa migraine et ses maux de nerfi^ et de sa vie elle n'a été si aimable. Vous savez, ma chère tante, combien elle est charmante quand elle éprouve un vrai désir déplaire : aussi a-t«elle fixé l'attention;de tout le monde çoxnme une personne qq'on yerroit pour la première fois; le

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chevalier d'Herbain a raison Vie dire que^ lorsqu'elle est dcms ses bons Jours , H n^y a pas moyen â^étre occupé df autre chose que d^e/fe, quoiqu'une partie- de ses grâces tienne cependant à ne jamais parler d'elle , et à ne songer qu'à faire valoir les autres.

Madame de Gerville ^loit à ce dîner, et die y faisoit une triste mine , car tout son apprêt et ses petites phrases étudiées paroissoient bien insipides en comparaison des agrémens natm'els de madame de Limours; et cette dernière , qui n'est jamais plus généreuse que lorsqu'eDe triomphe , faisoit de vains efforts pour la consoler et la mettre à son aise; mais madame de Gerville , absolument dominée par le dépit et par l'humeur, reçut toutes ces attentions avec une sécher esse si ridicule, que M. de Limours lui-même en fut choqué et le témoignaà madamédeOervilIe, en employant ce persifflage piquant que vous luiconnoissez . Madame de Gerville, outrée, déconcertée ^ ail oit, je crois*, feire une sccne, si madame de Limours hê se fût jointe à elle,' et avec xme grâce, une gatté et un

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art impossibles a dépeindre^ n'eût tourna en plaisanterie tout ce qui s etoit dit. Quel dommage qu'avec tant de gcoérositëj dagrément et d'esprit, madame de Limours n'ait pas plus de suite dans les idées, et un peu plus de fermeté dans le caractère ! Enfin, elle est à présent parfaitement contente, enchantée de M. de Limours, channée de sa fille, de son gendre, et même de madame de Yalcé.

Vous me demandez, ma chère tanie, des détails sur Flore, ou, pour mieux dire, madame la marqiiise de Valcé, et je vous dirai franchement tout ce que je pense.

Elle est fort grandie dépuis votre départ; on trouve sa tailla belle, parce qu'elle est excessivement serrée dans son côrpe, ce qui la ùilt parottre en effet as^es mince; elle est fort brune , elle a des yeux presqu'aussi beaux que ceux de madame de Limours, mais elle n'a ni sa charmante physionomie , ni ses grâces; la crainte de se décoififer ou de chiffonner sa robe donne à tous ses mouvemensune roideur extrémementdésagréahle; pour ses talens et son instruction.

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^iîïé «èolè' jSfaràse les .èxpviizie y ellç danse parfaHèfrienîineh.t enfin ^ je crois qu'elle â tf às-peù tFcfl|)rit ; et 6e qai est pis que tout tidu, )o ifottle qu'elle ait uu bon -cœur , «.iH.,rflrenU.taa«,«pd-.rfifk*.T.r

ekèrtipte, *èlierjoue Ficfg&uitë et Pinnocence

aVeç un ai*l qui mé paroh grossier, parce

que je la côntîois depuis rehiânee y mais

qui trompe beaùcDup de gens ^ entreautres,

le chevalier d'Herbain , qui a uti recueil

èfe\ fifes 'pVetdndués'hanvetés qù*il débite avec

tme bonne i<k (fok m*iinpatientfe toujours.

Au reste , oii là trouve jolie > *sa jeunesse

iiitéresse^ eidle platt jgf&réraJement. Pour

*Si; îie'Vàlc^ , iiVést'iflbscfliaibent rien j il

a 1)âiûéotip cl*aÀri , et pafr ttoe-idâe y 4! a 4a

prëtérràéii'd'ëli^'ëtotîrdi et dTs*àit;«tt'ieôft-

^ vei'Safiôxi consisté à répéter d^tiiû; âilf = câ-

|>jUb(lei6e que le& autres yièîifinefeiC-de: dire ^

^îï ti*à pas une opimoè à lui , ^t il e« «gâ-

«towïnit importun, Ijàvaftl et fetailier. D'ail-

ieiits, personne, fe croîs, n- à pousse plus

'%\TiV anglomanie :\[ ïi 'malheûreuseraent

'jwissé quatorze jours À Londres; il parle sans

îressê de ce voyage, -il 'vaiilé cbèttbuèHe-

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