‹ Adèle et Théodore, ou, Lettres sur l'éducationChapitre 4 sur 43 · LL · texte numérisé non relu

LL

ET THBObOEE. ' V5

itient leiglètAb ëi h'pfôfbx^flMf des Ah^lâis, i xaét)fîse les FrtiîîÇsife de tetrtfe ^soft âttre > î! rfa que dcfti cmVattl ^gTais^ fl litlc^ pè^efs anglais, il Tait tes ^Ât^ dti mattii tin bottes âfvtscdes éperûûs^ 9 preudidti ihë detdi fôispâf jbxir, il i^ croit le tnërxtt die îiotke Dû de ïîewori.

A ptéseiit , teâ cih)îre tante^ sûlfffi*é2 (fab je tous parie un pëu^é moi. S^é^i laissé ïnês détx pétites^Éinetieis à ma béB&4ïière^ miâs sétAéïiïem pôîir im an^; missitôt (}d^ë&es 'àtiront ciiiq ans, . je les prendrai aveê, moi : on trouve que té projet tfa pas le sens commun , et qu'ëtant attachée à une princesse f il me sera impossible d'élever mes deux filles; il est vrai que les petits voyages d*été m'éloigneront de Paris environ deux mois dans cette saison ; mais pendant ce temps , mes filles , dans leur enfance ^ seront confiées aux soins d'une gouvernante sûre, et, lorsqu'elles seront plus âgées, je les mettrai dans un couvent pour ce seul moment de l'année ; enfin , je ferai moins de visites, je n'ifai au bal et aux spectacles que pour y suivre la princesse ^ et je suis

iC ADELE

sûre que je trouverai tout le temps néces* •aire pour remplir tous mes devoirs envers elle^ et pour élever mes enfans. La seule privation que je sente vivement , est celle de ne pouvoir aller en Languedoc; et quand je pense que je serai encore au moins dixhuit mois sans vous voir, 'j'éprouve alors que la raison même ne console pas toujours des âjacrifices qu'elle exige* Adieu ^ ma chère lante; daignez donc m'envoyer et les petits contes et tous les papiers relaiifi à l'éducation que vous m'avez promis : car^ que puis- je faire san^ vous ?

LETTRE m.

Réponse dé la Baronne à madame >

d^OêtaUs.

Je suis bien de votre avis^ ma chère en* Tant 'y lorsque nos devcnrs nous sont chers y il n'y a point de situation où nous ne puissions les remplir ; quand la volonté est bien décidée , le temps ne manque jamais.

On m'a dit que , depuis votre dernière couche , vous aviea appris à monter à cheval; j'avoue que je. n'ai guère le droit de condamner cet exercice y car je l'ai beaucoup aimé : mais cependant vous savez que j'y renonçai entièrement lorsque mes soins vous devinrent véritablement utiles. Je ne connois point ^ pour une femme ^ d'amusé* ment plus dangereux à tous égards^ et qui entraîne une plus grande perte de temps.

L'on rencontre aux- promenades où Ton peut aller , tous les jeunes gens de Parb ^ IL 1*

t:8 ADÊIE i^>

et vous n'ignorez pas combien souvent ces rencontres ont passe pour des rendezvous, et que c'est ainsi que madame de Tervure perdit sa réputation. D'ailleurs , ► comment pourriez-vous vous occuper de vos enfans, cultiver vos talens, rernpUr les devoirs de votre place , en montant à cheval deux ou trois fois par semaine , c'est-à-dire^ en passant Ces trois jours au bois de Boulogne , et à vous habiller et vous déshabiller ?

Je ne puis terminer celte lettre sans vous offrir encore quelques réflexions sur la manière dont vous devez vous conduire dans votre nouvel état. Premièrement, n'oubliez jamais que votre fahiille a désiré et sollicité pour vous celte place, et c(; souvenir vous préservera du ridicule si commun de vous plaindre sans cesse des devoirs qu'elle impose. C'est une affectalion' fort à la mode que celle de parottrcî excédé de la société des princes, et do gémîr de l'obligation d'aller à Versailles , quoique, par une inconséquence aussi frappante qu'absurde , on fàt au désespoir de

ET THEODOllE. ij

quitter ces prétendues oitraves sigejaiues , pour cette liberté dont on vante les cliar* mes avec tant d'emphase. D'ailleurs j songez que toute chaînç qu'on peut rompre de* vient avilissante dès qu'on la garde en paroissant la porter à regret; car c'est dire alors : je sacrifie à l'intérêt et a l'ambition mes plaisirs, mes goûts et le bonlieiu* de ma vie. Pour vous, ma chère fille, j'espère cjue vous avez trop d'élévation pour vous laisser entraîner ^ar de pareils exenir pies : ne vous permettez donc jamais le plus léger murmurç à cet égard ; et connnç le sentiment seul suffiroit pour tout ennoblir, aimez véritablement la princesse à laquelle vous êtes attachée , puisqu'elle mérite d'être aimée pour ses qualités personnelles. Je suis sûre qu'elle voujs distinguera bientôt , quaud elle connoîtra la sûreté de votr^ caractère et la hoffxé de votre ccBur ; alors vous serez d'autant plus enviée que vous ê^es jeuf^e, b/çJJe , naturelie , et que vous ayef ,mic. ïiéputattippi.sj^ tache . ]^^pcoup d'^Oor i^^e fç^i^irmj.^^ ^ans doute I pcfvr T0tis,perdr9 auprèisde la priflir

20 ADELE

cesse ; chacun lui dira du mal de vous^ les uns ouvertement, les autres avec plus d'art et d'adresse; à tout cela, n'opposez que de riànocentie et de la générosité; soyez toujours noble, vraie, désintéressée; ne cherchez jamais à profiter de votre crédit pour nuîre à vos ennemis; ayez l'air de les connoître, mais en même temps rendez justice à ce qu'ils ont d'estimable ; ne vous plaignez point d'eux : au contraire, si la princesse est irritée par leur méchanceté envers vous , mettez tous vos soins à l'adou* cir : et s'ils sollicitent auprès d'elle quelque grâce qu'elle n'ait nulle envie d'accorder, demandez- la vivement, et jouissez du noble plaisir de l'obtenir pour eux. Voilà , ma chère fille, l'art supérieur à l'intrigue, l'art ignoré des âmes communes, qui pourra vous venger de vos ennemis les plus dangereux, et vous faire triompher de l'envie.

Adieu, mon enfant; je vous envoie tout ce que< vous désirez , et j'attends avec impatience les ncdmatures que vous, m'aver ]^imses. On me mande que , depuis mon tf?part , vous avez encore fait des prçgrès

étonnans , et qu'à présent vous peignez véritablement en maître. Adieu , cultivez toujours vos ^lens , et songez que vos succès 9 dans tous les genres ; font la gloire et le bonheur de ma vie.

^3 ADELE

v^in vtnm' w tniwtnMvtn^M/ytMivyti mM¥ M iÊ0^myt M »n%i wJ wy*iw%wvw%M^ v ii*ni v w^

Page 1