LETTRE XXXII
. La Vicomtesse à la Baronne.
Qla cbaraiante créature... •! une figure si intéressante.»...! un air si réservé, un maintien si doux...! Je parie que vous avez déjà deviné de quije veux parler; eh bien !
oui , c'est du chevalier de Valmont : à présent vous me nieriez en vain que vous avez des projets sur lui , il sera le nia ri d'Adèle ; j'ai vu cela clairement dès la première visite. Je l'ai beaucoup questionné sur son voyage, toutes ses réponses ont été courtes, simples, et modestes ; et puis il rougit avec une grâce....! sans être déconcerté de rougir, il est timide et jamais embarrassé. D'ailleurs , il ressemble tant à notre aimable Cécile ! Enfin la tête m'en tourne. Pour
M. d'Aimeri, quoique vous en disiez , ma chère ànûe , je sens que je ne l'aimerai famais; cette pauvre' Cécile est trop présente II. i3*
3(/> ADELE
à mon souvenir : il a beau la pleurer^ il n'en est pas moins la cause de sa mort ; sa tristesse me fait de la peine , mais ne peut m'inléresser : au reste , je Tai prie de regarder à jamais ma maison comme la sienne, et je croîs qu'il a été content de }a manière dont je Tai reçu. Il part dans un mois pour cçnduirc son petit- fils à sa garnison»' ils seront de retour ici sur là fin de décembre; ainsi , vous les verrez cet hiver. Je veui être présente à la première entrevue d'Adèle et du dievalier du Valmont , je suis certain que la sympathie se déclarera surle-champ, ils sont faits l'un pour l'autre, ils s'aimeront passionnément : souvenez* vous de cette prédiction.
Eh bien ! ma chère amie, j'ai fait cour noissance avec madame de M«..^ )'ai déjà jété trois fois chez elle, et je.puis maintenant -satis&ire votre curiosiAë. Vous vouleas des détails , dei'ordre et de la sinsçérité , écoutez donc; voici le. récit de la première visite : J'arrl^ve chez madéme^dé iM^«»..ù huit heures et demie du soir; j'entre dans un salon u^sez triste et fort mal éclaire, où j^
ET THEODORE. y^
trpufé Un* cercle très-grave; la maîtresse de b maison* me fait placer à côte d'elle , je jette les yeux sur tonte la compagnie , je n'y yois que deux femmes et dix ou doott'blHnmes ; et dans tout cela je n'a^ pèr^^ pas un seul visage de mar connoissance^ excepte Porpfairé^ que jSAppelle pour me mettre au fait i il me dit à l'oreille les noms des pnneipaux personnages ^ et ^ jenire autres , de trois ou quatre également connus et dignes de l'être par leurs ouvrages. Alors je regardai ces personnes célèbres avec une admiration qui m*ins[âra un mouvement d^amour-propre si extraordinaire^ qu'il suspendit ma curiosité; car, au lieu d^écouter la cçmversation , je n'é^^ prouvai que le désir de me faire écouter moi-même^ et d'à tarer l'attention de c^ux qui naturellement auraient dû fixer toute la mienne. Me voil^ donc uniquement oc-*cupée k chercher une occasion de; dire quelque chose de spirituel , je (perche Idn^-temps; enfin je hasarde une phrase l^ien entortillée y et puis une autre encore plus recherchée. ; je m'enhardis , je m'é--
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chaufiê 9 je tombe dans là tfissertaticm j je m'apfiesantis ^ et toiit à coup je in'4ipei^oi& que je n'ai pas le Bena eommoQ , et que je auis complét^iieiit ridicule : trèa-dacpar!
eertée de celle découverte , je 0e tiji^uie rien de mieux à faire que de m'en allar^^ je sors avec ié( double regret d'avoir été s^ surde , et clé n'avoir pas enteodu un jato^ de tout ee qui s'étoit dit. Je réfléchis sur cet accident , et j'en conclus.que la prétention à l'esprit y iet:le désir de briller^ ne me vaudroient jamais de sucées. Je mé promis donc d^^e à l'avenir toujours simple et joaturelle, et je retournai ches^ madame de M^.. avec cette intention. Point du tout : à peine suis- je assise, que la démangeaison (}e montrer de Tesprit , de l'instruction , me reprend de ncmveau plus viveiuent que ja*.
mais ; d'abord , je résiste courageusement à cette temation; enfin j'y cède et je ne réussis pas mieux que la première fois. Je sortis de ehefctaadame dé M. • •• véritablement ea colère d^Mve moi-mé|ne^ et: /ormam la ferme résolution d'y gfiwier le piUs pro&nd silence quand j'y retournerois , puisqu'il
m'étoit id:>aoloinent impossible d^y parler oomme partout ailleurs. Me voici donc k la troipîème vi^te ; pour cette fois je bus ID0 tcôre 9 j'observai ^.j'écoutai avec une f^tréme attention; j'entendis parler avec esprit f je remarquai plusieurs traits qui melitoient d'être retenus et cités ; cependant je trouvai, en gênerai , la conversation languissante et pesante ; et , lorsqu'elle s'animoit par la discussion y il me parut qu'elle dégéneroit en dispute ; enfin, elle m'élon* nxÂl souvent , mais ne me efaarmoii jamais , et je me disois : Tous ces gens-*là ont plus d^prit que je n'en ai , cependam je suis cerudnement plus aimable qu'eux; quelle est donc la maladresse quilles prive de l'avantage qu'ils dévoient avoir sur moi !«.....«• Après avoir réfléchi sur cette ^bagularitiî > je découvris avec sucprisci qu'ils avoieni précisément la manie qu'ils m'avoient inspirée pendant deux jours ; qu'ils ne savoient point écoulier , et qu'ils n'éprouvoient que le désir de se biri^ admirer , et non celui de plaire. D^aîHeurs, je remarquai qu'on pouvoit leur reprocher encore quelquefois
3ro ADELE
pluâeurs petits manques d'^rds et ée politesse produits par un amûlir*prDpre mal entendu , ou par le défatit d'usagé du^n^ônfde j qui seul peut apprendre à s^occuper des autres , à ne jamais se fêcfa^r > et k soutenir son opinion sans aigreur et sàiK pédanterie. D'après ces observatiena ^ je trouve que les gens de lettres devroient aller davantage dans le monde : ils ne vont, que dans trois ou quatre maisons dans Ies«quelles ils forment le fonds principal delà société : la douceur ^ la complaisance ^ les égards délicats > les grâces enfin , ne s'ac« quièrent pmnt ow.l'on doniine; et voil^ pourquoi l'on peut reprocher aux gens de lettres un ton tranchant et de la susceptibilité^. S'ils étoient plus répandus, ils perdroient bientôt ces petits défauts ; alors on les rencontreroit avec plaisir, et on 1^
* On sent bien que 1» vicomtesse ^ toutin« considérée qu'elle est , ne parle tcî qri'en général f et qu'elle n^est point- «Met' dépoijyrvue de bon sens et de }ustîce pour ne pas admettre des excep* tiens.
ET THEODORE. 3ii
reGilôrclicroit avec empressemëht : loin de porter la contrainte et la géhe dans la so-^^ ciété > ils en fémient les délices ; connois-
sant véritablement le monde , ils ponrroient le peindre , ils nous oiTriroient des tableaux piqùans et fidèles de nos travers , de nos ridicules . de nos mœurs • et nous aurions enfin des ouvrages où Ton i rouveroit également et de Fesprit et le ton du monde. Je ne m'appesantirai pas davantage sur ces réflexions. Porphiro a reçu une lettre de M. de Lagaraye^, où ce sujet est traité beaucoup nueux que je ne le pourrois faire.
J ai eu In permission de vous en envoyer une copie , et je crois que vous la lirez avec plaisir.
Adieu, mon cœur; embrassez pour moi madame d'Ostalis ; dites-lui que je ne suis plus jalouse d'elle y mais je le s^ de ma-* dame de Valmont.... Oui , surtout depuis que j'ai. vu son fils.... La belle-mère d'Adèle., comme vous l'aimerez ! Au
moins , avouez- moi la vérité ; je suis certaine que vous n'êtes pas sincère à cet égard. Ah ! vous n^ivez pas en moi la
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coQÛance que j'ai ea vous. Je ne sais pourquoi je vous aime autant; je ne <
vrois que vous estimer Avec votre
franc , simple et doux , vous êtes au f< très-orgueilleuse et trés-dissimulée*.
dissimul(^e surtout.*.., oh ! vous Fêtes, et vous en^tirez même vanité; vousap lez cela delà prudence, de la discrétioi Enfin , si vous ne m'avouez pas qu'au ( de votre cœur vous destinez Adèle chevalier de Valmont, je croirai que V ne m'avez jamais aimée, et que vous n'f pour moi quô^iespèce de sentiment ^ a pouroin enfant qui nous amuse.
£T THEODORE. 3i3
LETTRE XXXm.
Copie de la lettre de M. de Lagaraye à
Porphîre.
. Eh bien'i mon cher Porpbire^ vous aU«z donc devenir liorome de leltres! Non^ ccartaînement , je ne ni'oppo$e point à ce poofet; la fiiusse dévotion et la bigoterie MNimieiit feules le condamner» Vous avez ie- l'esprit^ une £jne sensible ; vous avez leauoonp lu : maintenant laissez là tous les ivres I qtûUez vôtre cabinet, étudiez les lommas ; si vous n'acquérez pas une conoiasance approfondie du cœur humain ^ DUS ne ferez rien que de médiocre ou l'imparfait. Voyez donc des hommes de OQS les états; eiaminez-Ies dans les diffé'»' entes classes de la société y .depnisle simple iboureur jusqu'au courtisan ; eoi^nôissëzo 9B tous avec détail , ne dédaignez point aimable enfance. G>mme peintre , faites
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usage de tableaux touchans et naïfs qu'elle vous offrira ; oomme pl^Uospphc , observez en elle le germe naissant de^^ Y^rtu$ études passions de l'homme ; . cherchez sujr^out à démêler^ parmi cette foule de travers et de vices que. nous donne rëducation, quels sont véritablement les penchans et les défauts que nous tenons de la nature. Un savant doit rester dans son cabinet ; un homme de lettres doit vivre dans le plus grand monde : qu'il consacre à {a société quatre heures du jour y il lui restera assez de teippi pour travailler et méditer sur oe qu'il aura vu. Mais tout cela ne suffit pas^ mon cher Porphire; il faut encore coûserver vos principes et votre sensibilité i si votre cœur et vos mœursi se corrompent , vous ne tetei jamais un ouvrage de génie; l'esprit ne produit que de jolies choses^ ces ouvrages du moment, faits pour éblouir, et non poiir durer , reçûs d^abord avec empressement, prônés , cités pendant trois mois , ' ensuite oubliés pour toujours. Gé ne fut point u son esprit que Pierre G>meille dut sa gloire;, c'est par sa gt-ande'âme qii'ilsui
ET THEODORE. 3i5
mériter son surnom , et l'admiration de son siècle et de la postérité. O Porphire ! sois honnête^ indulgent^ bienfaisant , et tes écrits' inspiï^érbm le goût de la vertu; on n'y trouvera point d'exagération , d'inconséquences : celui qui n'est inspiré que par rameur du bien et de la vérité , ne peut jamais se contredire ; si tu veux offrir d'u-' tiles leçons de morale, commence par te réformer toi*-mëme, combats tes passions, ferme ton cœur à la haihe, au ressentiment, apprends à pardonner , tu sauras alors louer avec éloquence et la grandeur d'âme et la générosité. Quelle belle carrière tu vas parcourir, à quelle noble vocation ton goût et ton génie t'appellent , si tu peux en con«*^ nottre toute la dignité! Mais, hélas! si tu t'égarois; si^ trop foible pour résisterai! vain désàv d'obteuir ime célébrité passagère, tu renonçois s^ la vérité, à tes principes; si tu te ^aissois entraîner à l'esprit de parti ,
de cabale ! ahl mon fils j c^s t^lens
que tu possèdes^ ils te furent doiuiés parle ciel , ils ont été cultivés par moi, non pour
3iO ADBLE
flatter le vica^ pour amuser des gen
mœurs, et séduire, des esprits super£
mais pour obtenir le suffrage de Tbi
de goût et du citoyen vertueux. |
soagez, mon cher Porphire , qu'i
qu'im temps de la vie pour ëcrire .el
travailler^ et que où temps s'écoiJi
une extrême rafÊdité : lorsqu'il sera |
quel charme vous éprouverez^ si vooi
ves vous dire : Jen^ai rien écrit q
fût eomforme à la^raison , à la^ué
inspiré par V humanité , par Vamo
V ordre et de la vertu ^ je ne reche
jamais qu^une gloire pure et son
che ^ ei du moins en descendai
tombeau, dans cet instant terrible
soutenir d'une bonne action emi
mile fois plus que celui d^nrn saccèi
tant y qu'il me sera doux dépensa
mes ouprages ne pourront jamaie
duirs d'impressions dangereuses j
h jeune homme qui débute doî
monde ne les lira point sans qm
fmit , et que la mère ingâante et A
ET THÈODOIŒ. 317
ê^empx^Bsera de^ les donner d sa fille !
Voilà ^ mon cher Porphire^ quelle doit être yotre ambition y si vous voidez rëpondre à mon attente 9 et justifier ma tendresse. Adieu y je vous attends sur la fin du mois.
3i8 ADELE
Z^a Baronne d la J^ièomtesse.
Je V0U8 remercie^ ma chère aone^ de tous les détails que vous me donnez ^ur notre petite Ck>nst ance ; je suis iâdbéoi .^'elle ne soit pas soigneuse : c'est mi dëûiut auquel on fait trop peti d'attention; eependâpt il entraine une grande perte dé temps , et souvent occasionne plus de dépense queh prodigalité même. J'ai corrigé Adèle de ce déÊiut naturel à tous les eiifans^ en la mettant en pénîteAce , lorsqu'il &3iûil absolu* ment remplacer la diose qu'dkravoÂt per due i ou bien^ û «'^toit lui- joujpu ^ au lieu d'un meuble utiles eh lehn laissant désirer fort long-témpâ avant de lut en rendre un sem]:»lable ; et enfin , en lui donilant une grande armoire dans laquelle elle pût serrer et mettre en ordre tout ce qui lui appartient. Au reste^ là^zV Education desFilUsy
Ë¥ ÏBEODOtŒ. 319
ide Mr de F^nëlon , vous y iroaYerêz tous les conseils qu'on peut désirer à cet égard^. J^ fait voir à mes enfans aujourd'hui tm triste spectacle ^ et je vous expliquerai tout à Fbeure les raisons qui m'y ont déterminée. La fîUe de mon jardinier est morte cette nuit; elle avoit vingt ans^ et elle étoît jolie : à mon réveil , mademoiselle
. '^^ A<7aite«*Ioiir obtenfer (au filles) que rien «'iWiCQiitnbue plus |^ r^conomie et à la pro- ^ £^^1 que de tenir U^pufs cha^e chose à sa » p|ai:e; ceUe règle ne parott presque rien, ce-» « pendant elle iroît loin si elle étoit exactement » observée. Avez* vous besoin d^une chose , vous » ne perdez jamais un moment à la chercher, il tf n'y a ni trouble , ni dispute , ni embarras ; 9 qAand on en a besoin, vous mettez d'abord la s> main deaouL... Joignez k ces avantagea celui » d'6tier»par<eUe habitude, aux domestiques, » l'esprjl de presse et de confusion; de plus, » c'est be^i^cpup que de leur rendre le service » prompt et facile , et de s'ôter à soi-même la » tentation de s'impatienter souvent par les re- » tardemens. qui viennent des choses dérangées » qu'on a peine à trouver. -» {Education des Jilks , par M. de Fénélon. )
3ao ADELE
Victoire m'a eonle cette non¥èHe> et à joutant îptéie Tenoit àe Jeter de téau bénUè ci la^ défuntes qu'dle Tavoil' vue à ifisage dëeoaverc» et qu'elle n'étoit pas délurée le menia du monde. GeUe particulaiit^ m-ayant éié confirma par [dusieurs pqr-^ •onaes^ j'aiformë le projet d'y condaiFemes enfans : lorsque nous ay<ms tous été assemblés pour le déjeuner, on a parlé de la fille dû jardinier, et miss Bridgel a dit qu'elle n'avoit jamais vu une personne morte ; Adel6 et Théodore ont répété la même chose; alors je leur ai proposé de les mener chezile jardinier ; et le déjeuner fini^ nous y avons été. En entmnt dans la chambre de la jardinière. , j'ai remarqué un peu d'alteratioa dans là physionomie d'Adèle; nous nous sommes mises à genoux y et no^ prières faites , je h)c suis approchée du lit ^ fal levé le drap, et découvert entièrement le visage de la morte; je n'ai pu là regarder sans éprou* ver tm serrement de cœur inexprimable, en songeant qu'elle étoit fiUe unique , et que
son père et sa mère lui survivaient Et
prenant Adèle par là main : Yoyes, naon
ET THEODORE. Sak
«B&ût, loi ai-je dit^ quel umcfaani objet , ilaa peut inspirer que fattendriiMionu En effiH $ a rqpris Adèle y il aV rien de hideux^ je m'id.faiaois une autre idée ; maia jfa vois à poéaent que ioavent une simple maladie défiigure plus que la mort même. Après quelques jréflexîons sur ce sujet , nous sommes rentrés au château, j ei défendu qa on parUit daTsntage de la morte deyant mes enfims^ et }'ai eu TaHention de les entretenir toute Ja journée dans la plus grande gatié. Je me souviens que , dans mon enÊuace, ayant entendu conter beaucoup d'histoires dç rerenans , j'ayois la têle absolument tournée par cette espèce de frayeur, la plus absurde de toutes ,; puais celle qui a le plus de pouvoir sur Timaginationi A treize ou quator^ ans^ je me djâcidaî à voir un mort pour la pjremière f<4s. de ma vie ; malheureusement ts'étoit on. vieillard horriblement défiguré; cet objet hideux me fit ime telle impression^ que pendant plus d'un mois j'en gardai le souvenir ; l'âge et la raison ont su. me gué^ rir enfin die ces extravagantes frayeurs, qui n'ont que trop influé sur ma santé,, et qui
m'Ont Cause desmaux de nei& dônf f6 m •ressens eacôre. Adèle , grâce à mes soinS) n'a jamais eu l'idëe de ces Taines ^terreurs; ma» comme elle n'avoit peint m^eofe Ulie personne morte >. et que f'ai^craint que soniimaginatîon neiui représeniit celolijet beancoup pfais frappant qu'il ue l'est sou* vent 9 je me suis dëcidë à lui faire voir ceue jeune fille ^ et je m'en applaudis d'antant plus, qu'en effet Adèle, avant de la regarder, ëtoit ëmue et tremblante > et qu'elle Psi considérée sans frayeur ^ parce qu'elle Ta trouvée infiniment moins effrayante qu'elle ne l'avoit imaginé. Nous nous promenons souvent aux environs du château^ Adèle et moi, tête à tête, et communément, en revenant le soir, à la nuit fermée, nous traversons un cimetière , et quelquefois nous nous reposons, et nous y causons (da moins Adèle ) avec autant de tranquillité que si nous étions dans une prairie. 11 faut beaucoup d'adresse , et en niême temps de simplicité apparente, pour accoutumer un enfant à toutes ces choses-, car il aura peur chaque fois qu'il vous supposera le projet de
ET THEODORE. SaS
l'enhardir; ainsi , n'agissez qu'avec une extrême précaution y et surtout <{tie ioui ce que vous ferez paroisse absolumem Tefiet du hasard. Adieu, ma chère amie; Adèle fait sa première communion dans quinze jours. Madame d'Ostalis pardra sur la fin du mois, et je la suivrai de près, car je serai sûrement à Paris dans les premiers jours de novembre au plus urd.
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