‹ Adèle et Théodore, ou, Lettres sur l'éducationChapitre 33 sur 43 · LETTRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXXVIII

Réponse de la Baronne.

Toutes vos observations sont parfaitement justes y ma chère amie. U est bien vrai que le monde est infiniment plus dangereux qu'il ne Fétoit de notre temps ; mais je crois qu'une jeune personne bien née et bien ëlevëe pourra facilement éviter les écueils qu'on y rencontre *. Le plus grand de tous est certainement , comme vous le remarquez!, l'excessive liberté que l'usage , depuis quelques années , accorde à toutes les jeunes femmes : mais quand ma fille entrera dans la société , elle aura sûrement de la raison , des principes bien

* Elle ne pressentoit pas la révolution , et celle contagion de licence effrénée dont si peu de personnes ont su se garantir, et dont on ne pouvoit se préserver qu'avec une extrême piété , ou bien un grand caractère et beaucoup d'esprit , qualilés toujours bien rares.

affermis^ un cœur pur , un esprit juste^ des seniimens nobles > et un grand dësir de se distinguer par sa conduite et ses vertus. Alors je lui présenterai le tableau du monde que vous m'avez tracé si fidèlement^ et lui dirai : « Songez que cette » liberté dont les jeunes femmes jouis- » sent aujourd'hui nuit beaucoup plus à » leur réputation qu elle ne peut servir » à leurs plaisirs ; n'en profitez donc point » si vous voulez passer pour être irrépro- » chable. » . .

Mais, me direz- vous, êtes -vous bien sûre que, malgré la mode et l'exemple, votre fille aura le courage de suivre ce conseil ? Oui , sans doute, elle le suivra^ ou tout ce que je fais pour elle seroit inutile et perdu. Je dirai plus , elle le suivra , ce conseil, sans aucun effort et même avec ^ plaisir : quand on est honnête , quand on a le ferme projet de Télre toujours, quand on est enfin bien véritablement exempte de toute coquetterie , on respecte toutes les bienséances , parce qu'aucune alors ne peut p^roître gênante, Vîies-vous jamais

346 ÂBËËË

Ja b^ttlë i^eddUtor i'^M brilltffit <ki gtmi jour ? De inêihè y la ttiaiiqm&te uÉËidéelioé W^yite )>oîMt léâ tëiladihli , ^i»è é^at f(M "d'être obseirvëe^ Aitisi> âiia fille n'ft^{)ës ^^ bal de rO|^a è^ seclièt ëVèe sa jfeMoine t9ê dhatûbfe : tAe li'àura ]^kit «viogl ëâs He {>etilé loge; êtte n^lr^ jfiit^ sam y ^tre accomptogkiëe d^ne fe!m!me plitô âgëequ'ie^Uq on nô la f éncûïittiËfa pioÎDt tndntadit & cbé"val^et suivièsélikiïÀént d'oûptJefrèfde^^^ Lorsqu'on n'a pôkit dWnigUés , il est ïAeïi facile de faire à sa réputation d'àu^ li^gei^ sacriÊces. D^ailleûr^^ tôthjptéâs-yôtfô pour tien lé plaiisir si Hoble et A satisiEsiiiàtit de se distinguai* et de n êlrë jamais ton-' fondue dans la foule inséniséé des élotEtdies et des coquet teiis ? Au reste ^ la contagion n'est pas si générale qu'on ne puisse citer encore beaucoup d'exemples et aè modèles dignes d'être imités. Xo^e dire que madame d'Ostalis en est un ^« Madame de

^ Je désîgnoîs là ma fîlle ainée, dans le monde alors depuis un an , sans belFe-mëre et sans Mentor; elle se (Conduisît ainsi jusqu^à sa nlolrt ^ peti-

ET THJMDOBE. y^

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■die seulewflW .clcsnpé fc|«k4^4jff€iq}i au- I homme fut amoureux d'elle ? Sa mode a tanl de charmes^ que nous ayons vu moment toutes les jeunes femmes chérir à paroitre timides conmie elle« Mais [heureusement ne rougit pas quiveul:

si cette mode a-t-elle peu dure. Il cpdste îore plusieurs autres jeunes personnes ai distinguées par leur conduite que par rsagrémens; entre autres, madame de .., qui, avec l'esprit le plus séduisant, plus charmant visage et toute la gatté la jeunesse , a su cependant obtenir une mutation que l'envie même n'osa jamais syer d'attaquer. Ces exemples doivent is prouver, ma chère amie, qu'il est très*

it cinq ans , et je n'ose la citer que parce qu'il très-remarquable d'avoir une telle perfection conduite à cet âge 9 avec un jeune mari et I entière liberté.

ET THEODORE. 36i

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